SAINT VINCENT DE PAUL TOME XV. Mission et Charité N° 19­20 Janvier/Juin 1970 CO

SAINT VINCENT DE PAUL TOME XV. Mission et Charité N° 19­20 Janvier/Juin 1970 CORRESPONDANCE LETTRES INÉDITES DE SAINT VINCENT 1. — LETTRE DE G. PLUYETTE A SAINT VINCENT Monsieur, J’ai été chez vous pour avoir ce bien, vous voir et vous parler de la pension de mon neveu Mathieu Pluyette, boursier de votre Collège (1), mais le saint exercice auquel vous êtes employé m’a ôté ce bien de pouvoir vous rencontrer. J’ai osé vous écrire ce mot par mon homme, bien connu dans le Collège du Cardinal, pour vous prier de me faire tenir ce qui est dû au petit, lequel est au Collège de Senlis. Deux quartiers seraient dus à la St Jean, si vous n’avez baillé quelque chose au Denis (2) sur celui de Noël ; nous tâcherons de vous le faire voir à la St Rémi, pour demeurer à Paris ou tirer de vous un consentement qu’il demeurera à Senlis, ce qui sera, comme je le crois, selon la conscience. Je vous envoie la quittance de ma main, sans spécifier la somme, et le restant à la St Rémi, en recevrai une du petit, ce qu’attendant je demeurerai toujours, Monsieur, votre très humble serviteur. G. PLUYETTE. De Fontenay, ce 3 juillet 1629. Lettre 1. — Lettre signée. Original aux Archives nationales (Paris) M I05 (Collège des Bons-Enfants). 1). Les revenus du Collège des Bons-Enfants, affectés à l’entretien des missionnaires de S. Vincent depuis 1625, étaient grevés par une rente consistant en deux bourses fondées par Jean Pluyette, ex-principal du Collège au XVe siècle, en faveur des membres de la famille Pluyette de préférence. Voir Ch. Pluyette. Un recteur de l’Université de Paris au XVe siècle, Jehan Pluyette et les fondations qu’il institua, Notice biographique et historique, Paris, 1900. 2). Cf. Lettre 7, p. 6. ­ 2 ­ 2. — LETTRE DE G. PLUYETTE A SAINT VINCENT Monsieur, J’ai su que vous n’aviez pas écrit en votre livre l’argent que vous avez baillé pour la pension de Mathieu Pluyette, votre petit boursier, mon neveu. J’eusse bien désiré pouvoir vous voir pour cela, mais de crainte de ne pas vous rencontrer, j’ai écrit ce mot pour vous dire qu’il y eut un an au commencement de Carême qu’il fut reçu en la bourse, et que l’accord était fait avec le cousin qui céda la place, qu’il ne recevrait rien au terme de Pâques suivant. Toutefois nous n’avons su vous parler touchant ce quartier, car vous n’avez encore baillé pour mon neveu que trois quartiers : St­Jean, celui de St­Rémi et l’autre de Noël, comme vous pouvez le voir par les quittances, et est dû au principal de Senlis ce qui reste, car de mon temps on recevait neuf ou dix livres au terme de Noël plus qu’aux autres, à cause des terres du Mesnil. Ce porteur doit être frère du principal de Senlis, qui demeure chez un orfèvre, afin qu’on ne vous visse à fausse enseigne, qui me mandera ce que vous aurez arrêté touchant cela. J’eusse bien désiré vous voir, mais le Carême me retient. Ce sera, Dieu aidant, après les Pâques, ce qu’attendant je demeurerai, Monsieur, votre humble serviteur. G. PLUYETTE. De Fontenay, ce 13 mars 1630. 3. — A LOUISE DE MARILLAC De Paris, ce samedi 4 (mai 1630). Mademoiselle, La grâce de Notre Seigneur soit avec vous pour jamais ! Béni soit Dieu, Mademoiselle, de ce que j’ai plus tôt la nouvelle de votre guérison que de votre maladie ! Et je le prie qu’il vous fortifie entièrement et en façon qu’il se puisse dire un jour de vous Lettre 2. — Lettre signée. Original aux Arch. Nat. (Paris) M 105 (Collège des Bons-Enfants). Lettre 3. — Lettre autographe. Original au Musée historique de l’Orléanais, à Orléans. Publié avec la disposition et l’orthographe de l’original dans les Annales C.M. 1947/1948. p. 499 500. Publié partiellement, d’après le Manuscrit Saint-Paul, dans l’édition Coste, t. I, p. 82- 83. ­ 3 ­ que ces paroles de la Sainte Écriture vous regardent, qui sont : Mulierem fortem quis inveniet ? (1). Vous entendez ce latin ; c’est pourquoi je ne le vous expliquerai point. Pour le temps que vous dites que les enfants sont à l’école, qui ne suffit pas pour leur pouvoir profiter, et les deux jours encore qu’ils ont de campos, je ne vois point d’inconvénient que vous allongiez un peu ce temps­là et que pour les raisons que vous m’alléguez, vous les occupiez ces deux jours­là, ni que vous tâchiez de faire venir à l’école celles qui n’ont point accoutumé d’y aller. Mais je pense qu’il sera bon de le faire agréer au bon M. Belin (2) et de rendre capables ceux qui en parleront, que vous en usez ainsi pour le peu de temps que vous avez à demeurer, et leur dire que ce n’est pas là une école, mais un exercice de piété pendant quelques jours. Pour le petit Michel (3), soyez en repos ; il n’y a que deux ou trois jours que je le vis aller à sa leçon et qu’il se portait bien. J’ai fait tenir votre lettre à Mlle Du Fay (4) et encouragé Mlle Du Fresne (4) d’aller à Villepreux (5), ce qu’elle a toutes les envies du monde de faire. Mais, certes, son indisposition ne lui permettra pas ce contentement qu’elle désire extrêmement. Je la recommande à vos prières, et vous, de bien prendre garde à votre santé et de ne pas trop prendre sur vous, ce que j’ai peur pourtant que vous fassiez, en ne voulant pas prendre le relâche de ces deux jours, ni vous tenir au temps qu’on a accoutumé d’employer à l’école. C’est pourquoi, en cette appréhension, je vous prie de vous contenter, quoi que je vous aie dit ci­dessus, du temps ordinaire. Ce procédé sera plus au gré, comme je pense, du bon M. Belin. Que si vous y voyez un notable détriment, écrivez­m’en, s’il vous plaît, une autre fois, après que vous aurez commencé ; et je retirerai un mot de lettre du P. de Gondi (6) pour son fermier, à ce qu’il exécute son ordonnance au plus tôt. Finissons ici, l’on me presse un peu. J’achève donc en invoquant l’assistance de Dieu sur vous, la force du corps et la sainte tranquil­ 1). Qui peut trouver une femme forte ? (Livre des Proverbes, XXXI, 10). 2). Chapelain des Gondi à Villepreux. 3). Fils de Sainte Louise de Marillac, pour lors étudiant au Séminaire de Saint- Nicolas-du-Chardonnet. 4). Mlle Du Fay et Mlle Du Fresne étaient Dames de la Charité. 5). Localité sise en Seine-et-Oise, au Sud-Ouest de Paris. 6). Philippe-Emmanuel de Gondi, ex-général de Galères, prêtre de l’Oratoire depuis 1627 ; il mourra en 1662. ­ 4 ­ lité de l’esprit, ce que je lui demande d’aussi bon cœur que je suis, en l’amour de Notre­Seigneur et de sa sainte Mère, Mademoiselle, votre très humble et obéissant serviteur. VINCENS DEPAUL. Mes recommandations à votre hôtesse. Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, à Villepreux. 4. — LETTRE DE G. PLUYETTE A SAINT VINCENT Monsieur, Je vous envoie copie des provisions de mon neveu Mathieu, collationnées par devant le tabellion, comme vous l’avez désiré. Je pense que vous jugez bon qu’il demeure encore quelque temps à Senlis pour ses principes, sur lesquels vous avez pris la peine de l’interroger, de quoi je vous remercie. Il témoigne avoir bonne volonté. Je prie Dieu qu’il puisse seconder le saint désir du fondateur et se rendre capable de servir un jour au public, ce qu’il fera plus saintement, quand il aura eu l’honneur de votre bonne compagnie, de laquelle je ne me priverai pas quand j’irai à Paris, puisque vous me témoignez l’avoir pour agréable, ce qu’attendant je demeurerai, Monsieur votre très humble serviteur. G. PLUYETTE. De Fontenay, ce 2 octobre 1630. 5. — A LOUISE DE MARILLAC (Octobre 1630) (1). Mademoiselle, La grâce de Notre­Seigneur soit avec vous pour jamais ! Ces lignes seront pour vous prier de nous donner de vos nouvelles et pour vous en donner des nôtres et de celles de Germaine (2). Lettre 4. — Lettre signée. Original aux Arch. Nat. (Paris) M 105 (Collège des Bons-Enfants). Lettre 5. — Lettre autographe. Original à la Maison centrale des Filles de la Charité de Cracovie. Publié dans les Annales C. M. 1930, p. 685. I. Date imposée par la présence de M. Du Coudray à Villepreux et la "proposition" de Germaine. 2. Germaine, maîtresse d’école à Villepreux. ­ 5 ­ Pour les miennes, elles sont à l’ordinaire, et pour Germaine M. Du Coudray me mande qu’il a commencé à parler d’elle à M. le Curé (3), à M. Belin (4) et au maître d’école (5), et que ni les uns ni les autres ne s’éloignent point de la proposition qu’il leur à faite (6). Nous verrons ce qu’il en sera. Je pensais que nous pourrions faire la mission à Saint­Cloud (7) ces fêtes (8), mais nous ne le saurions sans grande incommodité. C’est pourquoi nous remettrons à la Saint­Martin. Cependant, uploads/Religion/ coste-15-miss-char.pdf

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  • Publié le Dec 27, 2022
  • Catégorie Religion
  • Langue French
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