PAGE 1/21 Vue aérienne du parc du Cinquantenaire, © Régie des Bâtiments. BRUXEL
PAGE 1/21 Vue aérienne du parc du Cinquantenaire, © Régie des Bâtiments. BRUXELLES EXTENSION EST Parc du Cinquantenaire Région de Bruxelles-Capitale INVENTAIRE DU PATRIMOINE ARCHITECTURAL Voir la localisation de ces biens Table des matières Introduction 1853-1875 : le champ de manœuvres 1880 : l’Exposition nationale 1888 : le Grand Concours international des Sciences et de l’Industrie 1897 : l’Exposition universelle 1905 : le 75e Anniversaire de l’Indépendance de la Belgique 1910 : l’Exposition universelle De 1900 à 1933 : l’installation des Musées royaux De l’après-guerre à aujourd’hui Introduction Le parc du Cinquantenaire est un vaste pentagone d’une trentaine d’hectares, circonscrit par les avenues de la Joyeuse Entrée, de la Renaissance, de l’Yser, des Gaulois et des Nerviens. Propriété de l’État fédéral, il se situe sur le territoire de la Ville de Bruxelles, à l’exception de sa pointe orientale, délimitée par l’avenue de la Chevalerie, située sur la commune d’Etterbeek. Dans sa partie occidentale, le parc est coupé en deux par la portion à ciel ouvert du tunnel Belliard, creusé dans les années 1970. Le site du Cinquantenaire s’inscrit dans un projet d’urbanisme ambitieux porté par le roi Léopold II, qui souhaitait embellir Bruxelles afin de l’élever au rang des autres capitales européennes. Avec sa © MRBC | http://www.irismonument.be/fr.Bruxelles_Extension_Est.Parc_du_Cinquantenaire.html MONUMENTS & SITES PAGE 2/21 triple arcade monumentale, il constitue un jalon dans la grande séquence urbanistique reliant, via la rue de la Loi et l’avenue de Tervueren, le parc de Bruxelles au Musée royal de l’Afrique centrale. Dès l’origine, le parc et ses bâtiments présentent une double vocation : ils sont destinés à servir de lieu d’expositions temporaires et de manifestations diverses, mais doivent également accueillir des collections d’art de manière permanente. À partir des années 1930, le site du Heysel reprend la première fonction, tandis que le Cinquantenaire se voit entièrement dédié aux musées : les Musées royaux d’Art et d’Histoire et le Musée royal de l’Armée et d’Histoire militaire, auxquels vient plus tard s’adjoindre Autoworld. De 1879 à 1904, année de sa mort, c’est l’architecte Gédéon Bordiau qui est responsable de la conception générale du parc et de ses bâtiments, ainsi que de l’aménagement des diverses expositions qui s’y succèdent. Par la suite, le chantier est partagé entre les architectes Charles Girault et Léopold Piron. S’il n’est achevé que dans les années 1930, soit près d’un demi-siècle après son commencement, l’ensemble présente néanmoins aujourd’hui une remarquable cohérence, due à une certaine fidélité au projet initial, mais également au caractère majestueux des lignes structurant le site. L’ensemble du parc et de ses bâtiments est aujourd’hui classé, résultat de quatre phases échelonnées entre 1976 et 2007. Depuis 2005, une grande campagne de rénovation du site est en cours, prévue sur une période de sept à dix ans. 1853-1875 : Le champ de manœuvres Le site du Cinquantenaire est à l’origine un terrain en pente coupé diagonalement par un ravin (Bulletin communal, 1852, t. I, p. 261), situé sur le territoire d’Etterbeek. Au milieu du XIXe siècle, il est choisi pour accueillir un champ de manœuvres. Suivant un décret impérial de 1810, c’est à la Ville de Bruxelles que revient le devoir de mettre une telle plaine à disposition de la garnison. Le bail du terrain loué au bois de Linthout à Schaerbeek (SORGELOOS, C., 1985, p. 3) expirant en 1852, il fallait trouver un emplacement définitif pour le terrain d’exercices. En 1850, Félix Dubois et le Hardy de Beaulieu soumettent un projet de prolongement de la rue de la Loi jusqu’à une place d’où partent deux embranchements vers les chaussées de Louvain et de Wavre. Ils implantent le futur champ de manœuvres à l’extrémité de la rue. Ce plan est adopté par le Conseil communal du 08.05.1852 (Bulletin communal, 1852, t. I, p. 280), puis par l’arrêté royal du 20.06.1853 ( Bulletin communal, 1853, t. II, p. 345). Les travaux d’aménagement commencent cette année-là, pour s’achever en 1856 : le site est © MRBC | http://www.irismonument.be/fr.Bruxelles_Extension_Est.Parc_du_Cinquantenaire.html MONUMENTS & SITES PAGE 3/21 nivelé et des égouts sont construits. La plaine est bordée par de larges artères plantées d’une double rangée d’arbres. Des bâtiments militaires sont projetés sur son pourtour, qui ne seront jamais réalisés (SORGELOOS, C., 1985, pp. 5-6). En compensation pour son intervention dans les travaux, la Ville obtient, en vertu de la loi du 07.04.1853, de pouvoir étendre son territoire de 194 hectares vers l’est, au détriment des communes de Saint-Josse-ten-Noode, Schaerbeek et Etterbeek. Elle annexe ainsi le quartier Léopold, le futur quartier des Squares, situé au nord-est de ce dernier, ainsi que le site du champ de manœuvres. Rapidement, cependant, la plaine d’exercices est appelée à laisser place à un ensemble prestigieux. Dès 1866, l’inspecteur-voyer Victor Besme présente son Plan d’ensemble pour l’extension et l’embellissement de l’agglomération bruxelloise, sur lequel le site apparaît comme un parc rehaussé d’un palais de l’industrie (Le Cinquantenaire, chronique d’un parc, 1880-1980, 1980). Vers l’est, dans le prolongement de la rue de la Loi, il dessine la future avenue de Tervueren, qui ne sera construite qu’une trentaine d’années plus tard. La question du déplacement du champ de manœuvres aboutit, le 01.02.1875, à une convention entre la Ville et l’État, ratifiée par la loi du 26.04.1875 (Bulletin communal, 1882, t. II, pp. 1228-1229). Celle-ci stipule que la plaine d’exercices doit être déplacée face aux nouvelles casernes d’Etterbeek, le long de l’actuel boulevard Général Jacques. Six hectares de l’ancien champ doivent par ailleurs être cédés gratuitement par la Ville à l’État, en vue de l’établissement d’un parc. Celui-ci sera aménagé et entretenu par la Ville, tandis que l’État y fera construire un édifice monumental. La même année, l’architecte Gédéon Bordiau dessine un projet de transformation de la zone située à l’est du quartier Léopold. Celui-ci comprend la création du quartier des Squares, ainsi que l’implantation, sur l’ancien champ de manœuvres, d’un « Palais d’Exposition » entouré de rues rayonnantes (AVB/PP 953, 3285). De plan en H, ce palais d’inspiration classique se compose d’un arc de triomphe à trois ouvertures inégales, relié par une colonnade à deux vastes pavillons rectangulaires. 1880 : l’Exposition nationale La plaine des manœuvres est abandonnée par la garnison en 1876 (HEYMANS, V., 1994, p. 56). Le 15.12.1877, Bordiau adresse une proposition à la Ville et au Gouvernement. À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’Indépendance de la Belgique en 1880, il propose d’aménager sur le site une double exposition ( L’Illustration nationale, 28, 12.09.1880, p. 1) : d’une part, une © MRBC | http://www.irismonument.be/fr.Bruxelles_Extension_Est.Parc_du_Cinquantenaire.html MONUMENTS & SITES PAGE 4/21 exposition nationale des produits des arts, de l’industrie, de l’agriculture et de l’horticulture et de l’autre, une exposition rétrospective des objets relatifs aux arts anciens, dans l’esprit du Musée de South Kensington, ouvert en 1857 à Londres. Outre des bâtiments provisoires, il réitère l’idée d’un palais à deux pavillons, conçu comme une construction définitive. À l’avenir, le pavillon sud serait destiné à abriter des expositions temporaires, tandis que le pavillon nord serait affecté à un musée permanent. Pour permettre l’exécution de cet ambitieux projet, une nouvelle convention est signée le 21.04.1879 (Bulletin communal, 1882, t. II, p. 1228). La Ville cède non plus six, mais douze hectares de terrain à l’État, correspondant à une surface polygonale occupant le centre de l’ancienne plaine de manœuvres. Ce terrain est destiné à accueillir le palais définitif, dont l’État s’engage à financer l’édification, devancé d’un parc. C’est la Ville qui se charge de la création de ce dernier, ainsi que des aménagements et constructions provisoires de l’exposition. Le plan de Bordiau est approuvé par l’arrêté royal du 30.05.1879. L’architecte a fait évoluer son projet originel : la colonnade flanquant l’arcade adopte désormais la forme d’un hémicycle (voir notice), aux extrémités duquel les pavillons présentent un plan plus massé. Cette configuration lui est principalement inspirée par le palais Longchamp à Marseille, conçu en 1862 par l’architecte Henry Espérandieu. L’arcade doit couronner la perspective de la rue de la Loi et magnifier l’échappée vers la future avenue de Tervueren. Si Bordiau présente un premier projet à trois arches, Léopold II le convainc toutefois, sous l’influence de son architecte Alphonse Balat, d’opter pour une arche unique. Le monument doit être couronné par un quadrige conduit par Apollon et Mercure, représentant l’Art et l’Industrie. Point d’orgue des manifestations du Jubilé, l’Exposition nationale s’ouvre le 16.06.1880. Elle donnera son nom au parc. Faute de budget, la totalité du projet n’a pu être exécutée pour l’événement. Seuls les deux pavillons et le soubassement de l’hémicycle sont construits de manière définitive. Le reste est réalisé en bois, staff et toile peinte. La mise en œuvre d’un fac-similé donnera à Bordiau l’occasion de revoir ses plans en fonction de l’effet d’ensemble. Après 1880, il décidera ainsi d’augmenter les proportions de l’hémicycle afin qu’elles correspondent mieux à l’ampleur du parc (HENNAUT, E., 2003, p. 34). Derrière l’arcade et ses deux pavillons sont édifiés des halles temporaires, qui seront démolies après l’Exposition. Construites en fer et verre, matériaux caractéristiques des expositions universelles depuis le Crystal Palace de Londres en 1851, elles doivent refléter les avancées techniques des industries uploads/s3/ parc-du-cinquantenaire.pdf
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- Publié le Aoû 01, 2022
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