1 LES PREFACES DE BRITANNICUS ET LE CLASSICISME 1) Détacher chez les différents

1 LES PREFACES DE BRITANNICUS ET LE CLASSICISME 1) Détacher chez les différents mouvements de l'argumentation de la 1ère préface de Racine ( janvier 1670) Résumer chaque argument sous forme de plan (faire une phrase par arguments) 2) À quels auteurs antiques Racine fait-il allusion dans cette 1ère préface ? Rechercher pour chacun d'eux des éléments sur leur vie et leur œuvre (date ? œuvre principale ?) I) LES PREFACES DE BRITANNICUS A) Les deux préfaces Pouvez-vous donner des différences entre les 2 préfaces ? La tragédie de Britannicus comporte 2 préfaces.  La 1ère date de janvier 1670 dans le feu de la querelle contre Corneille  La deuxième date de 1676 pour une nouvelle édition elle est plus maîtrisée et moins virulente B) La première préface Progression de l’argumentation ? 1. Discussion sur le personnage de Néron (Choix ? ) 2. Âge de Britannicus 3. Junie l'argumentation reprend les personnages 4. L’action : La fin est en trop Le héros tragique : Plan historique : Une conformité à la vérité historique telle qu’elle est donnée dans des œuvres qui font autorité ; respect des traits traditionnels connus et reconnus. Plan psychologique et humain: Capacité de susciter la compassion, différentes formes d’émotion, y compris la peur. Ainsi, Néron est choisi pour son caractère monstrueux, sa cruauté, dans 2 un contexte défini, celui de sa vie familiale. Le choix de Britannicus repose sur son caractère très émouvant : un jeune homme généreux, amoureux, crédule, honnête et franc. Plan dramaturgique : On peut reprendre les mêmes qualités que précédemment en insistant sur ce qui engendre la terreur et ce qui provoque la compassion. La confrontation de personnages cruels et de personnages désarmés et honnêtes constitue un ressort tragique efficace. Néron, Narcisse d’un côté Britannicus de l’autre, présentent les caractéristiques attendues. II) LA CODIFICATION DE LA TRAGEDIE C'est après la querelle du cid (1637) qui opposa les partisans d'un théâtre avec des règles et les partisans d'une création liberté que s'est constituée une doctrine qui s'est imposé à ce qu'on appelle le théâtre classique. Ces œuvres se sont inspirées des œuvres antiques ou des traités théoriques. Référence dans la 1ère préface à :  Tacite : historien (55, 120) Les annales  Aristote : philosophe grec Poétique = traité théorique (-384 à -322)  Sophocle (-496 à -406) : Poète tragique, auteur d’Œdipe roi  Longin 2132 173 philosophe grec, enseigne la rhétorique Traité du sublime III) LA STRUCTURE DE LA TRAGEDIE Phrase importante dans la 1ère préface « une action simple (…) s’avançant par degrés vers sa fin » Que définit Racine ici ? La structure une tragédie classique C'est un volume moyen de 1500 à 2000 vers : Britannicus ? La tragédie classique est composée de 5 actes, eux-mêmes divisés en scènes (de 3 à 8 par acte) et dont l’enchaînement est déterminé par les entrées et les sorties des personnages. 3 C'est le découpage des scènes qui permet au dramaturge de déployer son action sur un mode plus ou moins rapide Rappel de la structure des pièces classiques dépendantes des lustres Signification de cette phrase « une action simple (…) s’avançant par degrés vers sa fin » ??? Le développement de l'intrigué fondé sur l'idée d'une progression linéaire ménageant jusqu'au bout l'intérêt du spectateur Voir la photocopie de l'intrigue 3 grands moments l'exposition :  la présentation  le noeud de la crise (fin de l'acte 3 : Néron surprend B et J, B arrêté, )  le dénouement Repérer les 3 moment dans la pièce IV) LES REGLES D’UNITE Cette construction dramatique doit obéir à des règles régies par le principe de l'unité 1) l'unité d'action : en supprimant les intrigues secondaires concentre l'intérêt dramatique sur le sujet principal de l'oeuvre Critique de ces censeurs au nom de cette règle « au lieu … il devrait dire » 2) L’unité de temps : inscrits dans les limites de 24h resserre les faits pour entretenir l'illusion d'une coïncidences entre la durée de la fiction et le temps de la représentation « qui se passe en un seul jour » 3) L’unité de lieu : l’espace unique et polyvalent qui correspond à l'unicité de l'espace scénique lui-même 4) 4 unités de ton : volonté de séparation des genres V) CONVENTIONS MORALES ET INTELLECTUELLES Pourquoi les morts ne se passent-elles pas sur scène ? Et sont-elles évoquées par des récits ? 4 La tradition classique de la catharsis c'est-à-dire la purification = édifier le spectateur, purger ses passions par le spectacle de la situation exemplaire dont il tirera des leçons Les bienséances  internes au détriment de la vérité psychologique la cohérence du personnage  externes exclure de la scène tout ce qui irait contre la morale établie (violence amour) BILAN : LECTURE DE L’ART POETIQUE DE BOILEAU : Récapitulez toutes les règles concernant la tragédie définies par Boileau dans cet extrait et expliquez dans quelle mesure Racine les a respectées dans Britannicus Il n'est point de serpent ni de monstre odieux, Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux: imitation D'un pinceau délicat l'artifice agréable Du plus affreux objet fait un objet aimable. Ainsi, pour nous charmer, la Tragédie en pleurs D'Oedipe tout sanglant fit parler les douleurs, D'Oreste parricide exprima les alarmes, Et, pour nous divertir, nous arracha des larmes. Vous donc, qui d'un beau feu pour le théâtre épris, Venez en vers pompeux y disputer le prix, Voulez-vous sur la scène étaler des ouvrages Où tout Paris en foule apporte ses suffrages, Et qui, toujours plus beaux, plus ils sont regardés, Soient au bout de vingt ans encor redemandés? Que dans tous vos discours la passion émue Aille chercher le coeur, l'échauffe et le remue. 5 Si d'un beau mouvement l'agréable fureur Souvent ne nous remplit d'une douce «terreur», Pitié et crainte Ou n'excite en notre âme une «pitié» charmante. En vain vous étalez une scène savante: Vos froids raisonnements ne feront qu'attiédir Un spectateur toujours paresseux d'applaudir, Et qui, des vains efforts de votre rhétorique Justement fatigué, s'endort ou vous critique. Le secret est d’abord de plaire et de toucher: Placere et docere Inventez des ressorts qui puissent m'attacher. Que dès les premiers vers l'action préparée Sans peine du sujet aplanisse l'entrée. Je me ris d'un acteur qui, lent à s'exprimer, De ce qu'il veut, d'abord ne sait pas m'informer, Et qui, débrouillant mal une pénible intrigue, Unité d’action D'un divertissement me fait une fatigue. J'aimerois mieux encor qu'il déclinât son nom, Et dît: Je suis Oreste ou bien Agamemnon. Que d'aller, par un tas de confuses merveilles Sans rien dire à l'esprit, étourdir les oreilles: Le sujet n'est jamais assez tôt expliqué. Que le lieu de la scène y soit fixe et marqué. Unité de lieu Un rimeur, sans péril, delà les Pyrénées, Sur la scène en un jour renferme des années. Unité de temps Là souvent le héros d'un spectacle grossier, Enfant au premier acte, est barbon au dernier. Mais nous, que la raison à ses règles engage, Nous voulons qu'avec art l'action se ménage; 6 Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli Règle des 3 unités Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli. Jamais au spectateur n'offrez rien d'incroyable: Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable. Vraissemblance Une merveille absurde est pour moi sans appas: L'esprit n'est point ému de ce qu'il ne croit pas. Ce qu'on ne doit point voir, qu'un récit nous l'expose: Bienséances Les yeux en le voyant saisiront mieux la chose; Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux. Bienséances Nicolas Boileau, Art poétique, chant III, 1674. 7 Textes complémentaires Quand Racine décide de porter à la scène l'empoisonnement de Britannicus, cet épisode sanglant du règne de Néron n'est pas un sujet neuf. Il était déjà été évoqué par Tristan dans sa Mort de Sénèque (1644) et par Cyrano de Bergerac dans La Mort d'Agrippine (1653). Robinet en avait même fait le sujet d'une de ses (médiocres) pièces. Plus, toutefois, qu'à ses devanciers et confrères, Racine emprunte aux historiens, latins et français. Il leur doit non seulement l'essentiel des faits qui constituent la trame de sa tragédie, mais aussi, parfois, l'esprit dans lequel il les orchestre. La connaissance de ses sources pincipales permet ainsi d'apprécier l'ampleur de la dette du dramaturge : elle permet également de mesurer l'originalité de Racine qui, par ajouts et suppressions, organise et réinterprète les événements. Conformément au dogme de l'esthétique classique, l'imitation devient dès lors création. LES ANNALES DE TACITE Racine a beaucoup puisé dans les Annales (livres XI-XV) de Tacite (55 ?-120?). Considéré par Racine comme « le plus grand peintre de l’Antiquité », Tacite possède une vision dramatique de l'histoire. Son goût de l'analyse psychologique, sa conviction que ce sont les passions humaines qui commandent le sort des nations ne pouvaient que séduire Racine qui, sans ignorer « les grands intérêts d’État » chers à Corneille, privilégie l'ambition et la jalousie. La première disgrâce d'Agrippine (Annales, XIII, 5 ; Britannicus 1,1, uploads/Litterature/ les-prefaces-de-britannicus-et-le-classicism-prof.pdf

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