VIOLAINE COCHARD ÉDOUARD FERLET PLUCKED’N DANCE MENU › TRACKLIST › TEXTE FRANÇA
VIOLAINE COCHARD ÉDOUARD FERLET PLUCKED’N DANCE MENU › TRACKLIST › TEXTE FRANÇAIS › ENGLISH TEXT › DEUTSCH KOMMENTAR PLUCKED’N DANCE 1. BARTOK’N ROLL 5’58 D’APRÈS/FROM SZUNYOGTÁNC (DANSE DU MOUSTIQUE, II) AND MÁRAMAROSI TÁNC (DANSE DE MÁRAMAROS, III), IN 44 DUETS FOR 2 VIOLINS SZ.98 (BÉLA BARTÓK) 2. LES CINQ SAUVAGES 4’01 D’APRÈS/FROM DANSE DES SAUVAGES, IN LES INDES GALANTES (JEAN-PHILIPPE RAMEAU) 3. ENTRE CIEL 4’08 D’APRÈS/FROM A SEGUIDILLA (MANUEL BLASCO DE NEBRA) 4. ENVOÛTÉS 5’28 D’APRÈS/FROM AN ANONYMOUS ITALIAN DANCE (18TH CENTURY) 5. DANSE DE PROFIL 3’07 D’APRÈS/FROM LA DANSE DE TRAVERS NO.2, IN PIÈCES FROIDES (ÉRIK SATIE) 6. LE BAL ÉTHYLIC 4’11 D’APRÈS/FROM A HORNPIPE (HENRY PURCELL) 7. OMBRE D’OR 3’31 BULERÍA FLAMENCO › MENU 8. VALSE BLANCHE 3’40 9. QUI-VIVE 4’11 10. RÉVÉRENCE 4’33 D’APRÈS/FROM AN ANONYMOUS TURKISH DANCE (13TH CENTURY) 11. OPPIDUM 5’39 D’APRÈS/FROM THE OLD CASTLE (LE VIEUX CHÂTEAU), IN PICTURES AT AN EXHIBITION (MODEST MUSSORGSKY) ALL COMPOSITIONS BY ÉDOUARD FERLET (PUBLISHED BY MÉLISSE) TOTAL TIME: 48’27 VIOLAINE COCHARD HARPSICHORD ÉDOUARD FERLET PIANO › MENU 6 Ce disque est le deuxième qui vous associe, dans la lignée de Bach Plucked Unplucked. En 2015, l’expérience était inédite ; comment voyez-vous les choses aujourd’hui ? ÉDOUARD FERLET. Avec le recul, je crois que, en plus du disque, l’expérience des concerts nous a permis de mûrir ensemble de façon incroyable. Plucked’n Dance n’est pas la suite de Plucked Unplucked – nous voulions tourner la page de Bach –, mais nous ne pouvons pas néanmoins dissocier totalement les deux disques : ces dernières années de concerts avec ce premier programme nous ont menés là où nous sommes aujourd’hui. Sur ce deuxième opus, nous sentons certainement un tournant dans notre duo, avec toujours un attachement fort à la composition originale et une liberté bien affi rmée dans les improvisations. Nous sommes aussi plus naturellement complices, et le thème de la danse, ludique, tonique, nous permet de nous livrer plus aisément. Pour toutes ces raisons, ce programme est plus vivant et en même temps délicat, plus assuré, et réserve de l’espace à l’inattendu. Violaine a développé son jeu de l’improvisation ; quant à moi, j’ai affi né mon toucher, mon écoute et ma sensibilité grâce à cette expérience partagée. Aujourd’hui, l’aventure continue. Nous avons bénéficié de plusieurs résidences en amont de l’enregistrement, des moments de recherche à deux, et puis il y a eu l’écriture solitaire. La frontière est toujours ténue lorsque l’on part de pièces déjà existantes : jusqu’où peut-on aller, transformer ? Le travail d’écriture a demandé deux années de travail et de maturation. VIOLAINE COCHARD. Je crois que ce deuxième enregistrement est marqué par la qualité du jeu d’ensemble. Une évidence s’est installée entre nous au fi l des concerts. C’est le propre de la musique de chambre : les affi nités se sont transformées en une grande complicité, il existe une véritable interaction dans notre jeu, que l’on ne maîtrise pas forcément et qui rend les choses magiques – surtout dans les parties improvisées. Édouard, avec une grande bienveillance, m’a vraiment encouragée dans les improvisations à aller chercher des choses au fond de moi-même, à dévoiler des parts inconnues de moi. Et avec l’expérience des concerts « UNE ÉVIDENCE S’EST INSTALLÉE ENTRE NOUS » VIOLAINE COCHARD ET ÉDOUARD FERLET › MENU 7 et la confi ance qui se développe petit à petit, je me sens plus libre aujourd’hui d’oser me dépasser et d’aller plus loin avec mon clavecin. Ce programme est un voyage à travers le temps, par la danse. Vous souhaitiez sortir de l’univers baroque ? V. C. Ce qui me plaît particulièrement dans ce deuxième disque est d’aborder un répertoire autre que baroque, et donc de faire entendre un clavecin plus contemporain. Je me trouve entraînée dans de multiples univers qui ne me sont pas familiers au clavecin, comme ceux de Moussorgski, Bartók ou Satie, mais tous sont reliés entre eux par l’écriture d’Édouard. La cohérence est parfaite parce qu’Édouard est dans la compréhension du clavecin, il a appris à connaître l’instrument et a composé vraiment en prenant en compte ses caractéristiques spécifi ques. Cette thématique de la danse m’a aussi plongée dans la complexité de rythmes propres au jazz et aux musiques traditionnelles : par exemple, la Danse des sauvages de Rameau à 5 temps, c’est particulier mais génial ! On y sent l’ombre de Rameau, sans que ce soit lui complètement. E. F. Nous traversons le temps, en effet, du XIIIe au XXIe siècle, mais sans dire dans quel temps précisément nous sommes. Suivre une frise chronologique ne nous intéressait pas, ni entrer dans des styles de musique. Dans une composition, je veux raconter une histoire : je m’inspire de la part humaine du compositeur que j’imagine, ou bien d’une sensation que je retiens de la musique, ou tout simplement je m’invente une histoire en lien avec la pièce, que je transforme. Petit à petit, je m’en détache pour glisser dans mon propre univers. Parfois, la référence est à peine perceptible, ou juste soulignée. J’improvise autour de cette idée, et je complète le travail de composition au crayon. Je rentre dans une dramaturgie, un sentiment, et, plus encore, dans mon propre corps – ce lien avec la danse m’y a poussé. Je pars du principe que je dois faire confi ance à ce que me propose mon sens de l’improvisation, à mes mains qui me guident sur le clavier. J’évite d’analyser pour arriver à me détacher du support, à m’imprégner des couleurs, des mouvements, dans le corps, et laisser se dégager physiquement quelque chose de l’ordre de l’inconscient. Nous disposons tous d’un potentiel invisible, que nous n’utilisons pas assez ou que nous cherchons à raisonner. Je fais confi ance à cela. FRANÇAIS 8 Comment avez-vous choisi le répertoire ? E. F. Pour le disque Bach, nous avions des pièces en commun dans notre répertoire. Pour ce deuxième programme, nous souhaitions une vraie diversité de compositeurs, de styles, mais aussi de pays différents – sans pour autant être dans le métissage. Ce disque ouvre vraiment sur quelque chose proche de ce que nous sommes. Nous avons joué ensemble de nombreuses pièces proposées par l’un ou l’autre, et avons fait notre sélection en fonction de ce que nous ressentions, de façon organique, à les jouer. Cet aspect est très important : nous sentir bien dans les pièces que nous choisissons, les ressentir, ensemble, comme une évidence. Ici, nous nous amusons de façon plus libre avec Violaine, ce qui se ressent dans la fl uidité de notre jeu. Je crois que nous sommes en train de créer véritablement quelque chose de neuf, un duo qui n’existe nulle part ailleurs. V. C. Cette envie de ne pas nous cantonner à la musique baroque a été en effet partagée très tôt. Nous souhaitions aborder des époques et des styles très différents, proposer un voyage à travers le temps. Chaque pièce a son propre univers, avec des couleurs et une atmosphère très différentes, et en même temps le voyage est cohérent du fait de l’écriture d’Édouard, très riche et très variée mélodiquement, harmoniquement et rythmiquement. Y a-t-il un compositeur avec qui vous vous êtes senti plus à l’aise ? E. F. Peut-être Bartók : c’est un compositeur que j’ai beaucoup joué, que j’aime particulièrement. Il a beaucoup travaillé sur la musique folklorique, le répertoire populaire, pour en faire quelque chose de très contemporain. Il a créé son propre vocabulaire sur ces mélodies. Il est l’un de mes maîtres pour cela. V. C. Pas un compositeur mais une pièce : la Danse de profi l est vraiment l’une de celles que je préfère. On n’y reconnaît pas d’emblée la danse de Satie, mais l’on perçoit quelque chose de très mélodique. C’est une pièce pleine de poésie, qui magnifi e vraiment la texture des deux instruments ensemble, une pièce de timbre, de matière sonore. 9 Est-ce que ce programme vous a amenés à dépasser ensemble vos propres esthétiques – jazz et baroque ? V. C. Il est certain que je suis allée vers quelque chose de plus moderne, même si cela n’a pas spécialement d’infl uence sur mon jeu lorsque je joue de la musique baroque. Je cloisonne les répertoires, avec toujours un égal respect de la musique : j’ai autant de cœur à travailler des œuvres de musique baroque qu’une composition d’Édouard, j’ai le même engagement, la même démarche vis-à-vis de la pièce. Pour moi, cela demande la même exigence, la même attention, et cela suscite le même plaisir. Il est certain que les résidences dont nous avons profi té et les concerts donnés ensemble nous ont permis d’aller plus vite dans le travail sur ce deuxième disque : plus de spontanéité, de naturel, toujours une grande écoute, une grande vigilance à ce que fait l’autre. Même si le répertoire est ici peut-être plus nouveau pour moi, l’interaction incroyable qui existe entre nous maintenant nous a facilité les choses. E. F. Notre premier disque a nourri le deuxième, et vice-versa. Parce que Violaine joue en ensemble et dirige des musiciens et uploads/s3/ violaine-cochard-amp-edouard-ferlet-2018-plucked-x27-n-dance-aj0411 1 .pdf
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- Publié le Dec 18, 2022
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