TABLE DES MATIÈRES Préface de T8aminik Rankin .................................

TABLE DES MATIÈRES Préface de T8aminik Rankin .................................................................... 9 PREMIÈRE PARTIE La lumière des mots .................................................................................. 13 Préambule ................................................................................................... 15 Chapitre I – Les mots du souvenir ......................................................... 19 Chapitre II – Oser parler et savoir dire.................................................. 29 Chapitre III – Le verbe créateur .............................................................. 43 Chapitre IV – Le verbe sacré .................................................................... 57 Chapitre V – La parole d’union ............................................................... 69 DEUXIÈME PARTIE À vous d’oser parler et savoir dire ......................................................... 81 Chapitre VI – Affirmez vos besoins........................................................ 83 Chapitre VII – Les trois phases de la parole ......................................... 97 Chapitre VIII – Les différents styles de communicants : Les 12 animaux de parole ................................................................. 107 Chapitre IX – Les émotions de la parole ............................................... 131 Chapitre X – Communiquer, c’est se brancher sur la même longueur d’onde ................................................................................. 145 Chapitre XI – Communiquer dans le fond et dans la forme ............ 151 Chapitre XII – Communiquer à cerveau total ..................................... 159 Chapitre XIII – La croix du comportement : les sourds-à-soi et les aveugles-aux-autres ............................................................... 171 Chapitre XIV – Les cinq actions majeures pour oser parler et savoir dire ....................................................................................... 175 Chapitre XV – Présence, charisme, aura et autres atouts ................ 205 Chapitre XVI – Toute vérité est-elle bonne à dire ? ........................... 215 Chapitre XVII – Les mots de la parole ................................................... 229 Chapitre XVIII – L’image de la parole .................................................... 249 Chapitre XIX – La musique de la parole ................................................ 255 Appendice .................................................................................................... 267 Abécédaire de la prise de parole ............................................................ 269 Épilogue ....................................................................................................... 275 Remerciements ......................................................................................... 277 PRÉAMBULE PREMIERS MOTS L ’homme de Néandertal est apparu il y a 200 000 ans. Il lui faudra attendre 100 000 ans pour que la formation de sa mâchoire et de son appareil buccal lui permette d’articuler les premiers mots. Son descendant, l’Homo Sapiens, devait disposer de mots suf- fisants lorsqu’il chassait en groupe, pour organiser les battues, nommer les différentes espèces et élaborer une stratégie pour les débusquer. Ainsi, les premiers mots prononcés par les hommes ont été probablement des noms d’animaux. Ce sont ces mêmes animaux que peint l’Homo Sapiens sur les murs de la fameuse grotte de Lascaux, il y a 17 000 ans. Il y repré- sente des aurochs, des sangliers, des chevaux, des cerfs. Peintures réalistes et très touchantes. Un conférencier averti pourrait improviser plusieurs heures pour décrire la qualité des couleurs utilisées. Subtile palette de brun, rouille, terre de Sienne, orangé ; un hommage aux animaux qu’il chasse et qui le font vivre. Il y a 17 000 ans, l’auteur de ces fresques aurait-il été seulement capable de décrire ce qu’il peignait ? De quel vocabulaire disposait-il pour cela ? Du reste, la peinture a-t-elle plus d’impact sur celui qui l’observe s’il dispose d’un vocabulaire pour la commenter ; ou la peinture se suffit-elle à elle-même pour transmettre une émotion dans le silence de l’observation ? Plus tard, vers 10 000 ans av. J.-C., les premières activités agri- coles se substituent à la cueillette. Pour s’y retrouver dans la jungle 16 • O S E R P A R L E R E T S A V O I R D I R E des végétaux, les hommes doivent reconnaître et nommer les diffé- rentes plantes. À ce stade encore, il faudra aux premiers hommes disposer d’un vocabulaire suffisant pour travailler la terre, semer, récolter. L’histoire de la parole commence ainsi. Avant de se donner un nom eux-mêmes, ce qui n’arrivera qu’au Moyen Âge, nos ancêtres ont probablement utilisé les premiers mots pour décrire le monde animal il y a 20 000 ans, et le monde végétal il y a 10 000 ans. Mais la relation sociale et sans vocabulaire des hommes entre eux et entre les différents règnes animal, végétal, minéral et invi- sible est plus ancienne. Les premières sépultures retrouvées datent de 100 000 ans. Certains objets y avaient été déposés : collier en dents de cerf, os de sanglier. Les rites étaient-ils silencieux, ou des sons permettaient-ils déjà de se dire adieu ? PREMIÈRES LETTRES Il faudra attendre quelques millénaires encore pour que l’homme forme les mots qu’il prononce. Il trace les premiers hiéroglyphes en Égypte et les tablettes mésopotamiennes environ 3 000 ans av. J.-C., puis les premières lettres en Chine et accède ainsi à l’écriture en 1300 av. J.-C. Le verbe, couché sur le papier, pourra plus faci- lement être diffusé avec l’invention de l’imprimerie au IXe siècle de notre ère. Aujourd’hui, combien de langues parle-t-on dans le monde ? Environ 3 000, si l’on intègre les différents dialectes. Probablement autant sont tombées dans l’oubli. Depuis la nuit des temps, le vocabulaire et la grammaire n’ont cessé d’évoluer, de s’adapter, partout dans le monde. Il n’existe pas une langue plus pure qu’une autre. Si le latin ou l’anglais ont su s’imposer plus facilement que le kazakh ou le bambara, ce n’est pas pour leur beauté, mais parce que les marchands et les voya- geurs qui les faisaient connaître étaient plus nombreux, et leurs gouvernements, plus puissants pour les imposer comme langues P r é a m b u l e • 17 officielles : comme l’Empire romain imposant le latin sur tout son territoire. Difficile pour le senoufo, parlé sur la terre aride du Mali, le guarani, parlé sur les hauts plateaux de l’Amérique du Sud – des régions où les échanges sont peu nombreux – d’acquérir autant de diversité dans le vocabulaire et de complexité dans la grammaire que des langues universelles bâties comme se sont bâtis les empires. C’est pourquoi, vivant en vase clos dans différentes parties d’Asie et d’Afrique, certaines populations communiquent au moyen d’une langue comportant à peine entre 300 et 600 mots. La langue française en comporte entre 140 000 et 270 000, selon les filtres. Un Français moyen communique seulement avec 2 500 mots, 4 000 s’il est cultivé. La parole n’est pas figée. Le latin, la langue de Molière et celle de Shakespeare ont pris elles-mêmes leurs sources dans d’autres langues plus anciennes, dont certaines ont été oubliées. N’en déplaise aux puristes qui figent la grammaire dans les encyclo- pédies de papier, la langue est faite pour évoluer et accompagner l’être humain dans son ascension. Plus celui-ci élève sa pensée, plus les mots qu’il utilise seront lumineux. Plus l’homme s’aventure dans la complexité de ses sen- timents en nuançant son expression, plus son vocabulaire devient riche et sa grammaire élégante. Les mots servent à décrire une réalité observée à un moment donné. Une fois prononcés, ils ont une deuxième vie ; ils rebon- dissent, se reproduisent, et influencent à nouveau. Les mots ont leur propre trajectoire. Ils nous apparaissent en rêve, courent dans notre imaginaire, résonnent en silence dans le cocon de nos pro- jets, rebondissent dans l’univers des possibles et passent à l’acte lorsqu’ils sont mûrs. L’élégance du cœur donne au verbe sa grandeur. Quand le cœur s’ouvre, les mots s’embellissent. La parole du cœur permet, à celui qui l’entend, d’apaiser un chagrin, de croire en un avenir meilleur. 18 • O S E R P A R L E R E T S A V O I R D I R E Il ne tient qu’à nous de choisir nos mots pour décrire la beauté devant notre regard. En dessinant le monde tel que nous le voyons, nous le laissons apparaître, le modifions et le partageons. Les plus beaux mots sont ceux qui nous permettent de nous rencontrer, de nous comprendre, de nous apprendre et de nous aimer. CHAPITRE I LES MOTS DU SOUVENIR L es premiers souvenirs qui me viennent de mon enfance sont des souvenirs de silence, pas des souvenirs de mots. Des après-midi entiers, je restais plongé dans des jeux solitaires à contempler la nature. J’écoutais plus que je ne parlais. Rester des heures en silence dans le jardin m’était agréable. J’étais de ces enfants qui peuvent s’isoler un temps infini sur une balançoire à un rythme régulier, sans trouver le temps long. Un enfant qui pouvait suivre la progression d’une coccinelle sur l’herbe, sans s’ennuyer. Je passais de longues heures à caresser les chats, à observer les fleurs. Le silence m’était familier. J’aimais la terre autant que me taire. Cette rencontre avec le silence était bien plus qu’une absence de mots. C’était une communion avec le sacré, un retour à ce qui me semblait être la source des sensations. J’avais l’intuition de venir du silence, d’avoir connu, dans un temps lointain, un espace où le verbe n’était pas essentiel pour communiquer. Je commu- niais silencieusement avec un petit peuple invisible qui me tenait compagnie. Pour l’enfant que j’étais, mettre en verbe les vibrations, les sen- sations et les perceptions si riches ne pouvait être que limitatif et donc douloureux. Existait-il une autre forme de communication où l’on ne soit pas obligé de choisir entre un mot et un autre ? Ce passage du silence à la parole était rendu d’autant plus déli- cat qu’à l’école j’étais fâché avec la grammaire et l’orthographe. Je ne savais jamais comment épeler un mot. Lorsque je devais parler uploads/s3/4-5981316441620614011.pdf

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