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See discussions, stats, and author profiles for this publication at: https://www.researchgate.net/publication/321673302 Quelle territorialité pour l’économie circulaire ? Interprétation des typologies de proximité dans la gestion des déchets Article in Flux · January 2017 DOI: 10.3917/flux1.109.0129 CITATIONS 17 READS 161 3 authors, including: Some of the authors of this publication are also working on these related projects: Master'program thesis View project Island metabolism View project Jean-Baptiste Bahers French National Centre for Scientific Research 53 PUBLICATIONS 126 CITATIONS SEE PROFILE Mathieu Durand Université du Maine 47 PUBLICATIONS 108 CITATIONS SEE PROFILE All content following this page was uploaded by Jean-Baptiste Bahers on 12 March 2019. The user has requested enhancement of the downloaded file. QUELLE TERRITORIALITÉ POUR L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE ? INTERPRÉTATION DES TYPOLOGIES DE PROXIMITÉ DANS LA GESTION DES DÉCHETS Jean-Baptiste Bahers, Mathieu Durand, Hélène Beraud Université Paris-Est Marne la Vallée | « Flux » 2017/3 N° 109-110 | pages 129 à 141 ISSN 1154-2721 Article disponible en ligne à l'adresse : -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- https://www.cairn.info/revue-flux-2017-3-page-129.htm -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Pour citer cet article : -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Jean-Baptiste Bahers et al., « Quelle territorialité pour l’économie circulaire ? Interprétation des typologies de proximité dans la gestion des déchets », Flux 2017/3 (N° 109-110), p. 129-141. DOI 10.3917/flux1.109.0129 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Distribution électronique Cairn.info pour Université Paris-Est Marne la Vallée. © Université Paris-Est Marne la Vallée. Tous droits réservés pour tous pays. La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. 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L’économie circulaire peut-elle être considérée à l’échelle planétaire, ou doit-elle nécessairement être mise en œuvre à l’échelle locale ? Si cette question n’est pas encore posée publi quement, elle fait déjà l’objet de positions bien tranchées chez les acteurs du domaine. L’une des façons de comprendre les enjeux de la territorialité de l’économie circulaire est de cibler l’un des trois grands domaines qui la composent (1), le plus ancien et le plus structuré : la gestion des déchets (2). L’objectif de la gestion des déchets a pendant très long temps été de les reléguer au plus loin des villes (Gouhier, 2000 ; Berdier, Deleuil, 2010 ; De Oliveira, 2013). Aujourd’hui, les logiques spatiales se complexifient, avec notamment l’obli gation d’appliquer un « principe de proximité » (loi sur les déchets de 1992). Pour autant, rien n’indique ni l’échelle ni les modalités de cette proximité. Elle semble être à géomé trie très variable en fonction du type d’acteur qui la prend en charge, du type de déchets et de la structuration des filières. L’objectif affiché à cette proximité est environnemental (limiter les exportations de nuisances), mais aussi socio-économique (tirer profit de matières premières de récupération, de ma tières premières urbaines (3) pour dynamiser une économie locale). Cet article cherchera donc à comprendre l’opérationnali sation du principe de proximité en fonction des acteurs de la gestion des déchets, afin d’analyser la façon dont l’économie circulaire doit chercher à se l’approprier. Pour cela, il détail lera le cadre théorique qui sous-tend le développement de la « proximité » ainsi que la méthodologie utilisée pour com prendre son degré d’application. Ensuite, il proposera une ana lyse de l’interprétation de ce principe par les professionnels du secteur afin, en troisième section, de constituer une typologie de la proximité (4). Les enjeux de la dimension territoriale de l’économie circulaire Le concept d’économie circulaire fut importé par Dominique Bourg en France dans le cadre d’un doctorat sur le développe ment de ce sujet en Chine (Fan, Bourg, Erkman, 2006). L’acte de naissance politique de cette idée se situe dans les ateliers du Grenelle de l’Environnement de 2007 (5), confirmé par la confé rence environnementale de 2013, et dont la définition officielle est inscrite dans la loi sur la transition énergétique en 2015. La dimension territoriale de l’économie circulaire est alors évo quée dans ce texte afin d’inviter à « la coopération entre acteurs économiques à l’échelle territoriale pertinente dans le respect du principe de proximité [soulignés par nous] » (6). Pour autant, aucune mention n’est faite de l’échelle territoriale à laquelle les flux de matière (au premier rang desquels les matières pre mières de récupération) devaient être maîtrisés. Pour l’Union Européenne, la dimension territoriale disparaît complètement Document téléchargé depuis www.cairn.info - INIST-CNRS - - 193.54.110.56 - 08/12/2017 12h20. © Université Paris-Est Marne la Vallée Document téléchargé depuis www.cairn.info - INIST-CNRS - - 193.54.110.56 - 08/12/2017 12h20. © Université Paris-Est Marne la Vallée Flux n° 109-110 Juillet – Décembre 2017 130 Le retour de la proximité ! (Bahers, Durand) au profit de l’efficience dans l’utilisation des ressources de ma nière à maximiser la croissance économique européenne (7) (8). On peut alors placer l’économie circulaire dans un cadre scientifique plus large, afin d’interroger les enjeux territoriaux sous-jacents à cette notion (Durand et al., 2015). Un débat ancien sur l’autonomie territoriale En parallèle à l’économie circulaire, il existe un second concept avec lequel les frontières sont souvent floues, celui d’écologie industrielle et territoriale, parfois compris dans une acceptation opérationnelle (la mise en œuvre de symbioses industrielles) ou dans un registre de champ scientifique (Junqua, Brullot, 2015). La première est pour les définitions officielles françaises incluses dans l’économie circulaire, comme une stratégie d’ap plication. La seconde acceptation concerne des travaux scienti fiques ayant cherché à le structurer depuis les années 1970, qui montrent au contraire que l’économie circulaire fait doublon avec cette notion (Buclet, 2015). Sans entrer ici dans le détail de ces superpositions conceptuelles, nous noterons simple ment que la dimension territoriale de l’écologie industrielle est, elle, clairement identifiée. C’est d’ailleurs ce qui a valu, dans la littérature française, l’ajout du qualificatif de « territoriale » dans les années 2000. Cette volonté de maîtrise locale des flux entre en résonance avec l’idée d’autosuffisance territoriale, introduite par les travaux pionniers ayant par la suite donné naissance à l’idée de ville durable (Morris, 1982). Emelianoff (2007) relate que les premières réflexions sur la ville durable cherchaient à « stimuler la capacité à satisfaire localement les besoins fondamentaux » et à ne pas exporter les coûts de déve loppement. L’idée était alors d’organiser des communautés ten dant vers l’autosuffisance en termes d’approvisionnements en matières premières, notamment alimentaires et énergétiques. Il s’agissait également de ne pas aller au-delà de la capacité de charge de l’environnement en termes de réception de rejets émis par la ville. La mise en œuvre de ce concept sur un ter ritoire limité dans sa dimension spatiale permet d’en maîtriser l’ensemble des enjeux et des interactions complexes. L’hinter land qui s’organise autour de la ville se limite alors à cet es pace offrant une capacité de charge théorique suffisante. Ainsi, le territoire urbain serait en capacité de s’approvisionner et de se défaire de ses rejets en s’appuyant sur son environnement naturel et rural proche. Au-delà de la facilité fonctionnelle à travailler à l’échelle d’une ville, une délimitation artificielle de l’espace telle qu’imaginée ici, permet de maîtriser les flux et les acteurs de façon raisonnée. Cependant, cette première vision de la ville durable comme structuration territoriale délimitée des flux de matières révèle rapidement des limites en mettant de côté la complexité des interdépendances à toutes les échelles. Ainsi, les logiques économico-commerciales visant à développer un libre mar ché s’opposent de façon frontale à toute tentative de limitation de la capacité d’échange de matière. Ces idées vont donc à l’encontre de toute tentative de contrainte territoriale. Ensuite, l’idée de sécurisation des approvisionnements alimentaires, consolidée depuis le XIXe siècle, impose une insertion directe dans les flux internationaux, notamment pour les matières ali mentaires. Enfin, la spécialisation technologique permettant de produire des biens de consommation ou de traiter des déchets spécifiques est contrainte à des économies d’échelle. L’en semble de ces aspects rend assez rapidement caduque l’idée d’autosuffisance territoriale complète et amène à une gestion a-territoriale des flux. Pourtant, la prise en compte de la proximité dans les flux uploads/Finance/ flux1-109-0129bahersdurand.pdf
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- Publié le Dec 11, 2022
- Catégorie Business / Finance
- Langue French
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