1 & 2 Géographes Faculté des Lettres et Sciences HumainesUniversité Omar Bongo

1 & 2 Géographes Faculté des Lettres et Sciences HumainesUniversité Omar Bongo B.P. 17008 Libreville (Gabon), Fig. 1: carte de situation Geo-Eco-Trop, 2005, 29 : 89-100 La gestion des déchets solides urbains au Gabon The management of urban rubbishes in Gabon Jean-Bernard MOMBO1 et Mesmin EDOU2 Abstract : Collection and treatment of rubbishes in Gabon are one of the municipalities preoccupation. Increase of urban population and of consumer goods favours the progression of rubbishes production what is a serious threat for environment. The making of compost with domestic rubbishes is considered as a good alternative being suitable for the socio-economic environment of the country. Key words: Gabon, Libreville, city, waste, control, compost, collect, treatment. Résumé : la collecte et le traitement des déchets solides au Gabon constituent l'une des préoccupations des municipalités. L'augmentation de la population urbaine et la demande croissante des biens de consommation ont favorisé une progression du taux de production des déchets par habitant menaçant sérieusement le cadre de vie. Leur élimination nécessite l'utilisation du compostage considéré comme l'une des alternatives particulièrement bien adaptée à l'environnement socio-économique du pays. Mots clés : Gabon, Libreville, villes, déchets, gestion, compostage, collecte, traitement. INTRODUCTION En parcourant différentes villes gabonaises, on peut observer la multiplication des décharges sauvages le long des voies de communications, les rejets d'ordures ménagères dans les ruisseaux, ce qui donne l'image d'un environnement malsain et insalubre. Le spectacle offert est celui d'un milieu agressé par la masse des déchets ménagers et industriels produits, qui conduisent à toute forme de pollution. De tels clichés ternissent l'image de marque du Gabon présenté par ses gouvernants, à l'opinion internationale, comme un « havre de paix, de stabilité et de propreté ». Mais, comment promouvoir cette destination, comme lieu de vacances, si le touriste n'est pas à l'abri du risque sanitaire ? L'urbanisation implique une concentration de la production des déchets dans un espace limité, donc une augmentation de la probabilité de 89 pollution. Il faut bien constater l'inadéquation entre le développement des villes gabonaises et le manque de structures urbaines, favorisant de ce fait la prolifération de décharges sauvages à travers le pays. Le laxisme à tous les niveaux, érigé en règle générale, ne favorise pas le traitement de la question et sous-estime la gestion du problème. Aussi, se demande-t-on qu'elles seraient les répercussions sur la santé ? Et, peut-on maîtriser les déchets ? D'autant que l'acuité des problèmes posés par ces derniers devrait augmenter dans les années à venir, pour deux raisons concomitantes susceptibles d'agir par synergie. La première est l'augmentation de la population caractérisée par la croissance rapide du bâti dans les zones urbaines, et la concentration de l'essentiel des instruments économiques dans les villes. Cette poussée urbaine va accentuer les problèmes d'assainissement, de collecte et de traitement des déchets. La deuxième préoccupation concerne les nouvelles formes de consommation liée aux innovations technologiques qui s'accompagneront de celles de la quantité de déchets produits per capita. Dans ce contexte, les enjeux d'une bonne gestion des déchets sont la qualité de l'environnement et de la santé publique. Cette approche permet d'identifier et d'interpréter le déroulement des opérations de collecte et de traitement des déchets urbains et, in fine, s'oriente vers la mise sur pied d'une politique de gestion des ordures dans les agglomérations urbaines gabonaises. LA NOTION DE DECHETS URBAINS Les déchets solides urbains (Tableau I, ci-après) sont constitués par la totalité des résidus produits par les citadins et leurs activités, et collectés ou non par un organisme ad hoc. Les types de déchets rencontrés ne laissent planer aucun doute sur la nature de la Source : République gabonaise-Ministère du Plan et du Développement /OMS/PNUD (1976). Tableau I : Evolution des ordures et déchets à Libreville de 1975 à 1995. 90 SORTE Unités Année 1975 1980 1985 1990 1995 Ordures ménagères Poids spéc. Densité Volume spéc. Ordures fines Compostable Incinérable Inertes TOTAL g/hab,j kg/l l/hab, j % % % % % 400 0.210 1.900 16 53 16 15 100 471 0.208 2.264 15 53 17 15 100 542 0.206 2.631 14 54 18 14 100 613 0.203 3.020 13 54 19 14 100 685 0.200 3.425 12 55 20 13 100 Teneur en eau moy Teneur en eau max Perte au feu Pouvoir cal. Max Pouvoir cal. Moy. % % % kcal/kg kcal/kg 44 55 57 850 488 43 53 58 899 567 42 51 59 973 672 40 49 60 1054 759 38 47 61 1170 861 Ordures encombrantes Poids spéc. Volume spéc. g/hab, j l/hab, j 12.0 0.12 14.1 0.141 16.3 0.163 18.4 0.184 20.6 0.206 Balayures de rues Poids spéc. Volume spéc. g/hab, j l/hab, j 4 0.0029 4.7 0.0034 5.4 0.0039 6.1 0.0044 6.9 0.0050 Déchets industriels t/j 31.03 62.06 77.57 86.88 93.09 consommation locale. Les épaves de voitures et les carcasses d'appareils électroménagers sont présentes dans les sites urbains de dépôt d'ordures (HARTOG, T., 1995). Les déchets urbains comprennent les déchets des ménages et les déchets industriels. LES DECHETS DES MENAGES OU DECHETS DOMESTIQUES Les sociétés traditionnelles avaient mis en place un système permettant de réutiliser tout déchet produit par elles, que ce soit des vêtements qui passaient de génération en génération ou les épluchures de patates et autres qui servaient d'engrais aux cultures de proximité (jardins).De nos jours il n'y a plus d'autoconsommation ni de valorisation de proximité. La quantité des emballages présente dans les déchets ménagers a augmenté. Doivent aussi être pris en compte les excréta et déchets liquides des fosses septiques. Les eaux-vannes sont rejetées à travers les réseaux urbains de canalisation jusqu'au cours d'eau le plus proche, lorsque l'ensemble des rejets des fosses d'aisances n'est pas déversé à la décharge publique comme celle de Mindoubé à Libreville. LES DECHETS INDUSTRIELS Ils se différencient des déchets précédents par la variation de leur composition et de leur quantité. La fabrication d'un nouveau produit crée automatiquement de nouveaux types de déchets auxquels ils'agit de faire face. Entrent aussi dans cette catégorie les déchets issus de produits alimentaires périmés, de rebuts ou de productions impropres, les papiers et autres emballages des services administratifs ainsi que les restes de cantines (internats, restaurants) et des marchés publics. Tous ces déchets s'apparentent par leur composition aux déchets des ménages. Enfin, sont importants à signaler : les déchets hospitaliers et médicaux (des cabinets médicaux, dentaires, vétérinaires, des cliniques et hôpitaux), et les déchets liquides tels que les huiles usagées. LA SITUATION ACTUELLE Au Gabon, moins de 20% en moyenne de la population bénéficie d'un service de col- lecte des ordures ménagères. En général, l'habitant urbain bénéficie de la totalité de la collecte des ordures, alors que les zones rurales sont sans ramassage. En ville, les systèmes de pré-collecte ou de stockage à domicile et de collecte sont très différenciés. La ségrégation spatiale en vigueur pour les autres infrastructures et services urbains (l'eau, l'énergie, le transport, etc.) n'épargne pas le ramassage des déchets. Le livre blanc ESTUAIRE (1983) donne la situation des ordures ménagères à Libreville: 61% des logements ont une décharge personnelle, 16% des logements ont une décharge Tableau II : Situation de collecte à Libreville Ramassage régulier Ramassage espacé Ramassage épisodique Ramassage rare Brûlage Pas de brûlage Ensemble 37.82% 6.71% 10.16% 6.16% 27.80% 11.35% 100% collective, 22% ont leurs ordures ramassées par des poubelles (16%) ou par une benne (6%). L'Enquête Budget Consommation (EBC) de 1992 relève, quant à la collecte des ordures ménagères à Libreville, la situation moyenne suivante (Tabl. II, ci-contre). Des disparités flagrantes, dans le service, existent entre les quartiers de haut standing (Trois Quartiers, Batterie 4) et ceux de standing médiocre 91 Source :République Gabonaise, MPET, Cellule Enquête Budget Consommation, 1992. 0,00% 10,00% 20,00% 30,00% 40,00% 50,00% 60,00% 70,00% 80,00% 90,00% Ram rég Ram esp Ram/épiso de Ram rare Brûlage Pas de brûlage Battérie 4 Plaine Oréty (Plaine Oréty). La Fig. 2, ci-dessous, illustre cette situation. Il en est de même pour Port-Gentil et Moanda, où la même enquête a été menée. Très souvent, le ramassage officiel des déchets s'effectue de manière irrégulière et insuffisante dans les quartiers périphériques. Les poubelles collectives débordent et le service Fig. 2 : Courbe comparative de la collecte entre deux quartiers de Libreville Source : République Gabonaise, MPET, cellule Enquête Budget Consommation, 1992 ne tient pas ses engagements. Le défaut de prise en charge publique et le traitement des quartiers périphériques par le service de collecte des déchets, d'une part, et la méconnaissance des dangers sanitaires des décharges et dépotoirs sauvages, d'autre part, alimentent le laisser-aller des habitants quant à l'espace collectif urbain. Les quartiers modernes d'affaires ou résidentiels connaissent en général une collecte de porte à porte ; les poubelles privées individuelles ou communes, s'il s'agit d'un immeuble, sont déposées au pas de la porte et vidées quotidiennement par le service de ramassage. Ces quartiers bénéficient d'un maximum de moyens et n'ont donc pas ou peu de problèmes sanitaires. Les disparités que nous venons de voir existent également entre différentes villes du pays, quelle que soit leur importance. C'est le cas de la collecte des ordures des uploads/Geographie/ la-gestion-des-dechets-solides-urbains-au-gabonla-gestion-des-dechets-solides-urbains-au-gabon.pdf

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