GEFFROY, Gustave "Dictionnaire critique des historiens de l’art actifs en Franc

GEFFROY, Gustave "Dictionnaire critique des historiens de l’art actifs en France de la Révolution à la Première Guerre mondiale", Philippe Sénéchal, Claire Barbillon, dir., Paris, site web de l’INHA, 2009 http://www.inha.fr/spip.php?article2335 GEFFROY, Gustave (1er juin 1855, Paris - 4 avril 1926, Paris) Date de mise en ligne : mercredi 22 octobre 2008 Institut National d'Histoire de l'Art Notice sous licence Creative Commons BY NC ND - Copyright © Institut National d'Histoire de l'Art Page 1/8 GEFFROY, Gustave Profession ou activité principale Homme de lettres, journaliste Autres activités Critique d'art, historien d'art, directeur éditorial de collections, directeur de la Manufacture nationale des Gobelins Sujets d'étude Histoire de l'impressionnisme, art du XIXe siècle (peinture, estampes, arts graphiques et sculpture), musées et collections, critique d'art, critique littéraire et dramatique Carrière 1868 - 1870 : scolarité au collège Chaptal, Paris janvier 1870 : arrête sa scolarité, entre dans la vie active ; travaille dans un établissement bancaire du Comptoir de l'escompte 1880 : publie son premier texte connu sur l'art ancien ; rencontre Georges Clemenceau et entre dans l'équipe de rédaction du quotidien La Justice 1884 : devient le critique d'art exclusif de La Justice 1886 : rencontre Claude Monet à Belle-Île-en-Mer 1892 : publie son Histoire de l'impressionnisme et le premier des huit volumes d'articles sur l'art, La Vie artistique (1892-1903) 1893 : devient critique d'art au Journal 6 janvier 1895 : chevalier de la Légion d'honneur, parrainé par Rodin et Goncourt 1897 : publication de la biographie d'Auguste Blanqui, L'Enfermé 1900 : nommé rapporteur de la classe B, Gravures et lithographies, bureau du groupe II, Beaux-Arts, Paris, Exposition universelle 1902 : publication du premier volume de la collection « Les Musées d'Europe » 1904 : officier de la Légion d'honneur 1908 : nommé directeur de la Manufacture nationale des Gobelins 1912 : élu président de l'Académie Goncourt 1914 : l'éditeur Crès lui confie la direction de la « Bibliothèque de l'enseignement des beaux-arts » 1923 : directeur de publication de la collection « Maîtres anciens et modernes », éditions Nilsson Étude critique Les écrits de Gustave Geffroy restent aujourd'hui peu connus, qu'il s'agisse de ses oeuvres littéraires, romans, nouvelles ou pièces de théâtre, ou des innombrables articles publiés dans la presse quotidienne et dans des revues. Critique littéraire et dramatique et surtout critique d'art constituent pourtant la part la plus importante d'une production marquée par les engagements de cet homme de gauche. Ce sont sans doute ses ouvrages biographiques qui restent les plus cités, celui consacré à Auguste Blanqui (L'Enfermé, 1897) témoignant de ses sympathies politiques, tandis que son Claude Monet, sa vie, son oeuvre (1922) proclame ses préférences esthétiques. Le journalisme est sa profession et les contraintes auxquelles elle oblige limitent souvent les choix des sujets qu'il peut traiter, mais il parvient à les contourner en proposant à ses lecteurs des comptes rendus très complets des Notice sous licence Creative Commons BY NC ND - Copyright © Institut National d'Histoire de l'Art Page 2/8 GEFFROY, Gustave différentes manifestations culturelles de la capitale. Tout est prétexte à parler d'art ancien ou moderne, exposition, vente, publication, gestion et protection du patrimoine. Il est impossible de citer ici les très nombreux articles publiés dans la quinzaine de quotidiens auxquels il collabore, commençant sa carrière dans La Justice dès sa création en 1880 par Clemenceau. Les revues qui accueillent ses textes sont nombreuses, une quarantaine dont L'Art dans les deux mondes, Le Japon artistique, L'Artiste, ou encore la Gazette des Beaux-Arts, Art et décoration, L'Art et les artistes. Parfois sont publiés en feuilletons certains chapitres d'ouvrages tels ceux des « Musées d'Europe » dans La Dépêche de Toulouse, par exemple sur Versailles en octobre 1903, sur la sculpture au Louvre à l'automne 1906 ou encore sur les musées de Madrid un an plus tard. S'affirme ainsi une volonté didactique permanente chez Geffroy, qui est de ceux qui défendent ardemment le rôle civilisateur et émancipateur de l'éducation. Il s'y emploie inlassablement, de son premier ouvrage, Bernard Palissy, publié par la Librairie d'éducation laïque en 1881, à ses engagements en faveur de l'art social pour la formation des ouvriers avec les Musées du soir en 1894-1895, jusqu'à ses ultimes écrits. S'il consacre précisément à l'art du passé ses deux premières publications connues sur l'art, un article sur Valentin de Boulogne en 1880 et l'année suivante le livre sur Palissy, c'est ensuite l'art contemporain et l'art du passé proche, celui du XIXe siècle, qui retiennent surtout son attention jusqu'au début des années 1900, l'histoire de l'art ancien prenant alors une place de plus en plus importante dans son activité éditoriale. Son éloignement relatif de la presse quotidienne puis ses nouvelles fonctions à la direction de la Manufacture nationale des Gobelins l'y encouragent peut-être, tandis que les avant-gardes - fauvisme, cubisme - le déroutent. C'est à cette époque qu'il entreprend de publier, avec la collaboration de Henri Focillon pour les premiers volumes, l'importante série des douze ouvrages, en livraisons puis en publications brochées, très abondamment illustrés de photographies, des « Musées d'Europe » (1902-1913) chez son ami l'éditeur Nilsson. La collection semble avoir été un succès, certains volumes ont aussi été traduits en anglais. En 1924, Geffroy entreprend chez ce même éditeur la direction d'une nouvelle collection, « Maîtres anciens et modernes », ouvrages monographiques consacrés à des peintres de toutes époques et origines. Entre-temps, en 1914, l'éditeur Crès lui confie la collection « Bibliothèque de l'enseignement des beaux-arts » jusqu'alors dirigée par Jules Comte. Geffroy sollicite alors Focillon pour un volume, Le Burin et l'Eau-forte, lui proposant de « refaire le Delaborde » pour une « nouvelle collection ». Mais c'est la guerre qui sans doute empêche le projet d'aboutir. Geffroy occupe une place particulière parmi ses pairs car, issu d'un milieu modeste, il fut un autodidacte ayant dû abandonner très tôt ses études après le décès de son père, en 1870. Peu après, son ami Pedro Rioux de Maillou lui fit rencontrer ses cousins, les frères René et Louis Ménard. Ce dernier a beaucoup marqué le jeune homme qui plus tard rendra un vibrant hommage à l'helléniste qui fut enseignant à l'École nationale des arts décoratifs. Par ailleurs grand admirateur de Michelet et de Renan, Geffroy affirme volontiers que son activité de journaliste constitue oeuvre d'historien, son engagement de critique d'art participant ainsi à l'écriture de l'histoire de l'art. Ses premières convictions sont marquées par les théories déterministes et, dans ses écrits de jeunesse, il revendique assez naïvement une approche d'historien et plus encore de naturaliste, déclarant par exemple devoir, pour retracer la vie de Palissy, « faire un peu ce que faisait Cuvier, reconstituant un animal des époques disparues avec un fragment du système osseux » (Bernard Palissy, p. 10). Il adopte la théorie du milieu à laquelle il restera toujours fidèle, privilégiant ainsi les artistes natifs des pays où se trouvent les musées d'Europe qu'il étudie car ils incarnent l'esprit de leur race. Toutefois, il s'éloigne de Taine, dont il souligne les limites de l'argumentation, autant que de Zola, en affirmant son refus du concept de fatalité, pour louer l'individu maître de son destin et proclamer sa primauté sur le groupe, sur toute « école » dont il se méfie, dénonçant vivement toute forme d'académisme. Il partage ainsi avec son ami Edmond de Goncourt le rejet de l'art idéaliste et de l'académisme, d'où leur grande sévérité vis-à-vis d'artistes tels David et Ingres - sauvés néanmoins à ses yeux par leurs grandes qualités de portraitistes. Geffroy répète toujours sa volonté d'exactitude historique mais il assume parfaitement faire oeuvre de vulgarisateur. Les limites de sa propre formation l'y contraignent sans doute, mais c'est bien un choix délibéré de s'adresser au grand public. Il s'en explique en 1903 dans la préface aux « Musées d'Europe » : « J'ai voulu écrire pour ceux qui ne savent rien sur l'art, ou pas grand-chose, et qui entrent au musée pour se renseigner [...]. Je m'offre simplement comme compagnon de promenade, comme guide discret à travers les salles, passant vite ici, m'arrêtant plus Notice sous licence Creative Commons BY NC ND - Copyright © Institut National d'Histoire de l'Art Page 3/8 GEFFROY, Gustave longuement là. J'ai voulu faire ce livre clair et rapide. » (La Peinture au Louvre, p. II). Il sait que sa démarche ne répond guère aux nouvelles exigences de l'histoire, sa contribution en 1904 au Bulletin de la Société d'histoire de la révolution de 1848, par des extraits de L'Enfermé, suscite en effet un débat sur la question qui l'inscrit dans une tradition française plus littéraire que scientifique. Geffroy s'en souvient sans doute lorsqu'il écrit plus tard à Henri Focillon qu'il préfère éviter d'associer des universitaires à la collection « Maîtres anciens et modernes » - peut-être craint-il aussi qu'ils ne parviennent pas à trouver le ton juste pour ce grand public qui a toujours constitué l'essentiel de son propre lectorat. Il fait appel à des amis tels Octave Uzanne, Louis Anquetin, J.-H. Rosny aîné (Joseph Henri Honoré Boex), Georges Lecomte, Charles Léger, contribuant lui-même avec un Vélasquez uploads/Histoire/ gef-froy.pdf

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  • Publié le Aoû 21, 2022
  • Catégorie History / Histoire
  • Langue French
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