Thèse de doctorat « Différence entre la philosophie de la nature de Démocrite e

Thèse de doctorat « Différence entre la philosophie de la nature de Démocrite et celle d’Epicure » Auteur·e(s) Karl Marx Écriture 1 mars 1841 MIA-bannière.gif Texte publié pour la première fois dans Œuvres littéraires posthumes de Karl Marx-Friedrich Engels et Ferdinand Lassale, éditées par Franz Mehring ; 1er volume : Ecrits de mars 1841 à mars 1844. Stuttgart, 1902. Voir l'édition commentée chez Ducros, 1970. Mots-clés :Antiquité, Démocrite, Matérialisme, Philosophie, Epicure Ajouter une sous-page à ce texte Lisez l’aide pour comprendre l’utilisation. Sommaire • 1 Dédicace • 2 Avant-propos • 3 Esquisse d'un nouvel avant-propos • 4 Partie I - Difference, au point de vue general, de la philosophie de la nature chez Democrite et Epicure ‣ 4.1 I. Objet de la dissertation ‣ 4.2 II. Jugements sur le rapport de la physique chez Démocrite et Epicure ‣ 4.3 III. Difficultés relatives à l’identité de la philosophie de la nature chez Démocrite et Epicure ‣ 4.4 IV. Différence principielle générale de la philosophie de la nature chez Démocrite et Epicure ‣ 4.5 V. Résultat • 5 Partie II - Difference, au point de vue particulier, des physiques de Democrite et d’Epicure ‣ 5.1 I. La déclinaison de l’atome de la ligne droite ‣ 5.2 II. Les qualités de l’atome 1 ‣ 5.3 III. ά̀τομοι άρχαί et ά̀τομα στοιχει̃α ‣ 5.4 IV. Le temps ‣ 5.5 V. Les Météores • 6 Appendice : Critique de la polemique de Plutarque contre la theologie d’Epicure ‣ 6.1 I. Le rapport de l’homme à Dieu ⁃ 6.1.1 1. La crainte et l’être transcendant. ⁃ 6.1.2 2. Le culte et l’individu. ⁃ 6.1.3 3. La providence et le Dieu dégradé. ‣ 6.2 II. L’immortalité individuelle ⁃ 6.2.1 1. Du féodalisme religieux. L’enfer de la populace. • 7 Notes Dédicace A son très cher ami paternel, le conseiller intime du gouvernement M. Ludwig von Westphalen à Trèves sont dédiées ces lignes en témoignage d'amour filial par l'auteur Vous m’excuserez, mon très cher ami paternel, de placer votre nom si bien-aimé en tête d’une brochure insignifiante. Je n’ai pas la patience d’attendre une autre occasion de vous donner un faible témoignage de mon affection. Puissent tous ceux qui doutent de l’idée avoir, comme moi, le bonheur d’admirer un vieillard plein de force juvénile, qui salue chaque progrès de notre époque avec le mélange d’enthousiasme et de prudence qui caractérise la vérité, et qui, plein de cet idéalisme profondément convaincu et lumineux qui seul connaît la vérité et devant lequel comparaissent tous les esprits du monde, ne recula jamais d’effroi devant les ombres des fantômes rétrogrades ni devant le ciel souvent plein de sombres nuages de notre époque, mais qui, avec une énergie divine et un regard d’une virile assurance, n’a cessé de contempler à travers tous ses déguisements l’empyrée qui brûle au cœur du monde. Vous, mon paternel ami, vous fûtes toujours pour moi un vivant argumentum ad oculos[1] de ce que l’idéalisme n’est pas une fiction, mais une vérité. Le bien-être physique, je n’ai pas besoin de vous le souhaiter. C’est l’esprit, le grand médecin magique auquel vous vous êtes confié[2]. Avant-propos La forme de ce mémoire eût été strictement scientifique d’une part, et, d’autre part moins pédante dans maint développement, s’il n’avait pas initialement été destiné à être une thèse de 2 doctorat. Des raisons extérieures me déterminent néanmoins à le donner sous cette forme à l’impression. En outre, je crois y avoir résolu un problème jusqu’ici pendant, de l’histoire de la philosophie grecque. Les spécialistes savent qu’il n’existe pas de travaux antérieurs qui soient utilisables en quelque manière pour le sujet de ce mémoire. Les bavardages de Cicéron et de Plutarque ont été ressassés jusqu’à l’heure actuelle. Les exposés de Gassendi [3], qui a levé l’interdit que les Pères de l’Église et le Moyen âge tout entier, cette période de la déraison réalisée, avaient lancée contre Epicure, ne constituent qu’une étape intéressante. Gassendi cherche à concilier sa conscience catholique avec sa science païenne, et Epicure avec l’Église, ce qui, bien sûr, était peine perdue. C’est comme si l’on voulait affubler d’une robe une nonne chrétienne la beauté sereine et épanouie d’une Laïs [4] grecque. On peut dire que Gassendi a appris plus dans la philosophie d’Epicure qu’il nous apprend de chose sur elle. On voudra bien ne considérer ce mémoire que comme le travail préliminaire à un ouvrage plus important, où j’exposerai en détail[5] le cycle des philosophies épicurienne, stoïcienne et septique[6] dans leurs rapports avec la pensée spéculative grecque. Les défauts propres à ce mémoire, en ce qui concerne la forme, etc… disparaîtront dans l’ouvrage projeté. Hegel a déterminé, de façon exacte au total, les grandes lignes des systèmes susnommés ; mais le plan, admirable d’ampleur et d’audace, de son histoire de la philosophie — qui constitue le véritable acte de naissance de la philosophie en général — rendait pour une part impossible d’entrer dans les détails tandis que, pour une autre part, sa conception de ce qu’il appelait « spéculatif » par excellence empêchait ce géant de la pensée de reconnaître la haute signification de ces systèmes pour l’histoire de la philosophie grecque et de la pensée grecque en général. Ces systèmes sont la clé d’une histoire vraie de la philosophie grecque. Sur leurs rapports avec la vie grecque, on trouvera une indication plus profonde dans l’ouvrage de mon ami Köppen Frédéric le Grand et ses adversaires. Nous avons ajouté en appendice une critique de la polémique de Plutarque contre la théologie d’Epicure ; la raison en est que cette polémique n’est pas quelque chose d’unique mais de typique, qui représente une espèce; elle expose de façon frappante comme se comporte l’intelligence théologisante à l’égard de la philosophie. Ma critique ne montre pas, entre autres points, combien est faux en général le point de vue de Plutarque qui fait comparaître la philosophie devant le forum de la religion. Sur ce sujet, qu’il suffise, au lieu de raisonnement, de citer un passage de David Hume : C’est certainement faire une sorte d’injure à la philosophie que de la contraindre, elle dont on devrait, de toutes parts, reconnaître la dignité souveraine, à se défendre en toute occasion pour les conséquences qu’elle entraîne, à se justifier auprès de tous les arts et sciences qui se scandalisent de son existence. Il nous vient alors à l’esprit l’histoire de ce roi qui est accusé de haute trahison envers ses propres sujets[7] Aussi longtemps qu’une goutte de sang battra dans le cœur de la philosophie, ce cœur totalement libre qui englobe le monde, elle s’écriera avec Epicure à l’adresse de ses adversaires : 3 Impie n’est pas celui qui fait place nette des dieux du vulgaire, mais celui qui prête aux dieux les idées du vulgaire[8]. La philosophie ne se dissimule pas. La profession de foi de Prométhée : Je hais tous les dieux ; ils sont mes obligés, et par eux je subis un traitement inique[9]. est sa propre profession de foi, sa propre maxime contre tous les dieux du Ciel et de la terre qui ne reconnaissent pas pour divinité suprême la conscience que l’homme a de soi. Il ne doit pas y en avoir d’autre. Quant aux pitoyables couards qui se réjouissent de voir se dégrader en apparence la position sociale de la philosophie, elle leur rétorque ce que Prométhée répondit au serviteur des dieux, Hermès : Contre une servitude pareille à la tienne, sache-le nettement, je n’échangerais pas mon malheur. J’aime mieux, je crois, être asservi à ce roc que me voir fidèle messager de Zeus, père des Dieux ! C’est ainsi qu’à des orgueilleux, il sied de montrer leur orgueil ![10] Prométhée est le plus noble des saints et martyrs du calendrier philosophique. Berlin, mars 1841. Esquisse d'un nouvel avant-propos La dissertation que je livre au public <que je publie> est un travail ancien et ne devait <qui ne devait> trouver place que dans un exposé d’ensemble des philosophies épicurienne, stoïcienne et sceptique. Mais cependant, des travaux politiques <mes occupations professionnelles> <mon activité professionnelle> aussi bien que philosophiques <des questions d’actualité> d’un intérêt plus immédiat <plus important m’empêchent provisoirement d’achever la présentation d’ensemble de ces philosophies <empêchent l’accomplissement de cet ouvrage plus important ; > comme j’ignore quand le hasard <l’occasion> me permettra de revenir à ce sujet <mener à bonne fin ce sujet, > je me contente… Des occupations politiques et philosophiques d’un tout autre genre ne m’ont pas permis de penser à l’exécution de cet ouvrage. philosophie de la conscience de soiCe n’est que maintenant que le temps est venu, où on comprendra les systèmes des épicuriens, des stoïciens et des sceptiques. Ce sont les philosophes de la conscience de soi. Ces lignes révéleront au moins combien peu jusqu’ici ce sujet a été éclairci. 4 Partie I - Difference, au point de vue general, de la philosophie de la nature chez Democrite et Epicure I. Objet de la dissertation Il semble advenir à la philosophie grecque ce qui ne doit pas advenir à une bonne tragédie : un dénouement essoufflé[11]. Avec uploads/Philosophie/ these-de-doctorat-difference-entre-la-philosophie-de-la-nature-de-democrite-et-celle-d-x27-epicure.pdf

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