Joseph Balsamo, universellement couru sous le nom de Cagliostro, naquit à Parme

Joseph Balsamo, universellement couru sous le nom de Cagliostro, naquit à Parme. II se fit initier en Allemagne dans les trois rites maçonniques de la Stricte, de la Latte et de l'exac- te Observance. Ce furent ces principes qui lui fournirent les matériaux nécessaires pour sa réforme, en instituant sa haute Maçonnerie égyptienne et en se faisant créer son grand Copte. Cagliostro avait puisé aussi une partie de ses doctrines dans un manuscrit qu'il avait pu obtenir, en Angleterre, de George Coston ; Swedenborg lui a fourni aussi des matériaux dans le Museum allemand, journal dans lequel il dit qu'une révolution religieuse se prépa- rait sur la terre, que celle des patriarches serait la dominante et qu'elle serait révélée à Cagliostro dont le corps est ceint du triangle, par le Sublime Architecte de l'univers. Cagliostro fonda son rite égyptien et le porta en Pologne, en Allemagne et en France, où il eut beaucoup d'adeptes et des Loges dans les principales villes de ces royaumes. La mère Loge égyptienne fut établie à Lyon sous le titre distinctif de la Sagesse triom- phante. Pendant son séjour à Paris, la Loge philosophique des Philalètes et autres établirent un convent pour y recevoir les lumières de Cagliostro, mais il esquiva leur demande, pro- mena leurs envoyés, et finit par une boutade; il adressa à la Loge des Philalètes un mani- feste dans le style d'un inspiré par le grand Jéhovah, leur disant qu'il assisterait au convent proposé, et qu'il leur communiquerait sa science et ses arcana hierophantis, à la condition que la susdite Loge des Philalètes brûlerait sa riche bibliothèque, ses manuscrits et ses archives, attendu que leurs documents ne contenaient que des faussetés et des mensonges, et qu'après cet acte de soumission il établirait sur les ruines de la tour de Confusion le tem- ple de la Vérité. Son rite est un mélange de science hermétique, de divination, d'évocation, de morale, avec les offices usités par les chrétiens. Cagliostro s'était proposé la régénération physique et morale de l'homme. 1 La Maçonnerie Egyptienne de Cagliostro Voici quelques passages de son catéchisme. D? Quels sont vos travaux ? R? J'ai connu le fond de mon orgueil, j'ai assassiné le vice, j'ai pu obtenir la connaissance de la première matière, etc. D? Dans quels auteurs avez-vous puisé ces connaissances ? R? Dans aucun; les plus estimés, les plus suivis sont faux et apocryphes ; tous les livres qui en parlent ne contiennent que des mensonges, sans en excepter ceux des véritables phi- losophes, comme Moïse, Jean, etc. Ces écrits ne sont pas à eux eux, on les a altérés et mal interprétés. D? A qui faut-il s'adresser pour être éclairé ? R? Salomon nous a appris qu'il faut recourir aux élus supérieurs qui environnent le trône du Sublime Architecte de l'univers. Ces êtres sont les sept abnges qui président aux planè- tes. (L'Ecriture sainte est toujours le fondement de toutes les institutions maç? ). NOMS DES SEPT ÉLUS 1. Anaël, au Soleil. 2. Michel, à la Lune. 3. Raphaël, à Mars. 4. Gabriel, à Mercure. 5. Uriel, à Jupiter. 6. Zobiachel, à Vénus. 7. Anachiel, à Saturne. Cagliostro avait admis, entre autres ornements, le drap sénique, ou voile copte, que les Coens avaient adopté, de couleur jaune, ayant les franges blanches aux extrémités, brodées en or, et représentant les sept emblèmes des élus, des sept planètes, et les sept sciences pres- crites pour obtenir la sagesse. Cagliostro, impliqué dans l'affaire du collier de la reine de France, fut enfermé à la Bastille, et, en 1786, banni du royaume. I1 passa en Angleterre avec son rite, qui y fut éta- bli. II quitta cette île en 1790, parcourut l'Allemagne, la Suisse, et fut chassé de Trente par l'évêque, qui en était prince. II se rendit à Roveredo, il y établit une Loge, et transmit ses pouvoirs au F? Bat. de Mori (commissaire délégué). Les évocations de Moïse et des morts, les apparitions des absents, qui avaient lieu par sa colombe ou son pupille, et ses prédictions, acquirent bientôt une grande publicité par ses prôneurs et par les visionnaires qui en vantaient l'exactitude; elles se pratiquaient par le moyen de la colombe ou du pupille, qui seuls voyaient tous ces miracles dans une carafe remplie d'eau pure, placée sur une table couverte d'un tapis vert, et environnée de sept bou- gies. Dans les derniers temps, Cagliostro passait pour avoir le don de guérir les malades ; il donnait gratuitement aux pauvres les médicaments et faisait des aumônes très généreuses. Son culte mystérieux et merveilleux lui procura un grand nombre l'adeptes ; son dogme se rapprochait de celui de Swedenborg. II était fondé sur la même théosophie ; ses cérémo- nies étaient un mélange de prières sacrées et profanes, de psaumes et de cantiques. Ses travaux s'ouvrent en langue latine, comme les deux hauts grades de la stricte Observance. En quittant Roveredo, Cagliostro passa à Rome. Il y établit une Loge, mais l'inquisiteur le 2 fit arrêter et l'accusa d'hérésie, de magie, d'apostasie et même de frénésie, le condamna à la peine de mort comme hérétique, et le frappa des excommunications de Clément XII et Benoit XIV. Le saint Père Pie VI crut devoir commuer cette peine de mort à celle de la pri- son à perpétuité. Renfermé au château Saint-Ange, il essaya un stratagème pour se sauver ; i1 feignit de se repentir des erreurs pour lesquelles il avait été condamné. Il demanda à faire pénitence de ses fautes, et il voulut se confesser. Le délégué à sa garde lui envoya un capucin. Il fait sa confession générale, supplie le Révérend Père de lui donner la discipline ; il consent à cette dévote prière. Mais après avoir reçu quelques coups de fustigation, le péni- tent s'empare du cordon du moine, se jette sur lui et cherche à le lier. Mais le capucin, qui était très vigoureux, lutta contre Cagliostro, cria, fit du bruit, et appela à son secours les gar- diens. II paraît que le projet de Cagliostro était de prendre l'habit du Révérend Père et de s'évader. En 1797, lorsque les Français s'approchaient de Rome, on le trouva mort dans le château Saint-Ange. La tradition populaire est que les membres de l'inquisition,, craignant à l'arri- vée des Français quelque vengeance de la part de ses adeptes, le firent étrangler par mesu- re de sûreté. Cette Maçonnerie admet tous les hommes instruits, de bonnes moeurs, et soumis aux lois de leur pays. Elle ne proscrit aucun rite, à moins qu'il ne renferme en lui quelques princi- pes contraires à la morale. Elle se compose de trois grades, savoir : 1° Élu, Apprenti (méditation). 2° Sage interprète, Compagnon (silence). 3° Sublime épopte, Maître (science). TUILEUR PREMIER GRADE (APPRENTI) Signe. Porter la main sur la poitrine, le pouce formant l'équerre. Signe de salut. Retirer la main horizontalement vers l'épaule droite et la laisser retomber le long du corps. Attouchement. Se prendre mutuellement la main droite et se la presser par trois fois. Parole de passe. Deus forcis (Eloah). Parole sacrée. Gomes (Beauté divine). Age. Trois ans. Habillement. Un ruban blanc, porté en sautoir. DEUXIÈME GRADE (COMPAGNON) Signe. Porter la main droite sur le coeur. Attouchement. Frapper cinq coups sur la première phalange de l'index de main droite de l'examinateur. 3 Parole de passe. Xinchen (siège de l'âme). Parole sacrée. Elchaï. Age. Cinq ans. Habillement. Ruban couleur feu, sur lequel est brodé en cercle, au milieu duquel est un œil avec une gloire. TROISIEME GRADE (MAITRE) Signe. Croiser les mains sur la poitrine. Parole de passe. Meborak (Benedictus). Parole sacrée. Phodeh (Redemptor). Age. Sept ans. Habillement. Tunique bleu-céleste. Un large ruban porté en sautoir, sur lequel est brodé en or un triple triangle avec l'étoile flamboyante. Marconis de Nègre 4 Portrait du comte de Cagliostro par Fragonard Sommaire : Le Rite de Memphis-Misraïm : J. BRICAUD. - Symbolisme Mac? et Occultisme. - La Maçonnerie allemande. - Informations. LE RITE DE MEMPHIS-MISRAÏM Le Rite Oriental Ancien et Primitif de MempisMisraïm, fusion du Rite Oriental Ancien et Primitif de Memphis établi en France en 1838, par le F.? Jean-Etienne Marconis de Nègre et du Rite Oriental de Misraïm ou d'Egypte importé dItalie en 1815, par les FF.? Bédarrides, est l'héritier des traditions maçonniques du dix-huitième siècle, dont il a gardé les sages principes, la force morale et la discipline. Il est ouvert à tous les hommes libres et de bonnes mœurs, qui veulent travailler à dégros- sir la pierre brute, la polir et lui donner une forme cubique. Cette pierre doit servir à la cons- truction du Saint Temple, fondé sur la Sagesse, décoré par la Beauté et soutenu par la Force, que les Maçons ont entrepris d'élever sous les auspices et à la gloire du Sublime Architecte des Mondes. Respectant par-dessus tout les principes traditionnels de la Franc-Maçonnerie, qu'il a maintenu et veut maintenir intacts, le Rite de Memphis-Misraïm tient à déclarer qu'il respecte l'indépendance des autres Rites, et comme il ne s'immisce en rien dans les actes émanant de leur autorité, uploads/Religion/cagliostro.pdf

  • 31
  • 0
  • 0
Afficher les détails des licences
Licence et utilisation
Gratuit pour un usage personnel Attribution requise
Partager
  • Détails
  • Publié le Apv 08, 2022
  • Catégorie Religion
  • Langue French
  • Taille du fichier 1.0961MB