La critique sociologique de l’OST (organisation scientifique du travail) et du
La critique sociologique de l’OST (organisation scientifique du travail) et du courant des « relations humaines » Françoise F. Laot : Francoise.laot@univ-reims.fr Rationalisation XIXe siècle : le siècle de la science et du scientisme Tout est mesurable. De la mesure sont déduites des « lois universelles ». Rationalisation Application des méthodes de la science (de la science « pure ») à la conduite des usines. Taylor et le taylorisme (rappel) Frederick Winslow Taylor (1856 – 1915), ingénieur américain. Son influence commence à se faire sentir dès 1890, à son apogée en 1910-1920 et n'a pas cessé depuis. Il s’interroge sur la flânerie systématique des ouvriers Taylor et le taylorisme (rappel) Les principes de l’OST (récapitulatif de la manière dont ils sont présentés dans son ouvrage The principles of Scientific Management (1911) : 1. One best way : « il y a toujours une méthode et une technique qui sont plus rapides et supérieures à toutes les autres ». 2. Une étude scientifique du travail : analyse minutieuse des méthodes et techniques utilisées 3. La tâche : l’ouvrier reçoit des instructions entièrement écrites qui décrivent la tâche qui doit être accomplie ainsi que les moyens dont il dispose pour effectuer le travail 4. Le divorce entre réflexion et exécution (diapo suivante) 5. Le travail à la pièce : « Lorsqu’il est demandé quotidiennement aux ouvriers de travailler très rapidement, il est absolument nécessaire de s’assurer qu’ils aient un salaire plus élevé chaque fois qu’ils réussissent. » Taylor et le taylorisme Le temps de réalisation de chaque tâche est au cœur du système de l’OST : il s’agit d’éliminer tous les temps inutiles. Ford et le fordisme Henry Ford (1863-1947), pionnier de l’automobile américaine approfondit les principes de l’OST. C’est pourquoi le fordisme est appelé « néo-taylorisme » , car en continuité directe du taylorisme. Henry Ford devant la Ford T Ford et le fordisme 1913, le « convoyeur », machine qui transporte les objets d’un ouvrier à un autre… L'intérêt du montage à la chaîne était d'apporter le travail à l'ouvrier et non l'inverse. Dans les usines Ford, celui-ci ne devait pas avoir plus de deux pas à faire, ni se lever ou se baisser. Grâce à la chaîne de montage, le temps de construction d'une automobile a été divisé par 12 dans les années 1920. « On ne paie pas un ouvrier pour qu’il fasse de la marche à pied » Première chaîne de montage aux usines Ford Ford et le fordisme Les innovations apportées par le fordisme : - la standardisation des produits et des pièces permettant la production en grandes séries - le travail sur des chaînes de montage (dit travail à la chaîne) : parcellisation du travail - l'augmentation du pouvoir d'achat des ouvriers, rendue possible par les gains de productivité. Elle vise à stimuler la demande de biens, ouvrant la voie à la consommation de masse. Il s’agit toujours de faire la chasse aux temps morts et inutiles pour la production Ford et le fordisme Taylorisation et néo-taylorisation de tous les domaines d’activité Les temps modernes L’OST sous le feu de la critique L’OST sous le feu de la critique « Pendant des intervalles considérables, les quatre joueurs de hautbois sont restés sans rien faire… » Caricature de la rationalisation taylorienne (ingénieur anonyme) Le courant des Relations Humaines en réaction contre l’OST Les expériences de la Western Electric ont donné naissance au courant des Relations Humaines : 1. La fonction de toute entreprise est double, créer un produit et « distribuer des satisfactions » 2. Ne pas tenir compte du facteur humain, c’est s’exposer à des échecs (notamment dans l’introduction d’innovations) 3. Le groupe est pris en compte, il s’agit de mieux le connaître pour mieux rationaliser sa conduite. Le facteur humain - l’individu n’est pas déterminé que par l’appât du gain - le taylorisme le dépouille de tout ce qui donne sens au travail L’entreprise est conçue comme un système social, c’est-à-dire comme un système d’activités individuelles au sein de relations sociales privilégiées. Il faut tenir compte de ce système, mieux le connaître, pour l’intégrer aux plans et à la prévision de la direction. Le courant des Relations Humaines en réaction contre l’OST La résistance au changement Deux lewiniens (Coch et French , 1952) mènent une étude sur l’introduction progressive de nouvelles machines dans une usine textile. G0 : rapides explications G1 : explications + participation aux décisions par délégation G2 : explications + collaboration du groupe entier La résistance au changement Deux lewiniens (Coch et French , 1952) mènent une étude sur l’introduction progressive de nouvelles machines dans une usine textile. G0 : rapides explications : pas de récupération du rendement G1 : explications + participation aux décision par délégation : récupération et dépassement du rendement G2 : explications + collaboration du groupe entier : récupération et dépassement du rendement La résistance au changement Deux lewiniens (Coch et French , 1952) mènent une étude sur l’introduction progressive de nouvelles machines dans une usine textile. G0 : rapides explications : pas de récupération du rendement vif mécontentement G1 : explications + participation aux décision par délégation : récupération et dépassement du rendement moral satisfaisant mais inquiétudes G2 : explications + collaboration du groupe entier : récupération et dépassement du rendement moral excellent, aucun problème La résistance au changement On reconnaît dans cette étude la méthode expérimentale utilisée en psychologie sociale : des personnes ou des groupes sont observés dans différentes situations Si groupes et individus sont des éléments d’un mécanisme d’ensemble qu’il faut connaître, on ne leur confère aucune réelle capacité de décision. Critique sociologique du courant des Relations Humaines Il y aurait un double postulat dans le mouvement américain des relations humaines : - les travailleurs auraient toujours de désir de participer, dans n’importe quelle condition - si les détenteurs de l’autorité adoptent des méthodes plus coopératives et plus permissives, les subordonnés seraient alors toujours prêts à y répondre. - Or les observations montrent que ce n’est pas le cas…. Critique sociologique du courant des Relations Humaines La coopération reste très partielle et peut cacher une forme subtile de manipulation. Si les subordonnés ne sont pas toujours prêts à coopérer, c’est qu’ils craignent souvent de perdre une certaine autonomie vis-à- vis de la direction et aussi de s’exposer à un certain contrôle horizontal de la part de leurs pairs. Critique sociologique du courant des Relations Humaines Georges Friedman (1902- 1977), sociologue français, fonde la sociologie industrielle. Dans les années 1950, il oppose une virulente critique au modèle taylorien. Il conteste l’homme automate, comparable à une machine-outil, mais aussi les résultats en termes d’efficacité que cette conception engendre. Lectures sociologiques Friedmann reprend la critique marxiste d’aliénation de l’ouvrier dans le travail, dépossédé de son savoir-faire, prisonnier des cadences, exploité dans le rapport salarial par le patron. Lectures sociologiques Le travail à la chaîne réduit en miettes l'activité laborieuse et la vide de sens. Du coup, la fatigue, la démotivation et l'ennui éprouvés par les employés s'expriment par un absentéisme et un turn-over en hausse. En fin de compte, la productivité du travail a augmenté, mais à quel prix ? Lectures sociologiques Lectures sociologiques Évolution du travail ouvrier industriel selon le sociiologue Alain Touraine (1955) : Évolution du travail ouvrier industriel selon le sociologue Alain Touraine (1955) : Phase A : début de l’ère industrielle, les premières machines-outils (ou machine flexibles ou souples) : les outils sont démontés puis remontés différemment à chaque opération nouvelle. L’ouvrier a un savoir-faire, il a été formé, il a un pouvoir technique. Lectures sociologiques Évolution du travail ouvrier industriel selon le sociologue Alain Touraine (1955) : Phase A : début de l’ère industrielle, les premières machines-outils (ou machine flexibles ou souples) : les outils sont démontés puis remontés différemment à chaque opération nouvelle. L’ouvrier a un savoir-faire, il a été formé, il a un pouvoir technique. Phase B : production en grande série (début 1900), décomposition du travail. Les machines sont spécialisées dans une seule opération. Les ouvriers travaillant à charger ou décharger les pièces sur ces machines sont appelés ouvriers « spécialisés » (OS), mais leur tâche n’exige aucune formation ni expérience. Le pouvoir technique se déplace dans les « bureaux de méthodes ». Lectures sociologiques Évolution du travail ouvrier industriel selon le sociologue Alain Touraine (1955) : Phase A : début de l’ère industrielle, les premières machines-outils (ou machine flexibles ou souples) : les outils sont démontés puis remontés différemment à chaque opération nouvelle. L’ouvrier a un savoir-faire, il a été formé, il a un pouvoir technique. Phase B : production en grande série (début 1900), décomposition du travail. Les machines sont spécialisées dans une seule opération. Les ouvriers travaillant à charger ou décharger les pièces sur ces machines sont appelés ouvriers « spécialisés » (OS), mais leur tâche n’exige aucune formation ni expérience. Le pouvoir technique se déplace dans les « bureaux de méthodes ». Phase C : automation, premières machines automatiques en 1937. Plusieurs tâches sont exécutées par la machine qui effectue elle-même les transferts de uploads/Science et Technologie/ 8-ps-so-cm6-critiqueost-et-rh.pdf
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- Publié le Fev 12, 2022
- Catégorie Science & technolo...
- Langue French
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