24/02/18 1 Cours O4 – S2 UE2 EC2 Justine LE CLERC Les dyschromies dentaires Obj
24/02/18 1 Cours O4 – S2 UE2 EC2 Justine LE CLERC Les dyschromies dentaires Objectifs du cours A la fin du cours, vous serez capable de : à l’origine d’une dyschromie dentaire • Comprendre les d’éclaircissement et connaître les matériaux éclaircissants et d’un traitement d’éclaircissement • Elaborer un adapté au type de dyschromies dentaires Plan du cours Introduction 1. Classification des dyschromies 1.1 Les dyschromies extrinsèques 1.2 Les dyschromies intrinsèques 2. Mécanismes d’éclaircissement 3. Matériaux d’éclaircissement 4. Eclaircissement sur dents pulpées 4.1 Eclaircissement ambulatoire 4.2 Eclaircissement au fauteuil 5. Eclaircissement sur dents dépulpées 5.1 Eclaircissement ambulatoire 5.2 Eclaircissement au fauteuil Conclusion Les dyschromies - Introduction Sourire = signe de santé, jeunesse, réussite Outil de communication par excellence La couleur d’une dent dépend de sa composition, de sa structure et de l’épaisseur de chacun des tissus (pulpe, dentine, émail) Toute modification mécanique, chimique et/ou biologique d’un de ces tissus entraîne un changement de la couleur de la dent DYSCHROMIE 24/02/18 2 Les dyschromies – Classification Dyschromies extrinsèques Origine exogène provenant de l’environnement buccal (bactéries, alimentation, tabac…) Les dyschromies dentaires Collège National des Enseignants d’Odontologie Conservatrice, 2010 Dyschromies intrinsèques Origine endogène survenant avant et après la formation de la dent (héréditaire, congénitale, acquise) Les dyschromies – Origine extrinsèque Dyschromies acquises post-éruptives Causées par des facteurs externes Elles n’affectent que la surface de l’émail Les colorations brunes Fine pellicule pigmentée sans bactéries Dépôt des tanins présents dans le thé et le café Les colorations «tabagiques» Tenace, brun foncé ou noir Pénètre les défauts de l’émail Degré de coloration non proportionnel à la quantité consommée Illustrations : HATTAB et al. Dental Discoloration : An overview. Journal of esthetic and restorative dentistry, 1999 Les dyschromies – Origine extrinsèque Les colorations liées à des bactéries chromogènes Coloration noire Bactéries chromogènes Fines lignes très adhérentes au niveau cervical des dents Bonne HBD Bactéries chromogènes Face vestibulaire des dents antérieures Mauvaise HBD Bactéries fluorescentes Dépôts épais adhérents et récidivants face V - Mauvaise HBD Coloration orange Coloration verte Illustrations : HATTAB et al. Dental Discoloration : An overview. Journal of esthetic and restorative dentistry, 1999 Les dyschromies – Origine extrinsèque Les colorations «antiseptiques» Coloration brune • Chlorhexidine (CHX) utilisation prolongée du produit La coloration reste superficielle, peu adhérente S’élimine facilement à l’aéropolisseur • Ammoniums IV (chlorure de benzalkonium) Illustrations : ABOUDHARAM et al. Eclaircissement dentaire, EMC 2008 Les colorations métalliques Induites par les poussières de métaux (industrie), certaines médications orales ou agents thérapeutiques appliqués localement Les métaux se combinent à la pellicule acquise et produisent une coloration de surface ou pénètrent la dent et entraînent une coloration permanente 24/02/18 3 Les dyschromies – Origine intrinsèque Incorporation de matériels chromogéniques À proximité de la jonction amélo-dentinaire Colorations intrinsèques pré-éruptives Colorations intrinsèques post-éruptives Les dyschromies – Origine intrinsèque Colorations intrinsèques pré-éruptives Amélogenèse imparfaite Désordre héréditaire dans la formation de l’émail des 2 dentures Destruction précoce de l’émail Etat de surface de l’émail irrégulier et rugueux Les colorations varient du blanc opaque au brunâtre Dentinogenèse imparfaite Héréditaire à transmission autosomique dominante concerne les 2 dentures -Toutes les dents sont affectées L’émail est intact, la dentine apparaît opalescente («en sucre d’orge») Colorations entre le gris-bleu et le brun +/- foncé Illustrations : SIXOU J.-L. Université Rennes Les dyschromies – Origine intrinsèque Colorations intrinsèques pré-éruptives Dyschromies dues aux tétracyclines Antibiotiques à large spectre – forte affinité pour les os et les dents Phénomène de chélation entre les tétracyclines et les ions calcium Incorporation aux cristaux d’HAP durant la minéralisation des tissus dentaires Colorations allant du jaune clair au brun La sévérité des colorations dues aux tétracyclines dépend : - De la date d’administration de l’ATB - De la durée d’administration - Du type de tétracyclines - De la posologie Les dyschromies – Origine intrinsèque Colorations intrinsèques pré-éruptives Dyschromies dues aux tétracyclines Type de dyschromie Traitement chimique Traitement prothétique 1er degré Légère coloration jaune, grise ou brune, uniforme sur toute la hauteur coronaire Possible, résultats excellents Contre-Indiqué 2ème degré Coloration plus saturée mais toujours uniforme sans bande Possible, bons résultats Contre-indiqué 3ème degré Colorations irrégulières, plus saturées (gris foncé ou bleutées), non uniformes, en bandes bien différenciées Discutable Résultats moyens Indiqué 4ème degré Colorations très intenses, fortement saturées en bandes ou en plages non uniformes, exceptionnelles (violet foncé à brun très saturé) Non recommandé Indispensable Classification de Jordan et Boksman (1984) 24/02/18 4 Les dyschromies – Origine intrinsèque Colorations intrinsèques pré-éruptives Fluorose Incorporation excessive de fluor pendant la période de formation des dents et de minéralisation de l’émail (entre le 4ème mois in utero et la 8ème année) Les colorations varient de fines lignes blanches à la surface de l’émail jusqu’à des tâches jaunâtres ou brunâtres entrainant un effondrement de l’émail dans les formes les plus sévères Les dyschromies – Origine intrinsèque Colorations intrinsèques pré-éruptives Fluorose Plusieurs classifications Classification de Dean (1942) : degré de sévérité des atteintes (5 stades) Indices de fluorose de Thylstrup & Fejerskov (TFI) 1978 TFI Description clinique Options thérapeutiques 1 Lignes blanches à peine visibles, dues à l’accentuation des périkymaties Eclaircissement/ Micro-abrasion 2 Lignes blanches distinctes Eclaircissement/ Micro-abrasion 3 Plages opaques discrètes, visibles, en plus des lignes blanches Micro-abrasion 4 Ensemble de la surface amélaire opaque, blanc crayeux Micro-abrasion/ micropréparations Restaurations composite directes TFI Description clinique Options thérapeutiques 5 Surface piquetée avec anfractuosités < 2mm de diamètre Micropréparations + composites ou facettes 6 Piquetés confluant en défauts ≥ 2 mm de hauteur Facettes composites Facettes céramiques 7 Perte de l’émail < 50% de la surface Facettes composites Facettes céramiques 8 Perte de l’émail > 50% de la surface Couronnes céramo- céramiques 9 Perte quasi totale de l’émail Seul un bord cervical opaque subsiste Couronnes céramo- céramiques Fluoroses légères Fluoroses modérées Fluoroses sévères D’après Lasfargues JJ.Lasfargues & P.Colon Odontologie conservatrice et restauratrice 2010 Les dyschromies – Origine intrinsèque Colorations intrinsèques post-éruptives Colorations suite à traumatisme Hémorragies pulpaires Rupture du paquet vasculonerveux à Pénétration du sang dans les tubuli Libération et dégradation d’Hb Méthémoglobine (rouge-brun) Hémine (bleu noir) Hématine (brun foncé) Hématoïdine (rouge) Nécrose pulpaire Coloration grise Dégénerescence calcique Couleur plus saturée et moins translucide - Gris orangé voire brun foncé Les dyschromies – Origine intrinsèque Colorations intrinsèques post-éruptives Colorations dues à des procédures iatrogènes Endodontie incomplète Cavité d’accès insuffisante (tissu pulpaire nécrosé résiduel) Colorations grises Matériaux d’obturation coronaire Amalgame : corrosion, diffusion d’ions métalliques (coloration grise) Résines composites : microinfiltrations Tenons métalliques type screw posts (diffusion d’ions métalliques) Matériaux endodontiques Colorations dues aux cônes d’argent, ciments de scellement… 24/02/18 5 Les dyschromies – Origine intrinsèque Colorations intrinsèques post-éruptives Colorations liées au vieillissement physiologique Coloration naturelle Changements des propriétés de transmission de la lumière Résultat de la combinaison de 3 facteurs : - Accumulation de colorations internes et externes au fil des années - Apposition continue de dentine (réduction taille chambre pulpaire) - Amincissement de l’émail Colorations liées à l’internalisation de colorants extrinsèques Via des défauts de structure dentaire Les dyschromies – Mécanismes d’éclaircissement La plupart des dyschromies intrinsèques et extrinsèques sont liées à la présence de pigments organiques composés de chromophores et d’auxochromes possédant plusieurs doubles liaisons Fragmentation de ces molécules pigmentées possible par destruction d’une ou plusieurs des doubles liaisons par phénomène d’oxydation Les dyschromies – Mécanismes d’éclaircissement Réaction d’oxydoréduction entre - la substance colorée ou agent réducteur - et la molécule décolorante ou agent oxydant L’agent oxydant relargue des radicaux libres avec des électrons non appariés = Il est alors réduit L’agent réducteur accepte ces électrons libérés = Il s’oxyde Principe d’éclaircissement dentaire Réaction chimique Les dyschromies – Mécanismes d’éclaircissement Jaunes Orangées Brunes Grises Violacées Difficultés croissantes d’éclaircissement des structures dentaires 24/02/18 6 Les dyschromies – Matériaux d’éclaircissement Toutes les techniques d’éclaircissement sont basées sur l’utilisation du peroxyde d’hydrogène ou de ses dérivés Peroxyde d’hydrogène H2O2 Peroxyde de carbamide CO(NH2)2 – H2O2 Libération de radicaux libres oxygénés Initiation de la réaction d’éclaircissement Perborate de sodium NaBO3 Les dyschromies – Matériaux d’éclaircissement Dissociation équilibrée ou photodissociation Sous forme liquide incolore, inodore Conservé dans des flacons opaques à l’abri de la lumière Composé très instable à Deux réactions chimiques simultanées Provoquée par la lumière et une augmentation de la T°C Radicaux libres O2 (Faible pouvoir oxydant) 2 H2O2 à 2 H20 + O2 Peroxyde d’hydrogène H2O2 Dissociation anionique H2O2 à H02 - + H+ Réaction plus difficile à obtenir Réaction favorisée par un pH basique et par l’adjonction de sels (perborate, persulfate) Les dyschromies – Matériaux d’éclaircissement Quelque soit la réaction déclenchée, les produits de décomposition de la molécule de peroxyde d’hydrogène oxydent la structure colorée Leur bas poids moléculaire facilite leur passage à travers la trame organique que constituent l’émail et la dentine Radicaux libres Perhydroxyls H02 - (Fort pouvoir oxydant) Peroxyde d’hydrogène H2O2 Facteurs influençant l’action du peroxyde d’hydrogène • Concentration : plus la concentration est elevée, plus les molécules oxydantes sont en nombre important. Son poids moléculaire étant très faible, il est très difficile d’évaluer la quantité qui diffuse à travers les structures dentaires • Température : une élévation de 10°C fait doubler sa vitesse de décomposition • Lumière : rôle de catalyseur, associé à une élévation uploads/s3/ o41718-dyschromi.pdf
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- Publié le Sep 06, 2022
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