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Job Hopping : Entre mobilité et instabilité | Defimedia.info defimedia.info /def i-quotidien/dq-societe/item/42033-job-hopping-entre-mobilite-et-instabilite.html Conserver son emploi jusqu’à la retraite semble ne plus être dans les mœurs. Cependant, le Job Hopping est-il un moyen d’enrichir nos connaissances professionnelles ou traduit-il un manque de stabilité ? Le Job Hopping se définit comme la pratique de changer fréquemment d’emplois pour un gain financier rapide et pour un progrès de carrière, selon le dictionnaire American Heritage. À Maurice, depuis quelque temps, il semblerait que cette pratique gagne du terrain. Bon nombre de personnes changent d’organisation pour des salaires plus attractifs. Certains pensent qu’un nouvel emploi se traduira en une vie privée plus équilibrée. D’autres changent entièrement de plan de carrière, car ils ressentent le besoin de partir sur de nouvelles bases dans une nouvelle entreprise. Plusieurs facteurs sont liés au phénomène de Job Hopping. Le président de la Mauritius Employers Federation (MEF) estime que ce phénomène est souvent présent dans les économies dynamiques, soit, quand il y a le plein emploi. « Dans une telle situation économique, le marché de l’emploi étant en plein essor, on n’hésite pas à changer d’emploi, voire de filière. Toutefois, aucune étude n’a été conduite à Maurice qui pourrait confirmer la prévalence du phénomène de Job Hopping », soutient Vincent d’Arifat. « Infidèles » Selon la sociologue Asha Vaid, cette tendance est plus visible chez les jeunes employés. « Ceux qui changent fréquemment de travail sont attirés par le salaire, une promotion et le prestige. Personne ne veut bouger pour un salaire moins attractif », explique-t-elle. Toutefois, elle souligne qu’avec la mondialisation, beaucoup de multinationales se sont implantées à Maurice, offrant ainsi l’occasion à bon nombre d’employés de relever de nouveaux défis et de vivre de nouvelles expériences. « De nos jours, les gens veulent apprendre et recherchent toujours de nouvelles possibilités. Ils misent plus sur le développement personnel. Ainsi, changer constamment d’emploi leur procure un sentiment d’épanouissement », affirme la sociologue. Asha Vaid explique que cette tendance peut aussi devenir une habitude. « Les Job Hoppers iront là où ils trouvent leur avantage. Ainsi, ils ne sont fidèles à aucun employeur », dit-elle. Sécurité d’emploi Alors que certains changent de travail fréquemment, d’autres préfèrent la stabilité et la sécurité d’emploi. Eddy Jolicoeur, directeur de ressources humaines, explique que les raisons pour ne pas changer de boulot sont généralement liées à la sécurité. Les fonctionnaires, pour la grande majorité, ne changent pas d’employeur car la perception de sécurité d’emploi est très forte dans ce secteur. Par contre, un employé peut très bien, dans les secteurs public ou privé, changer de poste tout en restant avec le même employeur. « Il est question d’une évolution de carrière au sein de la même entreprise. Cela dit, les avantages varient selon la décision de changer d’employeur ou de poste. D’une manière générale, toutefois, c’est la sécurité d’emploi, l’environnement interne et la réputation de l’entreprise qui motivent les employés à rester », explique-t-il. Pour parer à cette tendance, les entreprises ont développé des stratégies pour fidéliser leurs employés. « Nous avons beaucoup d’exemples d’entreprises qui récompensent leurs employés pour leur ancienneté. Toutefois, l’employé fidèle doit également être compétent pour ajouter de la valeur à l’entreprise. Dans un environnement hautement compétitif, l’ancienneté est insuffisante. Les années d’expérience, donc d’acquisition de compétences, sont plus bénéfiques que les années de service », explique notre interlocuteur. Toujours selon lui, la perception de mobilité d’emploi a beaucoup changé. Il y a quelques années, un employé qui bougeait d’un emploi à un autre était qualifié d’instable. Aujourd’hui, un employé qui bouge est décrit comme étant dynamique. Par ailleurs, de plus en plus de postes à responsabilités sont régis par des contrats à durée déterminée. Ce qui pousse beaucoup de cadres à la mobilité. « Il faut aussi ajouter que la mondialisation a beaucoup contribué à la mobilité des ressources humaines. Ce phénomène permet à des employés d’engranger de l’expérience internationale qui ne peut qu’être bénéfique pour son développement », explique-t-il. Manish Bundhun, directeur des ressources humaines : « Do what you love and love what you do » Pour Manish Bundhun, directeur des ressources humaines, en général, le Job Hopping est vu d’un œil négatif. Mais cela varie de pays en pays. À Maurice, le cycle d’un changement d’emploi est de trois ou quatre ans. « Cela peut dénoter un certain dynamisme. En revanche, cela peut aussi refléter l’instabilité d’un candidat sur le plan professionnel. En tant que directeur des ressources humaines, la question qui se pose est pourquoi le candidat change-t-il d’emploi chaque trois ans ? Par ailleurs, une période de cinq ans peu être considérée comme un ‘mature move’ au niveau des recruteurs. Dans le cas contraire, on a la perception que la personne est toujours indécise par rapport à sa carrière. Cela renvoie un mauvais signal à un employeur. Il hésitera à embaucher quelqu’un, s’il estime que celui-ci va quitter l’entreprise. La sélection d’un candidat, le coût de la formation, entre autres, sont des facteurs qui poussent l’employeur à réfléchir longuement avant de recruter un Job Hopper », dit-il. Manish Bundhun estime qu’il est tout à fait compréhensible qu’un jeune qui débarque sur le marché du travail ait des doutes sur son choix de carrière. « Afin d’éviter l’étiquette de ‘Job Hopper’, nous devons tous choisir un emploi pour lequel on a une passion. ‘Do what you love and love what you do !’ De plus, quand on est au début de notre parcours professionnel, on doit considérer le pour et le contre avant de foncer. Toutefois, cela dépend aussi de sa personnalité. Bon nombre de personnes réalisent qu’ils ont fait le mauvais choix, car ils s’ennuient rapidement. Cependant, la question fondamentale qu’on doit se poser est la suivante : qu’est-ce qu’on veut faire ? Entre nous, la probabilité qu’un employeur prenne en considération le curriculum vitae d’un candidat âgé de 35 ans qui a déjà changé de travail plus de 6 à 7 fois est plutôt mince », dit-il. Yoosoof Ismael, économiste : « Le Job Hopping fait grimper les salaires » Alors que certains voient le changement de carrière bénéfique à leur développement personnel, le Job Hopping peut avoir des répercussions sur notre économie. Yoosoof Ismael, économiste, nous explique que le Job Hopping peut se traduire en une demande pour des compétences spécifiques de l’économie. « Cela signifie que nous n’avons pas suffisamment de main-d’œuvre. Le Job Hopping fait aussi grimper les salaires », explique ce dernier. L’économie peut bénéficier du Job Hopping, car, selon notre interlocuteur, « la productivité s’améliore à mesure que l’expérience et l’expertise sont partagées ». « Le personnel développe de nouvelles compétences. Il est révolu le temps où les entreprises avaient besoin d’une personne pour un emploi. Le Job Hopping rend les employés dynamiques et polyvalents », explique-t-il. Par ailleurs, notre interlocuteur explique que le job hopping comporte aussi des aspects négatifs. « Les ressources humaines sont le noyau de la compagnie qui augmente la productivité. La vente augmente grâce à un meilleur service clientèle et réduit les coûts de la compagnie. Ceux-là sont affectés par le Job Hopping et résultent en un environnement de travail médiocre, l’instabilité au sein des équipes et augmentent le stress », conclut-il. Témoignage Yash, 31 ans : « La méritocratie n’existe pas dans tous les secteurs » « J’ai 31 ans et je ne sais toujours pas ce que je veux faire comme métier. » C’est en ces termes que Yash nous répond quand on l’interroge sur son emploi. Il est rentré au pays en 2008 après avoir obtenu un diplôme en Management et depuis il a déjà changé cinq emplois. « À chaque fois, j’ai travaillé dans la vente et aujourd’hui je réalise que cela a été un mauvais choix. C’est un marché très difficile où notre objectif change d’un jour à l’autre. Alors qu’en période de crise, il est très difficile de maintenir le même niveau. Toutefois, mon superviseur ne prenait jamais ces critères en considération. De plus, à Maurice, avec le système de ‘tall organisations’, j’ai dû faire face à certaines difficultés. Les conflits professionnels avec mes supérieurs ont parfois eu un impact sur mon travail. Ils mélangeaient souvent nos différends personnels avec ma performance au travail. Je ne pense pas que la méritocratie existe dans tous les secteurs. J’ai démissionné à cause de cela », affirme-t-il. Yash est confiant qu’après ses études universitaires, les choses s’amélioreront. « Je suis certain que bon nombre d’entreprises embauchent ceux qui sont qualifiés et qui ont tous les critères requis. Il faut juste être un peu patient », dit-il. Sonya, 25 ans : « Apprendre de nouvelles choses et m’enrichir » Depuis la fin de ses études secondaires, Sonya compte déjà sept emplois sur son curriculum vitae. En vrai Job Hopper, elle nous livre son témoignage. « Je ne peux pas faire plus de deux ans dans le même travail. Je veux toujours apprendre de nouvelles choses et m’enrichir », dit-elle. Relations publiques, service clientèle, téléopératrice, ce sont là les postes que notre interlocutrice uploads/Finance/ 13-11-13-job-hopping-entre-mobilite-et-instabilite.pdf

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  • Publié le Mar 05, 2022
  • Catégorie Business / Finance
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