Circuit Economique et Comptabilité Nationale L1 AES / L1 Eco Gestion Chacun peu

Circuit Economique et Comptabilité Nationale L1 AES / L1 Eco Gestion Chacun peut améliorer spectaculairement sa perception des informations économiques en s’initiant à la comptabilité nationale (CN). (Diapo) Car celle-ci est précisément le cadre dans lequel sont définies et quantifiées la plupart des notions économiques que les médias véhiculent, que les hommes politiques reprennent dans leurs débats ou leurs polémiques, et que les économistes utilisent pour leurs analyses. S’initier à la CN, ce n’est pas seulement en acquérir quelques rudiments. S’initier, c’est entrer dans la logique interne de ce système de normalisation de l’information économique qu’est la CN ; saisir sa cohérence et son intérêt, mais aussi ses limites et ses problèmes, comprendre que la CN n’est pas réductible à une technique, mais qu’elle est une pratique sociale. La CN est une représentation globale, détaillée et chiffrée de l’économie nationale dans un cadre comptable. (Diapo) Les éléments de cette définition seront explicités dans ce cours, mais il faut insister immédiatement sur le fait que la CN est une représentation. On entend souvent dire que la CN est objective, qu’elle est la photographie du réel. C’est au moins oublier que d’un même objet il peut exister de nombreuses photos qui diffèrent par l’éclairage, l’angle de prise de vue, etc. C’est surtout omettre que l’objet que la CN représente, met en scène, n’est pas déjà là, mais est construit par la CN elle-même. En ce sens, la CN ne peut avoir un point de vue « objectiviste » ; elle n’est pas un rassemblement de « données » économiques (données par qui, d’ailleurs ? Par l’évidence, par les apparences ?). La CN repose sur une démarche « constructiviste » : elle constitue la réalité économique en objet. Si les faits économiques peuvent acquérir du sens, c’est parce qu’ils ne sont plus des données (des faits bruts) mais des résultats (des faits construits) . (Diapo) En réalité, la CN est un produit historique au confluent de considérations théoriques et de préoccupations pratiques. On pourrait lui trouver de nombreux ancêtres mais l’invention de la CN proprement dite est le produit des perturbations économiques et politiques de la période 1930- 1945. L’ampleur de la crise, l’insuffisance des statistiques disponibles pour éclairer les interventions publiques et l’intérêt porté aux phénomènes macroéconomiques sous l’influence de Keynes orientent tout d’abord les préoccupations statistiques vers l’élaboration et l’évaluation d’agrégats, c’est-à-dire de grandeurs synthétiques caractéristiques de l’économie nationale (produit national, revenu national…). Mais c’est pendant la Seconde Guerre mondiale que sont élaborés les premiers schémas de comptes nationaux par Meade et Stone en Grande-Bretagne, Tinbergen aux Pays-Bas et Vincent en France. (Diapo) Après la guerre, le Système simplifié (1950) puis le Système normalisé de comptabilité nationale (1952) concrétisent les efforts de normalisation entrepris dans le cadre de l’OECE (Organisation européenne de coopération économique, devenue ensuite l’OCDE). Ces travaux sont repris par l’ONU qui publie en 1953 le premier Système de comptabilité nationale des Nations unies (SCN, sigle officiel). (Diapo) Ch. 1 Chapitre introductif : présentation de la comptabilité nationale. La comptabilité nationale, dont l’objet est descriptif, et la macroéconomie, dont l’objet est explicatif, représentent des disciplines distinctes. En réalité, elles sont profondément liées en raison de l’approche globale de l’économie qu’elles préconisent, cette approche étant justiciable d’une représentation en termes de circuit. Cette représentation commune peut être illustrée à travers l’émergence de la macroéconomie et les principes de la comptabilité nationale. La spécificité de l’approche comptable apparaît néanmoins à travers la trajectoire historique au cours de laquelle elle s’est progressivement constituée. 1 L’émergence de l’approche macroéconomique (Diapo) On distingue en général trois grandes étapes. 1.1 François Quesnay et le circuit d’une économie précapitaliste agricole (Diapo) F. Quesnay (1694-1774), fondateur de l’école des Physiocrates, est l’auteur du Tableau économique (1758) qui est la première représentation globale de l’économie sous forme d’un circuit. Il fournit, à travers la quantification des flux de revenus et de dépenses entre les trois classes constituant la société : cultivateurs, propriétaires fonciers et commerçants-artisans, (Diapo) un embryon de modèle macroéconomique. Les différents flux de revenus et de dépenses constituent donc un circuit à trois pôles au sein duquel la richesse née dans le travail agricole se diffuse à l’ensemble des catégories sociales La vision proposée par F. Quesnay repose sur la primauté et la productivité exclusive de l'agriculture. Cette vision est liée au dogme de la productivité naturelle de la terre, censée multiplier la matière. D'où l'idée que les fermiers créent seuls plus de richesse qu'ils n'en consomment et que les autres classes ne font que transformer la matière. Cette thèse physiocratique, fortement contestée dès les années 1770, notamment à la suite des travaux de Lavoisier, doit être mise en relation à la fois avec la prépondérance de fait de l'agriculture à l'époque de F. Quesnay et avec le souci de ce dernier de revaloriser l'activité agricole, négligée à ses yeux par le pouvoir royal – La classe des cultivateurs ou fermiers (F) est appelée classe productive car c’est elle qui crée la richesse de la nation en exploitant la terre. – La classe des propriétaires fonciers (P) subsiste grâce au revenu qui lui est versé annuellement par la classe productive (le produit net) en échange de la jouissance de l’exploitation de sa terre. – La classe des commerçants–artisans (A) est qualifiée de classe stérile, sa seule activité consistant à transformer les richesses extraites du sol (biens agricoles) en richesses ayant un montant strictement identique (biens manufacturés). Le circuit macroéconomique des flux de revenus (monétaires) construit par F. Quesnay est illustré par l’exemple arithmétique suivant : (Diapo) la production agricole s’élève à 5 unités de compte (u.c.). Les fermiers autoconsomment 2 u.c., conservées en nature sous forme « d’avances annuelles » destinées à la production de l’année suivante (semences et subsistances), le reste étant vendu pour 1 u.c. aux propriétaires et pour 2 u.c. à la classe stérile. (Diapo schéma) Le produit de la vente (soit 3 u.c.) permet d’acheter du matériel aux commerçants-artisans (1 u.c.) et de payer le fermage (égal au produit net) aux propriétaires terriens (2 u.c.). La classe des propriétaires dépense son revenu (2 u.c.) pour moitié en biens agricoles et pour moitié en biens manufacturés. La classe stérile achète 2 u.c. en produits agricoles (matières premières et subsistances). La classe productive est donc la seule à créer de la richesse, égale au produit net, soit la différence entre la production (5 u.c.) et les reprises (dépenses nécessaires à la production et au renouvellement de celle-ci). Dans ce circuit, la richesse circule grâce à la diffusion du surplus, les dépenses des propriétaires terriens générant à leur tour des dépenses de la part des fermiers et de la classe des artisans. On peut donc considérer que l’impulsion macroéconomique initiale est donnée par le versement du produit net des fermiers aux propriétaires terriens. Le second temps du circuit repose sur les dépenses des propriétaires terriens, le troisième temps du circuit consistant dans le bouclage des flux vers le pôle initial, représenté par les fermiers, et rendant ainsi possibles les conditions productives de la période suivante. Dans ce schéma, ici très résumé, on voit la première analyse du circuit économique en termes à la fois de flux de valeur et de flux de biens entre les grands groupes de la société, analyse qui anticipe des développements du xxe siècle. L’apport de F. Quesnay peut être jugé fondamental à plusieurs titres. Tout d’abord, il est à l’origine d’un point de vue novateur, sa représentation simplifiée en termes de circuit mettant en avant les interdépendances des classes et leur rôle dans la cohérence du corps économique. En outre, l’approche fondée sur la notion de produit net, impulsant la création de richesses par une classe puis la diffusant à travers son accaparement par une autre classe, ouvrira la voie au concept marxiste de plus-value puis à celle, qui prévaut actuellement dans la comptabilité nationale, de valeur ajoutée. (Diapo) Enfin, bien que le Tableau économique représente l’équilibre des flux dans le cadre d’une économie stationnaire (sans croissance), puisque d’une période à l’autre la production se reproduit à l’identique, il modélise pour la première fois la dynamique macroéconomique sous la forme d’une succession de séquences temporelles. 1.2 Karl Marx et le circuit du capitalisme industriel (Diapo) Pour analyser la dynamique du capitalisme, K. Marx, grand admirateur des travaux de F. Quesnay, reprend à son compte l’approche macroéconomique en termes d’interdépendances socio- économiques présentée dans le circuit physiocratique. « L’anatomie » du mode de production capitaliste, selon la formule de K. Marx, repose sur la compréhension de l’articulation de trois fonctions essentielles, de la création de valeur (richesses) à sa répartition et à son accumulation, triptyque qui s’apparente au schéma production- revenu-dépense. diapo La substance de la valeur résidant d’après K. Marx dans le travail, la loi de la valeur exprime la loi économique de la production marchande par laquelle l’échange des marchandises s’effectue selon la quantité de travail socialement nécessaire à leur production. K. Marx fait alors apparaître que l’échange marchand, qui peut être symbolisé par l’enchaînement M-A-M (marchandise-argent- marchandise), ne uploads/Finance/ ch-1-circuit-economique-et-comptabilite-nationale 1 .pdf

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  • Publié le Jui 09, 2022
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