Sauvetage par Selçuk Société éditrice du «Monde» SA Président du directoire, di
Sauvetage par Selçuk Société éditrice du «Monde» SA Président du directoire, directeur de la publication Louis Dreyfus Directeur du «Monde», membre du directoire, directeur des rédactions Erik Izraelewicz Secrétaire générale du groupe Catherine Sueur Directeurs adjoints des rédactions Serge Michel, Didier Pourquery Directeurs éditoriaux Gérard Courtois, Alain Frachon, Sylvie Kauffmann Rédacteurs en chef Eric Béziat, Sandrine Blanchard, Luc Bronner, Alexis Delcambre, Jean-Baptiste Jacquin, Jérôme Fenoglio, Marie-Pierre Lannelongue («M Le magazine du Monde») Chef d’édition Françoise Tovo Directeur artistique Aris Papathéodorou Médiateur Pascal Galinier Secrétaire générale de la rédaction Christine Laget Directeur du développement éditorial Franck Nouchi Conseil de surveillance Pierre Bergé, président. Gilles van Kote, vice-président 0123est éditéparla Société éditricedu «Monde»SA Duréede lasociété:99ansàcompterdu 15décembre 2000.Capitalsocial:94.610.348,70¤.Actionnaire principal:Le MondeLibre (SCS). Rédaction 80,boulevardAuguste-Blanqui,75707Paris Cedex13Tél.: 01-57-28-20-00 Abonnements partéléphone:deFrance 32-89 (0,34¤ TTC/min); del’étranger:(33)1-76-26-32-89 oupar Internet:www.lemonde.fr/abojournal L e roi «ne payait ni les financiers nilesnégocians,desquelsilavoit emprunté des sommes considé- rables; il leur accordoit des sur- séances ou des sauf-conduits contre leurs créanciers, autre désordre qui dérangeoitet troubloit encore extrêmement le commerce, dans lequel on nevoyaitpresqueplusd’argent.Lecrédit(…) étoit évanoui. Le discrédit étoit universel, le commerceanéanti,laconsommationaffai- blie de moitié (…); les ouvriers passoient chez l’étranger.Enfin, le peupleétoit désolé, lepaysanmalnourriet malhabillé.» Ce tableau saisissant, qui pourrait pres- que s’appliquer à la Grèce ou à l’Espagne actuelles, est dû à l’économiste Nicolas Dutot.Ilbrossel’étatdelaFranceàlafindu règne de LouisXIV. Car, s’il a su s’entourer degrandscommisdetalent,telColbert,le Roi-Soleil a énormément guerroyé, épui- santletrésorroyal.Ladetteaexplosé,attei- gnant un niveau proche des revenus du royaumeetles recettessonten permanen- ce hypothéquées pour les trois à quatre années à venir. Le crédit coûte toujours pluscher– quandilest possibled’en avoir. Cette situation dramatique est conjonc- turelle – les guerres de la Ligue d’Augs- bourg et de succession d’Espagne se sont enchaînéesentre1688et1714–etstructurel- le. Le mode de financement adopté par les roisdeFrancedepuislaRenaissanceagéné- ré une pyramide de privilèges croisés qui bloquenttoutevelléitéderéforme.L’histoi- re du XVIII esiècle jusqu’à la Révolution peut se résumer aux tentatives avortées d’yapporterplusd’ordreetde justice. La vente de rentes est devenue, sur le modèle élaboré dans les villes italiennes, un mode classique de financement des cours européennes.Mais, surce modèle, la monarchie française a abondamment brodé,multipliantlesémissions–surl’Hô- teldeVilledeParis,maisaussisurlescorpo- rationsetlespouvoirslocaux.Elle n’apas négligépourautantl’empruntàcourtter- me et a recouru à une autre ressource: la vente de charges publiques, les offices. Au fil des ans, les tâches liées à la gestion des finances royales – dont le service des ren- tes– ont été cédées, contre paiement, à des privés: les receveurs perçoivent l’impôt direct dont sont exemptés les nobles et le clergé, la taille; les fermiers contrôlent les impôts indirects sur le sel (gabelle), les droits de douane et les alcools; les tréso- rierssontchargésdespaiements. Ceux qu’on appelle financiers doivent rendredescomptes.Maislamachinefonc- tionne avec lenteur. Pour ménager des contribuables irritables, on leur concède d’importantsdélais; de leur côté, les offi- ciers font «jouer la caisse», c’est-à-dire qu’ils font travailler pour leur compte le numéraire récupéré avant de le transmet- treauTrésorpublic.Enattendant,ilsémet- tent des effets, comme les rescriptions des receveurs,circulantcommedelamonnaie. Si les comptes finissent par être faits, et même contrôlés judiciairement, et si les détenteurs d’offices sont redevables d’un éventuel découvert sur leurs biens, tout cela n’intervient que des années après un exercice au cours duquel le Trésor royal, pour assurer l’ordinaire, a dû emprunter à grands frais, souvent aux financiers. A cet- te absence de visibilité s’ajoute l’indépen- danceaffichéeparlesministèresdelamari- ne et de la guerre qui persistent à financer leurs dépenses extraordinaires par le bud- get ordinaire et réciproquement, rendant toutcontrôledeleurbalanceillusoire. La dette accumuléepar la vente de char- ges ne fait pas qu’obérer la couronne. Elle émiettesonpouvoird’autantque,derrière lesfinanciers,secachentsouventlesmem- bres de la noblesse qui savent défendre leurs privilèges.Ce n’est pas la seule utilité des financiers. Devenus les plus honnis de France,ilsserventdefusibles.C’estcequise passe en 1716, lorsque Philippe d’Orléans, nommé régent à la mort de LouisXIV, impose une banqueroute partielle et paye leresteenbilletssurleTrésordontlecours s’effondre.Desfinanciersaccusésdemau- vaise gestion sont embastillés puis défé- rés devant une chambre de justice. La manœuvre n’est pas nouvelle. Et elle est néfastepourlesaffairesquistagnent,alors quelescapitauxfilentàl’étranger. La riposte du régent est une expérience décoiffante inspirée de la Banque d’Angle- terre: le fameux système de Law. Econo- miste et banquier écossais, John Law de Lauriston offre une solution aux déten- teurs de billets du Trésor: les échanger, avec un peu de numéraire, contre des actions de deux sociétés qu’il a créées, une banque de dépôt, la Banque générale, et une compagnie à charte chargée d’exploi- ter notamment les colonies américaines, laCompagnied’Occident.Aprèsundépart hésitant,lestitresdécollent.Laquantitédu papierencirculationexcèdevitelescapaci- tésdelabanque,devenueBanqueroyaleen 1718, et de la compagnie, dont les résultats déçoivent.Attiséepardesaristocratesdont l’Ecossais a ébranlé les privilèges, la spé- culation a raison de ce système, qui s’ef- fondreenmars1720faceauxdemandesde retraitimpossiblesà satisfaire. LaconfiancedesFrançaisdanslepapier- monnaie est ébranlée mais les finances sont assainies: la part de la dette publique investie dans la Compagnie d’Occident s’est volatilisée avec elle, les dettes privées ont fondu avec l’inflation et, si les rentes ont fait de même, cela ne touche que quel- ques privilégiés. Les mauvaises habitudes reprennent. La tentative de contrôler les comptes en temps réel échoue en 1726. La guerredeSeptAns(1756-1763),quiconsacre leretraitdelapuissancefrançaiseenAméri- quedevantl’Angleterre,assècheànouveau lesfinances.Larevanchecoûteencoreplus cher.Lesdernièresannéesdel’AncienRégi- mevoientsemultiplierdeseffortsréforma- teursrarementcouronnésde succès. LebanquiergenevoisJacquesNeckerest le plus controversé. Dès 1775, il s’attaque aux financiers, dont il diminue drastique- mentlesoffices,etpublieuncompterendu au roi sur ses prévisions budgétaires pour 1781, qui devient un succès de librairie. Parallèlementàunepolitiqued’austérité,il recourtàl’empruntpourfinancerlaguerre mais en favorisant une forme en vogue, la renteviagère.Critiquéeparcequ’elleencou- ragel’égoïsmeaudétrimentdelacontinui- tépatrimonialedesfamilles,cettedernière attise la spéculation. Les ressources de l’Etat sont de nouveau rognées, tandis que la diffusion de la rente dans la population la rend plus allergique que jamais à toute idéedebanqueroute. L’éviction de Necker en 1781 et l’arrivée en 1783 de Charles-Alexandre de Calonne sontperçuescommeunerevanchedupar- tiaristocratiquequelepremierabousculé. C’est pourtant Calonne qui, confronté à unemontagnededettesqu’ilacontribuées à faire croître par une politique de relance, fait en 1786 une proposition très auda- cieuse: créer une subvention territoriale grevant les revenus fonciers y compris ceux de la noblesse et du clergé. L’annonce de ce projet met en branle le processus qui aboutiraàlaRévolution.D’abordrejetépar uneassembléedenotables,ilestsoumisau Parlementquilerejetteégalementetrécla- melaconvocationdesétatsgénéraux. Formés à parts égales de représentants de la noblesse, du clergé et du tiers état, les états généraux approuvent les grandes décisions politiques, notamment fiscales. Or, ils n’ont plus été convoqués depuis 1614. Les parlementaires comptent sur la supériorité mathématique de la noblesse et duclergé. Mais, à Versailles,en mai1789, la rédaction des cahiers de doléances dans lesquels le tiers état expose ses exi- gences crée l’agitation politique. Et le roi est encore en faillite: il a fallu émettre des billetsduTrésoretrappelerNecker. Dans ce climat, l’idée s’impose que le tiers état devrait bénéficier de deux voix parreprésentantcontreunepourceuxdes deuxautresordres.Le17juin,faceàlarésis- tance puis à la sécession de ces derniers, le tiersétatseproclameAssembléenationale. La suite est connue. La Révolution aura à cœurd’honorerladette.Ellerecourraàune nouvelle mouture du système de Law, l’émissiondebilletssurlesbiensnationali- sés du clergé, les assignats. Là aussi, la machine s’enrayera, affolée par la circula- tion de titres toujours plus nombreux. En1797, le Directoire sera contraint de décréterunebanqueroutedesdeuxtiers. La dette publique a-t-elle eu raison de la monarchie? C’est simplifier les choses à l’excès: l’Angleterre, au même moment, emprunte avec un entrain comparable et des résultats opposés. Mais le crédit, on le sait, est chose aussi fragile que complexe. Et, en 1789, pour une série de raisons qui vont au-delà des calculs comptables, celui dutrôneétaitépuisé,surtousles plans.p Sylvie Arsever («Le Temps») page deux T el un arroseur arrosé, GünterWallraff,le plus célè- bre journaliste d’investiga- tionallemand, fait à son tour l’ob- jet d’une investigation. La justice le soupçonne d’avoir fait tra- vailler au noir un de ses collabo- rateurs et a ouvert une enquête le 14août. Peu glorieux pour un homme de 69 ans qui s’est rendu célèbre pour avoir dénoncé dans les années 1980 les conditions de travail des Turcs en Allemagne en se faisant passer pour l’un d’entre eux et qui, depuis, n’a jamais renoncé à défendre les soutiers de la mondialisation. Ces dernières années, malgré son âge et sa notoriété, Günter Wallraff s’est notamment glissé dans la peau d’un employé d’une boulangerieindustrielle et d’un livreur de colis express. Mais, à en croire un de ses ex-collabora- teurs, le système Wallraff n’est pas exempt de reproches. D’abord le héros est moins seul qu’il ne le laisse entendre. Ces dernières années, deux hommes ont régulièrement travaillé à ses côtés: un journaliste et Andre Fahnemann, par qui le scandale est arrivé. Après avoir aidé Günter Wallraff pendant quatre ans, cet ancien employé d’un call- center s’est disputé avec celui-ci et est allé dénoncer sa propre situation en juillet auprès des ser- vices fiscaux. Selon lui, Günter Wallraff l’auraitemployé comme secrétai- re particulier ces quatre derniè- res années en lui octroyant un salaire de misère et sans lui four- nir de feuille de paie afin qu’il continue de bénéficier des presta- tions sociales réservées aux chô- meurs. Agé de 34 ans, André Fah- nemann a déjà commis plu- sieurs délits qui l’ont amené en prison. Comme l’écrit le Spiegel, qui, cette semaine, consacre à cet- te affaire un article de cinq pages écrit par cinq journalistes, il a une «vie turbulente derrière lui». Ce n’est évidemment pas une rai- son pour ne pas prendre en compte ses accusations. Outre ses conditions de travail, André Fahnemann dénonce également les méthodes de la «PME Wal- lraff». Selon lui, le journaliste, qui a recueilli les témoignages d’ouvriers-boulangers,aurait par- fois imité la signature de ceux-ci. Par ailleurs, uploads/Finance/ deuda-publica-ejemplos-historicos-4-6.pdf
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- Publié le Mai 30, 2021
- Catégorie Business / Finance
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