1 Chapitre I. Introduction Générale I.1. Utilité et définitions de l’économetri
1 Chapitre I. Introduction Générale I.1. Utilité et définitions de l’économetrie L’analyse des phénomènes économiques vise essentiellement à mettre en évidence les mécanismes qui régissent ces phénomènes afin de mieux comprendre leur nature et leur fonctionnement, d’une part et de prévoir leur évolution d’autre part. L’économiste cherche donc, dans sa démarche à caractériser les liens qui unissent les diverses variables intervenant dans l’explication des phénomènes économiques et, si possible, à dégager des lois de comportement sous – jacentes. Parmi les outils d’analyse quantitative utilisés par les chercheurs et les praticiens dans divers domaines d’application en économie et en gestion, l’économétrie occupe une place de choix. De nombreuses définitions de l’économétrie ont été proposées par divers auteurs. Elles sont vraisemblablement différentes les unes des autres mais l’idée commune que l’on y retient est que l’économétrie est un outil d’analyse qui intègre les instruments mathématiques et statistiques à l’économie politique. - Au sens littéral, l’économétrie signifie « mesure de l’économie ». Bien que la mesure soit une part importante de l’économétrie, le domaine de cette discipline est plus vaste et va au–delà d’une simple mesure des faits économiques. - Dans son acception la plus restreinte, l’économétrie est un ensemble de techniques dans laquelle les outils de la théorie économique, les mathématiques et les déductions statistiques sont appliquées à l’analyse des phénomènes économiques. - Au sens large, l’économétrie est l’art de construire et d’estimer des modèles empiriques adéquats par rapport aux caractéristiques de la réalité, et conformes avec la théorie économique. Comme le suggèrent les définitions précédentes, l’économétrie est un mélange de théorie économique, d’économie mathématique, de statistiques économiques et de statistique mathématique. Il convient de rappeler que : - la théorie économique avance des propositions et des hypothèses qui sont pour la plupart de nature qualitative ; - l’économie mathématique traduit la théorie économique sous forme mathématique sans considérer le caractère mesurable ou la vérification empirique de la théorie ; - la statistique économique est centrée sur la collecte, le traitement et la présentation des données économiques sous la forme de graphique et de tableaux ; Chapitre I. Introduction générale 2 - la statistique mathématique fournir de nombreux outils utilisés en économétrie. Conçue comme une méthode d’analyse, l’économétrie n’a pas pour objet de se substituer à la pensée économique mais bien de la quantifier sous l’hypothèse que la quantification d’un problème représente un réel progrès scientifique. Elle apporte la rigueur dans le langage et les concepts, la cohérence dans l’analyse des phénomènes interdépendants, la clarté dans la transmission et l’exposé des théories. En outre, elle facilite la confrontation quantificative des résultats obtenus aux données réelles. Elle constitue donc le complément indispensable de l’analyse économique. Le recours à l’économétrie comme outil d’analyse quantitative nécessite que la théorie économique soit formalisée à l’aide des modèles économiques. I.2. Notions de modèle en économie I.2.1. Définition et objectif d’un modèle Par modèle économique, on entend une représentation simplifiée d’un phénomène sous forme d’équations dont les variables sont des grandeurs économiques. Cette représentation quantitative d’un phénomène économique est fondée sur des hypothèses concernant le comportement des agents impliqués. En effet, à partir d’une réflexion théorique, elle conduit à imaginer des mécanismes d’interaction entre différentes variables économiques. La qualité du modèle retenu pour expliquer un phénomène économique donné dépendra des variables qu’il contient ainsi que de relations liant ces variables. Tout modèle permet de comprendre le phénomène étudié, d’en prévoir et, si possible, d’en contrôler l’évolution future. Le choix du modèle, c'est-à-dire des variables utilisées et dans relations considérées, dépend de l’importance relative accordée à chacun des aspects explicatifs, prédictifs ou de contrôle ainsi que de la précision souhaitée. Donc, il n’y a pas de modèle unique mais autant des modèles que les problèmes à résoudre. En outre, on ne peut juger un modèle indépendamment de ses objectifs. Il n’est pas non plus juste de dire qu’une représentation « trop simpliste » est nécessairement incorrecte. Pour résoudre un problème donné, la première préoccupation du modélisateur est donc de savoir quelle(s) question(s) spécifique(s) il cherche à solutionner. Soulignons enfin qu’un modèle n’est donc qu’un ensemble d’équations mathématiques. Si le modèle comporte une seule équation, il prend le nom de modèle à équation unique ; s’il a plusieurs équations, on parle de modèle à équations multiples ou modèle à équations simultanées. 3 I.2.2. Eléments principaux d’un modèle Tout modèle comprend des variables des relations et des paramètres dont la nature et le rôle doivent être précisés. I.2.2.1. Variables Une variable économique est une quantité qui peut prendre n’importe quelle valeur à l’intérieur d’un certain domaine de variation. Ces valeurs numériques peuvent être discrètes ou continues. Très souvent une variable discrète est considérée comme un cas particulier d’une variable continue. L’usage des variables pose parfois le problème de la capacité à les mesurer. Or, la quantification de la réalité économique peut entraîner des problèmes insolubles. Il arrive souvent que la mesure d’un fait économique soit établie par l’intermédiaire d’une liaison avec un autre fait lui – même plus accessible à la mesure. Ainsi, on peut mesurer le niveau d’activité économique d’un pays par la consommation d’électricité, la quantité de pétrole importé, etc. Faisons remarquer que la construction des modèles sans la possibilité de disposer des mesures statistiques satisfaisantes est un travail purement formel. D’ailleurs, selon Oskar MORGENSTERN : « il est parfaitement inutile d’élaborer un modèle complexe si l’on ne peut le nourrir qu’avec des données statistiques insuffisantes ou de qualité douteuse ». Généralement, on classe les variables économiques en : I.2.2.1.1. Variables endogène et exogène On appelle « variable endogène » (dépendante, expliquée ou régressant) une variable dont la valeur est déterminée au sein du modèle lui – même. Alors que les variables qui sont déterminées en dehors du modèle, c'est-à-dire qui entrent dans le modèle comme des données autonomes sont qualifiées de « variables exogènes » (indépendantes, explicatives ou régresseurs). La nature, endogène ou exogène, des variables est rarement une propriété intrinsèque du modèle. Des variables exogènes d’un modèle économique, on distingue : - les variables réellement externes au phénomène étudié, et sur lesquelles les agents économiques considérés n’ont aucune maîtrise sur elles ; - les variables contrôlées par un agent économique spécifique (Ménages, Entreprises, Institutions financières, Etat, Reste du monde), mais dont on se refuse à modéliser le comportement parce qu’on désire maîtriser leur valeur, pour en mesurer les conséquences sur le phénomène étudié. Ces variables sont parfois appelées « variables de décisions », ou simplement «instruments ». La manipulation des variables exogènes peut permettre au modélisateur de répondre à des questions du type : 4 - Que se passe–t–il si par hasard…. ? - Que se passe–t–il si l’Etat ou un autre agent économique décide de … ? Le deuxième type de questions peut, par approximations successives, donner la solution du problème inverse : quelle décision prendre pour obtenir tel ou tel résultat ? On peut également combiner les deux approches, en observant les conséquences d’une évolution incontrôlée, puis en la complétant par la recherche de la politique qui permettra d’y faire face. I.2.2.1.2. Variables de flux et de stock Les variables économiques peuvent regrouper également en deux grandes catégories : les stocks et les flux. - Un stock est une quantité mesurée en un point du temps. Il n’ donc pas de dimension temporelle et peut être être mesuré à n’importe quel moment donné du temps. - Un flux est une quantité mesurée par unité de temps. Mesuré entre deux périodes, le flux représente la variation de stock au cours d’une période donnée. L’exemple le plus cité pour différencier le fux du stock est celui de la baignoire. En effet, la quantité d’eau qu’elle contient est un stock : c’est la quantité d’eau d’eau qui se trouve dans la baignoire à tout moment donné. Tandis que la quantité d’eau qui coule du robinet est un flux : c’est la quantité d’eau d’eau qui s’ajoute dans la baignoire par unité de temps. Lors de l’élaboration des modèles économiques, il s’avère souvent utile de déterminer si les variables en cause sont des stocks ou des flux, et quelles sont les éventuelles relations entre eux. Citons quelques exemples de stocks et des flux liés les uns des autres. - Le capital fixe ou le capital circulant sont les stocks des biens existant à une date fixe. Alors que l’investissement est une variable de flux, car il représente la différence entre le stock du capital de deux périodes données : − − 1.1 où : It , est le niveau d’investissement au temps t ; K , le stock du capital au temps t ; Kt-1, le stock du capital au temps t-1. - La richesse ou les créances détenues par un agent économique et la masse monétaire dans une économie constituent des stocks. Tandis que son revenu et ses dépenses sont mesurés sur une période, mois ou année, et constituent des variables de flux. - La dette publique est un stock, alors que le déficit budgétaire est un flux. - Le nombre de chômeurs est un stock ; uploads/Finance/ econometrie-prof-bosonga.pdf
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- Publié le Nov 27, 2022
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