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Chine en Question Blog dédié au Monde asiatique Blog dédié au Monde asiatique La guerre contre la Chine passe par Riyad Noter Les États-Unis sont en guerre contre la Chine depuis 1856 (seconde guerre de l’opium) aux côtés de l’Angleterre et la France. Il s’agissait de démanteler l’économie chinoise qui menaçait les grandes puissances alors que la dynastie Qing était dans sa phase décadente [1]. La République de Chine resta sous domination étrangère entre 1911 et 1949. La Chine retrouva son indépendance nationale en octobre 1949, date de la proclamation de la République populaire de Chine, mais ce n’est qu’à partir de 2001 qu’elle a retrouvé le niveau de développement qu’elle avait atteint au XIXe siècle [2]. Depuis 1945, les États-Unis contrôle tous les pays via une structure militaires divisée en cinq zones [3] via l’OTAN sous commandement américain et, depuis 2001, des partenariats de coopération militaire [4]. À cela s’ajoute les interventions de la CIA [5], celles d’armées secrètes sous couvert de l’OTAN [6] et, last but not least, le recours aux mercenaires divers et variés notamment les terroristes se réclamant de l’islam. Ainsi, les frontières de la Chine sont sous le contrôle militaires des États-Unis (marron), auquel s’ajoutent les anciennes colonies américaines (orange) et les multiples groupes islamistes instrumentalisés (vert) sans compter les réseaux d’espionnage dont on ne sait rien par définition [7]. La guerre n’aura pas lieu ! La guerre n’aura pas lieu frontalement ni entre les États- 1 sur 15 Unis et la Chine ni, sauf un possible dérapage, entre les États-Unis et la Chine via la Corée. L’administration américaine de Donald Trump, comme celle de Barack Hussein Obama, maintiendra la pression aux frontières, notamment en mer de Chine, et poursuivra ses tentatives de déstabilisation au Xinjiang, après son échec au Tibet en 2008, et au Myanmar (Birmanie), mais la guerre se déroule sur le front économique. L’étude de cas du coup de force, survenu à Riyad dans la nuit du 4 au 5 novembre dernier [8], montre que l’événement se comprend pour l’essentiel comme un épisode de la guerre économique entre les États-Unis et la Chine et, en l’occurrence, la bataille pour le contrôle de Saudi Aramco [9]. Nous pouvons ignorer complètement les centaines d’articles, dont la matrice est rédigée par quelques agences et qui sont ensuite copier-coller par tous les médias payants ou gratuits, car ils n’apportent aucun élément de réflexion. Les rares analyses se révèlent très décevantes car elles s’en tiennent à une approche géopolitique, héritée du XIXe siècle et donc largement insuffisante [10]. Pour comprendre l’événement, il faut le placer dans son contexte géo-économique- politique et rappeler donc quelques faits. 1) L’Arabie saoudite est une monarchie islamique dirigée par la famille Saoud depuis sa création en 1932. L’État est la propriété privée de la famille royale ! II s’agit d’une famille élargie qui, jusqu’à aujourd’hui, maintenait un équilibre plus ou moins précaire fondé sur le partage des richesses du royaume entre les principaux clans [11]. 2) La découverte de pétrole en 1938 transforme le pays sur le plan économique et marque le début d’une alliance stratégique avec les États-Unis, qui en échange d’un accès au pétrole, engage les États-Unis à protéger militairement la dynastie des Saoud [12]. 3) Depuis cette date, l’économie de l’Arabie saoudite reposent exclusivement sur les revenus du pétrole gérés par la compagnie Saudi Aramco appartenant aux différents membres de la famille royale. La baisse structurelle de la rente pétrolière a créé une crise économique d’autant plus grave que les princes continuaient leur consommation ostentatoire des produits de luxe. 4) Pour tenter de sortir de cette crise, le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud décida d’ouvrir le capital de Saudi Aramco par une introduction en bourse prévue pour 2018. La Chine, qui a avait déjà réalisée une joint-venture pétrolière intégrée avec le groupe américain Exxon Mobile et l’Aramco d’Arabie saoudite en 2007 et avait signé un nouvel accord stratégique de coopération avec Saudi Aramco en 2016, était fortement intéressée par l’achat d’actions de la compagnie [13]. 5) Les investisseurs anglo-américains l’étaient plus encore car ils craignaient par dessus- tout le projet clairement affiché par la Chine de substituer le pétro-yuan au pétrodollar, mais la bourse de Londres et celle de New-York ont empêché de réaliser l’opération. Max Keiser explique pourquoi : 2 sur 15 L’Arabie saoudite a été récemment empêchée de se joindre à la dédollarisation par les États-Unis […]. La motivation des Saoudiens est logique. Ils veulent spéculer sur Aramco car ils sont profondément endettés et ils manquent de liquidité. Ils voulaient faire une offre publique d’achat sur le marché de Londres ou des États-Unis, mais en ont été empêché par les actions judiciaires des rescapés du 11 septembre, qui ont à juste titre désigné les Saoudiens comme responsables. Source : Max KEISER, US Empire of Debt will go to war to stop emergence of petro- yuan, RT Business News, 25/10/2017 – Les États-Unis déclencheront une guerre pour empêcher l’émergence du pétro-yuan, Chine en Question, 10/11/2017. Traduction de Serge LEFORT [14] 6) En 2016, Mohammed ben Salmane Al Saoud a naturellement intégré l’ouverture du capital de Saudi Aramco dans le plan Vision 2030, mais il soulignait que Aramco était à la fois le problème et la solution et critiquait vertement ses prédécesseurs pour leur addiction à la rente pétrolière. Deputy Crown Prince Mohammed bin Salman said that the Kingdom of Saudi Arabia was founded by late King Abdul Aziz and his companions without the need for oil, pointing out that it is very dangerous to deal with Aramco company as our constitution. He said that Aramco’s reverence by some is a very big problem and we have a state of oil addiction in the kingdom, which disrupted the development. He added that we will turn Aramco into a holding company and move its operations to companies owned by it. Source : Vision 2030 constitutes roadmap for kingdom’s development, economy objectives for next 15 years, Deputy Crown Prince says, Saudi Vision 2030, 25/04/2016 [15]. 7) En juin 2017, promu prince héritier d’Arabie saoudite et vice-Premier ministre, Mohammed ben Salmane Al Saoud était pressé d’aboutir… et, dans la nuit du 4 au 5 novembre, réalisa un coup de force contre sa propre famille en s’arrogeant tous les pouvoirs. David Hearst résume ainsi la situation : En d’autres termes, le prince [Mohammed ben Salmane] peut faire tout ce qu’il veut à quiconque, saisissant leurs biens dans et en dehors du royaume. Rappelons-nous simplement ce qu’il contrôle désormais. Le prince dirige les trois armées d’Arabie saoudite ; il dirige Aramco, la plus grande compagnie pétrolière du monde ; il dirige la commission chargée de toutes les affaires économiques qui est sur le point de lancer la plus grande privatisation que le royaume ait connue ; et il contrôle maintenant toutes les chaînes médiatiques saoudiennes. Source : David HEARST, Ces étranges événements qui hantent les nuits de Riyad, Middle East Eye, 07/11/2017. Si Mohammed ben Salmane Al Saoud s’appelait Saddam Hussein, une campagne médiatique serait aussitôt orchestrer pour renverser ce sinistre dictateur… avant qu’il ne soit trop tard. Mais, affublé du doux acronyme de MBS, il devient le chevalier blanc, 3 sur 15 mise en scène par Coca-Cola avec comme slogan Le changement a une saveur [16]. 8) Il est clair que l’ouverture du capital de Saudi Aramco constitue un facteur déterminant pour comprendre l’essentiel de cet imbroglio. Gregory Brew fait l’analyse suivante [17] : Un autre facteur influençant les événements est la vente anticipée de Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale et probablement la plus grande entreprise au monde. MBS a soutenu la décision de mettre en vente une partie d’Aramco, en utilisant les bénéfices pour financer un important projet de développement économique connu sous le nom de Vision 2030. Il a soutenu qu’avec des prix plus bas sur le marché pétrolier mondial et un avenir incertain, l’économie saoudienne doit être diversifiée pour ne plus dépendre de la production de pétrole et de gaz naturel. […] L’introduction en bourse de Saudi Aramco a besoin de prix élevés pour réussir, et l’introduction en bourse est courtisée par les États-Unis, le président Donald Trump exhortant les Saoudiens à publier l’offre à la bourse de New York. Le beau-fils et conseiller principal du président, Jared Kushner, a fait un voyage imprévu et soudain en Arabie Saoudite, où il aurait rencontré MBS pour une longue réunion secrète. Source : Gregory BREW, Why Saudi Arabia’s crackdown sent oil prices soaring, Oil Price, 06/11/2017. Traduction de Serge LEFORT Source : Twitter Traduction : J’apprécierais beaucoup que l’Arabie Saoudite fasse l’introduction en bourse d’Aramco au New York Stock Exchange. Important pour les USA ! Ainsi, pièce importante du puzzle, Donald Trump soutient totalement Mohammed ben Salmane Al Saoud et, plus encore, il lui offre la bourse de New York pour réaliser l’opération financière prévue en 2018 ! David Hearst fait aussi le lien avec Aramco : Tout cela serait-il arrivé sans un nouvel accord de Trump ? Il a tweeté hier qu’il 4 sur 15 « apprécierait beaucoup que uploads/Finance/ la-guerre-contre-la-chine-passe-par-riyad.pdf

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  • Publié le Nov 13, 2021
  • Catégorie Business / Finance
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