MINISTERE DE LA DEFENSE CENTRE DE DOCTRINE D’EMPLOI DES FORCES ________________

MINISTERE DE LA DEFENSE CENTRE DE DOCTRINE D’EMPLOI DES FORCES ____________________ DIVISION EMPLOI - ORGANISATION ____________________ MANUEL DE TACTIQUE GENERALE Approuvé le : XXX Edition 2006 sous le n°: /DEF/CDEF/DEO/B.LOG Annule et remplace le TTA 901 Forces terrestres en opération Edition avril 1999 - 1 - SOMMAIRE 1 NATURE PERMANENTE DE LA GUERRE ET DES OPERATIONS ............................................................................ 3 2 LES NOUVELLES CONDITIONS DE LA GUERRE ET DES OPERATIONS ............................................................................ 3 3 PRINCIPES DE LA GUERRE PERENNES…COROLLAIRES NOUVEAUX ............................................................................... 4 3.1 Des principes établis .......................................................................................... 4 3.2 Des conditions de réussite politique ................................................................. 16 3.3 Des conditions opérationnelles ......................................................................... 18 4 Les principes tactiques des opérations terrestres .......... 31 4.1 Des fondamentaux à respecter ........................................................................ 31 4.2 Des structures à adopter .................................................................................. 46 4.3 Des notions à maîtriser : les instruments heuristiques ..................................... 58 5 OPERATIONS TERRESTRES DANS LA MANŒUVRE OPERATIVE INTERARMEE .................................................... 62 5.1 Contribution des forces terrestres aux engagements interarmées ................... 62 5.2 Définition des opérations /campagnes interarmées ......................................... 66 5.3 Opérations aéroterrestres ................................................................................. 69 5.4 Opérations amphibies / aéroportées ................................................................ 75 5.5 Les opérations multinationales (alliance, coalition, interopérabilité, « culture »…) .......................................................................................................... 88 6 DROIT, ETHIQUE ET FACTEURS RELEVANT DES FORCES MORALES ............................................................... 89 6.1 De la spécificité du métier militaire ................................................................... 89 6.2 Fondements et principes d’éthique et de déontologie : définitions ................... 90 6.3 Cohésion morale et esprit de corps .................................................................. 90 6.4 Au cœur de l’efficacité opérationnelle collective : valeur individuelle, courage et résistance ............................................................................................................... 95 6.5 L’homme « au cœur de l’efficacité opérationnelle » :…. De l’importance de la discipline et de l’intelligence de situation dans la mise en œuvre de la « force maîtrisée » .............................................................................................................. 98 6.6 Lois de la guerre et cadre juridique (dont légitime défense, acte hostile , intention hostile et règles d’engagement) ............................................................... 99 7 LE COMMANDEMENT DE FORCES TERRESTRES ........ 103 7.1 Nature et style de commandement ................................................................. 103 7.2 Exercice du commandement .......................................................................... 111 7.3 L’environnement du commandement ............................................................. 112 7.4 Commandement des forces terrestres en opération ...................................... 115 8 LE SOUTIEN DES OPERATIONS TERRESTRES ............. 121 8.1 Contexte du soutien en opération ................................................................... 121 8.2 Principes et règles .......................................................................................... 130 8.3 Composantes et organisation du soutien ....................................................... 138 8.4 Perspectives logistiques ................................................................................. 159 - 2 - 1 NATURE PERMANENTE DE LA GUERRE ET DES OPERATIONS 2 LES NOUVELLES CONDITIONS DE LA GUERRE ET DES OPERATIONS - 3 - 3 PRINCIPES DE LA GUERRE PERENNES… COROLLAIRES NOUVEAUX « N’attaquez pas l’ennemi lorsqu’il respecte les règles de la guerre, mais exploitez sans délai la moindre erreur de sa part. » Frédéric le Grand 3.1 Des principes établis L’action militaire repose sur trois principes fondamentaux, appelés principes de la guerre, qui ont été énoncés par le maréchal Foch : la liberté d’action, la concentration des efforts et l’économie des forces. Ces principes se combinent sous deux types d’approches : l’approche directe et l’approche indirecte. Approche directe (TTA 106) : Concept stratégique envisageant de détruire les forces combattantes de l’ennemi Approche indirecte (TTA 106) : L'approche indirecte recherche la victoire, quel qu'en soit le niveau, par l'effondrement plus que par la destruction de l'adversaire envisagé comme un système plus que comme une accumulation de forces. L’approche directe et l’approche indirecte seront détaillés dans le chapitre 4. Ces principes s’appliquent en phase de coercition comme en phase de stabilisation. 3.1.1 Liberté d’action Liberté d’action (TTA 106) : Possibilité pour un chef de mettre en œuvre à tout moment ses moyens en vue d'atteindre, malgré l'ennemi, le but assigné. Principe de liberté d’action (TTA 106) : Pouvoir agir malgré l'adversaire et les diverses contraintes imposées par le milieu et les circonstances. La liberté d'action repose sur : a - la sûreté, qui permet de se mettre à l'abri des surprises ; b - la prévision et l'anticipation des événements et des actions adverses ; c - la capacité de prendre l'ascendant et d'imposer son rythme à l'adversaire. La liberté d’action repose donc sur une capacité d’analyse et de compréhension de la mission dans sa lettre et dans son esprit, sur une connaissance approfondie et surtout sur une compréhension de l’adversaire et du milieu et, enfin, sur une organisation rigoureuse de la sauvegarde. 3.1.1.1 Souci de compréhension de la mission Il s’agit de bien intégrer l’esprit de la mission reçue, c’est-à-dire d’en bien comprendre l’esprit avant d’appliquer la lettre. Ainsi, l’analyse de la mission reçu commence par le fameux « De quoi s’agit-il ? » du maréchal Foch. Une mauvaise compréhension de la mission peut avoir des conséquences funestes sur la réalisation de l’effet majeur voulu par l’échelon supérieur. Ce souci de compréhension de la mission peut alors nécessiter des limites posées à la liberté d’action du subordonné pour éviter ce genre d’erreur. - 4 - Contre-exemple historique : Waterloo 18 juin 1815 (Mauvaise exécution de la mission confiée à Grouchy) Grouchy, à la tête de 33.000 hommes, reçoit pour mission de poursuivre et d’éloigner les Prussiens du champ de bataille principal de Waterloo où Napoléon, avec 74.000 hommes, affrontera les 68.000 anglais de Wellington. Le 18 juin 1815 dès midi, les français ont attaqué sur l’aile droite anglaise puis au centre et ont subi de lourdes pertes et des contre-attaques sérieuses. La situation est très délicate. En milieu d’après-midi, les Prussiens de Blücher abordent le dispositif français sur son flanc droit à Plancenoit. Mais Grouchy est introuvable, peut-être faute d’avoir bien interprété les ordres de l’Empereur. Engagé alors sur deux fronts distincts, Napoléon envoie la Jeune Garde contenir les Prussiens. En fin de journée, les français reculent sur l’ensemble du champ de bataille puis battent en retraite sur la route de Rossomme en perdant au total 29.000 hommes. Grouchy, averti sans doute trop tard de la tournure des évènements qui se sont déroulés à moins de 20 km de ses positions, se replie en France avec ses 33.000 soldats. Cet exemple illustre la nécessité du souci de compréhension de la mission car il semble certain que si Grouchy avait contenu les Prussiens à l’écart ou s’il avait rejoint au moins Napoléon avant le recul de la Vieille Garde, le sort de la bataille aurait été tout différent avec un rapport de force ainsi rétabli. Ainsi, l’absence de Grouchy a fait perdre à Napoléon sa liberté d’action. 3.1.1.2 Capacité d’organisation rigoureuse de la sûreté La sûreté conditionne la liberté d’action. Mais, d’une part, la sûreté n’est pas le but unique et d’autre part, elle ne se construit que dans l’instabilité car l’ennemi s’y oppose en permanence. Il faut donc ne retenir qu’un seuil de sûreté suffisante. Plusieurs éléments concourent à la sûreté : le renseignement, les mesures de coordination et le dispositif des forces. La sûreté se conquiert, elle constitue une sorte de combat préliminaire dont les effets doivent être ensuite entretenus en permanence quand la bataille principale est engagée. La sûreté sera détaillée plus loin au paragraphe 3.3.3. 3.1.1.3 Faculté de prévision et d’anticipation Il s’agit de diminuer au maximum les aléas du combat donc d’étudier les conditions de confrontation avec l’adversaire et les conséquences possibles car il y aura toujours interaction entre les forces amies et ennemies. L’étude de la manœuvre future est alors l’objet de la planification qui élabore un plan de manœuvre et un plan de renseignement. Exemple historique : Préparation d’Austerlitz 1805 (Prévision et anticipation) Napoléon prévoit et anticipe l’échec de sa proposition d’armistice par son émissaire Savary auprès de l’empereur russe Alexandre Ier : il fait simuler le repli d’environ 50.000 hommes non loin du maréchal Koutouzof pour pousser les coalisés à la faute. Ainsi les coalisés, refusant l’armistice, décident d’engager 90.000 hommes dans un combat qu’ils pensent très favorable. Napoléon fait alors rejoindre le 1er corps de Bernadotte et le 3ème corps de Davout pour porter ses effectifs à 75.000 hommes, mais bien renseigné sur les manœuvres ennemies, laisse les coalisés s’emparer du plateau de Pratzen le 1er décembre au soir. Ainsi, ses facultés de prévision et d’anticipation lui permettent de conserver sa liberté d’action pour mener au mieux la bataille du lendemain. - 5 - Exemple historique : Auerstedt 1806 (Davout) 3.1.1.4 Capacité de prendre l'ascendant et d'imposer son rythme à l'adversaire. Il s’agit de garder l’initiative par rapport à l’adversaire. Ceci implique de manœuvrer avec réactivité et de savoir saisir les opportunités. Il est possible que l’ennemi fasse une faute, on peut aussi la solliciter de sa part en le poussant à la faute. Dans les deux cas, il faudra exploiter cette ouverture qui nous permet de prendre ou de maintenir l’ascendant sur l’adversaire et de lui imposer notre propre rythme. Nos premières actions viseront donc le plus souvent à lui ôter sa propre liberté d’action. Exemple historique : Austerlitz 2 décembre 1805 (réactivité et changement de plan) La bataille d’Austerlitz est considérée comme la plus éclatante victoire de Napoléon. Le 2 décembre à 8 heures, les coalisés attaquent l’aile droite des français au Sud-Ouest du plateau en direction de Telnitz. Leur manœuvre consiste à prendre les français en tenailles en commençant par vouloir les isoler de Vienne d’où arrive Davout. Napoléon, s’apercevant de uploads/Finance/ memento-de-tactique-generale.pdf

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  • Publié le Sep 17, 2022
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