2 Objectifs : Au terme de cette unité , chacun de nous devra être en mesure : -

2 Objectifs : Au terme de cette unité , chacun de nous devra être en mesure : - d’analyser un conte avec des modèles théoriques. - d’appliquer cette analyse au traitement pédagogique des contes à des fins d’enseignement. - de retrouver les caractéristiques thématiques et linguistiques du conte. - D’aborder l’étude systématique des faits de langue dans le prolongement de la pratique textuelle. 3 Texte. Le merle blanc Un roi assez vieux avait trois fils. Les deux aînés étaient méchants, emportés, brutaux même. Quant au cadet, il était doux mais assez simple d’esprit. Un certain jour, le roi les assembla tous trois et leur dit : - On m’a assuré qu’à cinquante lieues d’ici, il y a une bête merveilleuse qu’on nomme le merle blanc. Cette bête a le pouvoir de rajeunir celui qui peut la posséder. Me voilà avancé en âge : si donc quelqu’un pouvait m’apporter cette bête merveilleuse, je suis disposé à le récompenser par ma couronne. L’aîné prenant alors la parole , demanda à son père de le laisser aller à la recherche du merle blanc et déclara qu’il ne reviendrait point sans l’avoir trouvé. Le roi lui fit donner des armes, un bon cheval et de l’argent, le laissa partir. Après avoir marché bien longtemps, il arriva dans une grande et belle ville où régnait alors un roi débonnaire et ami du plaisir. Le prince, bien accueilli par les habitants qui le voyaient porteur d’un beau sac rempli d’or, ne tarda pas à être introduit au milieu de la cour dissipée du roi régnant. De sorte que, un an après son départ, il n’était pas encore de retour. Voyant cela, le second fils du roi partit à la recherche du fameux merle blanc, emportant comme son frère un beau cheval, des armes et de l’or. Il lui arriva les mêmes aventures qu’à son frère qu’il rencontra dépouillé de tout. Malgré cet exemple, il y mena une vie dissipée, oubliant complètement et son père et la couronne promise à celui qui pourrait 4 ramener le grand merle blanc. De sorte qu’un an après son départ, le roi n’en avait encore reçu aucune nouvelle. Alors le cadet dit à son père : - Sire, si vous le permettez, j’irai, moi aussi, à la recherche de la bête merveilleuse, et, dieu aidant, j’espère vous revenir avant trois mois. Faites- moi donner un peu d’argent. Je n’ai pas besoin d’armes et de cheval pour faire ce voyage. C’est à ma bonne étoile que je remets le soin de mon succès. Après quelques difficultés, le roi laissa partir son dernier fils. Cinq jour après avoir quitté le palais de son père, le prince traversait une forêt lorsqu’il entendit crier une bête. Courir dans cette direction et arriver auprès d’un renard pris au piège fut pour lui l’affaire d’un instant . Emu de pitié, le jeune prince débarrassa le renard qui le remercia en lui disant : - Ecoute, tu m’as sauvé la vie. Pour te récompenser de ton bon cœur , je me mets à ta disposition ; quand tu auras besoin de mon assistance, tu diras : « Renard, renard, passe monts et vallées. J’ai besoin de ton secours ». Je viendrai, et il n’est point de chose qui puisse me résister. Je sais que tu vas t’emparer du merle blanc. Il se trouve à deux lieues d’ici à cent pas de la tour de la ville. Il est dans une grotte gardée par deux dragons. Pour endormir ces bêtes, tu prendras seize pains de quatre livres et deux oies. Tu mettras tremper les pains dans l’eau – de – vie après, le merle blanc sera en ta possession. Cours, et surtout fis diligence. Un dernier conseil: ne rend service à personne avant que je t’ai vu. Adieu. Ayant ainsi parlé, le renard disparut dans la profondeur des bois. Resté seul, le prince continua sa route et arriva bientôt aux portes de la ville où sa mise simple ne le fît pas remarquer. Ayant entendu le bruit de la trompette dans une rue voisine, il s’y rendit et vit nombreuse populace entourant les officiers du roi qui annonçait l’exécution pour le lendemain matin de deux princes étrangers coupables de haute trahison. Le jeune homme ne douta pas que ce ne fusent ses deux frères. Il alla chercher les pains, les oies et l’eau- de – vie qui lui étaient nécessaires, et il partit pour rejoindre la grosse tour de la ville. Il y arriva, compta cent pas en allant droit devant lui et trouva effectivement la grotte du merle blanc. Un grande odeur de souffre le suffoqua, mais il s’approcha et jeta aux dragons les provisions qu’il avait apportées. Une heure après le 5 fameux merle blanc était en sa possession. C’était un oiseau gigantesque dont les ailes brillaient comme le soleil. - Que veux-tu de moi ? demanda l’oiseau ; parle, je suis à tes ordres. - Je voudrais d’abord que tu me fasses délivrer mes deux frères qui sont prisonniers du roi. - Soit. Monte sur mon cou et je t’y conduirai. Ce disant, le merle blanc se rapetissa tellement qu’il ne parut plus qu’un grand coq. Le prince enfourcha ce nouveau coursier et se trouva bientôt au milieu de ses frères qu’il enleva au nez de leurs gardiens ébahis. Malgré le bon service que venait de leur rendre le cadet, les deux princes ne songèrent, aussitôt libres, qu’à s’emparer de la bête merveilleuse. - As-tu vu, dit l’un, la belle carrière d’or qui se trouve là ? - Non, je n’ai pas songé à la regarder en passant. - Alors, venez la voir. Et les trois frères de s’approcher du gouffre. Pendant que le cadet se penchait pour mieux voir, il fut poussé par ses deux frères et tomba au fond de la mine. Lorsqu’il revint à lui, il songea au renard qu’il avait sauvé et se mit à crier : - Renard, passe monts et vallées, j’ai besoin de ton secours. Ces mots étaient à peine prononcés que déjà le renard était auprès de lui, et en léchant les plaies que lui avait faites sa chute au fond du souterrain, le guérit complètement. - Maintenant que te voilà guéri , lui dit le renard, il te reste à sortir du trou. A cet effet, tu vas te tenir à ma queue et je te remonterai. Ne t’avise pas de lâcher ma queue, car ce serait à recommencer. Tiens – toi bien, je monte. Et le renard monta en l’air, traîna après lui le prince cramponné à sa queue. Le renard allait atteindre le bord du gouffre lorsque le prince, fatigué, lâcha le renard et retomba tout meurtri, au fond du gouffre. Le renard revient trouver le jeune prince, le ranima et lui fit recommencer l’ascension du souterrain. 6 Cette fois, le prince arriva en terre ferme. Après avoir remercié le renard des services qu’il lui avait rendus, le jeune prince s’en alla rejoindre le château de son père. Avant d’y arriver, il se vêtit d’un habit de garçon de ferme, se teignit le visage et vint demander au roi son père , qui ne le reconnut pas sous ses habits d’emprunt, de lui donner la garde du merle blanc que ses frères avaient rapporté comme leur conquête. Il fut accepté. Il apprit alors que le merle blanc avait déclaré au roi qu’il ne le rajeunit pas si on ne lui amenait pas celui qui l’avait conquis sur les deux dragons. Les deux princes avaient dit à leur père que c’était eux-mêmes qui avaient pris la bête, et que c’était pour se venger que le merle blanc disait que ce n’était pas eux qui l’avaient pris. Dès que le jeune prince fut entré dans la salle où se trouvait le merle blanc, il vit l’oiseau s’abaisser et lui commander de monter sur son cou, ce qu’il fit. Une seconde après, tous deux étaient dans la salle du roi à qui ils racontèrent les supercheries des deux princes. Outré de colère, le roi fit dresser deux bûchers dans la cour du palais, y fit lier ses deux fils aînés et les fit brûler vifs. Puis il prit la couronne et la donna au jeune prince. Un instant après, le vieux roi était redevenu jeune, grâce au fameux merle blanc. Conte anonyme (extrait de Pratiques, n°11/12) 7 1. Définition. Le conte est un récit car c’est une histoire qui raconte des événements qui se déroulent successivement. Le conte est un récit assez court d’aventures imaginaires destinées à distraire. Dans le conte intervient le merveilleux. Le merveilleux est défini comme suit : « le merveilleux est ce qui , dans un récit, n’est pas réel mais apparaît comme inexplicable(échappe à une explication rationnelle) et le plus souvent source de réussite , de bonheur et de beauté. C’est l’intervention des bonnes fées, des objets magiques,… » Manuel « la plume et les mots ». Ed.Bordas, p :282. 2. L’analyse structurale du conte. L’analyse structurale remonte aux années 1920. L’étude du uploads/Geographie/ le-conte.pdf

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