EMMANUEL RATIER présente AU CŒUR DU POUVOIR ENQUÊTE SUR LE CLUB LE PLUS PUISSAN
EMMANUEL RATIER présente AU CŒUR DU POUVOIR ENQUÊTE SUR LE CLUB LE PLUS PUISSANT DE FRANCE FACTA 2011 LE SIÈCLE AVANT -PROPOS Une petite équipe de chercheurs m'a proposé cet ouvrage mesuré sur un sujet totalement inédit. Malgré les pressions qui n'ont pas manqué, il m'a paru de mon devoir d'éditeur de le publier. Je crois que tous nos lecteurs seront du même avis. Ce livre est de bonne foi. Il a exclusivement un but informatif. Dans le cas où vous relèveriez des erreurs ou inexactitudes, n'hésitez pas à nous écrire afin de nous permettre de corriger une troisième édition. Emmanuel Ratier 9 « Le club Le Siècle présente une intéressante particularité ; alors qu’il existe depuis plus de cinquante ans et que ses membres font partie de l’élite la plus fermées et la plus puissante de France, il a fallu attendre ces deux dernières années pour que l’on commençât à s’y intéresser. Jamais clan n’eut peut-être d’autant de pouvoir et auquel on prêta si peu d’attention. » Les Groupes politiques informels eN France, mémoire de DEA d’Hugues Sérapion Sabatier, université de Paris V – Malakoff, septembre 1997. INTRODUCTION DE LA SECONDE ÉDITION Le 27 octobre 2010 aura été une date historique. Celle où, pour la première fois de son histoire, Le Siècle aura été dévoilé au grand public, notamment via internet, sur l’idée d’une soixantaine de militants de gauche antimondialistes et antilibÏraux, emmenés par Jean-Luc Mélenchon et le journaliste Pierre Carles. Hilare, venus troubler l’arrivée de la coterie la plus puissante de France à son dîner mensuel dans les locaux de « l’Auto », comprendre l’Automobile Club de France. Le peuple pre- nait à partie les nantis, dévoilant au grand jour les alliances de caste et de classe entre personnalités censées être de gauche ou de droite, banquiers, journalistes, etc. T ous unis en réalité dans l’intimité des cénacles d’influence. L’ancien PDG de Renault et ancien président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’éGA lité, la tristement célèbre Halde, Louis Schweitzer, grande figure de cette gauche morale protestante, bredouillait qu’il s’appelait « Éric Fottorino, du Monde ». Arlette Chabot fuyait par les escaliers du métro. Emmanuel CHAin en venait aux mains avec Pierre Carles. Pour un peu on aurait rejoué la nuit du 4 août. Denis Olivennes, patron du Nouvel observateur, parlait aussitôt de « dérive populiste et démagogique. LE SIÈCLE 10 L’ancien trotskyste Michel Field, devenu une des grandes figures du PAF (Paysage audivosiuel français), éructait que cela faisait « longtemps qu’on nous avait pas fait le coup des 200 familles » et Alain Gérard Slama, éditorialiste au Figaro, y voyait un « délire » comparable à ceux qui avaient pu croire, dans les années 40 à la Synarchie. Le mois suivant même scénario, si ce n’est que cette fois, des militants nationa- listes-révolutionnaires manifestaient aussi contre la fortune anonyme et vagabonde. Nouveaux remous et, en raison des retards entraînés par la manifestation, suppres- sion du cocktail, le moment le plus prisé des réunions du Siècle. Mieux, afin de ne pas apparaître comme une nouvelle émanation des « deux cents familles », le conseil d’administration propulsait à la présidence Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT, dont le modeste poids relationnel et financier actuel n’aurait jamais dß lui permettre d’accéder à cette haute fonction (il suffit de comparer avec l’importance réelle de ses prédécesseurs)… Ce livre n’est pas fait pour juger sommairement du Siècle, de ses membres et de son fonctionnement. Il se trouve simplement qu’il s’agit tout simplement du réseau le plus puissant de France, un réseau qui fontionne depuis plus de soixante ans et qui a toujours compris parmi ses membres les personnalités françaises les plus impor- tantes. Savoir s’il s’agit d’un complot ou non ne présente qu’un intérêt strictement secondaire. En revanche, il est d’une grande utilité pour mieux comprendre le sens de tel ou telle nomination, le rachat d’une entreprise par une autre, la montée en puissance d’hommes politiques recrutés très jeunes, le silence des médias sur cer- tains sujets, la solidarité évidente dont bénéficie ses membres, le réseau relationnel et les alliances inhabituelles, etc. Un seul exemple : qui savait, avant la première édition de notre ouvrage, que Nicole Notat, patronne de la CFDT, dînait chaque mois avec les plus grands patrons du CAC 40. Ou encore, comme vous le découvrirez dans cette nouvelle édition que le responsable du secteur revendicatif de la CGT fait de même… Autant d’éléments que la plupart d’entre eux n’ont jamais souhaité voir exposés au grand public. Et sur lesquels Le Siècle avait jusqu’alors ici réssi à conser- ver la confidentialité la plus totale. Un exemple récent : à la mi-juillet 2008, Alain Lambert, sénateur UMP , mettait en ligne deux ou trois courtes vidéos qu’il avait tournées, quasi-clandestinement, avec son appareil photo, au précédent dîner du club Le Siècle. On y voyait l’un des diri- geants du Crédit agricole, Jean-Frédéric de Leusse, confier son inquiétude sur la conjoncture en 2009 ainsi que le député UMP Jérôme Chartier promettre de tout faire pour baisser la dépense publique. Ces vidéos étaient presque aussitôt enlevées de son blog, très certainement sur intervention des responsables de ce club d’in- fluence. C’est qu’il est très mal, très mal vu, de dévoiler les dessous du Siècle. En plus de soixante ans d’existence, aucune photo des discrètes réunions n’a d’ailleurs jamais été publiée. Un signe de l’extrême discrétion, voire du secret, qui entoure les propos qui peuvent y être tenus. LE SIÈCLE 11 En 1996, paraissait Au Cœur du pouvoir, un gros volume de près de 600 pages, consacré au club d’influence Le Siècle, le cercle le plus influent en France. Un véritable concentré de pouvoir. À ce jour, il demeure l’unique ouvrage qui lui ait jamais été consacré. Il est sans cesse pillé, jamais pratiquement cité. Nous avons personnellement rencontré à de nombreuses reprises des journalistes des plus grands médias et télévisions. Nous leur avons ouvert nos archives. Pratiquement aucun n’a jamais osé nous citer. Mieux, la première édition de cet ouvrage n’a fait l’objet d’aucune receNsion dans la grande presse, hormis la presse nationaliste amie, tant son contenu dérangeait et tant il était gênant pour les directeurs des dites publications. Nous en avons eu un exemple très précis, en 2010, avec les visites d’une journaliste chevronnée de M6 à qui un sujet de 30 minutes avait été commandé sur Le Siècle et qui ne vit jamais le jour : le patron de M6, Nicolas de Tavernost, appartenait évidemment au Siècle (je l’avais aussitôt prévenu où elle mettait les pieds…). Cette réédition très enrichie et entièrement remise à jour n’aurait toutefois pas vu le jour si Le Siècle n’avait changé ses statuts, le 7 juillet 1999, la durée de l’association ayant, selon ses statuts d’origine, été « limitée au présent siècle ». Les nouveaux statuts précisent : « Initialement limitée au 20e siècle, la durée de l’asso- ciation est étendue au 21e siècle. » Nous publions donc aujourd’hui sa mise à jour, avec les biographies des nouveaux membres et invités depuis lors, et la mise à jour des biographies parues à l’époque. Un très gros travail qui fait que ce nouvel ouvrage s’apparente aux deux énormes volumes de l’Encyclopédie de la politique française. Sur le fond, rien à retirer dans les divers textes d’introduction et d’explications qui précédaient les notices biographiques. Ils sont toujours d’actualité, le Siècle ayant conservé toute son influence. Comme par le passé, la moitié, voire plus, des membres des gouvernements, de gauche comme de droite, qui se sont succé- dés depuis de douze ans, appartenaient au Siècle (9). À titre indicatif, Ghislaine Ottenheimer précise que plus de 80 inspecteurs des Finances appartiennent au Siècle, alors qu’ils ne représentent que 0, 000005 % de la population (7). Comme devait l’expliquer (1) Gérard Worms, président du Siècle, ce cercle plus qu’élitiste a, avant tout, un rôle de régulateur et de modérateur des idées, en par- ticulier économiques et financières, évitant les opinions tranchées. Son action a largement été à l’origine du retournement du Parti socialiste, dont les élites ont basculé peu à peu vers le libéralisme et l’économie de marché ainsi que vers l’inté- gration européenne capitalistique. « La dernière fois qu’elle a pleinement joué son rôle d’origine, c’était en 1981 : les nouveaux gouvernants ou leurs parlementaires, partant d’une illusion très doctrinale sur ce qu’était le monde des affaires, se sont retrouvés à une table avec des présidents de sociétés privées et les conversations ont montré aux uns et autres que le dialogue était possible. L’interpénétration LE SIÈCLE 12 du monde politique, des affaires et de la fonction publique, qui était le souci des fondateurs, est maintenant assurée par de multiples biais, les ministres ont bien des occasions de rencontrer les présidents de Lafarge ou d’Alcatel. » Le Monde (4) indique : « C’était, effectivement l’époque où les socialistes Pierre Joxe, Charles Hernu, Jacques Delors, Louis Mermaz, tous membres du Siècle et fraîchement nommés ministres, se trouvèrent aux tables des banquiers que la gauche uploads/Histoire/ au-coeur-du-pouvoir-emmanuel-ratier 1 .pdf
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- Publié le Fev 01, 2022
- Catégorie History / Histoire
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