Andreï Makine. Présence de l’absence : une poétique de l’art (photographie, cin
Andreï Makine. Présence de l’absence : une poétique de l’art (photographie, cinéma, musique) ACADEMISCH PROEFSCHRIFT ter verkrijging van de graad van doctor aan de Universiteit van Amsterdam op gezag van de Rector Magnificus prof. dr D.C. van den Boom ten overstaan van een door het college voor promoties ingestelde commissie, in het openbaar te verdedigen in de Agietenkapel op vrijdag 8 februari 2008, te 14 : 00 uur door Murielle Lucile Clément geboren te Orsay, Frankrijk Promotiecommissie : Promotor : prof. dr. I.M. van der Poel Universiteit van Amsterdam Overige Leden : prof. Dr. W.G. Weststeijn Universiteit van Amsterdam prof. Dr. M.G. Bal Universiteit van Amsterdam dr. Ir. F. Laroui, deskundige Universiteit van Amsterdam prof. Dr. M.B. van Buuren Universiteit van Utrecht dr. S.M.E. van Wesemael, UD Universiteit van Amsterdam prof. Dr. A. Bouloumié Université d’Angers, Frankrijk Faculteit der Geesteswetenschappen Remerciements C’est un honneur et un plaisir pour moi de pouvoir remercier ici les per- sonnes et institutions dont l’aide, le soutien et les conseils m’ont été si précieux tout au long de la rédaction de cette thèse. En premier lieu, je tiens à exprimer tous mes remerciements à Ieme van der Poel pour ses patientes relectures, sa perspicacité scientifique de haute voltige et son support sans défaillance. Je la remercie de m’avoir dirigée, aidée, encouragée dans tout le déroulement de cette thèse. Ses conseils et sa disponibilité m’ont permis de progresser tout en améliorant ma démarche scientifique. Je tiens à remercier les membres du jury qui me font l’honneur d’examiner mon travail. Je suis particulièrement recon- naissante à ASCA, l’Amsterdam School of Cultural Analysis et à son direc- teur exécutif Eloe Kingma de son accueil tout au long de ce trajet, mais aussi par l’apport scientifique de ses membres. Mes remerciements vont de même à Mieke Bal qui m’a fourni l’opportunité de participer à des sémi- naires d’une rare richesse sous sa direction, ce qui m’a graduellement accoutumée au monde des conférences universitaires. J’exprime aussi ma reconnaissance à Arja Firet du VRNU/SRNU pour l’organisation de la jour- née des doctorants à laquelle elle m’a conviée pour présenter mon travail en cours. Je tiens aussi à remercier mes collègues du département des études de philologie romane de l’Université de Gdansk et mes collègues de l’Université de Varsovie et leur invitation à donner des cours pendant plu- sieurs semaines, ce qui se révéla une aide considérable dans la formula- tion de ma pensée. De même, pour d’autres mais non moins valides rai- sons, je remercie le regretté Robert Jouanny, Efstratia Oktapoda-Lu, Eero Tarsati, Jean-Marc Moura, Gavin Bowd, La CRMLC de l’Université Cler- mont-Ferrand II, Alain Montandon, Georges Martinowsky, Olga Sidorova, Axel Gasquet, professeur Brian Nelson, professeur Gabriele Bertozzi, Pierre Brunel, Denis Saillard, Michel Piersens, Jean-Jacques Lefrère et, tous ceux à qui je suis débiteur de l’aide apportée pendant la rédaction de cette thèse. Avec reconnaissance, je remercie ici les éditeurs et les auteurs – de l’Australie au Canada et du Brésil au Kamtchatka – qui gracieuse- ment m’ont fait parvenir qui leurs romans, qui leur thèse ou leurs articles. J’aimerais spécialement présenter ma reconnaissance infinie à An- dreï Makine pour, non seulement avoir par ses romans su retenir mon at- tention toutes ces années, mais aussi pour son immense générosité, sa cha- leureuse hospitalité, son humour communicatif, ses judicieux conseils, ses pertinentes remarques et sa dynamique énergie. Chapitre I : Andreï Makine et la tradition franco-russe 3 C’est plus que de la reconnaissance ou des remerciements dont je suis redevable et que j’exprime ici à Natya Catharina et Jesaja Jurjen, à René et Esther, pour leur infatigable écoute et leur appui sincère à tous les instants, et ils furent nombreux, où je les ai entretenus des aléas inhérents à cette thèse. À Noémie, Mirjam, Mak-tiré Introduction générale Présentation du corpus L’objet de cette étude, Andreï Makine, occupe une place spéciale dans la littérature française. Il publie ses romans directement en français, mais traite presque exclusivement de la Russie ou de la communauté russe. Les journalistes le nomment un « écrivain russe à Paris ». Cette image reste collée à l’auteur jusque dans les ouvrages de critique littéraire. Une image établie à la consécration de son quatrième roman, Le Testament français (1995)1, couronné par le Goncourt, le Médicis et le Goncourt des lycéens. De l’inédit pour la société germanopratine2 qui avait laissé passer les trois précédents romans, La Fille d’un héros de l’Union soviétique (1990), Confession d’un porte-drapeau déchu (1992), et Au Temps du fleuve Amour (1994), sans les remarquer. Depuis 1995, chaque roman d’Andreï Makine fait l’objet de critiques, de mentions et surtout de spéculations. Que ce soit, Le Crime d’Olga Arbélina (1998), Requiem pour l’Est (2000), La Musique d’une vie (2001), La Terre et le ciel de Jacques Dorme (2003), La Femme qui attendait (2004) ou L’Amour humain (2006), cha- cun d’entre eux suscite un grand nombre d’interrogations. Cependant, ces questions concernent souvent la personne de l’auteur et la recherche d’éléments autobiographiques dans son œuvre ce qui fait qu’une approche conceptuelle incluant une analyse approfondie des dominantes poético philosophiques de l’œuvre d’Andreï Makine, comme celle entreprise dans la présente thèse, est tout à fait justifiée. Motivation du choix du corpus Plusieurs raisons pour choisir l’œuvre d’Andreï Makine comme sujet de thèse. Premièrement, le fait que Makine s’inscrive exactement dans la pé- riode que je me suis assignée à étudier, l’extrême contemporain à partir des années mille neuf cent quatre-vingt-dix du XXe siècle. En ce qui concerne cet auteur, ce sera jusqu’à l’année 2007. S’agissant d’une œuvre en cours, mon travail sera forcément incomplet. Une autre raison, cette fois toute personnelle, mon intérêt pour la Russie où j’ai travaillé pendant quatre ans et pour la Sibérie où j’ai séjourné pendant une année. Cette Si- bérie que les narrateurs d’Andreï Makine font percevoir au fil des romans. Une autre raison encore sont les maîtres à penser d’Andreï Makine : Ivan 1 Se reporter à la bibliographie pour les références complètes des romans. 2 L’adjectif germanopratin réfère à Saint-Germain-des-Prés, le quartier de Paris, foyer de l’intelligentsia française supposée y être installée ou du moins le fréquenter. Andreï Makine. Présence de l’absence : une poétique de l’art 8 Bounine, Fédor Dostoïevski, Mikhaïl Boulgakov qui sont des écrivains que j’admire, lis et relis. Tous les « moi » de l’auteur se retrouvent dans ses livres. Il est Olga, Olia, Ivan, Arkadi, Aliocha et sa grand-mère, le moujik, le soldat, l’antilope et les larmes du loup tout à la fois. Andreï Makine est plus qu’un homme, plus qu’un écrivain, plus qu’un univers. C’est une galaxie de galaxies interstellaires où chaque planète entourée de ses satellites reforme à elle seule un kaléidoscope fragmenté de couleurs que même l’arc-en-ciel n’a pas su inventer. Dans chaque roman se trouvent des éléments que les formalistes rus- ses ont appelés « non littéraires », par exemple, des descriptions de photo- graphies, de films, de chansons, d’instants musicaux. Dans La Fille d’un héros de l’Union soviétique, ce sont une rengaine de propagande dévidée par un haut-parleur et une photographie sur un livret militaire qui attirent l’attention des personnages. Confession d’un porte-drapeau déchu pré- sente un film de propagande anti-américaine aux spectateurs amassés dans la cour communautaire. La musique y délivre les deux héros qui la jouent après qu’ils furent subjugués par celle qu’ils entendaient. Au temps du fleuve Amour décrit trois films de l’acteur français Jean-Paul Belmondo et son effet sur les villageois tout autant que sur les trois amis protagonistes du roman. L’un d’eux réfléchit au sens profond de l’existence à l’écoute de la voix de la prostituée qui s’élève dans les airs en une chanson populaire après lui avoir fait perdre sa virginité et montré des photos. La contempla- tion de photographies porte le narrateur en transe dans Le Testament fran- çais, et la voix chantante de sa grand-mère retentit à plusieurs moments cruciaux de son élaboration identitaire. Olga Arbélina est fascinée par l’image d’une antilope broyée par un boa constrictor dans une encyclopé- die. Son amie Li, photographe possède des tableaux en contre-plaqué où les visages de personnages connus sont évidés ce qui permet à ses clients de s’imaginer quelqu’un d’autre. Elle fait cadeau à Olga d’un appareil photographique spécial qui se déclenche automatiquement dès qu’un mou- vement se produit devant l’objectif et prend des clichés à l’insu des sujets. Les deux amants de Requiem pour l’Est possèdent un album de photogra- phies truquées qui authentifie leur couple factice et l’une des photos com- plètement ratée et indéchiffrable pour quiconque n’a de signification que pour eux deux. Le narrateur se remémore une voix qui chantait une chan- son et le sauva d’une mort certaine. La Musique d’une vie ouvre sur une scène de gare à la sonorité transposée en musique verbale, roman dans lequel le personnage principal est musicien. Celui-ci se met à la recherche d’un soldat dont la photo lui ressemble pour en usurper l’identité et survi- vre ainsi aux rafles qui emportent les siens. La Terre et le ciel de Jacques Introduction générale 9 Dorme offre des uploads/Litterature/ 1398631 1 .pdf
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- Publié le Aoû 05, 2022
- Catégorie Literature / Litté...
- Langue French
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