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UfilVOF llORARY Digitized by the Internet Archive in 2010 with funding from University of Ottawa http://www.archive.org/details/bibliothquedel176ecol INSTITUTION RELIGION CHRESTIENNE MAÇON, PROTAT FRERES, IMPRIMEURS. DONATION Alphonse PEYRAT Ce volume, divisé en deux fascicides, a été publié avec laide du fonds spécial mis à la disposition de l'Ecole pratique des Hautes Etudes par Madame la marquise Arconati A'isgonti, en mémoire de son père Alphonse Peyrat. JEAN CALVIN INSTITUTION D K L A RELIGION CHHESTIENNE TEXTE r>E LA PREMIÈRE ÉDITIOX FRANÇAISE réinipiimé sous la direclion (le Ahf.i. LEPHANC Pi-otVssciii- au C')llcf;e de France Diiecteur-acljoint à l'École pratique des Hautes Etudes K' BIBLIOTHÈQUE DF I.'KCOMÎ DES HAUTES ÉTUDES PT'RrTFF -^nt's r.FS auspices Dr MiMsiKHi-: 1)1-: i/insthl trrioN imMi.igrE SCIKNCES HISTOHIQUKS l.T PHILOLOGIQUES CENT SOIXANTE -SEIZIÈME FASCICULE INSTITUTION DK I.A KRI.U.ION CIIRI'.STIKNNE DH CAI>V1> Texte orij;inal de lôll réiniprinié sous la directidii DE Ahel li- franc: l'A U Henri CHATKLAI.N n Jacques PANNIER l^roinicr /uscirule. Introduction par Abc! Lefranc. Préface et Texte de l'Institution jusqu'à la page 432. PARIS LIBRAIRIE HONORE CHAMPION, ÉDITEUR 5 , QUAI 11 A L A (J U A I S 1911 Tous droits réservi's. A\^ INTRODUCTION Depuis bientôt ([uatre siècles, la voix unanime de la postérité a consacré le texte français de Y Institution chrétienne comme l'un des plus nobles et des plus parfaits chefs-d'œuvre de notre littérature. Le livre de Calvin demeure, avec celui de Rabelais, comme un monument incomparable de la langue nationale pen- dant la première partie du wi" siècle, et c est avec raison que les meilleurs, parmi les critiques et les historiens littéraires de notre temps, ont reconnu au puissant écrivain picard et à son célèbre ouvrage, « le premier de nos livres que l'on puisse appeler clas- sique », la gloire certaine d'avoir créé l'éloquence française. Il n'existe aucune production antérieure qui puisse lui être com- parée, et l'on peut alïirmer, d'autre part, qu'il est nécessaire de descendre jusqu'à la seconde moitié du xvii'' siècle, c'est-à-dire jusqu'à Pascal et Bossuet, pour rencontrer une prose littéraire aussi ample, aussi grave, une armature aussi fortement ordonnée et logique et peut-être même une langue aussi émouvante, mises au service des problèmes les plus élevés de la philosophie mo- rale et religieuse. Nul doute que la philosophie sociale elle- même, cette belle création des temps modernes, puisse en partie découvrir ses origines dans les derniers chapiti'es de \ Institution (texte de loil) qui s'appellent : « de la liberté chrétienne; de la puissance ecclésiastique ; du gouvernement civil et de la vie chré- tienne », pendant que l'éloquence politique française revendique à bon droit son premier et authentique modèle dans l'immortelle épître au roi François P"". Après cela, est-il téméraire de deman- der si l'on trouverait dans toute notre littérature une œuvre qui puisse, par l'étendue des proportions, la liaison de ses parties, autant que par l'unité et la grandeur du plan, être comparée à celle de Calvin ? Que l'on cherche bien et l'on constatera que le Réformateur français a réalisé une construction unique en son genre, qu'aucune autre, depuis, n'a égalée^ en ce qui touche Institution. a 2* INTRODUCTION lampleur du dessein, la clarté et l'enchaînement des divisions, et je ne sais quelle passion intérieure qui anime d'un bout à l'autre ce vaste exposé, au point d'en faire comme un véri- table drame, comme une tragédie grandiose dont Ihomme et son salut éternel fournissent le pathétique sujet. La connais- sance de Dieu, sa grandeur, et par contraste, la misère morale de l'homme corrompu par le péché d'Adam : voilà l'expo- sition ; la rédemption par Jésus-Christ constitue, si l'on peut dire, l'intrigue; la grâce, la foi, et l'élection éternelle forment le nœud : enfin l'exposé du rôle de l'Eglise et « des moyens exté- rieurs dont Dieu se sert pour nous convier à son Fils et nous retenir en lui » amène le dénouement naturel de ce drame extra- ordinaire, divin et humain tout ensemble, qui se découvre sous la trame de V Institution. Mais le grand ouvrage de Calvin n'apparaît pas seulement comme un monument essentiel et tout à fait à part de notre litté- rature, on doit reconnaître par ailleurs qu'il domine et résume toute l'activité intellectuelle et religieuse du Réformateur : si Calvin n'avait pas composé son Institution, il ne serait pas ce qu'il fut. Pendant trente ans, toutes ses pensées tournèrent autour de ce livre ; il le remania sans cesse, modifiant la disposition des matières et ce qu'on peut appeler l'architecture extérieure, mais non point la doctrine ni les idées fondamentales. Si son œuvre française, contrairement à une affirmation récente', constitue beaucoup plus qu'une petite portion de son œuvre parlée et écrite, elle en représente sûrement aussi la partie la plus significative. On peut donc soutenir, dans ce sens, que l'Institution chrétienne, à elle seule, c'est presque le Réformateur tout entier '. c Aussi, dans l'œuvre entière de Calvin, ne trouverait-on pas une seule idée qui ne se rapporte à ce livre, comme à son centre d'attraction. Ni contre les Anabaptistes, ni contre les Libertins, ni contre les Nicodé- mites, il n'a rien écrit qui ne fût en germe ou en puissance dans l'Institution chrétienne; et ses Sermons sur la Genèse, ou sur le Deutérononie, ou sur les Psaumes ne sont, en vérité, que le récit des « expériences » bibliques sur lesquelles il a fondé sa doctrine. Il n'y a pas jusqu'à sa Correspondance, française ou latine, dont le principal intérêt ne soit d'éclairer, par les renseignements 1. F. Brunelière, Hist. de la litt. fr. clussiqiie, I, p. 223-226. 2. Ibid LES ORIGINES DE L INSTITUTION 3* dont elle abonde, quelques points douteux, ou pour mieux dire, quelques intentions de Y Institution chrétienne ; et sa personna- lité même, son caractère, le fond de sa pensée ne s'y révèlent point avec plus d'évidence que dans ce livre capital. Homo unius libri! Pour connaître Calvin, on n'a besoin que de l'Institution chrétienne; et son œuvre française, en ce sens, est plus qu'une partie de son œuvre littéraire : elle est vraiment cette œuvre entière. » I Les origines de V « Institution chrétienne ». Ce fut à Bàle, dans le courant du mois de mars lo3(i, que Jean Calvin, alors âgé de vingt-six ans, publia en latin la pre- mière édition de l'œuvre qui, sans cesse reprise et développée par lui pendant un quart de siècle, devait demeurer comme le monument par excellence de sa foi religieuse en même temps que de son génie littéraire. Avant lui, certes, plusieurs théologiens pro- testants avaient songé à offrir à leurs coreligionnaires des manuels de la nouvelle foi : les Loci communes rerum theologicarum de Mélanchthon avaient vu le jour dès 1521 , le Commentarius de vera et fnlsa reli<jione de Zwingli, en lo2o, la Summaire briefve décla- ration dauscuns lieux fort nécessaires à ung chrcsfien de Guil- laume Farel i, avant 1533, sans parler du grand et du petit Caté- chisme de Luther, mais aucun de ces essais n'atteignit à la popu- larité qu'allait conquérir l'Institution. Ce livre, appelé à exercer, dès son apparition, une action si profonde, sans seconde dans l'his- toire de la Réforme, avait été commencé, selon toute vraisem- blance, à Angoulême, en 1531. Arrivé à Bâle au début de l'année suivante, le futur Réformateur, caché sous le nom de Lucanms, acheva assez rapidement la composition de son traité qui parut seulement l'année suivante, en raison de nombreux retards de l'imprimeur. C'était un petit octavo de 520 pages '', avec vingt- d. Il fut suivi de la Brevis et clara fïdei expositioad Reyem Cfiristianum, mais cet opuscule ne fut publié qu'en 1536. 2, En voici le titre complet : Christianae Religionis Instiliitio, tolam fere 4* INTRODUCTION quatre lignes à la page, susceptible de se porter aisément dans la poche. L'auteur déclarait du reste que son livret ihic nos- ter Uhellus) avait été rédigé avec une concision voulue : i< Je m'exprimerai en très peu de mots, disait-il en commençant, de peur que ce petit ouvrage, que je veux réduire à la brièveté d'un manuel, ne s'étende d'une façon démesurée. » Quelles étaient donc les circonstances récentes et aussi les motifs d'ordre général qui avaient amené le jeune protestant de Noyon, l'étu- diant d'hier, fugitif et encore si obscur, à risquer une entreprise de si haute portée ? Il est assez aisé de les reconstituer. Quelques mois auparavant, le I"' février io3o, le roi de France avait adressé aux Etats de l'Empire un mémoire ' dans lequel il se justitîait des accusations répandues par ses ennemis, en Alle- magne. François I"" proteste contre la rumeur propagée en pays germanique, d'après laquelle les envoyés du sultan Soliman sont très favorablement accueillis en France, dans le temps même où les Allemands y sont indistinctement emprisonnés et mis à mort pour otfense à la religion. Ce n'est point, assure-t-il, contre les Allemands qu'il a fallu sévir, mais contre certains séditieux qui se proposaient de bouleverser la société, et dont les pareils, s ils existaient jamais dans les Etats delEmpire, seraient assurément pour ceux-ci un uploads/Litterature/ bibliothquedel-176-ecol.pdf

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