NARRATION TRANSMEDIA ACTEURS ET ENJEUX D’UNE FORME DE CREATION EMERGENTE MATHIA

NARRATION TRANSMEDIA ACTEURS ET ENJEUX D’UNE FORME DE CREATION EMERGENTE MATHIAS GIMENO – PROMOTION MICNI 2010 – GOBELINS, L’ECOLE DE L’IMAGE - SOUS LA DIRECTION DE MARC ALVARADO 2 Je remercie tout particulièrement : Vincent ROIRAND pour m’avoir permis de mieux appréhender les enjeux de la médiation culturelle dans le cadre de mon stage au sein de l’agence Mazedia Marc ALVARADO pour m’avoir accompagné et guidé lors de l’élaboration de ce mémoire, ainsi que d’avoir pris du temps pour nos différents échanges Laure POULAIN et Arnaud LACAZE-MASMONTEIL pour leur accompagnement lors de cette dernière année de formation Ainsi que l’ensemble de l’équipe pédagogique de Gobelins, l’école de l’image 3 Remarques au lecteur Ce court mémoire constitue une tentative de formalisation de la manière dont je perçois et conçois les mécanismes et enjeux de la narration transmédia à l’heure actuelle. Certains aspects n’ayant pu être détaillés voire même abordés, je vous saurais gré de bien vouloir considérer ce document comme étant amené à évoluer au fil de vos différents retours d’expérience, commentaires et avis. N’hésitez donc pas à contribuer à son évolution en me soumettant vos remarques à l’adresse mg@emotion-designers.com Merci de votre compréhension. 4 SOMMAIRE Introduction : Au sujet de la narration transmédia..................................................................... 6 Pourquoi la narration transmédia ?......................................................................................... 6 Chapitre 1 : Une nouvelle forme de narration............................................................................ 7 Des Mythes au storytelling..................................................................................................... 7 L’homme raconte des histoires ........................................................................................... 7 L’homme est sensible aux histoires .................................................................................... 8 Des domaines d’application divers ..................................................................................... 9 Convergence de supports, convergence de cultures ............................................................. 10 Evolution de l’industrie du divertissement ....................................................................... 10 L’apparition de nouveaux écrans...................................................................................... 12 Le concept de « transmédia » ............................................................................................... 14 Communication d’un message dense................................................................................ 14 La répartition des briques narratives................................................................................. 15 Engagement, participation et communauté....................................................................... 16 Chapitre 2 : Un écosystème en développement ....................................................................... 17 Tour d’horizon d’expériences............................................................................................... 17 Heroes............................................................................................................................... 17 True blood......................................................................................................................... 22 Coca-Cola Happiness factory ........................................................................................... 25 Le mélange des genres.......................................................................................................... 27 Jeu à réalité alternée.......................................................................................................... 27 Fiction totale ..................................................................................................................... 28 Webdocumentaire ............................................................................................................. 28 Qui sont les acteurs de l’ère transmédia ? ............................................................................ 29 Diffuseurs engagés............................................................................................................ 29 Producteurs transmedia..................................................................................................... 30 Chapitre 3 : Enjeux et opportunités.......................................................................................... 32 5 Une exigence de nouveaux métiers ...................................................................................... 32 Métiers de l’histoire .......................................................................................................... 32 Métiers des supports ......................................................................................................... 33 Métiers de L’audience....................................................................................................... 33 Des modèles économiques à inventer................................................................................... 34 Brand content.................................................................................................................... 34 Placement marketing......................................................................................................... 34 Produits d’univers et univers de produits.......................................................................... 35 Difficultés de financement................................................................................................ 36 Conclusion................................................................................................................................ 37 Opportunités d’avenir pour la narration transmédia............................................................. 37 Références ................................................................................................................................ 39 Livres.................................................................................................................................... 39 Articles web.......................................................................................................................... 39 Documents numériques ........................................................................................................ 44 Vidéos................................................................................................................................... 45 6 INTRODUCTION : AU SUJET DE LA NARRATION TRANSMEDIA POURQUOI LA NARRATION TRANSMEDIA ? Le web est chaque jour le théâtre d’œuvres interactives toujours plus créatives et de services innovants mis à la disposition d’utilisateurs devenus membres d’une communauté mondiale numérique. Dans le même temps, les industries télévisuelles et cinématographiques sont à la recherche de moyens de s’adapter aux nouveaux usages des spectateurs du numérique, essayant à la fois de contrer l’essor de la diffusion illégale des œuvres sur les réseaux, de renouveler les formes de promotion des œuvres puis des créations elles-mêmes pour attirer et entretenir leur audience. Il en va de même pour les éditeurs d’œuvres graphiques et littéraires ainsi que les différents groupes de presse dont l’usage du principal support qu’est le papier est en perte de vitesse. Ce qui particulièrement problématique avec la présence d’Internet et des périphériques mobiles grâce auxquels il est possible de consulter l’information différemment et pour lesquels les consommateurs semblent avoir un attrait particulier. Nous assistons alors à une forte convergence de l’ensemble des acteurs du monde des supports analogiques, tous persuadés qu’il leur faudra passer le cap du numérique pour survivre. C’est au cœur de cette convergence que l’on assiste à l’émergence d’une nouvelle forme de création se proposant d’utiliser l’ensemble des supports accessibles à l’audience comme plateforme de narration. Cette plateforme dont les supports sont dispersés mais que l’accès omniprésent au réseau rend tangible leur permettrait alors de diffuser une histoire et même de distiller un univers fictionnel de manière cohérente à destination d’un public dont l’engagement et la participation pourraient être aussi forts que son implication au sein des différents réseaux sociaux qu’elle pratique. Cette narration deviendrait alors transmédia. 7 CHAPITRE 1 : UNE NOUVELLE FORME DE NARRATION DES MYTHES AU STORYTELLING L’HOMME RACONTE DES HISTOIRES C’est entre le XVIIe et le XVIIIe siècle avant J.-C que l’on date une des plus anciennes œuvres littéraires de l’humanité. Il s’agit de L’épopée de Gilgamesh1, rédigée en akkadien2 et grâce à l’écriture cunéiforme3 sur des tablettes d’argile, elle se base sur plusieurs récits sumériens composés vers la fin du 3e millénaire avant J.-C, les mythes et légendes faisant jusqu’alors partie exclusivement de la tradition orale4. Ce n’est qu’à la fin du VIIIe siècle avant J.-C que l’on voit apparaître avec L’Iliade et L’Odyssée de Homère, les deux premières œuvres de la littérature occidentale. Il semblerait que la première œuvre littéraire de fiction nous provienne de Platon vers 357 avant J.-C. En effet, bien que Platon défende la véracité de l’histoire de l’Atlantide qu’il décrit dans le Timée et le Critias comme lui ayant été conté de Solon, nombre de travaux universitaires5 s’accordent à dire que l’histoire de l’Atlantide aurait été entièrement imaginée par celui-ci. Aucune référence antérieure aux dires de Platon n’ayant été à ce jour découverte. Il s’agirait alors de la première œuvre littéraire ne faisant pas état de mythes, légendes et autres récits connus. 1 Gilgamesh (ou Gilgameš, Bilgamesh dans les textes sumériens anciens) est un personnage héroïque de la Mésopotamie antique, roi de la cité d'Uruk où il aurait régné vers 2650 avant J.-C., ainsi qu'un dieu des Enfers dans la mythologie mésopotamienne. 2 L’akkadien est une langue qui fut parlée en Mésopotamie entre le IVe et le Ier siècle avant J.-C. 3 Le cunéiforme est issu du plus ancien système d'écriture connu, mis au point en basse Mésopotamie entre 3400 et 3200 avant J.-C. 4 La tradition orale est une façon de préserver et de transmettre l'histoire, la loi et la littérature de génération en génération dans les société humaines (peuples, ethnies, etc.) qui n'ont pas de système d'écriture ou qui, dans certaines circonstances, choisissent ou sont contraintes de ne pas l'utiliser. 5 « Like the vast majority of classical scholars, I take the Atlantis story to be purely Plato’s invention » Gerard Naddaf, in The Atlantis Myth: An Introduction to Plato’s Later Philosophy of History, Phoenix, 48, 3, 1994, pp. 189-209 8 L’HOMME EST SENSIBLE AUX HISTOIRES L’Egypte Antique6 pourrait représenter les origines du pouvoir de l’histoire et de la connaissance par le maintien d’une civilisation qui, pendant trois millénaires aura été sous le règne d’une bureaucratie de scribes, qui, sous le contrôle du Pharaon assurera l’unité du peuple grâce à la mise en place d’un système complexe de croyances religieuses transmis au fil des siècles par la représentation d’histoires sous forme de hiéroglyphes. Ce n’est toutefois qu’à l’Antiquité que l’on peut, toutes proportions gardées, faire remonter une certaine prise de conscience de la puissance des histoires avec l’origine de la mythologie comme « étude des mythes ». À cette époque, les Grecs commencèrent à étudier les récits mythiques en réaction au caractère invraisemblable, voire immoral de certaines histoires avec l’objectif de rendre compte de ces absurdités voire de les éliminer en élaborant de nouvelles versions corrigées de ces mythes. La puissance des mythologies constitua de tout temps un enjeu politique crucial. Ainsi, les hommes de pouvoir se dotaient de généalogies prestigieuses, la famille de Jules César se disait descendre du prince de Troie, fondateur légendaire de Rome dans la mythologie romaine. D’une manière plus étendue, les interprétations historiques des mythes étaient lourdes d’enjeux politiques, les parentés légendaires constituant presque les fondations de certains traités diplomatiques et alliances militaires. 6 Cette civilisation de l'Égypte antique prit forme autour de 3150 avant J.-C. 9 DES DOMAINES D’APPLICATION DIVERS L’art de raconter des histoires sous différentes formes a permis à l’Homme de comprendre le monde qui l’entourait, de s’imaginer des origines, de transmettre des concepts abstraits. Servant à la fois d’Histoire, de Religion et de Science durant l’antiquité, les usages des Mythes se sont dissociés peu à peu. Ainsi, l’écriture romanesque aura pour objectif de divertir quand l’écriture juridique, historique aura pour but de donner un cadre précis aux différentes société et communautés. Le storytelling se définit littéralement par l’art de raconter des histoires. Il ne concerne plus essentiellement l’écriture de contes, fables et romans mais représente aussi de nouvelles formes de communication apparues au XXe siècle. Ainsi, le storytelling est à ce jour une discipline en fort développement dans les domaines de la communication, du marketing et même du management des entreprises et des organisations. Steve Denning, représentant le plus connu de la théorisation du storytelling en tant que technique de management narratif, le décrit selon trois phases que sont : « capter l’attention / stimuler le désir de changement / et (dans un dernier temps seulement) emporter la conviction par l’utilisation d’arguments raisonnés »7 Le storytelling est, depuis uploads/Litterature/ narration-transmedia-acteurs-et-enjeux-d-x27-une-forme-de-creation-emergente.pdf

  • 41
  • 0
  • 0
Afficher les détails des licences
Licence et utilisation
Gratuit pour un usage personnel Attribution requise
Partager