U N I V E R S I T É L I B R E D E B R U X E L L E S , U N I V E R S I T É D ' E
U N I V E R S I T É L I B R E D E B R U X E L L E S , U N I V E R S I T É D ' E U R O P E DIGITHÈQUE Université libre de Bruxelles ___________________________ Revue de l’Université de Bruxelles, 1972/2-3, Bruxelles : Université libre de Bruxelles, 1972. http://digistore.bib.ulb.ac.be/2011/DL2503255_1972_2_3_000.pdf ___________________________ Cette œuvre littéraire est soumise à la législation belge en matière de droit d’auteur. Elle a été publiée par l’Université Libre de Bruxelles et numérisée par les Archives & Bibliothèques de l’ULB. Tout titulaire de droits sur l’œuvre ou sur une partie de l’œuvre ici reproduite qui s’opposerait à sa mise en ligne est invité à prendre contact avec la Digithèque de façon à régulariser la situation (email : bibdir(at)ulb.ac.be) . Les règles d’utilisation de la présente copie numérique de cette œuvre sont visibles sur la dernière page de ce document. L'ensemble des documents numérisés mis à disposition par les Archives & Bibliothèques de l'ULB sont accessibles à partir du site http://digitheque.ulb.ac.be/ Comité de rédaction de la Revue de l'Université Directeur ~dr.ninJstrateur Secrétaire de rédaction Membres Abonnements M. Charles Delvoye M. Jacques Sojcher Messieurs John Bartier, Paul Bertelson, Jean Blankoff, J. P. Boon, Mademoiselle Lucia de Brouckère, Monsieur Jacques Devooght, Docteur Jacques Dumont, Messieurs Michel Hanotiau, Robert Pinon, Pierre Rijlant, Lucien Roelants, R. Vanhauwermeiren 4 numéros par an de 120 pages environ: Abonnement - Belgique: 400 FB 2tranger: 450 FB Prix du numéro: 120 FB Prix du numéro double: 240 FB Prière d'adresser les souscriptions aux tDITIONS DE L'UNIVERSITt DE BRUXELLES Parc Uopold, 1040 Bruxelles (Belgique) Téléphone: 02/35.01.86 - C.C.P. 1048.59 de l'Université Libre de Bruxelles - Compte 150.492 de l'Université Libre de Bruxelles à la Banque de Bruxelles - Compte 735 207 R de l'Université Libre de Bruxelles au Crédit Lyonnais (C.C.P. 947), Boulevard des Italiens, Paris (2e) Les articles publiés n'engagent que leurs auteurs. Les manuscrits non publiés ne seront pas renvoyés. COLLOQUE INTERNATIONAL L'IDEOLOGIE DES LUMIÈRES Institut des Hautes Etudes de Belgique 1er - 2 mars 1971 , L'Institut des Hautes Études de Belgique a organisé, les 1 er et 2 mars 1971, un colloque international sur le thème: L'IDÉOLOGIE DES LUMIÈRES Le colloque était destiné à commémorer le bicentenaire de la publication du Système de la Nature, et de la mort du philosophe Helvétius. Le programme du colloque était établi comme suit: LUNDI 1er MARS Allocution de M. J. BAUGNIET, Président de l'Institut Allocution de M. A. JAUMOTI'E, Recteur de l'Université libre de Bruxelles Allocution de M. R. MORTIER, Directeur de la section Arts et Lettres de l'In- stitut. Professeur à l'Université libre de Bruxelles Exposés de MM. : Chaim PERELMAN, Directeur de la section Philosophie de l'Institut. Professeur à l'Université libre de Bruxelles: Idéologie ou Philosophie des Lumières? Guy BESSE, Attaché au C.N.R.S. (Paris): D'lm vieux problème: Helvétius et Rousseau D. W. SMITH, Professeur à Victoria College (Toronto) : Hdvétius: problèmes de recherches DISCUSSION 121 Exposés de MM.: Jacques ROGER, Professeur à l'Université de Paris 1 : Science et Lumières André ROBINET, Maître de recherches au C.N.R.S. (Paris), Professeur agrégé de l'Université libre de Bruxelles: La tradition malebranchiste au XVIIIe siècle Raymond TROUSSON, Chargé de cours à l'Université libre de Bruxelles: J.-J. Rousseau et la pensée utopique DISCUSSION MARDI 2 MARS Exposés de MM.: John-Frédérick LCGAN, Chargé de cours à Yale University: Condillac et les Lumières Roland MORTIER, Professeur à l'Université libre de Bruxelles: Holbach et Diderot: affinités et divergences DISCl:SSION 122 L Compte rendu des débats M. j. BAUGNIET, Président de l'Institut des Hautes Études de Belgique, accueille les participants aux travaux du Colloque. Il rappelle l'historique de la fondation et du développement de l'Institut, salue la présence de M. le Recteur A. jAUMOTTE, et remercie le Professeur Roland MORTIER, Directeur de la section Arts et Lettres, de l'initiative qu'il a prise d'organiser le colloque. M. le Recteur A. jAUMOTTE ouvre ensuite les travaux: Mesdames, Messieurs, En 1770, d'Holbach publie son « Système de la Nature». En 1771, Helvétius voit le terme d'une existence riche de réflexions audacieuses. La célébration de ce double bicentenaire pourrait justifier, certes, le colloque qui s'ouvre aujourd'hui. Mais ce serait le situer alors dans une perspective purement historique. J'allais dire: rétrospective. Or les travaux auxquels vous êtes conviés me semblent au contraire doués d'une actualité singulière. C'est celle-ci qui leur donne, à mon sens, une portée des plus sigriificatives. En effet, André Malraux, parlant des événements de mai 1968, considère qu'ils annoncent la grande crise de notre civi- lisation occidentale. De toutes parts, on nous persuade que notre époque est celle qui marque « la fin des idéologies». N'est-ce pas là les mêmes propos qui furent tenus mutatis mutandis à la fin du XVIIIe siècle, lorsque la pensée française s'exprima par la bouche et la plume de ceux qui éclairèrent, précisément, le Siècle des lumières? L'analogie des situations, à deux siècles de distance, incite à la réflexion. Les spéculations de Spinoza et Descartes par exemple avaient abouti à des systèmes de pensée qui expliquaient le passé du monde et reflétaient l'idéologie ambiante, dans une perspective conservatrice. Or voici que surgissent en France des penseurs préoccupés au contraire d'une réflexion critique dont l'objet est l'organisation 123 pratique du changement. Que ce dernier soit moral, philosophi- que, politique ou social! Une telle démarche ne pouvait qu'inquiéter les pouvoirs toujours préoccupés de possibles subversions. Un tel courant de pensée ne pouvait que cabrer la fraction de l'opinion publique trop abondamment nourrie de lieux communs socio-culturels. De fait, les idées émises alors en France ont été critiquées et, en un certain sens, réprouvées. Sur bien des plans, qui vous sont connus, cette critique des idées reçues a cependant tiré à conséquence. La naissance de notre Université en 1834 en est un exemple. Notre volonté déclarée d'examiner toute question avec une liberté intellectuelle complète comporte, comme corollaire, le droit (sinon même le devoir!) d'appliquer les résultats de cette réflexion au monde extérieur qui la provoqua en nous. Le Libre Examen, capable de susciter une axiologie, est une position philosophique riche de développements que les évé- nements actuels n'ont pas épuisée. Bien au contraire! Notre Université n'a-t-elle pas appliqué à se remettre en cause l'achar- nement qu'elle avait apporté, lorsqu'en naissant elle s'affirmait d'abord insurgée contre l'obscurantisme du pouvoir établi? Je le pense. Libre-exaministe pour autrui, elle le demeure pour, elle-même. C'est pourquoi je pense que votre colloque trouve en notre Maison un accueil, non seulement spécifique et opportun, mais je dirais presque: idéal et prédestiné. Le succès qui attend vos travaux est déjà marqué par la pluridisciplinarité des interventions. Car l'idéologie des lumières sera abordée sous l'angle de la littérature, de la philosophie, de l'histoire des sciences. L'intérêt de ces confrontations a réuni sous nos yeux des orateurs et participants en provenance de points très éloignés de l'horizon. Cet ensemble de circonstances favorables donnera à vos ré- flexions une acuité et un sens, dont j'ai signalé le caractère puissamment actuel. Nous entendons bien en tirer parti pour réfléchir aux pro- blèmes que pose notre Société en mutation rapide. A l'avance, je vous en remercie. 124 d Le Professeur Roland MORTIER, Directeur de la section Arts et Lettres, définit ensuite l'orientation des travaux: Monsieur le Président, Monsieur le Recteur, Mesdames, Messieurs, Notre réunion d'aujourd'hui, placée sous le signe du bicente- naire d'Helvétius et d'Holbach, appelle - me semble-t-il- une double justification. Convient-il de célébrer des anniversaires dans le domaine des idées et des lettres et faut-il traiter les écrivains comme s'ils étaient des membres de notre famille? Pourquoi pas, s'il y a là une marque d'attachement et de déférence, si c'est une manière de rappeler ce que nous leur devons et de souligner l'actualité et la vitalité de leur œuvre. A quoi d'aucuns répondront que, s'il est loisible de fêter le centenaire de Proust ou de Valéry (comme on le fera cette année), il l'est beaucoup moins d'en faire autant pour deux penseurs que certains relégueraient volontiers dans ce qu'il est convenu d'appeler, dans le langage à la mode, « l'archéolo- gie de la culture». Il y a trois ans à peine, un petit ouvrage collectif, publié dans une collection consacrée à l'histoire de la pensée politique (List Hochschulreihe), et intitulé Aufkliirung und Materialismus im Frank- Teich des 18. Jahrhunderts (1), n'hésitait pas à exécuter sommaire- ment les hommes que nous célébrons ici. «Penseurs de second ordre... mauvais écrivains... presque toujours mauvais pen- seurs ... ». «Leur objet a été d'animaliser l'homme, de réduire (1) Par Arno Baruzzi, Peter Leuschner, Tilo Schabert et Eric Voegelin, München, Paul List, 1968. 125 le vivant à la machine, d'assimiler le bonheur au plaisir, de sorte que c'est chez Sade qu'Holbach révèle son vrai visage». Qu'on puisse, à notre époque, ignorer ou mépriser avec tant d'assurance le grand dessein de la philosophie française des lumières, traiter Diderot en hypocrite tortueux, passer presque entièrement sous silence Le Système de la Nature, voilà qui suffi- rait, je crois, à légitimer le principe de ce colloque. uploads/Litterature/ perelman-ideologie-ou-philosophie-des-lumieres.pdf
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- Publié le Jul 11, 2022
- Catégorie Literature / Litté...
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