IUFM DE BOURGOGNE professeur des écoles JOUER A L’ECOLE MATERNELLE Enjeux et pr

IUFM DE BOURGOGNE professeur des écoles JOUER A L’ECOLE MATERNELLE Enjeux et pratiques DOREAU Loïse Directeur de mémoire : Mme COLLIN ANNEE : 2004 N° dossier : 03STA00197 1 SOMMAIRE : INTRODUCTION .............................................................................2 I - Le jeu et l’enfant d’école maternelle...............................................................................3 I.1 - Définition du jeu présent à l’école ...........................................................................3 A. Définition générale.................................................................................................3 B. Le jeu à l’école.......................................................................................................4 I.2 - Importance et apports du jeu....................................................................................5 A. Importance du jeu pour l’enfant .............................................................................5 B. Apports du jeu........................................................................................................6 II - Jouer à l’école...............................................................................................................9 II.1 - Des temps et des lieux propices aux jeux libres ......................................................9 A. Les coins-jeux pendant le temps d’accueil............................................................10 B. Les coins et les jeux pendant les ateliers...............................................................13 II.2 - Des jeux dirigés et proposés par l’enseignant dans chaque domaine disciplinaire de l’école maternelle .........................................................................................................14 A. Domaine : Le langage au cœur des apprentissages................................................15 B. Domaine : Vivre ensemble ...................................................................................16 C. Domaine : Agir et maîtriser son corps ..................................................................16 D. Domaine : Découvrir le monde.............................................................................17 E. Domaine : La sensibilité, l’imagination, la création ..............................................18 III - Mises en place de situations d’apprentissages sous forme ludique : les jeux de société .........................................................................................................................................20 III.1 - Apports des jeux de règles, des jeux de société ...................................................20 III.2 - Des jeux traditionnels .........................................................................................21 A. Exemples de jeux de société.................................................................................21 B. Des jeux traditionnels en moyenne section ...........................................................22 III.3 - D’autres jeux mis en place dans la classe ............................................................26 A. « Allez, les escargots ».........................................................................................26 B. La course aux symboles........................................................................................27 C. Le jeu des colliers.................................................................................................28 D. Les renards et les œufs .........................................................................................28 CONCLUSION................................................................................30 BIBLIOGRAPHIE ..........................................................................31 ANNEXES.……………………………….…………………..……..32 2 INTRODUCTION Ayant été recrutée sur liste complémentaire l’année dernière, je connais déjà un peu la maternelle car j’ai été affectée pendant 6 mois sur un poste en petite et moyenne sections. Sans formation, j’ai eu recours dans l’urgence à des fichiers ou photocopies qui étaient faciles d’accès. En réfléchissant à ma pratique, je me suis rendue compte que cette forme de travail relevait d’une démarche d’apprentissage qui n’est sans doute pas la plus appropriée à l’âge et aux besoins spécifiques des enfants de maternelle. Les programmes officiels préconisent également l’ «utilisation de situations réelles (avec des objets courants, du matériel spécifique, des JEUX) » qui sont préférables « aux exercices formels proposés par écrit ». Les même objectifs m’ont donc paru susceptibles d’être travaillés de façon plus pertinente en utilisant une forme plus adaptée à de jeunes enfants : la forme ludique. D. Winnicott précise que : « La principale caractéristique de l’enfance est son mode de vie ludique ». Dans l’enfance, jouer est aussi naturel que se développer, explorer, apprendre, communiquer mais avec une dimension spécifique : le plaisir. Le jeu est un mode d’expression du jeune enfant et un facteur de son développement. L’enfant de maternelle passe la plus grande partie de son temps à jouer. C’est un besoin aussi vital que manger et dormir. On considère qu’un enfant de maternelle qui ne joue pas ou qui ne veut pas jouer est un enfant malade ou perturbé, dont la personnalité ne s’affirme pas. L’enfant implique dans son jeu toutes ses capacités sensorielles, motrices et verbales. J. Château ajoute que directement lié au développement de l’enfant, le jeu devient un élément essentiel de « l’équilibre de l’adulte ». Le jeu étant une activité spontanée et régulière des enfants, une partie intégrante de leur vie, il peut permettre d’aborder avec les élèves des domaines ou des notions qui leur sont étrangers et qui paraissent difficiles tout en les intéressant à ceux-ci. A partir de cette réflexion, je vais m’interroger sur la place du jeu à l’école maternelle, son utilité et plus particulièrement en quoi la forme ludique peut être un bon moyen d’apprentissage et d’éducation à l’école maternelle. Pour répondre à cela, je m’intéresserai tout d’abord à la place du jeu et des activités ludiques à l’école et à leurs apports. Puis j’étudierai les possibilités de jeux à l’école avec les jeux libres présents dans des lieux et des temps particuliers puis les jeux dirigés par l’enseignant dans chaque domaine de l’école maternelle. Enfin, je présenterai et analyserai des jeux de société mis en place dans une classe de moyenne section. 3 I - Le jeu et l’enfant d’école maternelle I.1 - Définition du jeu présent à l’école A. Définition générale Selon le dictionnaire Robert, le jeu est une : « activité physique ou mentale, librement consentie, ayant pour objet unique le plaisir et le divertissement à l’exclusion de toute finalité productive ou utilitaire ». Mais une définition précise du jeu échappe encore aux chercheurs. Nombreux auteurs comme J. Huizinga, R. Caillois, J. Château ou G. Brougère ont essayé de définir ce mot mais la définition du jeu reste difficile et incomplète. Cependant, certaines caractéristiques communes à de nombreuses approches sont observables et permettent de distinguer le jeu d’autres types de comportements et d’activités. Le jeu est considéré comme une activité : - libre et spontanée, volontaire, librement consentie, choisie. Tout jeu est une succession de décisions ( s'il y a obligation, le caractère joyeux et divertissant est perdu et le joueur contraint d’entrer dans le jeu ne joue pas au sens fort du terme). - séparée de la vie courante, non-littérale, fictive, de second degré. Les scènes de jeu se caractérisent par un cadre dans lequel la réalité interne prend le dessus sur la réalité extérieure. Le sens habituel des objets est ignoré et remplacé par des significations nouvelles, les actions étant exécutées d’une façon différente de celles qu’elles auraient dans des circonstances autres que le jeu. Le jeu délimite donc une aire de temps et de lieu spécifique. - qui en un certain sens est frivole ou futile tout en étant par ailleurs sérieux ; en effet le jeu n’a pas de conséquence et ne transforme pas le réel, les effets disparaissent quand le jeu cesse. Le jeu demeure donc dans un monde clos et sans répercussion importante sur la vie collective et institutionnelle. - qui a un effet positif, un aspect agréable, qui produit du plaisir, de la joie et de l’amusement. Parmi les signes qui témoignent le plus de l’affectivité du jeu, on remarque les sourires, les rires et les plaisanteries. - qui est une fin en soi, qui est improductive. Lorsqu’on joue, l’attention est concentrée sur l’activité même plutôt que sur le but de l’activité. En d’autres termes, le moyen est beaucoup plus important que le résultat final. On joue pour jouer. - qui a des règles propres. Ces règles peuvent être pré-existantes, héritées de la tradition ou négociées au départ du jeu, crées sur le moment par les joueurs et n’exister que pendant le jeu (les joueurs se les imposent à eux-mêmes) ou bien elles peuvent évoluer ou s’inventer au fur et à mesure du jeu. 4 - incertaine quant à son déroulement et à sa fin. On ne les connaît pas à l’avance bien que les joueurs en aient un contrôle interne. En effet, ce sont eux qui font et déterminent les événements dans le jeu. - dans laquelle le joueur a un comportement, un engagement actif et motivé mais aussi plus souple et flexible. En effet, les joueurs sont plus disposés à essayer de nouvelles combinaisons d’idées et de comportements en jouant que lorsqu’ils se trouvent impliqués dans des activités qui ne sont pas récréatives. On peut ajouter que le jeu : - se distingue du travail. L’un et l’autre ont pour rôle de satisfaire des désirs et des besoins, en particulier ceux de grandir et de se développer. La distinction est que dans le jeu, la réalisation est immédiate alors que dans le travail, la réalisation est à échéance. De plus, le jeu comprend une liberté liée à son improductivité alors que le travail a un caractère contraignant et a pour but la rentabilité. - se distingue du sport car dans celui-ci, l’effort est essentiel. - se distingue de l’art qui est hautement valorisé et culturellement coté ; alors que jouer ne laisse aucune trace sauf celle du plaisir pris. B. Le jeu à l’école Mais le jeu que pratiquent les enfants dans l’enceinte scolaire est un peu différent du jeu en général tel que la définition, qu’on en a proposée, le présente. En effet, les différents lieux d’activités ludiques et les jeux proposés aux élèves ne sont pas là par hasard et sont pensés par l’équipe éducative. Selon Gilles Brougère, le jeu est appréhendé à l’école comme moyen pour parvenir à des fins extérieures, parmi lesquelles l’éducation domine très fortement. Le jeu est alors un outil en ce sens qu’il est utilisé pour ses qualités distrayantes et mis au service des objectifs qui visent le développement et la formation de l’individu. On distingue bien ici le jeu libre (avec choix et libre arbitre) et le jeu organisé mis en place à l’école. A l’école, certaines caractéristiques du jeu s’effacent, ainsi par exemple la gravité du jeu et le caractère libre de l’engagement de l’enfant dans son jeu. On peut se demander, comme le fait Edouard Claparède, si ce n’est pas détruire l’attrait même du jeu que d’imposer uploads/s3/ 04-03sta00197.pdf

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