1 CEFEDEM de Normandie Formation diplômante au Diplôme d’Etat de professeur de

1 CEFEDEM de Normandie Formation diplômante au Diplôme d’Etat de professeur de musique Option formation vocale et instrumentale, Saxophone Enseigner la respiration aux saxophonistes débutants Jheison Jurado Marmolejo Promotion 2009-2011 2 [Titre du document] [Sous‐titre du document] jheison jurado 3 CEFEDEM de Normandie Formation diplômante au Diplôme d’Etat de professeur de musique Option formation vocale et instrumentale, Saxophone Enseigner la respiration aux saxophonistes débutants Jheison Jurado Marmolejo Promotion 2009-2011 4 5 Sommaire Introduction 6 I La respiration des instrumentistes à vent : un processus naturel ? 8 A) La respiration est naturelle, elle ne s’enseigne pas 8 a) Témoignages d’enseignants : la respiration est naturelle 8 b) Témoignages d’enseignants à qui on n’a pas appris à respirer 9 c) Ce que proposent les méthodes de saxophone, 10 B) Le naturel a des limites : les obstacles qui perturbent la respiration. 13 a) Apprendre à jouer d’un instrument : trop d’informations à gérer en même temps13 b) Des difficultés différentes selon les âges 14 c) Des difficultés liées à la musique 15 II Qu’est­ce que le naturel ? Le naturel se travaille­t­il ? 17 A) De quel naturel parlons‐nous ? 17 a) Redéfinition du mot naturel 17 b) La respiration « naturelle » des instrumentistes à vent 18 B) Caractéristiques de la respiration instrumentale 22 a) Respirer par la bouche, pourquoi ? 22 b) Pourquoi lever les épaules est‐il aussi fréquent ? 23 c ) Pourquoi la respiration diaphragmatique ? 24 III Entrée pédagogique 26 A) Enseigner la respiration aux enfants 26 a) Y a‐t‐il un âge pour aborder la question ? 26 b) Que peut‐on apprendre aux enfants sur la technique de la respiration ? 27 B) Motivation et sens du travail sur la respiration 29 a) L’apprentissage de la respiration fait‐elle sens pour les débutants ? 29 b) Inclure la respiration dans un contexte musical plus complet 30 Conclusion 33 Bibliographie 33 Annexe : Questionnaire 37 6 Introduction La respiration est un des aspects fondamentaux de la technique du saxophone et aussi de tous les instruments à vent. Souvent les représentations sur ce sujet nous renvoient à la fonction principale de la respiration qui est celle d’assurer la vie, donc la respiration que nous avons au quotidien. Elle est régulée par nos besoins vitaux et quand nous l’écoutons avec attention, nous avons la sensation qu’elle coule avec un rythme naturel. Quand un élève commence l’apprentissage du saxophone ou d’un autre instrument à vent, il rentre dans un domaine où l’on sort du cadre naturel de la respiration pour l’utiliser dans un but précis. Une difficulté est d’initier les élèves à cette adaptation du naturel car souvent dans la pratique quotidienne nous (les musiciens) avons tellement l’habitude de réaliser ces gestes qu’ils sont devenus eux aussi naturels et on n’a plus vraiment de recul sur la démarche qu’il a fallu suivre pour arriver là. « On admettra sans doute facilement que les savoirs de sens commun, les savoirs d'action, les savoirs implicites, les savoirs professionnels soient liés à des pratiques sociales. On en parle d'ailleurs souvent comme de savoirs pratiques, ceux dont les détenteurs n'ont pas ou n'ont plus entièrement conscience, tant ils sont contextualisés, liés à une expérience et à des formes d'action dont on ne les détache que pour les besoins de l'analyse. L'artiste, par exemple, détient des savoirs qu'il investit dans son œuvre, mais il ne les explicite — parfois à contrecœur — que s'il est interviewé par un critique, sollicité comme expert, appelé à former des débutants. Il en va de même du sportif et de nombre de gens de métiers dont les savoirs sont en quelque sorte indissociables des gestes professionnels qu'ils guident. On atteint d'abord les pratiques, les savoirs s'y trouvent «en creux»1. En pensant à mes débuts comme apprenti saxophoniste et à mes élèves débutants, je suis confronté à un paradoxe au moment d’enseigner la respiration : si je dis à mes élèves « soyez naturels et détendus », au moment de jouer (prendre l’instrument) la réalité est que la tâche est vécue comme une difficulté à surmonter qui demande une façon précise d’utiliser le souffle. C’est à ce moment qu’apparaissent les obstacles à la compréhension de la respiration, à l’écoute du corps et à l’utilisation de gestes plus adaptés au jeu instrumental. La question qui se pose est « la respiration étant et devant être naturelle, peut-on et doit-on l’enseigner aux élèves ? » 1 PERRENOUD Philippe, La transposition didactique à partir des pratiques : des savoirs aux compétences (article) Revue des sciences de l'éducation, vol. 24, n°3, p.492. 7 Pour tenter d’entrer dans ce sujet sur l’enseignement et l’apprentissage de la respiration pour les débutants en instrument à vent (et plus précisément en saxophone), nous partirons des représentations des professeurs pour savoir quelle est la place consacrée à la respiration dans l’enseignement d’un instrument à vent : quelle est cette respiration, comment elle s’apprend et quel est le lien entre la respiration instrumentale et la respiration quotidienne. Ensuite, nous chercherons à définir le mot naturel qui est souvent utilisé pour décrire la respiration instrumentale et nous préciserons les principes physiologiques de la respiration instrumentale pour mieux comprendre son fonctionnement. Cela nous aidera à expliquer les défauts que l’on retrouve souvent chez les élèves et les différentes directives que donnent les enseignants. Enfin, je proposerai quelques idées pour aborder l’étude de la respiration avec nos élèves en intégrant ses différentes facettes : physique, instrumentale et musicale. 8 I La respiration des instrumentistes à vent : un processus naturel ? A) La respiration est naturelle, elle ne s’enseigne pas D’abord, nous allons observer le point de vue de professeurs d’instruments à vent, ce qu’ils enseignent et comment ils ont été formés. a) Témoignages d’enseignants : la respiration est naturelle Dans un questionnaire que j’ai distribué à plusieurs enseignants d’instruments à vent, j’ai posé la question: « La respiration est-elle quelque chose qui s’enseigne ou plutôt quelque chose qui est naturel chez l’élève et qui doit donc être expérimenté, ressenti et maîtrisé par lui-même ? » Voici quelques réponses obtenues2: -« Les élèves les plus jeunes n’ont aucune difficulté à respirer. Ils respirent naturellement » -« La respiration à l’instrument doit ressembler à la respiration que l’on a naturellement quand on est couché » - « La plupart des élèves ont peu de difficultés dans leur apprentissage dans ce domaine » - « Pour les tous petits, aucun problème pour aborder la respiration abdominale (parfois encore présente chez les enfants). Plus difficile à aborder chez les adultes par exemple … » - « Avoir toujours l’image de la manière de respirer pendant le sommeil » -« Je ne rencontre pas particulièrement de problèmes de compréhension pour la respiration chez les élèves : ils « respirent » déjà naturellement ! … » On peut trouver deux idées : la première est que la respiration a l’air d’être quelque chose d’inné, de spontané, et que les élèves font très bien tout de suite. La deuxième idée, c’est chercher à l’instrument la même façon de respirer qu’on a dans des situations confortables comme dormir, ou être couché. Ces images sont choisies car elles sont 2 Toutes les citations de cette partie viennent des réponses au questionnaire. 9 liées à l’idée de détente et d’amplitude de respiration. On peut aussi remarquer que pour les petits élèves, la respiration est tout de suite naturelle alors que pour les adultes, il y a plus de difficultés. Aussi, on retrouve l’idée que s’il n’y a pas de problème, l’enseignant n’a pas besoin d’aborder la respiration. b) Témoignages d’enseignants à qui on n’a pas appris à respirer3 J’ai aussi posé la question suivante : « Comment avez-vous appris vous-même à bien respirer à l’instrument ? » On m’a répondu : - « Pendant 8 ans, mes différents professeurs me disaient uniquement « respire par le ventre » et « respire plus » » - « J’ai abordé la respiration assez tardivement dans mon apprentissage » - « Par moi-même. Aucune aide de mes professeurs » - « En lisant des livres … » -« J’ai appris assez tard car on m’en a très peu parlé dans mes premières années de pratique. J’ai appris la respiration adulte et je l’ai perfectionnée grâce à des cours de yoga, de chant ou des stages avec des élèves de Pichaureau (professeur de trompette) » -« Je ne me souviens pas du tout des débuts, par contre arrivée à un certain niveau, j’ai fait beaucoup d’exercices » -« Aucun de mes profs de clarinette n’a su répondre à mes questionnements pour la respiration. … J’ai cherché par moi-même. J’ai rencontré une personne extraordinaire qui m’a beaucoup aidé : Ute Gerzabek (prof de respiration dans le département chant du CNSM de Paris). J’ai fait un stage sur la « cinétique de la respiration » avec Blandine Calais-Germain et la formation « médecine des arts » qui m’ont apporté les connaissances théoriques et pratiques » - « J’ai appris moi-même la respiration très tard car on n’en parlait à uploads/s3/ enseigner-respiration-saxophoniste.pdf

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