Marine, 2003-2005 Crâne de renard sur branche, cure-dents, plâtre 170 × 50 × 60
Marine, 2003-2005 Crâne de renard sur branche, cure-dents, plâtre 170 × 50 × 60 cm Courtesy galerie Pietro Spartà © Photo André Morin BLOW UP Expositions du 25 mai au 21 juillet 2013 du mercredi au dimanche de 11h à 18h Visites commentées Réservation conseillée Une heure au musée › Jeudi à 12h30 Visite Thé › Samedi à 15h30 Visite du dimanche › Dimanche à 15h Visite en famille › Dimanche à 15h30 Groupes À la découverte d’une ou plusieurs expositions, des visites commentées sur mesure. À réserver auprès du service des publics Visite exceptionnelle avec Philippe Droguet Lors de cette rencontre, Philippe Droguet présente ses œuvres dans l’exposition Blow up. › Mercredi 5 juin à 18h30 Sur réservation / Accès avec le billet d’entrée Catalogue Blow up Catalogue bilingue (français/anglais) avec une large iconographie in situ, des textes d’Anne Bertrand (critique d’art et commissaire d’expositions) et d’Hervé Percebois, ainsi qu’une préface de Thierry Raspail (directeur du mac LYON). Éditions mac LYON 120 pages À paraître Renseignements et réservations Service des publics T 04 72 69 17 19 publics@mac-lyon.com À venir Musée d’art contemporain Cité internationale 81 quai Charles de Gaulle 69006 LYON T 04 72 69 17 17 info@mac-lyon.com www.mac-lyon.com tant ses différentes acceptions semblent chacune correspondre à une œuvre : en botanique, le tégument est l’enveloppe qui protège la graine, en biologie, c’est la peau, soit animale et couverte d’écailles ou de fourrure, soit humaine et fine. Plus généralement, il s’agit donc d’une membrane qui enveloppe et qui protège le vivant et, par extension, d’une fine paroi entre l’intérieur et l’extérieur qui simultanément révèle et soustrait au regard… Notion centrale dans les œuvres de Droguet, le tégument fait lien et nimbe l’ensemble d’une singulière aura poétique. Il reste que certaines œuvres échappent à ce paradigme, tout en ne cessant pas, elles aussi, d’explorer la visibilité et la latence des choses. C’est le cas notamment de celles qui empruntent aux registres de la peinture, comme Vectan ou encore Antalya (1-2-3). Ces deux titres correspondent aux marques des matériaux qui en constituent la surface, poudre à munitions pour la première et peinture de signalisation routière pour la seconde. Le détournement de ces matériaux permet à Philippe Droguet de s’inscrire pleinement dans la riche histoire du monochrome, non sans évoquer au passage plusieurs moments importants de la modernité formelle. Enfin, l’exposition présente également une création de 2013, Couvre feu, constituée d’une centaine de nichoirs à perruches assemblés sur deux lignes. Difficile de ne pas penser ici à certains alignements urbains dont la monotonie aurait fini par éteindre toute vie. Sur une ardoise subsistent les traces d’une comptabilité des anciens occupants, obsolète point journalier de la balance entre vivants et morts... À l’instar du film de Michelangelo Antonioni auquel l’exposition emprunte son titre, l’œuvre de Philippe Droguet tourne autour de cette certitude qu’il y a, par-delà l’apparence, une autre réalité qui ne demande qu’à être dévoilée. Cette conviction forte concerne aussi bien ce que les sociétés font de l’apparence et de la chair des corps que notre conscience intime d’habiter une enveloppe qui ne peut être quittée. Les œuvres de Droguet oscillent en permanence entre séduction et tragique, ballottant le visiteur dans des impressions contradictoires, entre perception et conscience. Elles contiennent à la fois toute la beauté et l’horreur du monde, l’une masquant l’autre et un voile ténu les séparant. Lors d’une première rencontre avec les œuvres de Philippe Droguet, ce qui attire irrésistiblement le regard, jusqu’à quelquefois figer le visiteur, c’est d’abord la surface. Qu’elle résiste aux balles (Rit) ou brille de mille feux (Big Bang), qu’elle apparaisse veloutée comme dans Cadeau, douce comme dans Méduse, immaculée comme dans Ça, marmoréenne comme dans Aurore, Vénus ou la série des Tombés, colorée dans Battes, étrangement patinée dans Entretien, c’est d’abord et toujours la surface qui « fait de l’effet ». Comme on le dit d’un drapé dans une peinture de la Renaissance ou d’un magnifique bijou… Les œuvres de Philippe Droguet ont souvent une capacité de séduction immédiate, allant même parfois jusqu’à l’évidence dont sont dotés certains chefs-d’œuvre. Toutefois, à mesure que l’on s’aventure au-delà de la surface et donc que l’on prend conscience de la vraie nature de ce pelage si doux ou de ce sein d’albâtre, la fascination se trouble, cédant la place à de multiples interrogations. D’abord parce qu’en lieu et place de marbre ou de fourrure, la réalité apparaît plus triviale, faite de paraffine, cure-dents ou semences de tapissier. Ensuite parce que le résultat ne manque pas de déranger, tant par son étrangeté que par ses prolongements et ses non-dits. Des œuvres comme Y-s-z-o-k-a-r ou Marine inquiètent comme le feraient des créatures issues de greffes contre-nature ou une rencontre fortuite avec des aliens forcément hostiles. Aux murs, accrochés comme autant d’improbables trophées, Sirènes et Dard (Virgule) rivalisent d’obscénité. Les vessies de bœuf qui recouvrent d’une peau épaisse les éléments d’Entretien entraînent l’imaginaire dans les recoins les plus sombres de la mémoire collective. De même, la juxtaposition d’un tissu figé avec ses plis par plusieurs couches de paraffine et d’un seau métallique rouillé (Tombé) renvoie aussi bien à l’univers de la statuaire classique qu’à celui de l’abattoir et de la tripaille. Dans Battes, des chaussettes sont emplies d’une coulée de plâtre qui les étire au maximum, engendrant ainsi d’étranges prothèses. Une fois disposées seules dans l’espace, ce sont les corps qui viennent à manquer. À propos de ses œuvres, l’artiste emploie souvent le beau mot de « tégument ». Un terme qui en restitue au plus près la dimension organique, voire charnelle, et qui se révèle parfaitement adapté, PHILIPPE DROGUET BLOW UP Entretien, 2000 – 2001 Matériaux divers Dimensions variables Collection mac LYON © Photo Blaise Adilon Tombé, 2003 – 2005 Tissu, paraffine, bassine en métal 20 × 50 × 42 cm Courtesy galerie Pietro Spartà © Photo Blaise Adilon Battes, 2012 Chaussettes, plâtre Dimensions variables Courtesy galerie Pietro Spartà © Philippe Droguet DATÉES DE 2000 À AUJOURD’HUI, LES ŒUVRES CHOISIES POUR CETTE EXPOSITION REFLÈTENT TOUTES LES FACETTES DU TRAVAIL DE PHILIPPE DROGUET, SANS EN CONSTITUER UNE RÉTROSPECTIVE. DEUX D’ENTRE ELLES APPARTIENNENT DÉJÀ À LA COLLECTION DU MUSÉE TANDIS QUE COUVRE-FEU EST UNE CRÉATION DE 2013. Né en 1967, Philippe Droguet vit et travaille à Feillens (Ain). uploads/s3/ philippe-droguet.pdf
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- Publié le Fev 07, 2022
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