LE SYMBOLISME D'ODILON REDON : UNE PORTE VERS LA PSYCHE HUMAINE Maya BAYOGLU JU

LE SYMBOLISME D'ODILON REDON : UNE PORTE VERS LA PSYCHE HUMAINE Maya BAYOGLU JUIN 2019 Directrice de Mémoire : Mylène DUC Université Paul-Valéry Montpellier 3, UFR1, Master 1 Mention Philosophie, Psychanalyse, Spécialité « Études psychanalytiques et esthétiques » Parcours « Esthétiques SOMMAIRE 1. Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4 Partie I 2. La singularité de Redon dans son époque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 3. Les origines, une retro-diction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 4. Ses œuvres : Les noirs, les couleurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 5. Analyse de « La naissance de Venus ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 Partie II 6. Le symbolisme Redonnien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .20 7. Les symboles récurrents, parallèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 avec les archétypes mythologiques de C.G.Jung 8. La relation art-psychanalyse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 9. Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .34 10. Annexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36 11. Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 2 3 INTRODUCTION À quoi tend l'art ? Quelle est son but, ou son origine ? Ces questions sont souvent posées par les philosophes et leur réponses varient d'un artiste à l'autre. Ici j'ai essayé d'expliquer avec précision la réponse qui fut révélateur pour moi en regardant les œuvres d'Odilon Redon . Il ne fut pas connu comme les autres, certes, mais je persiste à croire que la réponse qu'il m'a inspiré fut le bon pour moi. Il y a une partie en chaque personne qui est hanté par les questions et les concepts qui dépassent l'homme. Je vais, au cours de ce mémoire, essayer d'analyser comment le peintre structure et finalise ces questions et concepts commun à tous dans ses œuvres. Car l'acte artistique est un périple intérieur qui conduit l'artiste de sa singularité la plus profonde à l’évidence d'une appréhension commune du monde. Et cela résulte dans une sensation de familiarité chez le spectateur. Une relation esthétique qu'on ne peut clairement nommer. En quoi consiste ce périple, cette relation, et comment explique-t-on cette familiarité inscrite dans les œuvres d'Odilon Redon ? Hommage à goya, Odilon Redon 4 5 LA SINGULARITE DE REDON DANS SON EPOQUE Odilon Redon croyait profondément dans le pouvoir de l'artiste au sein d'une société, c’étaient pour lui les artistes qui assurait une vision changeante et dynamique, et un œil toujours inventif sur le monde. Il avait une vision pas comme les autres, dans un Europe où la réalisme régnait, il était un jeune peintre qui s'opposait à la peinture académique. Ses dessins étaient « enfantins » et un peu trop «fantasmagoriques » pour être considérés comme des œuvres digne des salons. Contemporain à des nombreuses artistes impressionnistes comme Degas, Monet ou Cézanne, il ne trouva pas ce qu'il cherchait dans leur mouvement. Ce qu'il cherchait ? C’était autre chose qu’une nouvelle approche à la vision. « Un peu bas de plafond » commente-t-il en parlant de l'impressionnisme. La question : « Comment je peins ce que je vois ? » ne le passionnait pas, ne suscitait pas en lui le désir ardent de peindre.Car si le monde lisait Zola, et jouissait des tableaux de Manet, Redon était du coté de Poe, de Goya, de l'invisible avec toutes ses terreurs et ses extases. Pour lui la vraie question était : « Comment je peins ce que je ne peux voir, mais cependant ce que je sens vivre, avec toute mon être, en moi ?» Il s'est servi du visible pour en nourrir ses rêves, pour en nourrir sa vision, guidé par son intuition. Il a fait de l'art, toute sa vie ; une pratique ontologique. Alors que ses contemporains en restaient sur le visible et sur son meilleur représentation possible, Redon nageait dans les eaux fécondes de son être intime. Il a acquis sa véritable place dans l'histoire, car il n'a adhéré à aucune école, il nageait contre le courant. Gustave Moreau (la génération d'avant) était son idole, de lui Redon a rencontré avec le monde mythologique, en regardant ses tableaux exposées dans les musées. Puvis de Chavannes s'inscrivait lui aussi dans la lignée de peintres qui travaillaient in vivo. Redon adorait De Vinci, et Il n'aimait pas David. Car d’être peintre symboliste, ne nécessite pas de peindre des symboles en le sens qu'on entend, mais c'est quand il s'agit de dévoiler la Nature a travers des arrangements nécessaires sur la toile qui donnerait lieu à une communication entre le monde des vivants et le monde des vérités. En cela Da Vinci maîtrisait le royaume des symboles. Il est parti des rêves et en a fait des réalités. Nous fermons ici le petit parenthèse. Quant à ces messieurs qui sont Puvis de Chavannes et Gustave Moreau, qui sont considérés, avec Redon à leur coté « le trio symbolistes » de l'époque ; ont été tous populaires pour leur thèmes peu communs. Mais Redon était le moins connu de tous dans sa jeunesse, il créait, patiemment, dans son atelier et ne s'expose pas beaucoup (ni ses œuvres). Il dessine en encre et en fusain jusqu'à ses quarante ans, avant de prendre les pastels. Néanmoins le mouvement régnant restait sur les modalités de représentation du réel, et les œuvres de Redon allaient être redécouvertes et reconnus en leur juste valeur que vers la 6 fin de sa vie, au début de XX eme siècle. Toutefois nous ne pouvons pas lui chercher une postérité dans l'histoire, il ne pouvait être défini sous un thème bien spécifique. Il existe pourtant une groupe de jeunes peintres, les nabis (Paul Sérusier , Pierre Bonnard ,Paul-Elie Ranson ,Maurice Denis , Édouard Vuillard ,Henri-Gabriel Ibels , Jan Verkade , Mogens Ballin). Ils se sont regroupés autour de peintre Paul Sérusier, en 1888, et cet un groupe artistique polyvalent qui proposait une vision d'une peinture plus symbolique, moins froid, avec les tons de japonisme, et une rang des couleurs variées sur la toile qui sort du réalisme. On classifie ce mouvement de « post- impressionniste » mais il est plutôt le juste milieu entre le réalisme impressionniste et symbolisme d'Odilon Redon. Car les nabis se sont inspirés par les œuvres d'Odilon Redon, qu'ils voyaient comme leur maître, leur grand. Le terme nabi, en arabe, ou nebiim, en hébreu, veut dire « orateur » ou « annonciateur », ou, dans un sens passif, « celui qui est ravi dans une extase »ou « appelé par l'esprit ». En Occident, nabi a été traduit par « prophète », « illuminé ». Le peintre puisait sans savoir les thèmes qui allait définir le XX eme siècle. La vision intérieure, le subconscient et le rêve, allaient devenir les piliers de cette nouvelle science qui se nommera la psychanalyse quelques années plus tard. Mais pas que, aussi l'orientalisme et le spiritualisme fort présent dans les œuvres du peintre allait être repris par les américains et les européens durant la guerre de Vietnam sous le nom de New-Age. Gustave Moreau et lui, sans savoir le grand intérêt qu'aller susciter leur thèmes dans les siècles à venir, illustraient les divinités indiennes bien des années auparavant. Toutefois Redon se différenciait des autres symbolistes notamment de Moreau, par son arrière plan non académique et intuitif. Le peintre bordelais ne s'est jamais qualifié comme un peintre symboliste (assez ironiquement) ; pourtant il avait ajouté à la symbolisme son vrai valeur, uploads/s3/ le-symbolisme-dodilon-redon-une-porte-ve.pdf

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