1 6ème Conférence internationale sur l’Economie Et Gestion Des Réseaux « Econom
1 6ème Conférence internationale sur l’Economie Et Gestion Des Réseaux « Economics and Management of Networks » EMNet 2013 Du 21 au 23 Novembre, 2013 à l’ENCG Agadir, Maroc Rationnement du crédit en situation d'asymétrie d'information dans les PME de la ville Agadir : Résultats d’une enquête. Auteurs : Lahsen OUBDI Professeur à l’ENCG, Université Ibn Zohr L.oubdi@uiz.ac.ma & Aicha AMRHAR, doctorante à l’ENCG, Université Ibn Zohr a.amrhar@uiz.ac.ma Résumé : Constituant une part essentielle du fond de commerce des banques, et n’ayant pas accès facile à d’autres sources de financement (le marché boursier, le marché de capital risque), les Petites et Moyennes Entreprises (PME) se trouvent en face de la banque en tant que seule source de financement de leurs projets. Pourtant l’accès au crédit semble difficile pour celles- ci. La PME souffre d’un système d’information plus opaque que ne l’est celui des grandes entreprises, perçue moins fiables, moins prévisibles d’information vis-à-vis de la PME. Par conséquence, le banquier se trouvent dans sa relation avec les PME à de nombreuses sources d’asymétries d’information, et c’est difficile de distinguer les emprunteurs honnêtes et ceux malhonnêtes. Ainsi les asymétries d’information entre banques et entreprises engendrent le phénomène du Rationnement du Crédit (RC). Cependant pour faire face à la souffrance vis-à- vis du financement des entreprises, il faut savoir l’ampleur de ce RC et les déterminant qui l’expliquent soit au niveau de l’entreprise en elle-même, soit au niveau de son dirigent ou au niveau du prêt désiré. En effet, nous essayerons, dans le cadre de cette communication, d’apporter une contribution et un enrichissement dans ce sens pour les entreprises de notre ville Agadir. Ainsi, notre travail a un double objectif : observer s’il est possible l’ampleur du RC auquel font face les entreprises, et également identifier les déterminants qui expliquent, sur le plan empirique ce rationnement. Pour ce faire, notre population cible sera constituée des entreprises de la ville d’Agadir. On traitera notre problématique par une démarche hypothético déductive, pour vérifier les hypothèses qui seront exposées, par le biais d’une enquête qui sera réalisée au niveau de ces entreprises. Mots clés: ASYMETRIE D’INFORMATION, RATIONNEMENT DE CREDIT, BANQUES. 2 Introduction Nous ne pouvons pas nier le rôle primordial que jouent les Petites et Moyennes Entreprises (PME) dans la création de richesses et d’emploi. Néanmoins, leur contribution reste largement en deçà des potentialités que cette catégorie d'entreprises peut faire valoir. Puisqu’elles ne peuvent pas recourir facilement au marché de capitaux, les PME et TPE privilégient les voies de financement bancaires. Selon un rapport des Nations Unies élaboré en 2010, le total des crédits accordés par les banques au secteur privé s’élève à 468 milliards, dont environ 300 milliards (soit les deux-tiers) destinés aux entreprises. Selon la Direction de la Supervision Bancaire de Bank Al-Maghrib, la quotte part des PME dans ces crédits est située à seulement 18% en 20081. C'est-à-dire que plus de 90% ne profitent que de 18% des prêts aux entreprises. D’où on remarque que ce sont toujours les grands oubliés aux guichets des banques. Nous constatons que l’accès au crédit semble difficile pour celles-ci. La PME souffre d’un système d’information plus opaque par rapport aux des grandes entreprises. Elle est perçue moins fiable, moins prévisible d’information vis-à-vis de la banque. Par conséquence, le banquier se trouvent dans sa relation avec les PME à de nombreuses sources d’asymétries d’information, et c’est difficile de distinguer les emprunteurs honnêtes et ceux malhonnêtes, ce qui rend la PME rationnée. En effet, il s’avère que la problématique du financement des PME est avant tout liée à des contraintes informationnelles qui limitent leurs accès au financement bancaire. L’existence d’une information asymétrique entrave le développement de ces entreprises qui constituent l’ossature de l’économie marocaine. Elles méritent donc que plus d’études leurs soient consacrées surtout pour les soutenir et les aider à mieux confronter les obstacles au financement bancaire. C’est pour toutes ces raisons que nous voulons savoir dans un premier temps quels sont les déterminants de la probabilité, pour qu’une PME aie accès au crédit bancaire et, dans un deuxième temps, si le crédit est aussi rationné qu’on le suppose généralement dans les PED. Afin de répondre à ces deux questions, nous allons mener une enquête portant sur les PME de la ville d’Agadir, au Maroc. Les données que nous allons avoir nous permettront d’appliquer 1 CDVM, « le financement des PME au Maroc », Mai 2011 3 divers modèles économétriques qui, à leur tour, nous permettront de savoir le degré de rationnement du crédit auquel elles font face les PME ainsi que ses déterminants. La première partie se focalise sur la problématique de définition du Rationnement de Crédit et un récapitulatif des études antérieurs qui l’ont traité. La seconde partie sera consacrée à la méthodologie de travail, alors que la troisième partie portera sur les résultats auxquels notre étude empirique va aboutir. 1. REVUE DES ÉTUDES ANTÉRIEURES La notion de rationnement de crédit est très utilisée dans le langage économique et financier. Plusieurs auteurs ont donné leurs avis par apport à une définition formelle du terme. Plusieurs auteurs ont défini ce rationnement de crédit, puisque notre document est de nature empirique on se contenteras de la définition de STIGLITZ et WEISS (1981)2, il y a rationnement de crédit lorsque l’emprunteur est disposé à accepter les conditions de prêt établies par le prêteur même si celui-ci disposant de ressources suffisantes et que le prêt lui est toutefois refusé (certains emprunteurs sont contrains par des lignes de crédit fixées qu’elles ne doivent pas dépasser sous n’importe quelles circonstances, d’autres sont purement refusés de prêts). Ainsi ils proposent des explications aux phénomènes du rationnement du crédit liées aux problèmes d’asymétries d’information et non plus aux déséquilibres temporaires ou de l’intervention de l’État. Ils développent un modèle en vertu duquel il y a rationnement du crédit à l’équilibre en montrant que le rationnement de crédit est lié à deux phénomènes : la sélection adverse et l’aléa moral. Initialement démontré par Arrow [1963]3 dans un article portant sur le secteur d’assurance des soins médicaux, le « hasard moral » est défini comme « toute mauvaise allocation de ressources qui résulte de l’assurance de risques par des contrats d’assurance normaux » [Marshall, 1976, p. 880]. Plus généralement, le hasard moral désigne une situation dans laquelle de futurs paiements liés à un contrat peuvent être influencés par des actions d’un 2 Stiglitz, Joseph E. et Andrew Weiss, "Credit rationing in markets with imperfect information", American Economic Review, Vol. 71, 1981, 393-410. 3 Arrow, K. (1973). The theory of discrimination. Discrimination in Labor Markets, 3–33. 4 agent, actions qui sont postérieures à la signature du contrat et qui ne sont pas toujours directement observables par l’autre agent. Ainsi l’aléa moral affecte le comportement des agents en incitant les emprunteurs potentiels se tourner eux-mêmes vers des projets plus risqués au fur et à mesure que la banque augmente le taux d’intérêt étant donné que ces derniers deviennent de plus en plus attrayants si on pose l’hypothèse de neutralité au risque des emprunteurs. Formalisée quelques années plus tard par les travaux de G. Akerloff [voir notamment Akerlof, 1970]4, la notion de « sélection adverse » appelée l’anti-sélection désigne une situation dans laquelle les acheteurs d’un bien ne peuvent observer que la qualité moyenne des biens, puisque la partie vendeuse dispose d’informations privées avant que la transaction soit réalisée. Dans le secteur bancaire, l’anti-sélection apparaît lorsque l’emprunteur conserve, même après un examen attentif par le créancier des informations disponibles, un avantage informationnel sur son partenaire. Ainsi à défaut de pouvoir fixer un taux d’intérêt qui correspond au risque effectif du projet, la banque applique un taux reflétant la qualité moyenne des emprunteurs. Cette pratique affecte les caractéristiques des agents5 en influençant la composition d’emprunteurs qui varie au fur et à mesure que la banque augmente le taux d’intérêt sur ses prêts en s’orientant vers des projets plus risqués puisqu’ils deviennent de plus en plus attrayants si on pose l’hypothèse de neutralité au risque des emprunteurs. Par ailleurs, dans un sens plus large, l’équilibre de rationnement fait appel à l’analyse du rationnement du crédit lorsque le taux d’intérêt est à son niveau de long terme. L’analyse de Stigliz et Weiss montre qu’il n’y a pas de discrimination par les prix sur le marché du crédit à cause de l’asymétrie de l’information ; l’argument est que le taux d’intérêt fait fuir les emprunteurs les plus sûrs (biais de sélection adverse) ; ensuite, un taux d’intérêt élevé incite les emprunteurs à entreprendre des projets plus risqués (hasard moral). 4 G.Akerlof; 1970: « The market for lemons: quality uncertainety and the market mechanism ». 5 M.Bellemare ; 2000 : « Une évaluation empirique des contraintes de crédit au Maroc urbain ». 5 a) Vue d’ensemble sur les études antérieures sur le rationnement Alors que des extensions du modèle de Stiglitz et Weiss montre pourquoi le rationnement du crédit peut se produire même pour les emprunteurs qui sont neutres au risque (Wette, 1983), et que le nombre d’emprunteurs découragés augmente dans certaines circonstances (Kon uploads/Finance/ analyse-maroc 1 .pdf
Documents similaires








-
35
-
0
-
0
Licence et utilisation
Gratuit pour un usage personnel Attribution requise- Détails
- Publié le Jul 19, 2022
- Catégorie Business / Finance
- Langue French
- Taille du fichier 0.1971MB