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satiété digitale charles de goal satiété digitale satiété digitale collection Trois pour le prix d'un traduit de l'américain émondé et amendé en français charlesdegoal@ épigraphe « Pour les incohérences du livre – et je suis bien conscient qu'il n'y en a pas que quelques- unes – je dois demander l'indulgence du lec- teur. La faute, cependant, retombe principale- ment sur les habitants d'Erewhon eux-mêmes, car ils étaient vraiment des gens très difficiles à comprendre. Les anomalies les plus flagrantes semblaient ne leur causer aucun problème in- tellectuel ; aussi, à moins qu'ils ne voient réel- lement l'argent sortir de leurs poches, ou ne su- bissent une douleur physique immédiate, ils ne voulaient rien savoir du gaspillage d'argent et de bonheur que leur sottise leur causait. Mais cela avait un effet dont je n’ai guère de raison de me plaindre, car ainsi j’étais autorisé à les appeler presque ouvertement des dupes per- manentes, et ils disaient que c'était tout à fait vrai, mais que cela n'avait pas d'importance. » sommairement pour un livre qui n’a pas de prix (si on ne tient pas compte des prothèses et autres faux frais : ordinateur, réseau, connexion, etc on ne se moque pas de vous, vous ne vous faites pas voler puisqu’il y a trois livres dans ce livre, étrangement liés et indépendants : – le texte intégral (de la couverture à la 4ème de couverture - sa version courte (qui est plutôt une forme de parasitisme et que la préface ne fait que suggérer ; pour les esprits exigus donc, qui voudraient ou devraient spoiler : p. 153 > p. 103 > > p. 176 ּ et un texte court fort (le dernier, qui constitue la troisième partie : p. 155 note technique note technique 1. de même que pour le vin il y a des buveurs d'étiquette, pour les livres il y a des esprits affûtés qui s'en remettent comme aveuglément à tel ou tel auteur, voire à telle ou telle maison d'édition : vous êtes donc bien tombé, ce livre numérique bénéficie avec Library Genesis (libgen.rs) du plus géant publicateur 2. mais un tel publicateur ne fait pas la publicité ; et c'est heureux, car son impartialité et son ouverture d'esprit exigent une publicité tout aussi impartiale – ce qui est bien impossible en ce bas monde : sauf pour ceux qui ont un soupçon de probité intellectuelle. Comme en ces matières chacun voit midi à sa porte, on dira seulement qu'en période révolutionnaire – plus rare donc que la vraie rareté – il n'y a d'information qui vaille que de bouche à oreille, peer to peer ; ensuite, chacun pourra juger de ce qu'il entend par publicité inconditionnelle et comment cela se met en pratique 3. on a beau être assuré de l'intérêt de son contenu, on doute qu'une version papier de ce livre soit vraiment nécessaire – ou plutôt qu'une telle chose soit possible, décemment, ou même enviable, au vu des farces en présence dans le petit monde de l'édition, mais on ne demande pas mieux que d'être détrompé < spoiler - p. 153 > préfacer Préfacer c'est déflorer, alors autant y aller franche- ment : de goal prétend (p. 18) contribuer aux condi- tions initiales d'un éventuel débat ouvert à tous les humains sur le sens et le but de l'humanité ; c'est-à- dire qu'il évoque là le casse du monde, le braquage du temps. Or, suivront cent trente trois pages sur la technique sous toutes ses coutures, vous serez donc déçu : car le fil est ténu de la révolte à la technique – de l’or- dre de communication sans fil ; mais si la techno- logie vous fait déjà peur, vous fascine ou vous in- quiète seulement, vous ne serez pas déçu. Quant aux autres, les plus laborieux pourront se contenter des deux ou trois premiers chapitres, qui donnent le la ; les vrais dilettantes, de méditer et ruminer les titres des trois parties du livre – lesquels prendront les teintes et textures les plus étranges, voire abys- sales, tandis qu'ils réfléchissent la pyrotechnie am- biante et potentielle. Enfin, jamais une préface n'aura été plus méritée et salutaire qui déflore même ce que l'auteur omet de dire : jusqu'à nouvel ordre – on peut certes se de- mander en passant, concrètement, jusqu'à quand – les humains commandent et gouvernent les ma- chines ; ou, plus factuellement, certains humains le font : le problème, pour l'heur, n'est donc pas tant les machines que ces humains-là très précisément. stephen hacking . La réalité comme données Je propose une critique de la technologie à travers sa mise en monde intégrale, le point de vue de la totalité m'offrant la possibilité de m'engager dans une méthode à l'exact opposé d'une approche de spécialiste, et contre une époque qui n’appréhende la totalité qu’en terme de réseau, afin de comprendre com- ment l'explosion de cette division particulière de la pensée que nous appelons technologie se propage et a un impact total sur le monde. Au passage, j’ai dû faire face à plusieurs hypo- thèses et théories sur la technologie – quel- ques-unes se voulant critiques –, ajoutant une couche supplémentaire de difficulté. Mais je considère cette confrontation nécessaire à la révélation finale du sens de la technologie. Car, à la fin, comme il se doit, tout s'explique. Ce que l'on appelle le déterminisme techno- logique présuppose qu'il y a la société d'un côté et la technologie de l'autre, cette dernière 13 ayant un impact déterminant sur la première. Mais comme nous le verrons, une telle sépa- ration n'existe pas. La technologie, une branche de la science, sort de la société com- me son propre enfant terrible, ou, pour em- ployer le mot du moment, organiquement. Telle société choisira tel type de technologie, celle qui convient précisément à ses opéra- tions et à ses véritables fins. Ainsi, je suis aussi loin d'embrasser ce type de déterminisme que de simplement « satiriser le matérialisme débridé de la société, la déshumanisation rampante et autres problèmes similaires » qui, selon un expert-critique, étaient en vogue parmi les européens et les américains soi-di- sant éduqués au cours des cinquante der- nières années, « mais avec peut-être pas beau- coup d'effet dans le monde réel », précise sar- doniquement ce qui n'est en vérité qu'un in- tellectuel public, c'est-à-dire un chien de soupe. Mon intention ici n'est ni de pirater la société digitale (je laisse cela aux agents de l'Etat ou aux espions de l'argent, c’est-à-dire aux hackers), ni de révéler ses multiples – et à chaque fois plus-scandaleux-que-les-précé- dents – secrets (à la wikileaks) mais plutôt de 14 dépouiller les rouages bio-cybernétiques se- crets, protégés et ineffables1, ainsi que les pro- jections stratégiques de puissance, ou lignes d'opérations, qui procurent tant de substance universelle à ce déterminisme religieux, ainsi qu'à ces satires et révélations aussi faciles qu’inutiles. Pour être clair, je propose ces hypothèses comme une critique de la technologie dans un monde qui pense l’avoir déjà trop faite : « Nous l'entendons constamment. La techno- logie nous empoisonne, nous fait grossir, nous fait perdre notre temps, nous espionne et prive nos enfants d'une éducation. Ce genre de critique populaire de la technologie a une longue histoire et s'enracine dans des préoccupations beaucoup plus sérieuses con- cernant la société moderne. Le 20ème siècle est, après tout, le siècle de la guerre totale, du génocide et de l'invention de ce qui pourrait être la machine de propagande la plus puis- sante de l'histoire, à savoir la télévision améri- caine. » Mon essai sera peut-être vu comme 1. Ineffable, surtout dans le sens de qui ne doit pas être dit. 15 un travail essentiellement vain pour ceux qui souhaitent avoir un impact concret sur le dé- veloppement continu de leur objet. En vérité, cependant, il faut admettre qu'il n'y a nulle part d'opposition historique concrète, obser- vable, organisée, à la conquête digitale, à ses profiteurs et aux Etats-forteresses qui la sou- tiennent. Actuellement, outre la masse croissante d'ex- perts, l'humanité semble être composée d'ere- whonians ignares qui se contentent de regar- der docilement ce développement avec une admiration parfois craintive, tout en contri- buant au déploiement et au raffinement de leur propre soumission aux rudes règles des divisions digitales. Certes, il y a des hackers, des crackers, des néo-luddites et parfois de grandes émeutes. Mais les hackers et les cra- ckers, pour la plupart, utilisent le système di- gital à leurs fins personnelles et n'essaient pas de jeter un éclairage critique sur la structure réelle ou le telos (fin, aboutissement, but) his- torique fondamental de ce développement, se contentant de manipuler ou déjouer le code établi, un code auquel les plus performants 16 d'entre eux adhèrent alors rapidement. Quant aux luddites du digital, tout comme les luddites de l’industrie avant eux, leur opposi- tion essentiellement moralisante ne peut pas plus nous montrer la sortie de la société du contrôle digitale, que les destructeurs de ma- chines ne montrèrent la sortie du mouvement incontrôlable d'industrialisation de leur temps. En fait, uploads/Finance/ guy-debord-jouet-numerique.pdf
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- Publié le Mai 12, 2021
- Catégorie Business / Finance
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