1895, revue d'histoire du cinéma La bande à Léon Citer ce document / Cite this

1895, revue d'histoire du cinéma La bande à Léon Citer ce document / Cite this document : La bande à Léon . In: 1895, revue d'histoire du cinéma, n°1, 1986. pp. 24-25; doi : https://doi.org/10.3406/1895.1986.1447 https://www.persee.fr/doc/1895_0769-0959_1986_num_1_1_1447 Fichier pdf généré le 07/11/2019 La bande à Léon L 'équipe comique de Gaumont, réunie autour du metteur en scène Jean Durand, est la mieux connue du cinéma comique d'avant-guerre, grâce à la carrière postérieure de certains de ses membres, aux récits de leurs souvenirs et aux travaux historiques qui leur ont été consacrés. « Onésime » qui fut la première vedette du cinéma français tournait un film par semaine et touchait vingt francs pour se jeter d'un train en marche « En ce temps-là, pour être acteur de cinéma, il ne fallait pas avoir peur de faire un peu d'acro¬ batie, et c'est plus d'une fois que j'ai failli me cas¬ ser la figure au cours d'une prise de vues. Un jour, dans un grand film d'aventures, on m'avait dis¬ tribué un rôle de bandit. Poursuivi par les poli¬ ciers, je me réfugiais sur le toit d'un wagon attelé à un convoi qui filait un gentil petit soixante, je me battais avec les détectives et puis, profitant du moment où le train passait sur un pont, je me jetais dans la Marne !... Tout avait été minutieu¬ sement prévu... Seulement, je calculai mal mon coup et mon atterrissage n'eut pas lieu dans la rivière, mais sur le chemin de halage ! Heureuse¬ ment, il y a un bon Dieu pour les maladroits et je me tirai de l'affaire sans même une foulure ! ». Mon interlocuteur est un homme dans la force de l'âge et j'ai peine à croire que les souvenirs qu'il me conte remontent à 1905. On le devine sou¬ ple et agile comme un gymnaste de trente ans et, de fait, il est très capable de conclure une phrase par un saut périlleux de pied ferme. Dans son visage rondelet luisent deux petits yeux, légère¬ ment bridés, pétillants de malice. Citoyen de Bel¬ leville — son accent « parigot » le proclame — il s'appelle Ernest Bourbon... et il fut célèbre, il y a quelque trente ans, sous le nom d'Onésime. Vedette malgré soi « Il faut dire, poursuit-il, que j'étais devenu vedette presque malgré moi... et que ce titre ne devait pas m'enrichir. Je souris quand je lis dans les journaux que tel grand artiste a pris la déci¬ sion de ne tourner qu'un film par an ! Évidem¬ ment, il s'agit de productions de long métrage... Mais, tout de même, nous fournissions, nous, un autre travail ». Ces films, c'étaient parfois des drames mouve¬ mentés où Ernest Bourbon avait pour partenaire la pauvre Suzanne Grandais, dont on n'a pas oublié la fin tragique, ou la troublante Musidora : mais c'étaient le plus souvent des bandes comi¬ ques, où reparaissait invariablement un délicieux fantoche, le sympathique Onésime. « Ce personnage, nous dit M. Bourbon, je l'avais créé et façonné au music-hall, avant de venir au cinéma. C'était un jeune premier comi¬ que, soucieux d'élégance — jaquette, melon clair, guêtres blanches et gants beurre frais — godiche un peu, mais à l'occasion, plus malin que tout le monde. — Ces aventures, qui les imaginait ? — En ces temps lointains, les metteurs en scène — ils s'appelaient Léonce Perret, Louis Feuillade, Durand — étaient tous un peu scéna¬ ristes, mais les scénarios n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui. Ils tenaient sur une page dacty¬ lographiée et n'étaient pas divisés en « numéros ». — Où tourniez-vous ? — Quand il pleuvait, au studio. Mais nous pré¬ férions les extérieurs. On partait à bicyclette et on s'en allait en banlieue, sans but précis. — Et que gagniez-vous ? M. Ernest Bourbon hésite une seconde. — Vous ne me croirez pas, mais, puisque vous me le demandez, il faut bien que je vous réponde. Comme les artistes de second plan, les vedettes étaient payées au mois... et on m'octroyait roya¬ lement 1 000 francs le 30 de chaque mois. Avec, il est vrai, des suppléments pour les acrobaties : j'avais 5 francs pour me jeter d'un quatrième étage ; 10 francs pour traverser un décor en flam¬ mes et un louis — on comptait encore par louis — pour sauter d'un train en marche... — Vous aviez raison de dire qu'il fallait alors, pour faire du cinéma, être acrobate... — Je l'étais... et je le suis resté. Je dirige, à Bel¬ leville, une école d'acrobatie où j'ai formé quel¬ ques bons sujets parmi lesquels mon fils, Billy Bourbon, le « fou dansant », devenu une grande vedette de music-hall... et — M. Bourbon l'ajoute avec quelque fierté — une grande vedette qui gagne plus en un soir que son père ne gagnait en un trimestre. L. R. Dauven, Actu, n° 78, 31 octobre 1943, p. 8. M. Calino De son vrai nom Migé, cet excellent artiste fait depuis longtemps déjà la joie de tous les amateurs de cinéma. Engagé par la maison Gaumont il a tout de suite conquis les spectateurs par son comique endia¬ blé, par son entrain irrésistible. C'est lui qui, un des premiers, fit ce qu'en terme de métier on appelle des cascades. D'une adresse inouïe, il exé¬ cute des sauts périlleux, retombant sur les mains ou sur le dos avec une égale facilité. Calino n'a peur de rien. Nous en savons quel¬ que chose, puisque nous l'avons vu aux prises avec les fauves les plus terribles. Calino amuse les enfants en accomplissant de véritables acrobaties. Il pratique tous les sports avec la même maîtrise. Cet excellent artiste, qui devient chaque jour un parfait comédien, nous intéresse par ses créations si diverses et toujours si comiques. Il a créé un véritable genre. Il est actuellement l'artiste vedette d'une série triomphale. Dans tous les pays du monde, il remporte le succès le plus flatteur, et nous ne pouvons que le féliciter. Le cinéma n'a pas cessé, quoi qu'on en dise, d'attirer à lui les petits enfants. Il est tout juste de réserver pour eux, dans chaque programme, un film qui les amuse. Calino est pour eux la dis¬ traction la plus agréable. Ces artistes, qui se sont spécialisés dans le comique bon enfant, sont les dignes successeurs des comédiens du Châtelet. Ils n'ont aucune prétention au grand art. Ils sont simplement heureux quand ils peuvent, quelques instants, nous conduire dans le domaine si char¬ mant de la fantaisie. Et nous leur devons des moments si agréables que c'est de la reconnaissance de notre part, quand nous les acclamons dans tous les cinémas du monde. A. B., Le Cinéma et l'Écho du cinéma réunis, n° 93, 5 décem¬ bre 1913, p. 2. uploads/Finance/ la-bande-a-leon-in-1895-revue-d-x27-histoire-du-cinema-n01-1986-pp-24-25.pdf

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  • Publié le Mar 08, 2021
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