Descartes Choix de lettres Introduction et commentaire par Eric Brauns (1ère éd

Descartes Choix de lettres Introduction et commentaire par Eric Brauns (1ère édition : 1988) « Profil Textes philosophiques » Collection dirigée par Laurence Hansen-Løve P h i l o S o p h i e T e x t e s o u m i s à c o p y r i g h t © s e p t e m b r e 2 0 0 8 – 2 – Table des matières Introduction .............................................................................. 4 La correspondance de Descartes ................................................. 4 I. Lettres 1 à 3 : l’idée d’une science universelle. La méthode..... 5 II. Lettres 4 à 6 : la mathématique. Les vérités éternelles ........ 10 III. Lettres 7 à 9 : astronomie et physique ................................ 13 IV. Lettres 10 à 14 : la métaphysique......................................... 16 V. Lettres 15 à 20 : morale, liberté ............................................ 23 VI. Lettres 21 à 23 : médecine et technique .............................. 27 Choix de lettres ....................................................................... 32 I. Idée d’une science universelle. La méthode ........................... 32 Lettre 1 : Au P. Mersenne, 20 novembre 1629 ......................... 32 Lettre 2 : Au P. Vatier, 22 février 1638 ..................................... 33 Lettre 3 : A X… (destinataire inconnu), 27 avril 1637 .............. 36 II. La mathématique. Les vérités éternelles .............................. 37 Lettre 4 : Au P. Mersenne, 15 avril 1630 ................................... 37 Lettre 5 : Au P. Mersenne, 6 mai 1630 ..................................... 40 Lettre 6 : Au P. Mersenne, 27 mai 1630 ................................... 41 III. Les sciences : astronomie et physique ................................ 42 Lettre 7 : Au P. Mersenne, 10 mai 1632 .................................... 42 Lettre 8 : A Debeaune, 30 avril 1639 ........................................ 44 Lettre 9 : A Vorstius, 19 juin 1643 ............................................ 46 IV. La métaphysique .................................................................. 47 Lettre 10 : Au P. Mersenne, juillet 1641 .................................... 47 Lettre 11 : A Hyperaspistes, août 1641 ...................................... 50 Lettre 12 : Au P. Mersenne, 16 octobre 1639 ............................ 52 Lettre 13 : A Silhon, mars ou avril 1648 ................................... 54 Lettre 14 : A Chanut, 6 juin 1647 .............................................. 56 V. La morale. La liberté ............................................................. 59 Lettre 15 : A Chanut, 1er février 1647 ........................................ 59 – 3 – Lettre 16 : A Elisabeth, juillet 1647 ........................................... 62 Lettre 17 : A Elisabeth, 6 octobre 1645 ..................................... 63 Lettre 18 : A Elisabeth, 15 septembre 1645 ............................... 64 Lettre 19 : Au P. Mesland, 2 mai 1644 ...................................... 68 Lettre 20 : Au P. Mesland, 9 février 1645 ................................. 70 VI. Médecine et technique ......................................................... 72 Lettre 21 : Au Marquis de Newcastle, octobre 1645 ................. 72 Lettre 22 : Au Marquis de Newcastle, 23 novembre 1646 ........ 75 Lettre 23 : A Reneri pour Pollot, avril ou mai 1638 .................. 78 À propos de cette édition électronique ................................... 81 – 4 – Introduction La correspondance de Descartes L’ensemble des lettres écrites par Descartes représente en volume la moitié de son œuvre et nous devons considérer qu’une part importante a disparu. Pour un esprit qui s’est vo- lontairement éloigné de son pays afin de mener à bien une œuvre difficile dans la paix, le lien épistolaire avec la commu- nauté scientifique et avec tous les chercheurs authentiques est indispensable. Descartes consacre au courrier au moins une journée par semaine. Rédigées pour être lues et diffusées, les lettres jouent un peu le rôle des revues et des congrès scienti- fiques. On y fait la recension critique des livres récemment pa- rus, on y dresse le compte rendu d’expériences que l’on a me- nées soi-même ou dont on a été témoin et surtout on s’adresse questions, problèmes et solutions. La lettre permet de formuler des objections ou d’y répondre publiquement. Descartes fait le point sur l’avancement de ses travaux, sur ses projets, ou de- mande des informations nécessaires à la poursuite de son inves- tigation. La richesse philosophique semble parfois recouverte par le foisonnement de questions trop diverses et trop inégales en intérêt. La numérotation des thèmes permet de s’orienter. La forme plus libre de l’échange dialogué nous fait percevoir sous un nouveau jour la démarche que son auteur expose à ses pairs et défend sans relâche. La difficulté de choisir une vingtaine de lettres est déjà grande ; elle l’est davantage quand il s’agit d’extraire quelques paragraphes d’une lettre qu’on ne peut donner in extenso1. Le principe de cette édition consiste à retenir six thèmes centraux 1 La seule lettre entière dans notre sélection est la lettre 18. Un choix plus large a été proposé dans Descartes – Lettres, par M. Alexandre, P. U. F., 1954. – 5 – de la pensée de Descartes et à proposer au moins trois textes sur chacun d’eux. Il n’y a par conséquent ici aucune prétention à résumer la philosophie de notre auteur en un florilège de ses lettres : notre choix dans la correspondance est destiné à ac- compagner un autre volume contenant l’exposé incomparable- ment clair de F. Alquié auquel nous renvoyons le lecteur2. En outre, notre brève introduction ne pouvait s’intituler « com- mentaire ». Le commentaire philosophique a ses règles et on ne peut les transgresser sous prétexte d’un espace exigu, précisé- ment dans un ouvrage destiné à des élèves et à des étudiants. Trop d’éléments significatifs auraient été passés sous silence. C’est pourquoi nous avons choisi de présenter chaque groupe de lettres dans un exposé succinct qui, directement en rapport avec le texte, souligne les articulations principales de la pensée carté- sienne3. Notre but sera atteint si le plaisir éprouvé à étudier ces pages si claires et mesurées détermine le lecteur à prolonger sa découverte en explorant l’ensemble d’où nous avons extrait cet échantillon. I. Lettres 1 à 3 : l’idée d’une science universelle. La méthode Dans la lettre 1, Descartes développe son jugement à pro- pos d’un ouvrage sur le langage dont le P. Mersenne lui a résu- mé le projet en six propositions. L’auteur de ce livre, après avoir médité sur la diversité des langues naturelles, sur leur équivoci- té, se donne pour fin de constituer une langue universelle, une sorte d’espéranto avant la lettre. Il s’agira d’édifier un lexique épuré de toute ambiguïté, une grammaire sans exceptions et 2 Cf. dans la même collection : F. Alquié, Descartes, L’homme et l’œuvre, Éd. du site PhiloSophie. 3 Le présent livre renvoie aux deux éditions les plus accessibles : 1. Descartes, Œuvres et Lettres, par A. Bridoux, Éd. Gallimard, Biblio- thèque de la Pléiade, 1953, cité PL ; 2. Descartes, Œuvres philosophiques, 3 vol. publiés par F. Alquié, Éd. Garnier, 1963-1973, cités FA I, II et III ; on trouvera une bibliographie des éditions de la correspondance de Des- cartes dans FA I, pp. 9-13. – 6 – même une écriture nouvelle. Non sans railler, Descartes récuse non pas le projet mais la démarche annoncée, non l’intention mais la méthode. L’auteur visé ici cherche à inventer une langue à partir d’unités univoques qui seraient les mots. Or il n’y a pas de mots universels et il ne peut y en avoir puisque les mots sont solidaires les uns des autres, sont relatifs à un usage et ne ces- sent d’évoluer. Descartes saisit l’occasion pour affirmer qu’il n’existe pas de vocables universels. Ce qu’il faut absolument chercher, en revanche, pour être sûr de commencer par le commencement, ce sont les idées universelles. Vers la fin de la lettre, délaissant la réfutation de cette ré- forme du langage, Descartes redit ses convictions fondamen- tales. En quelques lignes, les principes de sa philosophie s’assemblent rigoureusement. Pour bâtir une langue où toutes les expressions seraient « bien formées » (comme disent les lo- giciens), il faudrait que chaque mot ne signifie qu’une idée. La constitution d’un lexique, ensemble des mots de la langue, pré- suppose donc l’établissement de la liste de toutes les idées pos- sibles. Or ce dénombrement est impossible. Première affirma- tion cartésienne : le savoir n’a pas la forme d’une collection, la science n’est ni catalogue, ni encyclopédie d’opinions juxtapo- sées. La science est d’abord saisie d’un ordre de succession, d’inférence. Qui dit ordre, dit commencement. Dénombrer les idées est analogue à compter les nombres de l’unité à l’infini. Si les idées s’ordonnent comme les nombres sont régis par l’ordre arithmétique, alors il faut et il suffit de remonter par l’analyse, jusqu’aux idées premières pour pouvoir à partir d’elles parcou- rir les idées qui en découlent selon leur enchaînement. Si l’ensemble des idées obéit comme tout ensemble à une loi de composition, il est indispensable de saisir les idées primitives, celles à partir desquelles les autres sont composées. Car l’ordre va du simple au complexe, des principes aux conséquences. « L’invention de cette langue dépend de la vraie philoso- phie » : faute de cette vraie philosophie, faute de la méthode, la réforme des langues ne peut qu’échouer. Le chemin de la science consiste à décomposer le complexe jusqu’en ses élé- ments simples (analyse) afin de s’assurer d’un ordre entre les – 7 – pensées, entre les propositions, et de pouvoir ainsi, grâce à cet ordre vérifié, réassembler les éléments pour rebâtir uploads/Geographie/ descartes-lettres.pdf

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