Démocraties fragilisées et expériences totalitaires dans l'Europe de l'entre-de
Démocraties fragilisées et expériences totalitaires dans l'Europe de l'entre-deux- guerres. La Première Guerre Mondiale a permis la révolution bolchevique et le communisme soviétique stalinien s'établit en URSS dans l’entre-deux-guerres. Après la paix de Versailles (1919) puis la Grande Dépression (1929), le régime nazi s'impose et noue des alliances. L'expérience politique française du Front Populaire se déroule dans ce contexte marqué par une montée des périls. Cf. p.47 A/ Le communisme soviétique stalinien Qu’est-ce qui caractérise le communisme stalinien ? Cours p. 52 Dossier p. 50-51 : analyse de doc, entraînement à la rédaction a) La dictature de Staline Surnommé « l’homme d’acier », Joseph Staline (1879-1953) participe à la révolution d’octobre 1917, qui porte les bolcheviks au pouvoir en Russie, et à la guerre civile (1918-21) durant laquelle Lénine instaure le communisme de guerre et la dictature du parti. Il est nommé secrétaire général du PCUS (parti communiste de l’union soviétique) à la création de l’URSS. Grâce à ce poste, Staline s’impose comme le successeur de Lénine après la mort de celui-ci en 1924. Il écarte ses rivaux, notamment Trotski (exclu du parti en 1927 et exilé en 1929) et gouverne l’URSS en dictateur. Alors que Trotski voulait faire la révolution mondiale, Staline veut faire de l’URSS un modèle en parachevant « le socialisme dans un seul pays ». La propagande glorifie Staline. Le dictateur est pratiquement vénéré comme un dieu : c’est le culte de la personnalité. b) Un régime totalitaire Le régime stalinien cherche à contrôler l’ensemble de la société : c’est donc un régime totalitaire. Le PCUS est parti unique. On ne peut donc élire que les candidats du régime (loyaux à Staline). La nomenklatura (classe minoritaire contrôlant le régime) jouit de nombreux avantages en nature (maison, voiture, bonne nourriture, etc.). L’embrigadement de la société se fait dès le plus jeune âge. L’éducation est évidemment étroitement contrôlée et véhicule la « vérité » du régime. Les enfants sont endoctrinés à l’école, enrôlés ensuite dans les Pionniers et le Komsomol (organisations de jeunesse communistes). Les jeunes passent ensuite par l’armée. Les syndicats contrôlent les travailleurs. Les individus ne sont laissés libres à aucun moment de leur vie. La propagande est omniprésente : affiches, radio, journaux (Pravda, qui veut dire « vérité »), etc. Elle contrôle les médias et les arts (peinture, cinéma, musique, sculpture, architecture, etc.). La censure élimine tout ce qui ne plaît pas à Staline. La propagande Page 1 sur 6 montre aussi des exemples à suivre (évidemment truqués) comme Stakhanov (mineur qui pulvérise les objectifs du plan) ou Morozov (bon petit communiste qui dénonce sa famille). De grandes parades sportives et défilés militaires sont organisés chaque année pour montrer la grandeur du régime. Le régime veut instaurer le communisme et faire un homme nouveau, un homo sovieticus. L’URSS ne s’embarrasse d’aucun scrupule moral ou religieux car le régime communiste est athée et la liberté de culte n’y existe pas. c) L’étatisation de l’économie Pour instaurer le communisme (un état égalitaire, sans classe sociale ni propriété) Staline lance le Grand Tournant en 1929. Pour cela l’Etat dirige et planifie l’économie, il vise à moderniser l’industrie et l’agriculture avec des objectifs sur 5 ans, les plans quinquennaux. « L’industrialisation à marche forcée » permet de faire de l’URSS une grande puissance industrielle mondiale. Il s’agit de développer la classe ouvrière sur laquelle s’appuie l’idéologie communiste et de montrer que le communisme c’est le progrès. La priorité donnée à l'industrie lourde aux dépens des biens de consommation donne des résultats spectaculaires de production (même si la qualité est souvent médiocre) au détriment des conditions de vie des Soviétiques. Dans les campagnes on applique la collectivisation des terres, c’est-à-dire la mise en commun des terres dans des fermes collectives dirigées par des soviets (les kolkhozes) ou dans des fermes d’Etat dans lesquelles les paysans sont employés (les sovkhozes). La mécanisation des campagnes (grâce à l’industrie) permet une augmentation des rendements. Mais cette collectivisation ne se fait pas sans mal ni résistances. Elle entraîne une forte désorganisation et des pénuries importantes. Entre 1931 et 1933 la famine (notamment en Ukraine) fait 6 millions de morts. d) La terreur stalinienne Pour collectiviser les terres le régime s’en prend aux koulaks (les paysans aisés). La « dékoulakisation » fait 5 millions de victimes durant le premier plan quinquennal. Staline règne en effet par la terreur : les opposants sont arrêtés par la police politique (le NKVD depuis 1934, anciennement la Guépéou et la Tcheka sous Lénine). Certains sont exécutés, d’autres déportés (les plus fragiles meurent en route, en particulier les personnes âgées et les petits enfants), ou envoyés au Goulag (camps de concentration en Sibérie). Staline assoit donc son pouvoir par la terreur de masse en prétendant éliminer les « ennemis du socialisme ». En réalité le régime trouve toujours de nouveaux boucs- émissaires (les tsaristes, les bourgeois, les koulaks, les prêtres, les trotskistes, les mauvais communistes, etc.) personne n’est à l’abri. L’Etat et son administration ne reconnaissent jamais leurs torts, ils accusent ceux qu’ils désignent comme leurs ennemis de sabotages imaginaires pour se disculper de leur mauvaise gestion. En 1936-38 lors des Procès de Moscou les anciens compagnons de Lénine doivent s’accuser publiquement de trahison et sont éliminés. Les photos d’archive sont retouchées pour les faire disparaître et les livres d’Histoire réécrits. En 1937-38 c’est la Grande Terreur : 750 000 tués, 800 000 déportés au Goulag. CCL : Page 2 sur 6 Le communisme soviétique stalinien est un régime totalitaire qui se caractérise par la dictature de Staline, la terreur, la propagande et l’embrigadement de la société, au service d’une idéologie communiste qui impose l’Étatisation de l’économie. Ce régime a fait de l’URSS une grande puissance au détriment de la liberté et de la qualité de vie des peuples qui y vivaient, il était très brutal et a fait des millions de victimes. B/ La montée du nazisme Comment le nazisme parvient-il à s’imposer en Allemagne et en Europe ? • Cours p.56 a) Un contexte de crise L’Allemagne, écrasée par le coût de la défaite, connait des difficultés économiques et sociales en sortant de la Grande Guerre. Hitler, vétéran aigri de la Première Guerre Mondiale, fonde le parti nazi (NSDAP) en 1920. Voulant imiter Mussolini (chef du parti fasciste en Italie, qui s’est emparé du pouvoir en 1922), Hitler tente le « putsch de la brasserie » en 1923 , coup d’Etat raté à Munich qui l’envoie en prison. Il y écrit Mein kampf, livre dans lequel il expose toutes ses idées. NSDAP : parti national-socialiste des travailleurs allemands = parti nazi Fascisme : doctrine d’extrême-droite, anticommuniste et nationaliste, pour la dictature et la toute- puissance de l’Etat Le krach boursier de Wall Street le 24 octobre 1929 entraîne une crise économique mondiale. Durant la Grande Dépression (1929-1939) l’Allemagne connait de grosses difficultés économiques et sociales. Le mécontentement populaire conduit à une montée des extrêmes en politique. Des dictatures s’implantent partout en Europe. Après une campagne d’intimidation Hitler est nommé chancelier le 30 janvier 1933. Le 27 février 1933 il accuse les communistes de l’incendie du Reichstag (Parlement). Le 23 mars 1933 Hitler obtient les pleins pouvoirs. b) L’idéologie nazie et ses pratiques totalitaires • Dossier p.55 b.1 Un régime raciste et antisémite Le nazisme est une doctrine profondément raciste. Pour Hitler, les Allemands sont de « race aryenne », une « race des seigneurs » destinée à régner sur les autres races « inférieures ». Il considère comme des sous-hommes les personnes de couleur, les Polonais, les Soviétiques, les Tziganes, etc. Mais ceux qu’Hitler déteste par-dessus tout, ce sont les Juifs. Le régime nazi est donc antisémite et persécute les Juifs. Dès 1933, les nazis organisent le boycott des magasins juifs et encouragent la discrimination. En 1935 les lois de Nuremberg définissent les Juifs comme des étrangers et leur retirent leurs droits civiques. De nombreux métiers sont interdits aux juifs. Le but du régime est alors de les chasser d’Allemagne. Le 9 novembre 1938, a lieu la nuit de Cristal, un pogrom (émeute violente contre les Juifs) organisé par l’Etat. Les biens des Juifs sont « aryanisés » c’est-à-dire confisqués par le régime ; ceux-ci n’ont plus rien pour vivre. Puis une ségrégation est mise Page 3 sur 6 en place : les Juifs doivent porter une étoile jaune et ne peuvent pas fréquenter les lieux publics. Pendant la guerre, les Juifs sont concentrés, enfermés, puis ils sont exterminés. Mais le racisme nazi va plus loin, il pratique l’eugénisme (méthodes visant à améliorer le patrimoine génétique humain) : 400 000 personnes sont stérilisées de force. Il veut « purifier » la race aryenne. Durant la guerre, le programme Aktion T4 tue environ 80 000 malades souffrant de handicaps divers. Les nazis persécutent également les homosexuels. Le nazisme cherche à forger un homme nouveau, un seigneur aryen au sang « pur » qui dominerait les races « inférieures » et exterminerait les races « nuisibles ». b.2 Un régime totalitaire qui embrigade la population Pour réaliser son projet idéologique, uploads/Histoire/ cours-democraties-et-totalitarisme-te.pdf
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- Publié le Dec 13, 2022
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