2 Histoire des faits et des idées économiques Fabrice MAZEROLLE Notes de cours
2 Histoire des faits et des idées économiques Fabrice MAZEROLLE Notes de cours Dernière mise à jour le jeudi 7 février 2008 1ère année de Licence - Marseille 3 Résumé du cours Ce cours traite des faits et des idées économiques sur une échelle de temps qui va de la « révolution néolithique » à la « révolution de l’information », en passant par la révolution industrielle. Les principales idées économiques sont présentées (souvent de façon schématique) en relation avec les grands courants et, au sein de chaque courant, rattachées autant que possible à des auteurs. On étudie ainsi les idées économiques dans l’antiquité et au Moyen-âge à travers PLATON, ARISTOTE et d’AQUIN, puis à la Renaissance avec les mercantilistes, les physiocrates et les précurseurs de l’économie politique classique, en parallèle avec l’évolution des faits économiques ayant précédé la Révolution industrielle. L’économie politique classique est ensuite abordée après un chapitre consacré à la Révolution industrielle, à travers les auteurs fondateurs de l’analyse économique moderne : Adam SMITH, David RICARDO et MALTHUS en particulier. La naissance de l’école néo-classique et les courants socialistes sont également étudiés avant d’aborder la crise de 1929 et l’analyse keynésienne. Les grands courants de l’analyse macroéconomique de la fin du 20ème siècle sont enfin brièvement présentés conjointement au cadrage sommaire de l’évolution économique des grandes puissances et celle de la mondialisation à l’aube du 21ème siècle. Toute remarque relative à ce contenu est la bienvenue : fabrice@mazerolle.fr . La totalité des images utilisées dans ces notes de cours, quand celles-ci n’ont pas été créées par l’auteur, provient du fonds « Wikipedia Commons » et est donc libre de droits, généralement parce que les copyrights ont expiré. Ce cours n’a qu’une vocation strictement pédagogique. 4 Remerciements Je remercie les étudiants qui ont suivi ce cours depuis 2002. Grâce à leurs questions et à leurs remarques, j’ai pu améliorer ce document et en retirer progressivement les âneries les plus criardes. Il en reste sans doute encore trop, du seul fait de mon ignorance. D’ailleurs, ainsi que le dit très justement le proverbe « Bien des élèves sont supérieurs à leurs maîtres ». Je remercie également Laurent DOMBRET , Myriam FIALA, Simeon KOFFI, Pierre PERROT et Paul SANTUCCI pour des nombreuses corrections de coquilles et des échanges intellectuels stimulants. Enfin, je remercie André CABANNES pour sa relecture d’une des premières versions de ce cours. 5 Sommaire Première partie : L’ère préindustrielle Chapitre 1 : Du néolithique à la révolution industrielle Chapitre 2 : Les idées économiques dans l’antiquité et au moyen-âge Chapitre 3 : La période mercantiliste Chapitre 4 : Les physiocrates Deuxième partie : La révolution industrielle Chapitre 5 : La révolution industrielle Chapitre 6 : Les économistes classiques Chapitre 7 : Les économistes socialistes Chapitre 8 : Les néo-classiques Troisième partie : La crise du capitalisme Chapitre 9 : De la Belle époque à la crise de 1929 Chapitre 10 : La pensée économique dans l’entre-deux guerres Quatrième partie : De l’Etat providence à la mondialisation Chapitre 11 : L’évolution économique depuis 1945 Chapitre 12 : Les théories macroéconomiques contemporaines Bibliographie 6 Première partie L’ère préindustrielle 7 Chapitre 1 Du néolithique à la révolution industrielle « Necessity is the mother of invention » (Richard FRANCK, Northern Memoirs, 1694), en exergue de l’ouvrage de Julian L. SIMON, The Ultimate Resource (Princeton University Press, 1996) 0 - Introduction 1 - La révolution néolithique 2 - L'antiquité : les civilisations de l'écriture et de la monnaie A - La Mésopotamie, héritière de la révolution néolithique B - Phéniciens, Carthaginois et Grecs 1) Les Phéniciens 2) Les Carthaginois 3) Les Grecs C – L’Egypte ou les débuts de la planification centrale D - L'empire romain, une économie basée sur les conquêtes 1) La liberté économique 2) L'interventionnisme étatique E - Les inventions du néolithique à la fin des civilisations antiques 3 - Le moyen-âge A - L'économie domaniale : du déclin de l'empire romain au Xème siècle B - L'économie féodale : du Xème siècle à la Renaissance 1) L'amélioration de la productivité agricole 2) Les progrès de l'artisanat et de la petite industrie 3) Le développement des villes 4) L'essor des échanges locaux et internationaux 5) Les premières spécialisations internationales 6) La ligue hanséatique 7) L'insuffisance chronique de numéraire 8) Le développement de la fonction bancaire 9) Les croisades et la Peste Noire a) Les croisades b) La peste noire C - Le monde musulman 4 - La Renaissance 5 - La révolution industrielle et le début des temps modernes 8 0 - Introduction L’échelle de temps dans ce chapitre surprendra plus d’un lecteur, puisqu’en une vingtaine de pages il lui faudra survoler plus de 10 000 ans d’histoire économique, alors que le reste du cours, si l’on excepte les chapitres 2 à 4 qui traitent des idées économiques associées à cette longue période, représentent environ 250 ans d’histoire, mais une masse de faits et d’idées bien plus impressionnants. L’étonnement passé, on conviendra cependant qu’il s’agit là d’une conséquence directe du caractère exponentiel de l’évolution humaine et, plus précisément dans notre cas, de l’histoire des faits et des idées économiques. C’est en tout cas dans les douze siècles que nous allons parcourir que, en dehors du feu, sont nées les inventions sans lesquelles l’humanité n’aurait jamais pu atteindre le niveau de développement et de bien-être sans précédent qu’elle connaît aujourd’hui : techniques agricoles, écriture, monnaie, infrastructures urbaines, codes de la propriété privée et des contrats, …. Et même machine à vapeur rudimentaire aux environs du premier siècle de notre ère (HERON d’Alexandrie). La place consacrée à chaque période, qu’il s’agisse du néolithique ou des civilisations antiques, n’est absolument pas proportionnelle ni à leur durée chronologique, ni même à leur importance. Là où il était possible de résumer les faits essentiels en quelques paragraphes, cela a été fait, même quand cela concernait plusieurs siècles. Ailleurs, il fallait plusieurs pages pour simplement décrire des évolutions qui se sont produites en quelques décennies. Le schéma ci-après tente de recadrer grossièrement l’échelle de temps qu’il faut avoir présente à l’esprit pour éviter d’oublier que quelques mots décrivent des périodes très longues, alors que des chapitres entiers décrivent longuement des périodes comparativement très courtes. Il permet de voir qu’il y a quelques points de repère majeurs dans l’histoire qui nous intéresse ici. Ce tableau nous servira de trame pour parcourir ce chapitre. Cadrage temporel de l’histoire des faits économiques du néolithique à l’époque actuelle Sources utilisées pour ce tableau : diverses dates et faits récoltés dans Wikipédia. 1 - La révolution néolithique Il y a environ 10 000 à 11 000 ans, s’est produit un changement climatique, un « réchauffement », qui a provoqué le passage du nomadisme à la sédentarisation. Ici, il est impossible d’éviter l’utilisation de termes géologiques complexes : il s’agit du passage du Pléistocène (ère glacière qui a débuté il y a environ 1,8 million d’années et s’est terminée il y a 11 400 ans) à l’holocène, ère de réchauffement qui dure maintenant depuis presque onze mille ans. Il est possible que la révolution industrielle entamée il y a deux siècles et qui s’est accélérée dans la deuxième moitié du 20ème siècle, ait achevé l’holocène en provoquant un réchauffement climatique « artificiel » dont nous vivons aujourd’hui les conséquences : fonte glacières des pôles et augmentation corrélative du niveau des mers, cyclones et raz- de marée, désertification accélérée, pénuries d’eau potable, etc. Ce changement climatique coïncide grossièrement avec le Mésolithique (du grec méso = milieu et lithos = pierre), il y a environ 10 000 ans et le Néolithique (du grec néo = nouvelle et lithos = pierre) ou « âge de la pierre polie ». A partir de là, ce sont les outils de pierre, de bronze et de fer qui vont apparaître. D’où les appellations « âge de pierre », « âge de bronze » et « âge de fer ». Dès le Mésolithique, les historiens ont relevé des changements de comportements économiques et sociaux liés au réchauffement climatique postglaciaire. En effet, le réchauffement a entraîné des changements environnementaux : augmentation des surfaces de forêts et raréfaction des grands herbivores migrateurs tels que le renne, ce qui rend la chasse moins facile. Pourtant, ce n’est pas encore le passage à un mode de vie sédentaire. Les groupes humains conservent le mode de vie nomade qui était le leur à la période glacière. Mais le nomadisme se fait sur des zones plus restreintes. On voit apparaître aussi des échanges économiques entre groupes de nomades, ainsi que des mariages entre ces groupes (on parle d’exogamie pour définir, à cette époque, le mariage comme une relation d’échange entre groupes) En Europe et en Afrique, l’emploi de l’arc et de la flèche se généralise et on voit apparaître des morceaux de pierre (silex) à l’extrémité des flèches. Ce sont les premiers outils de pierre. Mais c’est au Néolithique que se produisent les plus profondes mutations techniques et sociales. C’est en effet à cette époque que les groupes humains se dotent d’une économie de uploads/Histoire/ cours030204histoir-fait-economiq.pdf
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- Publié le Jan 05, 2022
- Catégorie History / Histoire
- Langue French
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