NOTE D’INFORMATION 1 I Introduction 2 I Définitions 3 I Quel apport du BIM pour

NOTE D’INFORMATION 1 I Introduction 2 I Définitions 3 I Quel apport du BIM pour les acteurs des infrastructures, et en premier lieu les maîtres d’ouvrages ? 4 | Les étapes dans la préparation d’une commande en BIM 5 | Organisation pratique du process BIM 6 | Les besoins de développement - quels enjeux pour demain dans le domaine des infrastructures de mobilité ? 7 | Bibliographie Annexe Sommaire N° 45 FÉVRIER 2021 Le BIM (Building Information Modelling), cité le plus souvent en matière de construction du bâtiment, concerne de plus en plus la gestion des infrastructures. S’il répond à de nombreux enjeux numériques et technologiques, il impacte tous les acteurs de construction (MOA, MOE, entreprises, sous-traitants, fournisseurs, gestionnaires de données, …) et invite à une nouvelle méthode de travail de tous les intervenants, la préparation d’un ouvrage en BIM nécessitant un travail collaboratif et progressif. Un des principaux apports du BIM pour le maître d’ouvrage est l’optimisation de son projet, de sa phase de conception jusqu’à sa mise en service, puis sa maintenance et son exploitation éventuelle. Son utilisation peut également aider le maître d’ouvrage dans sa communication lors de réunions publiques, et ce quel que soit son projet d’aménagement, par l’apport du numérique dans la présentation de maquettes du projet. À plus long terme, le développement des technologies doit apporter au maître d’ouvrage une meilleure gestion de son patrimoine et une vision du cycle complet de l’ouvrage. Le BIM est donc un enjeu de demain à l’aune du numérique : la commande publique devra l’encadrer dans la définition de ses besoins, le personnel devra monter en compétence (que ce soit chez les donneurs d’ordre, concepteurs et entrepreneurs) et l’appropriation des outils numériques sera essentielle. Le BIM appliqué aux infrastructures : son développement et ses implications pour les acteurs des infrastructures IDRRIM | Note d’information n°45 | Février 2021 2 Institut Des Routes, des Rues et des Infrastructures pour la Mobilité Institut Des Routes, des Rues et des Infrastructures pour la Mobilité En développement depuis maintenant plusieurs années, notamment dans le bâtiment et l'industrie, le BIM commence à montrer tout son intérêt dans le domaine des infrastructures de mobilité, avec de premiers projets phares qui l'intègrent et un intérêt croissant de l'ensemble des acteurs du secteur, public comme privé. Pourtant, au-delà de ce simple intérêt exprimé, une certaine hétérogénéité se ressent dans le degré de compréhension et d'investissement du sujet par les différents types d’acteurs, publics comme privés. De par sa position centrale dans cet écosystème et en application du pacte d'engagement des acteurs des infrastructures de mobilité, l'IDRRIM a souhaité s'emparer de ce sujet afin de permettre une expression commune des enjeux et des attentes liées au développement de cette technologie, dans un objectif de sensibilisation et de partage du sujet. Ce travail doit également permettre une bonne expression de l’ensemble des acteurs afin que les outils soient pleinement adaptés à leurs besoins. Enfin, dans le développement à venir de cette technologie, la capitalisation des projets réalisés sera une condition sine qua non de la démocratisation de ces pratiques. Introduction 1 IDRRIM | Note d’information n°45 | Février 2021 3 Connu sous son acronyme anglais BIM (pour Building Information Modelling/Model/Management), ce terme recouvre plusieurs notions qui illustrent la diversité de ce que cette technologie peut apporter aujourd'hui et pourrait apporter demain. Trois enjeux technologiques peuvent se retrouver derrière ce terme : • L'apport du numérique en démarche de gestion de projet – travail collaboratif et itératif. • L'apport du numérique dans un processus de création, de collecte et d'utilisation des données de projet – gestion et évolution d'une base de données. • L'apport de l'avatar numérique, représentation de l'ouvrage – maquette numérique. Son développement vise plusieurs objectifs, le principal étant la fédération des acteurs d'un projet autour d'un même modèle numérique, dans le but de favoriser les gains de productivité par : • Une meilleure interopérabilité des usages et des logiciels ; • Une réalisation plus rapide et optimisée de l’ouvrage ; • Un renforcement des phases amont du projet, notamment en conception ; • Une réduction du risque d'erreurs liées à la communication entre les acteurs ; • Un accès à une représentation dynamique de l'ouvrage tout au long de sa vie. Dans un contexte de transition numérique de la société qui réinterroge nos pratiques professionnelles, la technologie du BIM apparaît ainsi comme un levier potentiel et important de réduction des coûts d'un projet d’infrastructure, que ce soit dans sa conception ou dans sa gestion. La norme ISO 19 650 publiée en décembre 20181 est la première norme relative au BIM. Elle décrit l’organisation et la numérisation des informations relatives aux bâtiments et ouvrages de génie civil, y compris la modélisation des informations de la construction (BIM). 1 1 Gestion de l'information par la modélisation des informations de la construction : - Partie 1, concepts et principes, - Partie 2, phase de réalisation des actifs. Définitions 2 IDRRIM | Note d’information n°45 | Février 2021 4 Institut Des Routes, des Rues et des Infrastructures pour la Mobilité Institut Des Routes, des Rues et des Infrastructures pour la Mobilité Les premières réalisations de projets d’infrastructures en mode BIM ces dernières années permettent déjà de faire ressortir l’apport de cette technologie dans la conduite et la réalisation de projets d’infrastructures. L’optimisation du projet Un des principaux apports du BIM dans les projets de construction est l’optimisation technique et financière du projet. En effet, la construction du projet dans un format BIM (définition des objets et propriétés le constituant, construction d’une maquette numérique) entraîne un renforcement des phases amont du projet, notamment des phases de conception. De plus, ce format permet une définition beaucoup plus précise des différentes propriétés et fonctionnalités de l’ouvrage à construire, et l’association avec la visualisation par maquette numérique permet de réduire les erreurs d’interface et de détecter de manière anticipée les incohérences et clashs de la maquette. Ces évolutions permises par le BIM entrainent deux conséquences majeures dans la gestion financière et technique du projet, illustrée par la figure 1 ci-dessous : - Une plus grande capacité à impacter sur la maîtrise des coûts du projet ; - Une réduction des coûts associés aux modifications du projet. Figure 1 : Processus de conception d'un projet (Source : Figure inspirée de la courbe de Patrick MacLeamy) Quel apport du BIM pour les acteurs des infrastructures, et en premier lieu les maîtres d'ouvrages 3 IDRRIM | Note d’information n°45 | Février 2021 5 L’ingénierie concourante et la centralisation des informations D’après la norme ISO 19101, l’ingénierie concourante est la « capacité d’un système ou d’une composante d’un système à permettre un partage des informations ainsi qu’un contrôle des processus coopératifs ». L’ingénierie concourante (IC) est donc une logique de conduite de projet qui implique la participation de l’ensemble des acteurs du projet dès la phase de conception et de décision, avec l’objectif de réduire les délais. En permettant une approche intégrée du projet et la centralisation des informations autour d’une base de données unique, le BIM implique donc une nouvelle organisation qui doit permettre d’anticiper l’organisation des différentes phases et d’optimiser la conduite du projet. Le tableau ci-dessous présente les principales différences entre une approche linéaire (dite conventionnelle) et une approche intégrée (en format BIM) de la conduite d’un projet. Tableau 1 : Différence entre approche conventionnelle et approche intégrée (BIM). LES GRANDES DIFFÉRENCES ENTRE LES DEUX APPROCHES Approche linéaire (conventionnelle) Approche intégrée (BIM) Organisation séquentielle, morcelée, saucissonnée Organisation globale, concomitante, simultanée Optimisation du projet à l’échelle de la phase d’avancement Optimisation du projet à l’échelle globale (conception, réalisation, gestion, usage et maintenance) Organisation au fil de l’eau Anticipation Centrée autour d’une notion de phases cloisonnées les unes par rapport aux autres. Les relations avec les responsables en aval de la conception sont informelles et non légitimées. Décloisonnement des phases / Porosité entre les phases. Les responsables en aval de la conception sont intégrées au processus de conception, l’expression de leurs contraintes est légitime. Perte en ligne Optimisation permanente Source : Guide « La méthode PCI « Processus de Conception Intégrée » au service de l’expérimentation BBC pour tous de la métropole rennaise » À partir d’une plateforme collaborative d’échanges, le BIM permet ainsi de visualiser en temps réel le projet et les données associées, et ainsi de réduire les erreurs d’interface entre les différents métiers intervenants sur le chantier. La communication externe Comme indiqué précédemment, la mise en place d’une base de données centralisée et partagée avec l’ensemble des acteurs permet la construction d’une représentation 3D dynamique et en temps réel de l’ouvrage à construire, appelée maquette numérique. Au-delà de son utilisation dans la conduite du projet pour l’identification des « clashs », les premiers retours d’expériences de projets réalisés en BIM montrent l’intérêt de cette maquette numérique dans les opérations de communication menées par le MOA sur son projet, et notamment lors des réunions publiques. IDRRIM | Note d’information n°45 | Février 2021 6 Institut Des Routes, des Rues et des Infrastructures pour la Mobilité uploads/Ingenierie_Lourd/ 8252-idrrim-note-d-information-n-45.pdf

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