BIBLIOTH?QUE D' HUMANISME ET RENAISSANC TRAVAUX ET DOCUMENTS Tome XIV LIBRAIRIE

BIBLIOTH?QUE D' HUMANISME ET RENAISSANC TRAVAUX ET DOCUMENTS Tome XIV LIBRAIRIE E.DROZ GEN?VE 1952 BIBLIOTH?QUE D'HUMANISME ET RENAISSANCE organe d'Humanisme et Renaissance (association r?gie par la loi de juillet 1901) pr?sident : Abel Lefranc Membre de l'Institut comit? de r?daction : A. Chastel, F. Desonay, E. Droz, Michel Fran?ois* J. Frappeer J. Lavaud, R. Marichal, Pierre Mesnard, Ch. Perrat, Y. L. Saulnier, E. Telle, A. Yernet REVUE paraissant trois fois par an, publi?e par la Librairie E. DROZ Tome XIV, n? 2 ? Novembre 1952 Abonnement annuel: 25 francs suisses ou $ S.80 LE PAPYRUS BUTINI I. ? Parmi les papyrus qui ne proviennent pas des d?couvertes faites ? l'?poque moderne dans le sol de l'Egypte et qui, ?paves parvenues jusqu'? nous de d?p?ts d'archives et de biblioth?ques, n'ont jamais cess?, depuis leur origine, d'?tre au jour, il faut compter un fragment de 29 centim?tres de haut sur 38 de large, qui est aujourd'hui conserv? ? la Biblioth?que publique et universitaire de Gen?ve sous la cote ? ms. lat. 75 ?. Avant d'entrer, au plus tard au d?but du dix-huiti?me si?cle, dans cette biblioth?que, ce papyrus ?tait, avec, au bas et ? droite, la mention ?a e , effac?e puis r?crite, en la possession du pasteur Domaine Butini (1642-1728), dont le nom se lit ? l'envers dans la partie inf?rieure du fragment (cf. pl.). Par quelles mains ?tait-il pass? auparavant, depuis les si?cles lointains de la basse Antiquit? ? Charles Perrat1 reconna?tra peut-?tre son signalement chez quelque humaniste. C'est l'un des tr?s nombreux probl?mes de tous ordres qui, sou lev?s par ce papyrus, ont ?t?, pour le moment, laiss?s par moi d?li b?r?ment de c?t?. Parmi ces probl?mes, il y en a qui ne sont pas seulement de commentaire, mais m?me de lecture, et qu'on ne pourra aborder que quand on aura d?mont? l'encadrement actuel constitu? par un sous-verre o? la pi?ce repose sur un carton noir, ce qui emp?che de constater l'?tat du verso ; au surplus, le papyrus para?t quelque peu froiss? ? l'extr?mit? droite des lignes, de telle sorte qu'on pourra sans doute am?liorer, de ce c?t?, les possibilit?s de lecture. Il n'a ?t? possible, pour le moment, que d'enlever le cadre de bois qui entourait le sous-verre, et qui, sur la photographie qu'on trouvera ci-contre, masque encore l'extr?mit? gauche des lignes 2 ? 5. Il convient d'ajouter que le papyrus a ?t? tr?s bien conserv? depuis 1727, date de la premi?re lecture 2 qui en a ?t? publi?e, puisqu'il est possible, encore aujourd'hui, d'y lire, comme on le verra, sur les bords de gauche et de droite, des signes et des restes de signes qui ne sont pas repr?sent?s dans le d?chiffrement du dix-huiti?me si?cle. Un examen sommaire auquel j'ai pu proc?der r?cemment avec l'aide pr?cieuse de MM. Gagnebin et Duckert, conservateur et assis tant, au cours d'un bref s?jour ? Gen?ve, m'a paru justifier et m?me exiger la publication, sans retard, d'une photographie provisoire entour?e de quelques remarques. 1 Les humanistes amateurs de papyrus, dans Bibl. Ec. Chartes, t. CIX (1951), 1-20. Maffei, Istoria diplomatica, Mantoue, 1727, in-4?, p. 168. 284 JEAN MALLON En effet, non seulement le document n'a jamais ?t? reproduit, mais encore il est pratiquement in?dit, car les seules lectures qui en ont ?t? donn?es, et ? des dates d?j? tr?s anciennes, sont entach?es de telles fautes et de telles omissions qu'elles ne permettent de dis cerner ni la qualit? ni l'importance d'un monument qui a ?chapp? ? Marichal dans sa tr?s pr?cieuse liste des papyrus latins dress?e en 1949 1. En sorte que le papyrus Butini, qui n'a jamais ?t? enfoui dans la terre, et qui a ?t? publi? pour la premi?re fois il y a plus de deux cents ans, est bien plus ? nouveau ? que beaucoup de ses pareils publi?s par les papyrologues modernes apr?s avoir ?t? exhum?s tout r?cemment du sol de l'Egypte. II. ? La seconde lecture, qui est la plus r?cente, et a paru ? Rome en 1805 dans les Papiri diplomatici de Marini (n? 72), est la suivante : _tissimus comissam stac... ... iciana massas portionem sibi tam ex uxoris successione... .. successione quesitam a Nasune questi sunt detineri pension... .. quem Claritas tua praesenti auctoritate suffulta conven... ... quam posse competere prestita legitima sponsione_ Marini fait ?tat d'une correction apport?e par le cardinal Garampi ? la premi?re lecture de 1727, qui ?tait de Maffei. Au d?but de la ligne 4, Garampi a bien lu quem claritas tua, d?chiffrant uemclaritas l? o? Maffei avait lu uenduntur. Pour le reste, la lecture de Marini est encore absolument conforme ? celle de Maffei qui voyait, dans le fragment de Gen?ve, le reste d'un ? dipl?me ? en raison de la hauteur des lettres de la premi?re ligne. Le document ?tant adress? ? un ? vir clarissimus ?, Marini croyait y soup?onner une lettre ou un ordre imp?rial a. III. ? A la fin de la premi?re ligne du fragment, ligne entam?e dans sa partie sup?rieure, et qui ?tait ?videmment la premi?re du texte, les ?diteurs ont lu comissam l? o? le papyrus porte comissacri, et, ensuite, stac l? o? le papyrus porte stab suivi des restes d'un V. Il faut donc lire comis sacri stabu[li] (God. theod. XI 17,3 et 18,1) 3. A gauche, l? o? les ?diteurs n'ont lu que ...tissimus, il y a excellentis simus ; ? gauche encore, bien que la couche superficielle du papyrus ait disparu par endroits, et notamment au pied des lettres, on lit uir, et, 1 Marichal, Pal?ographie pr?caroline et papyrologie, II, U?criture latine du Ier au VIIe si?cle: Les sources dans Scriptorium, IV 1, pp. 116-142. 2 Marini, I Papiri diplomatici, Rome, 1805, in-foL, p. 108 (n? 72) et p. 245. 3 AD 401 : ? uiris clarissimis comitibus stabuli ? (17,3) ; AD 409 : ? non uiros spectabiles comit?s archiatrorum non comit?s stabuli ? (18,1). Sur ce * comes ?, cfr. pw, Real Ene. IV 677 ; Diehl. Inscr. lat. christ, uet. 71 b. LE PAPYRUS BUTINI 285 ? gauche de uir, ...minus, de telle sorte que la premi?re ligne du fragment porte : ...] dominus vir excellentissimus comis sacri stabufli... L'acte ?mane, non pas d'un empereur, comme on l'a pens?, mais d'un ? uir excellentissimus ? qui ?tait ? cornes stabuli ?. IV. ? Les lignes 2 ? 5 sont d'une autre calligraphie, et moins haute, que celle de la ligne 1. A droite et ? gauche, il sera possible d'ajouter quelques signes ? la lecture de Marini lorsque le sous-verre sera d?mont? et qu'on pourra mettre en place, notamment, les restes finaux des lignes 4 et 5. Indiquons* provisoirement, qu'au d?but de la ligne 2, le papyrus porte bien le premier I de iciana qui est cach?, sur la photographie, par le cadre de bois ; ? la fin de la m?me ligne, les ?diteurs n'ont pas vu les restes d'un Q qui para?t devoir ?tre suppl?? q[uam], continuant tam ex uxoris successione q[uam]. Au d?but de la ligne 3, le cadre de bois masque sur la photographie le d?part du C de cessione, qui ne laisse aucun doute sur le fait qu'il ?tait pr?c?d?, en ligature, d'un autre C comme dans successione ? la ligne pr?c?dente ; l? o? les ?diteurs ont lu nasune, je lis nasane, avec un trait vertical ondul? dans l'interligne au-dessus du second A. A la ligne 4, le fragment porte, au d?but, la fin d'un trait presque* horizontal qui ne para?t pouvoir ?tre que l'extr?mit? finale d'un E du type de VE de nasane, et qui terminait le mot pr?c?dant quem claritas tua. Au d?but de la ligne 5, les ?diteurs n'ont pas vu le groupe ic qui pr?c?de quam et qui invite ? suppl?er [qu]icquam. Aux fins des lignes 4 et 5, ils n'ont rien signal? pour les signes qu'on pourra sans doute bien grouper apr?s d?montage du sous-verre. V. ? Enfin, ils ont compl?tement escamot? tout ce qui se voit au-dessous de la ligne 5 et qui constitue des restes de la vali dation de l'acte. A quelque quatre centim?tres au-dessous du groupe quam de la ligne 5, on Jit, sur deux lignes montantes, d'une ?criture qui n'est plus calligraphique, mais qui est tr?s probablement encore de la main du scribe des lignes 2 ? 5 comme de la ligne 1, l'indication bene ?? uale, au singulier, comme le requiert le destinataire unique de l'acte (claritas tua, 1. 4). A gauche, tout contre la d?chirure du fragment, on voit les restes d'une lettre qui ne peut ?tre qu'un G et mesure un peu plus de sept centim?tres, dans une calligraphie tr?s diff?rente de celle des lignes 2 ? 5 comme de celle de la ligne 1. Cette lettre ne peut ?tre que la derni?re du groupe [si]g, s?par? de son compl?ment [num talis] qui se trouvait au m?me niveau que [si]g sur la partie du papyrus perdue ? droite. Dans le blanc m?nag? apr?s [si]g, ? dix-neuf centim?tres du G, et ? mi-hauteur de ce signe, uploads/Litterature/ bibliotheque-d-x27-humanisme-et-renaissance-tome-xiv-no-2-1952-pdf.pdf

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