La littérature française : dynamique et histoire XVIe siècle PREMIERE PARTIE :

La littérature française : dynamique et histoire XVIe siècle PREMIERE PARTIE : La Renaissance à reculons (Frank Lestringant) Chapitre I : Une rupture sans retour : motif de l'Ignorance chassée de Rosso. De Marot à Rabelais : naissance de l'humanisme et de l'évangélisme, inspiration de St Paul pour définir le bon Prince (caritas), Erasme et Luther, Calvin. François Ier est vanté comme étant un bon roi mais c'est surtout une image (importance de la guerre). Querelle des anciens et des modernes déjà prégnante : image des nains chaussés sur les épaules de géants. Louange du présent chez Rabelais. (Bernard de Chartres) Guillaume Budé : De transitu Hellinismi ad Christianum : essaye un dépassement de la querelle en montrant que la sagesse païenne appellait le christianisme, méthode de l'allégorèse. C'est un idéal menacé : le sentiment de rupture l'emporte sur celui de la continuité. Le deuil de l'antiquité : c'est bien la Renaissance qui le signe et non le Moyen Age. Il y a une conscience renouvelée de la rupture avec l'Antiquité, d'un changement de paradigme. Rome est au centre des motifs littéraires : ses ruines sont le symbole de la rupture avec l'antiquité. Chez Du Bellay, ce motif est traité avec un relatif amusement, car cette rupture est aussi le symbole d'une translatio imperii et studii de l'Italie vers la France. Deux figures cohabitent selon Garin : le sculpteur (qui tente de reproduire les modèles antiques) et le maçon (qui façonne à partir des matériaux antiques pour faire du nouveau). Chapitre II : La voix et le livre Influence de l'Allemagne en matière religieuse notamment et de l'Italie pour ce qui est des arts (guerres d'Italie, Charles VIII, Louis XII, puis François Ier et Henri II (son fils)). Affirmation de la langue française en même temps que redécouverte des classiques antiques. Importance des langues pour les écrits des savants (en médecine notamment, le grec) et de l'hébreu pour l'Ecriture sainte. D'où la liaison entre les humanistes et les évangélistes car même objectifs : faire découvrir aux fidèles le texte sacré en permettant son accessibilité. Contre la Faculté de Théologie. 1539 : L'édit de Villiers-Cotterêts impose le français dans tous les actes juridiques et administratifs à la place du latin. Mesure politique qui permet renforcement du pv royal dans les provinces. Et séparation nette entre le domaine religieux et le domaine laïque. L'imprimé et le manuscrit : explosion du nombre de livre. Tradition de l'offrande au Prince. Tension entre la voix, l'oralité de la littérature en lien avec la versification qui juste là primait et l'écrit, renforcé par la diffusion de l'imprimerie. La poésie de la Renaissance de Mellin de Saint-Gelais à Maurice Scève et Louise Labé se fonde encore sur la sonorité en développant l'image du luth comme lien avec la musique. Jeu sur l'anthropomorphisme, surtout féminin, de l'instrument. Dans le développement de la musique, les instru à vent sont vus comme populaire (image de l'Apollon citharède qui écorche le satyre Marsyas pour l'avoir défié au concours avec sa flûte). Avec la Pléiade l'accord entre la musique et le texte (la chanson était un des genres que Marot avait su perfectionner) se rompt. Du Bellay dans la Deffence et Illustration : les seuls genres lyriques étaient l'ode et le sonnet mais ils étaient désormais autosuffisants. Des anciens poètes comme Rabelais ou Ronsard, seul Marot a réellement persisté à travers le XVIe. Très grande simplicité, poursuit la tradition du lyrisme médiéval et de François Villon, grande intimité. Précurseur du classicisme (perpétué par Malherbe, d'Aubigné, admiré par Voltaire et La Fontaine). Poésie très populaire car proche de l'oralité, très simple et donc quasi intemporelle. Echappe à l'éphémérité de la mode. Chapitre III : L'émergence d'une nouvelle subjectivité. Affirmation d'une conscience juridique de l'écrivain avec l'affaire La Vigne. Et cela influence aussi la manière de conceptualiser ce qu'est une « oeuvre ». Importance du lien avec la religion : foi dans le langage. Surtout lien entre Evangélisme puis Réforme et Humanisme. Exemple : Marguerite de Navarre : poésie en lien avec son inquiétude religieuse : spirituelle, abondante et ascétique et son théâtre : biblique ou moral. Importance du vers pour rythmer la prière, le lyrisme est au service du spirituel. Deux grands recueils : un lyrique, l'autre rhétorique : fusion du style public et du style intime. Primat de la foi. « sola fide » luthérienne. Dialectique du Tout et du Rien : qui se traduit au plan poétique par l'oxymore et l'anthithèse. L'âme s'exalte jusqu'à se perdre dans la totalité de Dieu. Technique de la contrafactum : substituer à des chansons profanes des chansons pieuses. Importance des 50 Psaumes de David, de Marot et Calvin. Modèle de compréhension du cheminement individuel du croyant. DEUXIEME PARTIE : La courte Renaissance française Le bain de Diane de François Clouet : peinture allégorique résistante à l'interprétation univoque, transposable à plusieurs situations politiques (comme par exemple Catherine de Médicis à gauche (voile noir), Diane et Marie Stuart jeune épouse de François II.) Mais bon exemple de l'usage de la mythologie dans l'art et la littérature à la Renaissance : elle suppose un usage ouvert, non réductible à une circonstance isolée et unique. C'est une clé à plusieurs serrures. Ainsi telle élégie ou telle ode de Ronsard peut servir plusieurs dédicataires. L’œuvre transcende la diversité des circonstances et des sujets historiques, en offrant une forme durable, impérissable. « Plus dur que l'arain » disait Horace au sujet de ses propres vers. – La mythologie est le langage symbolique privilégié de la Renaissance (pose question de l'interprétation et du lien entre poésie et vérité). – L'esthétique picturale dominante est l'application littérale de l'adage d'Horace ut pictura poesis : question de l'ekphrasis. – Rapports potentiellement ambigus entre le paganisme ressuscité et le christianisme. – La culture humaniste serait-elle une culture du passé ? Comment mêler les nouveaux horizons dans l'orbe complet et suffisant de la terre des Anciens : herméneutique du Nouveau Monde. Chapitre I : Un langage mythologique Renouveau du paganisme lié au renouveau poétique de la Renaissance. Etienne Jodelle : première tragédie française à l'antique La Cléopâtre captive. Affaire de la fête d'Arcueil : Ronsard et ses potes (la future Pléiade) apporte un bouc pour récompenser Jodelle. Dimension parodique de leur érudition classique : illustre le lien double entre l'humanisme et l'Antiquité : respect idolâtrique et franche désinvolture. Ronsard a été taxé d'athée par certains protestants. Alors que le poète chrétien mène justement le mythe à son exégèse typologique : derrière Hercule, le Christ. Héritage de la doctrine du voilement : ambigu : le poète doit dévoiler la vérité tout en conservant ce voile qui est aussi apparat. La Fable, située dans le domaine profane, est disponible comme outillage, auquel on attribue une portée eschatalogique. Pour Ronsard : dans l'Abrégé de l'art poétique françois : la poésie est « théologie allégorique. » Même rôle que les mythes selon Levi Strauss : l'interprétation allégorique a pour fonction d'actualiser les mythes dans un savoir contemporain. Conciliation entre le muthos et le logos. C'est la prolifération de ces interprétations de la Fable qui a alimenté la création poétique de la Renaissance. Ronsard dans ses Hymnes veut également recréer cette forme impérissable et ouverte d'un point de vue herméneutique : Homère français. Combinaison de plusieurs traditions : antique (avec Hymnes homériques (louange aux dieux), hymnes alexandrins ou byzantins ; chrétienne (une hymne) : chant de louange à Dieu, selon St Augustin. Ronsard choisit l'hymne épique avec rimes plates et louange à Dieu. Hymnes encomiastiques / philosophiques et mythologiques, épicéniens (petites épopées). Hymne de la philosophie : éloge lyrique du savoir, parcours du champs immense de la connaissance humaine et poésie élitiste. « La vocation de l'hymne au sublime doit s'entendre aussi en cette acception sociologique : c'est une parole du plus haut étage, une parole placée en position dominante, qui prend de la distance par rapport aux affaires humaines et les considère d'en haut. » (sub specie aeternitatis). Principe de l'allégorèse poétique, recommandé par Erasme : chaque texte peut faire l'objet d'une interprétation tant qu'elle est de bonne foi. La conception sacrale de la poésie : Ronsard recommande que la poésie adopte un langage qui ne soit pas le même que le commun des mortels. Contradictions dans les Odes : rôle du mythe : voiler ou démasquer pédagogiquement la vérité ? Hésite aussi entre une conception sacrale ou sacerdotale de la poésie et une conception plus ludique ; Image de l'enthousiasme poétique proche de la folie, conception de l'inspiration héritée de Platon et transité par Marsile Ficin : la fureur poétique . Mont-Dieu se foutra de sa gueule en disant qu'il ressemble à une tempête qui rend chauve la forêt. Et Ronsard de reprendre l'image en y voyant rien de dépréciatif au contraire ! Puis il modérera ce concept de fureur, en le remettant du côté nécessairement ludique. « Poésie est un pré » dit-il dans un poème de l'édition posthume de ses Oeuvres. Pour Ficin, les 4 fureurs du Phèdre de Platon (prophétique, mystique, poétique et érotique) étaient les 4 uploads/Litterature/ fiche-histoire-litteraire.pdf

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