UNIVERSITÉ LINGUISTIQUE D'ÉTAT V. BRIOUSSOV D'EREVAN CHAIRE DE LANGUE FRANÇAISE

UNIVERSITÉ LINGUISTIQUE D'ÉTAT V. BRIOUSSOV D'EREVAN CHAIRE DE LANGUE FRANÇAISE ARAM BARLÉZIZIAN Précis de lexicologie du français moderne EREVAN – 2009 ºðºì²ÜÆ ì. ´ðÚàôêàìÆ ²Üì.²Ü Ⱥ¼ì²´²Ü²Î²Ü вزÈê²ð²Ü üð²ÜêºðºÜÆ ²Ø´ÆàÜ ²ð²Ø ´²ðȺ¼Æ¼Ú²Ü ²ñ¹Ç ýñ³Ýë»ñ»ÝÇ µ³é³·ÇïáõÃÛ³Ý Ó»éݳñÏ ºðºì²Ü 2009 1 Ce Précis de lexicologie est destiné aux étudiants qui se spécialisent dans la langue française. Il est conforme au programme en vigueur à l'Université linguistique d'État V. Brioussov d'Erévan. L'auteur tient à exprimer sa reconnaissance aux docteurs ès lettres M. Ghazarian et K. Grigorian de leur appréciation favorable. ´³é³·ÇïáõÃÛ³Ý ëáõÛÝ Ó»éݳñÏÁ ݳ˳ï»ëí³Í ¿ ýñ³Ýë»ñ»ÝÇ Ù³ëݳ·Çï³Ï³Ý µ³ÅÇÝÝ»ñÇ áõë³ÝáÕÝ»ñÇ Ñ³Ù³ñ: ²ÛÝ Ñ³Ù³ÑáõÝã ¿ ºñ¨³ÝÇ ì. ´ñÛáõëáíÇ ³Ýí³Ý å»ï³Ï³Ý É»½í³µ³Ý³Ï³Ý ѳٳÉë³ñ³ÝáõÙ ·áñÍáÕ áõëáõÙÝ³Ï³Ý Íñ³·ñÇÝ: лÕÇݳÏÝ Çñ ßÝáñѳϳÉáõÃÛáõÝÝ ¿ ѳÛïÝáõÙ µ³Ý³ëÇñ³-Ï³Ý ·ÇïáõÃÛáõÝÝ»ñÇ Ã»ÏݳÍáõÝ»ñ Ø. Ô³½³ñÛ³ÝÇÝ ¨ Î. ¶ñÇ·áñÛ³ÝÇÝ ¹ñ³Ï³Ý ·Ý³Ñ³ï³Ï³ÝÇ Ñ³Ù³ñ : 2 Table des matières 1. Objet d'étude de la lexicologie ……………………………... 5 2. Le lien de la lexicologie avec les autres branches de la linguistique …………………………………………………. 6 3. Le mot et ses sens …………………………………………... 8 4. La motivation des mots …………………………………….. 10 5. La polysémie et la monosémie des mots …………………… 15 6. La restriction et l'extension du sens des mots ………………. 17 7. L'amélioration et la péjoration du sens des mots …………… 19 8. Tabou et euphémismes ……………………………………... 20 9. La métaphore ……………………………………………….. 22 10. La métonymie ………………………………………………. 24 11. Formation des mots ………………………………………… 26 12. Formation synthétique ……………………………………… 27 a) affixation (préfixation, suffixation, dérivation parasynthétique) b) dérivation régressive c) abréviation d) composition Formation sémantique ………………………………….…... 38 a) conversion b) grammaticalisation c) homonymes sémantiques Formation analytique ……………………………………….. 41 Onomatopées ……………………………………………….. 42 13. La synonymie. Les synonymes …………………………….. 43 14. Les sources de la synonymie ……………………………….. 46 15. Les antonymes ……………………………………………… 48 16. Les homonymes …………………………………………….. 50 17. La classification des homonymes …………………………... 50 18. Les sources de l'homonymie ………………………………... 53 19. Les paronymes ……………………………………………… 55 20. Archaïsmes et néologismes. Les archaïsmes ……………….. 56 21. La néologie. Les néologismes ……………………………… 58 22. Les sources de néologismes ………………………………... 60 23. Les emprunts ……………………………………………….. 66 3 24. Les doublets étymologiques ………………………………... 71 25. Vocabulaire français – arménien – russe de termes linguistiques ………………………………………………… 74 4 Objet d’étude de la lexicologie La lexicologie est l’étude du lexique (du vocabulaire) d’une langue, dans ses relations avec la phonologie, la morphologie et surtout la syntaxe, ainsi qu’avec les facteurs sociaux, culturels et psychologiques. Le terme « lexicologie » apparaît pour la première fois dans l’Encyclopédie en 17651. Il remonte à deux radicaux grecs : à lexicon signifiant « lexique, vocabulaire » et logos qui veut dire « mot, discours, étude ». L’importance des études lexicologiques est indiscutable, car le lexique est le premier à réagir aux progrès de la vie sociale, économique et culturelle. Par conséquent, il est naturel aussi qu’on juge de la richesse d’une langue d’après la richesse de son vocabulaire. Sur le plan linguistique il faut différencier les termes lexique et vocabulaire. Au sens général ils sont synonymes. Mais la linguistique oppose lexique au vocabulaire ; le terme de lexique est alors réservé à la langue, le terme de vocabulaire au discours. Les unités du lexique sont les lexèmes, pendant que les unités du discours sont les vocables et les mots. En face du mot, unité de texte, le vocable sera l’unité de lexique. Le vocabulaire désigne conventionnellement un domaine du lexique qui se prête à un inventaire et à une description. Le vocabulaire d’un texte, d’un énoncé quelconque n’est dès lors qu’un échantillon du lexique du locuteur (de son idiolecte) ou du lexique de la communauté linguistique. Traditionnellement on distingue deux types essentiels de lexicologie : diachronique (ou historique) et synchronique (ou descriptive). La première étudie le développement du vocabulaire, son évolution, alors que la dernière, au contraire, l’examine dans une période déterminée de la langue. Cependant les deux types de lexicologies se rattachent étroitement. Tout en étudiant le lexique du français de nos jours, la lexicologie synchronique s’adresse souvent aux données de la 1 Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Paris, 1751-1772. 5 lexicologie diachronique ce qui permet de mieux comprendre et expliquer l’état actuel de la langue. Le lien de la lexicologie avec les autres branches de la linguistique La lexicologie est étroitement liée aux autres branches de la linguistique. Elle se rattache à la phonétique, à la grammaire, à l’histoire de la langue et à la stylistique. Pour expliquer l’apparition des homonymes, la lexicologie s’adresse aux données de la phonétique historique, à l’évolution phonétique de la langue. lat. fides > fr. foi f lat. vices > fr. fois f lat. ficatum > fr. foie m lat. marem > fr. mer f lat. matrem > fr. mère f lat. major > fr. maire m lat. punctum > fr. point m lat. pugnus > fr. poing m etc. C’est la phonétique historique qui nous fait connaître l’origine des doublets étymologiques (mots à significations et à l’aspect phonique actuel différents, provenant étymologiquement d’un même vocable, mais introduits dans la langue française par deux voies distinctes ; populaire et savante) : mot latin mot fr. d’origine mot fr. d’origine populaire savante auscultare écouter ausculter pensare peser penser fragilem frêle fragile 6 leberare livrer libérer legalis loyal légal etc. La lexicologie se rattache aussi à la grammaire. La formation des mots est examinée à la fois par la lexicologie et la grammaire. Si la lexicologie étudie le sens lexical des mots et le rôle de ces derniers dans l’enrichissement de la langue, la grammaire a pour objet d’étude les valeurs grammaticales des éléments composants des mots et leur structure formative. Il arrive que le changement d’une catégorie grammaticale aboutisse à l’apparition d’un sens nouveau. Ainsi les verbes intransitifs devenus transitifs prennent un complément d’objet direct et changent de sens. Comparez : sortir de l’école – sortir le mouchoir de sa poche monter au deuxième – monter les bagages le printemps approche – approcher la chaise l’enfant pleure – il pleure son ami perdu les roues tournent – elle tourne la tête travailler à l’usine – travailler le bois remonter au cinquième – remonter sa montre etc. De même, nombre de mots ont un sens différent au masculin et au féminin, au singulier et au pluriel : le garde – la garde, le voile – la voile, le manche – la manche, le critique – la critique, le mémoire – la mémoire, le mode – la mode, un aide – une aide ; le ciseau – les ciseaux, la lunette – les lunettes, la vacance – les vacances, la lettre – les lettres etc. Il est impossible d’expliquer l’évolution du lexique et ses particularités sémantiques actuelles sans s’appuyer sur les données historiques, sur le passé de la langue. On trouve l’explication des mots et expressions vieillis dans l’histoire de la langue. L’apparition de nombreuses unités analytiques du vocabulaire français, conditionnée par ses tendances internes au cours des siècles, se révèle aussi dans son histoire. C’est en examinant son histoire qu’on constate que la langue, cet 7 instrument de communication entre les gens, se caractérise à la fois par la stabilité et l’évolution, l’immobilité et le mouvement. Enfin la lexicologie est en contact avec la stylistique. Nombre de faits linguistiques traités par la lexicologie sont étudiés parallèlement sous l’aspect de leur valeur stylistique : les synonymes, les archaïsmes et les néologismes, les emprunts aux langues étrangères, les argotismes et les dialectismes, les métaphores, les métonymies etc. La lexicologie tient compte de l’emploi des mots dans les divers styles langagiers. Rappelons- nous que n’importe quelle unité lexicale neutre peut prendre une valeur stylistique dans la parole, dans le contexte : la page – être à la page, tourner la page, le tonnerre – du tonnerre, etc. Le mot et ses sens En linguistique traditionnelle, le mot est un élément significatif composé d’un ou de plusieurs phonèmes1. Il est avant tout une unité sémantique. C’est par excellence à l’aide des mots qu’on exprime des notions (des concepts). Le mot est le point focal unitaire où s’opère la fusion du signifiant et du signifié2. Les mots sont le soutien et l’expression de la pensée ; ils sont également les principaux outils de la communication. Il faut distinguer avant tout les mots autonomes (mots lexicaux, mots pleins) et les mots accessoires (mots grammaticaux, mots-outils). Le mot autonome est une unité linguistique constituée d’un ou de plusieurs phonèmes ayant une signification lexicale, ainsi qu’une existence et un emploi indépendants en tant qu’unité de la syntaxe. Le mot isolé français a son accent tonique sur la dernière syllabe (conduire, lecture, profond, national, construction, etc.). 1 Jean Dubois et autres. Dictionnaire de linguistique, Larousse, Paris, 1994. 2 Michel Aquien. Dictionnaire de poétique, Paris, 1993, pp. 185-186. 8 Quant aux mots accessoires, ils déterminent les rapports grammaticaux à l’intérieur de l’énoncé (il, de, et, à, pour, puisque, etc.). Bien que l’autonomie sémantique leur manque, ces éléments sont eux aussi des mots. Si l’on considère l’histoire d’un mot, on peut reconnaître son sens primitif (ou étymologique) et les sens dérivés. Dans « aller se promener au bois » le mot bois est employé uploads/Litterature/ lexi-co-logie 2 .pdf

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