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HAL Id: edutice-00486497 https://edutice.archives-ouvertes.fr/edutice-00486497 Submitted on 16 Sep 2010 HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers. L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés. Community of Inquiry en E-learning : à propos du modèle de Garrison et d’Anderson Annie Jézégou To cite this version: Annie Jézégou. Community of Inquiry en E-learning : à propos du modèle de Garrison et d’Anderson. Journal of Distance Education / Revue de l’Éducation à Distance, Canadian Network for Innovation in Education, 2010, 24 (2), pp.3-9. ￿edutice-00486497￿ JOURNAL OF DISTANCE EDUCATION REVUE DE L’ÉDUCATION À DISTANCE 2010 VOL. 24, No. 2, 1-18 Community of Inquiry en e-learning : à propos du modèle de Garrison et d'Anderson Annie Jézégou Résumé Cet article s’appuie sur une analyse critique et constructive du modèle de community of inquiry développé par Garrison et Anderson (2003) dans leurs travaux sur le e-learning. Les deux auteurs précisent que certaines interactions collaboratives permettent de créer une présence à distance qui, à son tour, favorise l ’ é m e rgence et le développement d’une community of inquiry ; ce type de communauté ayant alors une influence positive sur les apprentissages individuels et collectifs. L’article met plus particulièrement en exergue la faible explicitation des soubassements théoriques de leur modèle. Il apporte ici des éléments importants sur ses fondements épistémologiques. Il propose également quelques perspectives pour conforter la présentation des assises conceptuelles du modèle. L’article contribue ainsi à montrer son potentiel pour la recherche sur le e-learning. Abstract This article is based on a constructively critical analysis of the model of Community of Inquiry developed by Garrison and Anderson (2003) as part of a research conducted in the area of e-learning. The authors claim that certain collaborative interactions create “distant presence” fostering the emergence of a community of inquiry which has a positive influence on individual and collective learning. More s p e c i f i c a l l y, the article points out that until now the model's theore t i c a l foundations had not been made explicit and provides important insights concerning these epistemological considerations. It also suggests a number of t h e o retical perspectives which strengthen the authors'presentation of the conceptual anchorings of the model. Thus the major contribution of this article is to show the potential of Garrison and Anderson's model for the research in the field of e-learning. Introduction Dans un article qui fait encore date aujourd’hui en France, Jacquinot (1993) suggérait « d’apprivoiser la distance » et « de supprimer l’absence », dans le domaine spécifique de la formation à distance. Depuis quelques années, les technologies de l’information et de la communication1 offrent la possibilité de relever simultanément ces deux défis. D’une part, elles permettent d’apprivoiser la distance, du moins s p a t i o - t e m p o relle, grâce à l’utilisation de modes de communication synchrones et asynchrones supportés par les outils Web. D’autre part, elles permettent de véhiculer des interactions sociales entre les formateurs et les apprenants mais aussi entre les apprenants. Elles contribuent ainsi à supprimer l’absence tant redoutée lors des décennies précédentes. La dichotomie absence/présence peut donc être levée, du moins d’un point de vue technologique notamment dans le cas du e-learning. Pour nombre d’auteurs, un des principaux défis actuels du e-learning, au-delà de la maîtrise de ces aspects spatio-temporels, est de créer une présence à distance afin de favoriser les appre n t i s s a g e s (Garrison, 2000 ; Garrison, Anderson et Archer, 2000 ; Jacquinot, 2001 ; Linard, 2001 ; Garrison et Anderson, 2003; Jézégou, 2007). Au Canada anglophone et aux États-Unis, les travaux sur cette question spécifique tendent à se développer depuis le début des années 2000. Ils se concentrent plus particulièrement sur la construction d’un modèle susceptible d’étayer et de caractériser cette notion de présence dans le champ du e-learning. Le modèle de community of inquiry en e- learning de Garrison et d’Anderson (2003) est certainement le plus abouti à ce jour. Ce modèle est peu connu en France. De plus, les écrits francophones sur ce modèle, de part et d’autre de l’Atlantique, sont très rares voire inexistants. Or, il est d’un apport intéressant pour identifier des dimensions liées à la présence dans le contexte spécifique du e- learning. Toutefois, dans leurs publications, les auteurs ne développent pas vraiment les soubassements théoriques de leur modèle (Garrison, Anderson et Archer, 2000 ; Garrison et Anderson, 2003 ; Garrison et Arbaugh, 2007). Ainsi, dans un ouvrage de synthèse - qui fait aujourd’hui référence - intitulé E-Learning in the 21th Century, Garrison et Anderson (2003) présentent ce modèle de community of inquiry en évoquant son affiliation à la philosophie anglophone nord-américaine du pragmatisme. Or, nombre de chercheurs peu acculturés à ce courant philosophique, notamment dans les pays francophones, peuvent alors rencontrer des difficultés pour s’approprier le modèle et le mettre à l’épreuve de travaux empiriques. Il s’agit là de la première grande critique que nous formulons à l’égard de leur ouvrage et donc du travail d’explicitation réalisé par ces auteurs. La seconde critique, proche de la précédente, porte sur le fait que Garrison et Anderson (2003) n’explicitent pas suffisamment les assises conceptuelles de leur modèle. Ils se limitent à préciser le fait que ce dernier s’appuie sur les re c h e rches sur le constructivisme plus particulièrement celles du socio-constructivisme. Ils ne développent pas suffisamment la manière dont s’intègrent les résultats de ces recherches dans leur modèle. 2 COMMUNITY OF INQUIRY EN E-LEARNING 1. Un modèle peu explicité quant à ses soubassements théoriques Le e-learning2 renvoie à un ensemble de dispositifs de formation dont une des grandes caractéristiques est « d’utiliser des technologies multimédias et l’Internet, pour améliorer la qualité de l’apprentissage en facilitant l’accès à des ressources et des services, ainsi que les échanges et la collaboration à distance » (commission européenne, 2000)3. D’une manière générale, ces dispositifs intègrent un ensemble d'outils logiciels qui permettent la gestion et le suivi d'une formation en ligne, l’accès et la consultation de ressources d’autoformation interactives et multimédias, ainsi que des possibilités d’interactions synchrones et asynchrones via des outils de communication et de collaboration. Pour nombre d’auteurs, le rôle joué par ces interactions sociales est primordial dans le cadre du e-learning (Archer, 2000 ; Henri et Lundgren - Cayrol, 2003 ; Moore et Anderson, 2003 ; Taurisson et Santini, 2003; Dillenbourg et al, 2003 ; Charlier et Peraya, 2003 ; Saba, 2003 ; Jézégou, 2008). Garrison et Anderson (2003) font ici la proposition suivante : certaines formes d’interactions sociales créent une présence qui soutient l ’ é m e rg e nce et le développement d’une community of inquiry; ces interactions étant principalement de nature collaborative. De telles communautés favorisent, à leur tour, la construction individuelle et collective de connaissances. Toutefois, les auteurs ne développent pas s u ffisamment les fondements épistémologiques de ce modèle. Or l’explication de ces fondements permet, selon nous, de mieux identifier ses potentialités pour la recherche sur le e-learning. Pour caractériser cette notion de community of inquiry, il convient tout d’abord de préciser ce qu’est une communauté au sens large afin d’en clarifier les contours et les caractéristiques. En effet, ce préalable nous semble indispensable dans la mesure où dans le contexte du e-learning, comme le souligne très justement Dillenbourg, Poirier et Carles (2003), on utilise parfois le terme « communauté virtuelle » pour désigner tout groupe de personnes qui interagissent à distance de façon synchrone et/ou asynchrone, ces interactions étant véhiculées par des outils de communication en ligne tels des messageries électroniques, des forums de discussion, des chats, des wiki, des tableaux Web interactifs ou autres. Une telle définition induit une double confusion. D’une part, elle ne caractérise pas ce qu’est « une communauté virtuelle » et se limite à faire référence à ses modes de communication (Dillenbourg et al., 2003). D’autre part, à défaut de clarifier la notion même de communauté, cette définition peut conduire à l’assimiler à d’autres formes d’organisation sociale. COMMUNITY OF INQUIRY EN E-LEARNING 3 1.1. La communauté : une forme particulière d’organisation sociale Selon Dillenbourg, Poirier et Carles (2003), il est fondamental de bien distinguer trois formes d’organisation sociale souvent assimilées à tort les unes aux autres : Figure 1. Définition d’une communauté par comparaison à d’autres formes d’organisation sociale d’après Dillenbourg, Poirier et Carles (2003). Pour ces auteurs, la création d’un groupe formel relève de l’initiative d’une personne. Il peut s’agir d’un supérieur hiérarchique, d’un expert ou e n c o re d’un formateur. Cette personne prédétermine les objectifs à atteindre, le nombre de personnes constituant le groupe ainsi que leurs caractéristiques et les choisit en uploads/Management/ commity-of-inquiry-jezegou-jofde-pdf.pdf

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  • Publié le Jui 12, 2022
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