LA PERCEPTION Rapport Mohammed GUEDIRA .E P L A N I – TENTATIVE DE DEFINITION 1

LA PERCEPTION Rapport Mohammed GUEDIRA .E P L A N I – TENTATIVE DE DEFINITION 1. Etymologie - Exercice 2. Définition de Lalande - Exercice (vu, entendu, senti) 3. Polysémie II – THEORIES DE LA PERCEPTION A/ Les approches théoriques 1. La perception et la philosophie classique - Exercice 2. La perception et la psychologie moderne - Structuralisme - Béhaviourisme - Gestalt B/ Les éléments de base du processus de la perception o Les illusions perceptives III – LA PERCEPTION SOCIALE 1. Les facteurs déterminants notre perception sociale 2. Les erreurs dans la perception sociale - Activité - Exercice IV – LA PERCEPTION, LE MANAGEMENT ET L’ART 1. L’effet de la perception sur le comportement organisationnel 2. L’art, comme manière de percevoir le monde (activité) V – LA PERCEPTION CRITIQUE : POUR AVOIR DES PERCEPTIONS PLUS INTELLIGENTES Devenu le plus puissant, grâce à une faculté qu'il est le seul (jusqu'à maintenant) à posséder: la pensée réflexive, l’homme - de par ce pouvoir - a pu élaborer des explications, des théories, lui permettant de mieux comprendre son environnement, de le contrôler et de saisir la réalité. La science est une quête de cette réalité, une tentative d'explication. Durant des siècles, plusieurs sont les recherches, les théories, les courants voire mêmes les perceptions qui ont tenté d’aborder toutes les dimensions, biologique, physiologique, émotionnelle, sociale, de cet être. Chacun a, depuis sa naissance, une expérience riche de perceptions, d’idées, de croyances sur ce monde où l’on vit. Dans le présent travail, nous allons tout d’abord essayer de recouvrir les acceptions et les significations de la perception. Nous aborderons ensuite la question sous l’angle philosophique et psychologique. A ce stade, il est impératif d’étudier les éléments de base du processus de la perception. Puis, nous nous attarderons sur les facteurs déterminants la perception sociale des individus et les erreurs qui entravent la relation avec autrui. Nous évoquerons après la place de la perception dans le management et l’art. Nous terminerons avec des conseils pour améliorer nos perceptions erronées. I- TENTATIVE DE DEFINITION Le concept de perception reste toujours difficile à cerner. Le mot trouve son origine en latin : ● "per" ne signifie pas ici à travers mais parfaitement, complètement, ● "ception" a pour origine "capere" (= prendre). Percevoir désigne, classiquement, une action pleinement achevée qui consiste à s'emparer de quelque chose, au sens de recevoir, prendre connaissance de l'extérieur par les sens, de ce qu'il y a ici et maintenant. Cependant, peut-on réduire la perception à une représentation déterminée, une prise complète d’une chose ? Que reste-t-il alors de la perception elle-même devant l’apport de la mémoire, du vécu ? Pour beaucoup, le mot signifie la connaissance consciente que nous avons du monde à travers nos sens. C’est « L’acte par lequel – disait LALANDE – un individu, organisant immédiatement ses sensations, les interprétant et les complétant par des images et des souvenirs, s’oppose un objet qu’il juge spontanément distinct de lui, réel et actuellement connu de lui.» Reconnaître la perception, dans ce cas, ce n'est pas nier la collaboration de l'imagination, de la mémoire et de la culture, c'est plutôt mettre à jour, en deçà de ces élaborations, que celui qui perçoit juge que l'objet est distinct de lui et connu par lui, et ce, immédiatement. Aussi, Le nom de perception, comme celui de la plupart des mots polysémiques, s'applique - t -il, suivant les circonstances, tantôt au domaine des impôts, tantôt au mode de représentation visuel, tantôt au processus, au résultat de l'opération ou synonyme de sensation. La difficulté qu’on trouve pour définir le mot émane, comme nous l’avons vu, des diverses acceptions et d’idées sur ce qu’est la perception. Il existe des manières très variées d’aborder l’étude de cette dernière. Dans la partie qui suit, nous allons passer en revue les différentes théories qui ont traité de la perception. II- THEORIES DE LA PERCEPTION 1- Les approches théoriques De tout temps, les théories, les courants voire les sciences se sont interrogés sur le parcours de l’Homme. Chaque discipline du champ des sciences humaines, que ce soit la psychologie, la sociologie, l’économie ou l’anthropologie a essayé d’apporter une réponse aux questions posées en cherchant à déterminer, à décrire et analyser l’objet d’étude. Depuis toujours et d’antan, le sujet de la perception a pris place chez les philosophes présocratiques. Dans leur écrit, on trouve des observations sur la vision, le tact, le goût qui font ressortir soit :  les fluctuations du jugement perceptif comme on le constate chez PLATON lorsqu’il donne l’exemple de la personne malade pour qui le goût du vin devient amer.  les erreurs et les illusions dues à la forme de certains objets, de l’éloignement spatial… Le problème de ce sujet de la perception paraît le plus simple et il est sans doute un des plus complexes de la psychologie. Il a alimenté depuis les origines de la psychologie, les discussions métaphysiques. Le débat métaphysique inévitable est celui-ci : la perception nous donne-t-elle un renseignement sur l’être du monde extérieur ? Pour certains, c’est là un faux problème mais on ne peut cependant nier que ce sujet est toujours à l’horizon d’une étude de la sensation. Mais, préalablement, il est une question à se poser : peut-on et doit-on distinguer « sensation » et « perception » ? A- La perception et la philosophie classique Les philosophes classiques opèrent une distinction entre sensation et perception. Pour ses adeptes, la « sensation » est un phénomène plus « élémentaire » que la perception. La sensation donne purement et simplement les qualités. On ne peut définir inversement la qualité que comme un « sensible » élémentaire. Salé, sucré, amer, rouge, chaud, froid, etc., voilà autant de « qualités » qui sont des sensations en-deçà des mots mêmes qui les généralisent et les conceptualisent. La perception, toujours selon la psychologie classique, est différente de la sensation dans la mesure ou cette dernière est une qualité présente. Définir la perception, c’est donner à cette qualité une signification. a- Selon le point de vue intellectualiste Il n’est pas inutile de savoir avant d’aborder la question sous l’angle intellectualiste, les importants principes de ce courant. L’intellectualisme : doctrine philosophique ; elle instaure la nécessité de la prééminence de l’intelligence sur les sentiments et la volonté. Ses adeptes n’abordent aucune recherche si d’avance toute notion est dépourvue d’évidence rationnelle. La raison est le principe, non seulement de toute science mais de la morale et de la religion même. Dans cette optique, connaître le monde matériel c’est le réduire en éléments mathématiques. La perception, selon les intellectualistes, implique alors un acte spécial de l’intelligence et un contact avec une réalité « objective ». La comparaison qui fera mieux comprendre l’esprit intellectualiste est celle-ci : imaginez que votre main soit dans un gant dont l’épaisseur est importante, et imaginez que vous tentiez de saisir et de reconnaître, par le seul moyen de cette main, un objet extérieur, vous allez avoir des sensations, mais vous ne saurez déterminer si elles sont dues à l’objet ou à la matière qui compose le gant ; vous pourrez dire cependant qu’il y a quelque chose. Et si l’on ôte le gant, vous pourrez savoir avec plus de vérité de quel objet il s’agit. De cette expérience découle le résultat incontestable, c’est que les sens sont autant de causes d’erreur ; à travers eux il y a cependant un acte positif de connaissance qui rencontre une réalité. Mais il faut dépouiller toutes les sensations pour saisir par l’intelligence seule la nature réelle ou vraie de l’objet. Donc perception égale des sensations et un contact entre un acte intellectuel et une réalité extérieure. b- Selon le point de vue des pragmatistes Doctrine qui prend pour critère de la vérité la valeur pratique. Pour le pragmatisme, est vrai ce qui réussit, et il n’y a pas de vérité absolue. Selon la doctrine auquel se place BERGSON, il y a effectivement une différence entre sensation et perception. Bergson appelle la sensation la « perception pure ». Elle est une certaine prise de notre sensibilité sur la réalité mouvante et complexe qui nous entoure. Cette perception pure est dans les choses, elle est du monde et non pas de la conscience. A cette perception pure, la conscience ajoute les souvenirs qu’elle sélectionne et qui permette l’action. Dans ce sens, percevoir serait dans ce cas se souvenir. Donc perception = perception pure + mémoire. Pour passer au second chapitre, il est à conclure que chez les intellectualistes ou pour les pragmatistes, sensation se distingue de perception. Les sensations sont la matière de cette perception et c’est le jugement et la mémoire qui leur donnent une forme. B- la perception et la psychologie moderne Avant d’aborder cette question, il est à noter que la psychologie tout au long du XIXème siècle a connu d’énormes difficultés pour se constituer en science autonome. Les découvertes scientifiques à l’époque - physique, physiologique - ont conduit à aborder les problèmes de sensation, de mouvement sous un nouvel angle. La psychologie scientifique uploads/Philosophie/ perception.pdf

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