Travail #2 (40%) La relation entre la théologie, l’ontologie et l’éthique chez
Travail #2 (40%) La relation entre la théologie, l’ontologie et l’éthique chez Wyclif: la nature humaine est-elle prédéterminée à pécher ? Sandrine Boisvert (20201228) Département de philosophie, Université de Montréal PHI 2421: Éthique et politique à l’âge classique Professeur Christian Nadeau 26 avril 2021 John Wyclif (1330-1384) fut un philosophe qui a su marquer les esprits de l’époque moyenne âgée. Ayant traduit la bible du latin vulgaire à l’anglais, il permit aux gens du petit peuple d’accéder aux vérités révélées de la Bible. Son idée partit du fait que l’Église s’était approprié les Paroles divines pour les mettre à son avantage, c’est pourquoi Wyclif décida de dévoiler à jour une traduction des saintes Écritures qui ne saurait être détournée du sens véritable qu’Elles renferment. Il décida, toutefois, d’apporter sa propre interprétation basée sur ce sens réel dont les Écritures font l’objet divin, publiant le tout dans des traités qui se rapportent sur la théologie, la logique, la métaphysique, l’éthique et la politique. En prenant une attention plus particulière au Trialogus de Wyclif, nous allons nous concentrer sur l’étude des idées méta éthiques qui y sont théorisées, mettant l’avantage sur l’effet de causalité dont Dieu entraîne toute existence. Une fois ce point abordé, nous serons en mesure de comprendre en quoi la nature humaine se rapproche du « non-être » par le péché, puis le moyen de s’en défaire en se repentant vers la grâce divine. Tout d’abord, la doctrine théologique de notre philosophe anglais, qui se rapporte à la foi chrétienne, trouve raison en associant l’Être du premier principe à la cause des choses qui sont. Plus spécifiquement, il suggère que Dieu, ayant donné naissance à tout ce qui est, Il se doit être quelque chose à Son tour, donc Dieu: puisqu’Il n’est pas le fruit d’une chose extérieure à Lui-même, c’est qu’Il est sa propre cause. Wyclif s’est beaucoup inspiré de la doctrine augustinienne sans néanmoins réellement la développer. Elle se rapporte à l’idée où Dieu engendre la propre connaissance de son être, qu’il est Père, et que par cette connaissance de soi par soi Il devient engendré, qu’il est Fils, en passant par Son amour inconditionnel de Lui-même qui vient de Sa volonté de Se connaître, qu’Il est Esprit Saint. (D. Piché, cours magistral, 30 mars 2021) C’est de notre grand Créateur que va dériver toute existence et rien ne saurait ne pas Être en raison que, si l’on vient à penser qu’une telle chose Lui est opposée, alors le concept de création n’aurait aucun sens: quelque chose qui n’existe pas ne peut être l’opposé de Dieu puisque sous-entendre que cette chose est contraire à Sa nature viendrait à réduire ce qu’est la véritable existence à ce qui ne sera jamais. Wyclif pointe que la seule chose qui n’est pas un être c’est la corruption, à savoir la destruction naturelle d’une chose dans l’univers, et ce, au travers du temps. (Conti, 2017, p. 36) Dans l’optique où Dieu ne dépend de rien sauf de Lui, qu’Il engendre sa propre existence, rien ne saurait se défaire de ce cycle de causalité. De son côté, la corruption possède l’Être lorsqu’elle en enlève la propriété à une chose autre. C’est le fait de s’y référer comme tel qu’elle remet en question la bonté de Dieu. L’étude théologique de Wyclif , liée par l’ontologie, en vient à étudier si à l’encontre de la nature divine, la destruction cause le « non-être » ou bien si cette corruption n’existe pas, serait-ce Dieu qui aurait le pouvoir d’annihiler toute chose comme de créer ? Ou encore serait-ce un effet de causalité qui trouve ses origines de Dieu par Dieu qui mettrait fin à une existence ? Dans le premier cas, ce serait douter de la véritable nature divine et de la béatitude infinie dont Dieu est pourvu. Il faudrait donc reconsidérer la question fondamentale de l’Étant en ce qui concerne l’existence divine, de ce qu’elle produit (i.e. l’homme) ainsi que de la nécessité de ce qui est produit (i.e. la cause de l’homme, son rôle…). Cette dernière, Wyclif la formule de deux manières: d’une part nous avons la nécessité hypothétique (ex suppositione) qui se rattache à tout ce par la cause éternelle dont tout va s’en suivre, Dieu, d’autre part il s’agit de la nécessité absolue, qui elle décrit la nature d’une chose qui ne peut ne pas être, car elle se trouve en l’essence divine. Ensuite, dire que Dieu peut enlever l’état d’Être de Ses créations suggère qu’Il doit s’anéantir Lui-même, étant créé par la connaissance de Soi par Soi. Dieu est parce qu’Il est, seul Son acte de création de Soi amène toute chose qui sont et seront. Cette partie de lumière divine qu’Il transmet en engendrant renvoie à cet état d’Étant. Ce n’est qu’une fois qu’elle est que la Création peut entraîner la Création, à son tour, en une chaîne infinie dont Dieu est l’unique déclencheur. Finalement, si Dieu avait le pouvoir d’annihiler sans se détruire Lui-même , c’est que Son être n’est ni bon ni parfait. Contrairement à l’homme qui a la qualité de pécher, Dieu n’en a aucune. Il n’a pas non plus de quantité par sa nature infinie, sans limite dans cet univers qui est le Sien. S’il s’avérait qu’Il détient un corps, Son éternelle présence ferait siège dans un espace précis. Sans quoi Dieu aurait une fin, ce qui n’est pas le cas, cette idée va à l’encontre de Sa nature divine et éternelle. (Conti, 2017, p. 36-37 et Trialogus, Book 1 God, p. 47-66) Il n’a d’autres choix que de posséder un pouvoir qui défie tous horizons étant ontologiquement supérieur et antérieur à toute chose. En d’autres termes, Il est infini parce qu’Il est « inengendré de choses mesurables. Il n’est pas non plus muni d’un immense pouvoir de sorte qu’il Lui permettrait de créer un univers démesuré; mais parce qu’Il est la véritable limite du Bien, qu’il n’y a pas plus grande béatitude. » ([Traduit de l’anglais1] Trialogus, Book 1 God, p. 40) Dieu a une parfaite connaissance et appréhension du Bien dont Il est épris, de sa lumière divine, c’est pourquoi il est infini. Son être se voit en un tout formé avec la béatitude éternelle, l’Un. Alors à la fois partout et en tout, Il engendre l’existence par Sa causalité. C’est dans cet esprit que Wyclif développera sa théorie sur les quatre potentielles formes de réalités (esse) dans lesquelles nous pouvons identifier l’Étant déterminé comme une chose à part de l’essence: 1. L’être éternel intelligible (esse ideale) retrouve en une partie de l’intelligibilité de Dieu. Chacune de Ses créations en sont l’être. 1« Thus indeed He is infinite, because He is without end and as consequence without some other measurable cause. He is not of an infinite power in force that allows Him to produce an infinite world; but because He is of the maximum positive power, His power is limited through no other power. » 2. L’essence (esse essentiae ou esse in genere) se définit par la finitude d’une chose en tant que corps et non en tant que chose qui existe. 3. L’existence dans le temps est un concept qui ne s’applique qu’aux choses corporelles. 4. L’être produit par la substance (modus essendi accidentalis substantiae) se définit lorsque la substance, par inhérence, voit ses formes être transformées par accident [effet de causalité sur les objets corporels (essence) et/ou incorporels (être) ]2. (Conti, 2017, p. 26-27) Ces réalités se lient entre elles bien qu’elles soient différentes en matière de catégories3. L’univers étant une substance créée, il semble que chaque partie de cet univers a été faite par nécessité, c’est-à-dire que si une chose est c’est qu’elle l’est par nécessité de création. Car toute chose produite dépend du domaine intelligible de Dieu, Sa lumière étant en tout en plus de déprendre de son tout. (Trialogus, Book II The World, p. 70) Si cette chose en question est dotée d’un corps, sa finitude la limite dans le temps. Enfin, sans nous lancer dans les détails de ce qui à trait à l’existence d’une chose et de ses qualités propres dans une réalité ou une autre décrite par Wyclif, nous pouvons souligner une création particulière qui se remarque dans les quatre énoncées: l’homme. En effet, l’homme est doté d’un corps physique, d’une essence, et d’un être qui est relié au divin par la part d’intelligibilité qui lui a été transmise lorsque la Création a entraîné la Création. Le corps humain qui est mortel est une substance dans le temps, et ce jusqu’à sa mort, substance physique qui se verra transformée dans le monde matériel. L’âme, quant à elle, subsistera dans l’Étant par sa nature de nécessité absolue et non pas par essence substantielle. Notre philosophe anglais vient résumer que, comme la géométrie ou l’arithmétique, 3 Wyclif s’inspire des Catégories d’Aristote. 2 Wyclif se rapporte à Aristote en matière de substance qui peut se traduire par l’essence d’une chose. Voir Conti, 2018, p. 21-36. une chose quantifiable est alliée par un invisible non quantifié, une composante. uploads/Philosophie/ travail-final-phi2421-e-tudiant20201228.pdf
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- Publié le Mar 17, 2022
- Catégorie Philosophy / Philo...
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