THE PROPHETIC TRADITION AND THE BATTLE FOR THE SOUL OF THE WORLD An Introductio
THE PROPHETIC TRADITION AND THE BATTLE FOR THE SOUL OF THE WORLD An Introduction to the spiritual Vision of Henry Corbin by Tom CHEETHAM Henry Corbin, Islam and Imagination, Saturday 9 October 2010 Rewley House, Oxford, England LA TRADITION PROPHÉTIQUE ET LE COMBAT POUR LA SAUVEGARDE DE L’ÂME DU MONDE Une introduction à la vision spirituelle d’Henry Corbin par Tom CHEETHAM traduit par Robin GUILLOUX et révisé par Daniel PROULX INTRODUCTION ................................................................................................................................................................... 2 ESQUISSE D’UNE VIE .......................................................................................................................................................... 2 L’HÉRITAGE D’HENRY CORBIN ..................................................................................................................................... 4 LE PROJET D‟UNE VIE ............................................................................................................................................................. 4 LES THÈMES CENTRAUX DE LA PENSÉE CORBINIENNE ....................................................................................... 7 L‟IMAGINATION CRÉATRICE ET LE « MUNDUS IMAGINALIS » .................................................................................................. 7 HERMÉNEUTIQUE : TA‟WÎL ET L‟EXÉGÈSE DE L‟ÂME ............................................................................................................. 9 LE PARADOXE DU MONOTHÉISME ......................................................................................................................................... 12 HARMONIA ABRAHAMICA .................................................................................................................................................... 14 BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................................................................ 16 2 INTRODUCTION J‟ai beaucoup à dire et je ne dispose que d‟assez peu de temps. Je voudrais cependant prendre quelques instants pour expliquer mon cheminement personnel. Je suis l‟auteur du premier livre écrit en anglais sur l‟œuvre d‟Henry Corbin, et je suis apparemment considéré comme une sorte d‟autorité en la matière, mais plutôt par défaut car personne d‟autre avant moi n‟avait écrit sur le sujet. Je suis, certes, un universitaire, mais pas un orientaliste. Je ne peux en aucun cas faire autorité concernant Henry Corbin, la moindre des raisons étant mon ignorance des nombreuses langues qu‟Henry Corbin parlait couramment. Néanmoins mon travail a reçu une certaine approbation de la part des spécialistes, ce dont je leur suis très reconnaissant. J‟ai entendu parler d‟Henry Corbin pour la première fois en 1981, à l‟occasion d‟une conférence Eranos de James Hillman : « La pensée du cœur ». Je fus si captivé par ce que Hillman disait de lui que j‟achetai sur le champ L’imagination créatrice dans le soufisme d’Ibn ‘Arabî qui débute par un bref exposé sur la phénoménologie. C‟était complètement différent de tout ce que j‟avais appris à l‟université. À la toute première page, Corbin écrit « avec l‟aide de la phénoménologie » « nous avons appris à recueillir et à valoriser les intentions implicites de tous les actes de la conscience ou de la transconscience. Énoncer que l‟Imagination (ou l‟amour, ou la sympathie, ou un sentiment en général) fait connaître, et fait connaître un « objet » qui lui est propre, cela n‟a plus du tout la saveur d‟un paradoxe.1» C‟était une transformation radicale du point de vue que l‟on m‟avait enseigné sur la phénoménologie. J‟étais à la fois captivé et déconcerté et plus je lisais, plus j‟étais dérouté et plus je m‟empêtrais. Cela fait maintenant 17 ans que j‟essaye de comprendre Henry Corbin en me l‟expliquant à moi-même. Je suis ravi que d‟autres aient pu bénéficier de mes efforts. ESQUISSE D’UNE VIE Les détails de sa vie publique sont aussi simples et sans détour qu‟on pourrait s‟y attendre d‟un homme qui a consacré sa vie entière à la lecture, à l‟écriture et à l‟enseignement. Ce qu‟il y a de merveilleux dans cette vie tient à sa prodigieuse production en tant que savant et, plus encore, à la variété et la profondeur de ses centres d‟intérêt. Il n‟est pas facile de les conserver en ordre dans son esprit. Même cette brève approche peut donner le vertige, et j‟ai laissé beaucoup de choses de côté. Il est né à Paris le 14 avril 1903. Sa mère mourut six jours plus tard et il fut élevé par son oncle et sa tante. La fragilité de sa santé l‟obligea souvent à interrompre ses études. Il fit preuve d‟une sensibilité précoce à la musique qui transparaît souvent dans son œuvre et il étudia en même temps l‟orgue et le solfège. À l‟âge de 23 ans, il écrivit ces mots : « Le rythme de la musique est le rythme de mon âme. » Il fut élevé dans la tradition catholique et il passa en 1925 sa licence en philosophie à la Sorbonne avec le grand spécialiste de saint Thomas d‟Aquin, Étienne Gilson, avec une thèse sur « L‟avicennisme latin au moyen-âge ». La même année, il commença à étudier à la fois l‟arabe et le sanscrit, tandis que débutait ce qu‟il appela « une période d‟ascétisme mental2». Corbin fut transporté 1 CORBIN, H., L'imagination créatrice dans le soufisme d'Ibn 'Arabî, Paris, Entrelacs, 2006, p.25 2 CORBIN, H.,« Post-Scriptum biographique à un Entretien philosophique », dans Henry Corbin,sous la direction de JAMBET, C., Paris, L'Herne, 1981, p.40 3 par l‟enseignement de Gilson. Dans un essai écrit la dernière année de sa vie, il écrivit : « Ce fut mon premier contact avec la philosophie islamique. J'y décelais une connivence entre la cosmologie et l'angélologie [...] et je crois que ce souci angélologique ne m'a plus quitté tout au long de ma vie.3» Durant la même période, il assista aux cours d‟Émile Bréhier sur le lien entre Plotin et les Upanishad. En 1926, il fit la connaissance de Joseph Hackin, le directeur du Musée national des Arts d‟Asie. Corbin affirma par la suite qu‟il avait été empli d‟une certitude joyeuse et qu‟il avait perçu le lien entre ses recherches sur la philosophie médiévale et la métaphysique hindoue. En 1928, il reçut un diplôme pour son travail sur « Le stoïcisme et l‟augustinisme dans la pensée de Luis de Leon », le théologien espagnol du XVIème siècle. En 1929, il passa ses diplômes d‟arabe, de persan et de turc. En avril, il commença à travailler à la Bibliothèque nationale où il rencontra Louis Massignon, le directeur des études islamiques à la Sorbonne. La fréquentation de Massignon renforça l‟attirance de Corbin pour la dimension mystique des études orientales. Il lui rendit visite un 13 octobre et il ne fait aucun doute que ce fut à cette occasion que Massignon lui fit cadeau d‟une copie de Hikmat al-Ishraq de Suhrawardi qui devait changer sa vie. Le compte-rendu que fait Corbin de cet épisode dans une interview qu‟il donna peu de temps avant sa mort vaut des milliers de commentaires : Massignon eut une inspiration du Ciel. Il avait rapporté d'un voyage en Iran une édition lithographiée de l'œuvre principale de Sohravardî [...] Avec les commentaires, cela formait un gros volume de plus de cinq cents pages. « Tenez, me dit-il, je crois qu'il y a dans ce livre quelque chose pour vous.» Ce quelque chose, ce fut la compagnie du jeune shaykh al-Ishrâq qui ne m'a plus quitté au cours de la vie. J'ai toujours été un platonicien (au sens large du mot, bien entendu); je crois que l'on naît platonicien, comme on peut naître athée, matérialiste, etc. Mystère insondable des choix préexistentiels. Le jeune platonicien que j'étais alors ne pouvait que prendre feu au contact de celui qui fut « l'Imâm des Platonicien de Perse ». [...] ma rencontre avec Sohravardî, mon destin spirituel pour la traversée de ce monde était scellé. Ce platonisme s'exprimait dans les termes de l'angélologie zoroastrienne de l'ancienne Perse, illuminant la voie que je cherchais.4 Mais ses centres d‟intérêt s‟étendaient bien au-delà des vastes paysages du Platonisme, de la scolastique occidentale, du zoroastrisme et du mysticisme islamique. Pendant les années 1920 et le début des années 30, il poursuivit parallèlement des recherches qui l‟apparentent clairement à un théologien protestant créatif et éclectique. Il s‟immergea profondément dans la tradition théologique allemande ; ce qu‟il appellera plus tard la « généalogie de l‟herméneutique » : Luther, Böhme, Hamann, Schleiermacher, Dilthey, Heidegger et Barth. Il se rendit à plusieurs reprises en Allemagne et en Scandinavie, écrivit et fit des cours sur Luther, Kierkegaard et Hamann, dont il traduisit également AEsthica in nuce5, publiant, au cours des mêmes années, des traductions de Suhrawardi. En 1930, se produisit une seconde rencontre capitale dans l‟odyssée intellectuelle de Corbin : sa lecture du livre de Martin Heidegger Sein und Zeit (Être et Temps). Les deux hommes se rencontrèrent pour la première fois à Fribourg en 1931, et à nouveau en 1934 et en 1936. En 1933, il épousa la femme qui devait être la compagne de sa vie, Stella Leenhardt, la fille du pasteur et ethnologue Maurice Leenhardt et de Jeanne André-Michel. En 1939, le couple se rendit à Istanbul pour un séjour qui ne devait durer que six mois, afin d‟y rassembler des manuscrits en vue d‟une édition critique de Suhrawardi. Corbin y fut le seul et unique membre de l‟institut français d‟archéologie jusqu‟à la fin de la guerre. Lorsqu‟il fut remplacé, en septembre 1945, les Corbin se 3 Ibid. p.39 4 Ibid. p.40-41 5 CORBIN, H. et HAMANN, J. G., Hamann, philosophe du luthéranisme, Paris, Berg international, 1985, pp.109-152 4 rendirent pour la première fois à Téhéran. Corbin tomba amoureux de l‟Iran, qu‟il appelle « un pays aux couleurs du ciel ». Il se serait bien vu enseignant la philosophie islamique à l‟université de Téhéran jusqu‟à la fin de ses jours. Mais ils retournèrent finalement à Paris en juillet 1946, après sept ans d‟absence. En 1949, il assista pour la première fois aux conférences Eranos à Ascona, en Suisse, dont il devint une figure majeure, en compagnie de uploads/Religion/ la-tradition-prophetique-et-le-combat-pour-la-sauvegarde-de-l-x27-ame-du-monde-une-introduction-a-la-vision-spirituelle-de-henry-corbin.pdf
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- Publié le Mai 10, 2022
- Catégorie Religion
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