Saint Jean de la Croix docteur de l'église catholique article du Dictionnaire d
Saint Jean de la Croix docteur de l'église catholique article du Dictionnaire de Théologique Catholique JEAN DE LA CROIX (Saint), carme déchaussé, un des plus célèbres théologiens mys- tiques (1542-1591). I. Vie. II. Œuvres. III. Doctrine. I. VIE. Troisième fils de Gonzalès de Yépès et de Catherine Alvarez, Jean naquit en 1542, à Fontibéros, dans la Vieille-Castille, et mourut à Ubeda, en Andalousie le 14 décembre 1591. Clé- ment X le béatifia en 1675, et Benoît XIII le cano- nisa en 1726. Il revêtit l’habit dans l’ordre du Carmel le 24 février 1563 et pris alors le nom de Jean de Saint-Mathias, qu’il porta jusqu’au jour de sa profession dans la nouvelle observance, le 28 novembre 1568. Outre son éminente sainteté, deux œuvres l’ont rendu célèbre : ses écrits mys- tiques et la restauration de la règle primitive du Carmel, entreprise concert avec sainte Thérèse de Jésus. Il n’y a pas lieu de détailler ici les admi- rables vertus de Jean de la Croix. Elles parurent avec un caractère d’héroïcité inouï dans les souf- frances que lui valut de toutes parts sa coura- geuse initiative. Nous ne signalerons de sa vie que ce qui intéresse sa qualité de théologien mys- tique. ? Jean de Yépès fit ses premières études à Médina del Campo. Le cycle de sa formation sacerdotale s’étend de 1556 à 1568. Il fut élève au collège de la Compagnie de Jésus à Médina del Campo jusqu’en 1562. L’année suivante il reçut le saint habit ; en 1564, après sa profes- sion, on l’envoya au collège Saint-André, des Carmes, à Salamanque, où il fréquenta la célèbre université jusqu’à la fin de l’année académique 1567. Nous manquons de renseignements posi- tifs pour fixer plus exactement la chronologie et l’ordre de ses études ; les données fournies par les biographes anciens ne se concilient pas aisé- ment avec celles que nous recueillons dans un historien récent, Jean Dominguez Berrueta, Sta Theresa de Jesús y san Juan de la Cruz, Madrid, 1915. Un fait est acquis et a été vérifié sur place : le saint est immatriculé sur les registres de l’uni- versité de Salamanque. On y lit : Juan de Santo Mathia, del monasterio de Nuesto Señor San Andrès, natural de Hontiveros, (op. cit., p. 43). Tous les contemporains s’accordent pour recon- naître au jeune religieux les plus éminentes qua- lités d’esprit. Le manuscrit 13 488 de la Biblio- thèque nationale de Madrid nous apprend que ses supérieurs, constatant ses progrès et sa grande capacité, lui confièrent la charge de préfet des étudiants ; et dans des Constitutions que le Père Rubeo écrivit pour le collège Saint André, Jean est nommé, maître des étudiants, avec la charge " d’enseigner une leçon et de présider aux thèses ". Wenceslas del S. Sacramento, O. C. D., Fisionomia de un doctor, 2 vol., Salamanque, 1913, t. I, p. 67. Il était très versé dans la théolo- gie morale, et très perspicace en casuistique. C’est lui qui introduisit dans l’ordre la coutume des conférences des cas de conscience. Au couvent de Baeza, il obligeait chaque confesseur à résoudre un cas de conscience par semaine, et cela en présence de tous les religieux choristes. Lorsque se trouvait dans le couvent quelque reli- gieux ancien professeur ou réputé savant, le saint présidait lui-même, expliquait le cas, le résolvait et invitait ses auditeurs, surtout les plus instruits, à lui faire des objections ; il y répondait avec précision et clarté ; tous connaissaient qu’à Alcala comme à Salamanque, sa façon de prési- der méritait l’admiration. Par ordre du commis- saire apostolique, il organisa le premier collège de la Réforme, à Alcala ; les religieux fréquentaient l’université. On a peu de données sur les lectures de Jean et les sources de sa science, un historien contemporain affirme que pour la composition de ses ouvrages, il n’utilisait que la Sainte Ecriture ; en outre, il n’avait habituellement sous la main qu’un Flos sanctorum et le livre de saint Augus- tin, Contra hæreses ; ses écrits ne contiendraient donc que des réminiscences de saint Thomas, saint Augustin, saint Bernard, saint Grégoire, le Pseudo Denys, Aristote. A propos des études que le saint fit à Salamanque, le P. José de Jésus-Ma- rie nous dit qu’aux matières de scolastiques " il joignait l’étude particulière des auteurs mys- tiques, notamment de saint Denis et de saint Grégoire. " Historia de la vida y virtudes del Ven P. Fray Juan de la Cruz, Bruxelles, 1628. II. ŒUVRES. Les préliminaires de la dernière édition espagnole en trois volumes publiée par Gerardo de San Juan de la Cruz, Obras del mis- tico doctor San Juan de la Cruz, edición critica, Tolède, t. I et II, 1912, t. III, 1914, font ample- ment connaître les écrits de saint Jean de la Croix et leur histoire, passablement mouvemen- tée. 1° Description des œuvres de saint Jean. ? On possède de lui : 1. Subida del Monte Carmelo y Noche oscura (La Montée du Carmel et la Nuit obscure). ? 2. Llama de amor viva (La vive flamme d’amour). ? 3. Cantico espiritual (Le Cantique spi- rituel). ? 4. Le tratado de las espinas de espiritu o Coloquios entre Christo y la Esposa (Le traité des épines de l’Esprit ou colloques entre le Christ et l’Epouse). ? 5. Tratado breve del concimiento oscuro de Dios afirmativo y negativo y modo de unirse el alma con Dios por amor (Bref traité de la connaissance obscure, affirmative et négative, et moyen pour l’âme de s’unir à Dieu par amour). L’authenticité de ces deux derniers écrits est controversée, mais le P. Gerardo de San Juan de Cruz, op. cit., la croit certaine et donne des raisons valables en faveur de l’authenticité. 6. Divers écrits moindres : Insrtucción y cautelas para ser verdadero religioso ; Avisos á un reliogioso ; Avi- sos y sentencias espirituales ; Cartas espiritual- es ; Dictamen sobre le espiritu de una religiosa ; Poesias misticas ; Una oración á la santissima Vir- gen ; Relación de la fundación del convento de las Carmelitas descalzas de Malaga (Instructions et précautions pour être un vrai religieux ; Avis à un religieux ; Avis et sentences spirituels ; Lettres spi- rituelles ; Décision sur l’esprit d’une religieuse ; Poésies mystiques ; Prière à la très sainte Vierge ; Relation de la fondation du couvent des carmélites déchaussées de Malaga.) ? Quelques lettres seulement et quelques poésies. ? 7. Enfin, il faut signaler des Additions à la première Instruction que l’on imprima pour les novices carmes déchaussés. ? Le P. Gerardo, op. cit., ajoute un liste d’écrits attribués au saint, mais dont l’au- thenticité est douteuse. Parmi eux se trouve un traité intitulé Communicación del espiritu de Dios en su Yglesia (Communication de l’Esprit de Dieu dans son Église). Dans les préliminaires de son édition critique, le P. Gerardo le dit perdu ; plus tard il le découvrit à la Bibliothèque Nationale de Madrid, cod. 12 713, où nous avons constaté nous-mêmes que ce ms. répond au signalement qu’en donne le P. Andrés de la Encarnación (Cod. 13 482 de la même bibliothèque). Le nom de l’au- teur est barré et absolument illisible. Cet ouvrage contient une doctrine très élevée et d’une particu- lière utilité en théologie mystique. ? Notons, pour terminer, une œuvre apocryphe : Breve compendio de la eminentissima perfección christiana (Bref compendium de la très éminente perfection chré- tienne). Le P. Gerardo y relève de graves erreurs en mystique ; à la suite du P. Andrés de la Incar- nación, carme (1716-1795), le P. Gerardo en rejette l’authenticité, et dans une note complémen- taire, op. cit., t. II, Adiciones al t. I, il affirme que l’auteur est Ferdinand de Matha (1554-1612). ? Un mot des autographes : Il n’existe pas d’origi- nal de la Montée du Carmel, de la Nuit obscure, de la Vive flamme d’amour. On conserve au monas- tère des carmélites déchaussées de Sanlúcar de Barrameda, un ms. de la première rédaction du Cantique spirituel. Cette copie, que le saint auteur appelle borrador (brouillon) est corrigé et annotée de sa main. Cf. Gerardo de San Juan de la Cruz, Los autógrafos que se conservan del mistico doc- tor San Juan de la Cruz, edición foto-tipografica, Tolède, 1913. On y donne les Avis et Sentences, quelques lettres et documents, tout ce qui nous reste de tant de trésors. 2° Histoire de la publication. ? Les ?crits de saint Jean de la Croix eurent, nous l’avons dit, une existence très tourmentée. Pendant près de trente ans, les copies se succèdent, et aussi les plagiats ; le P. Gerardo, loc. cit., en signale deux nommément : 1. Mistica Teologia y doctrina de perfección evangelica à la que puede llegar et alma en esta vida, sacada del espiritu de los sagrados doctores (Théologie mystique et doctrine de la perfection évangélique à laquelle peut atteindre l’âme en cette vie, tirée de l’esprit des docteurs sacrés), par le P. Jean Breton, de l’ordre de Saint-François de Paule, imprimé à Madrid en 1614, soit uploads/Religion/ saint-jean-de-la-croix-vie-amp-oeuvres.pdf
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- Publié le Mar 21, 2022
- Catégorie Religion
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