Master 2 FLE : Cours Francophonie, francophonies LE FRANÇAIS : SON HISTOIRE ET
Master 2 FLE : Cours Francophonie, francophonies LE FRANÇAIS : SON HISTOIRE ET SON DEVELOPPEMENT EN FRANCE ET AILLEURS PLAN INTRODUCTION / A / DU LATIN AU FRANÇAIS / B / INSTALLATION DU FRANÇAIS SUR LE TERRITOIRE INTRODUCTION Nous pratiquons la langue française. Celle-ci n’est pas seulement pour nous notre instrument naturel de communication. C’est aussi notre moyen de vivre. Francis Ponge Toute langue concerne chacun d’entre nous en tant que locuteur et non pas simplement les linguistes, didacticiens des langues, traducteurs ou autres, car tout simplement elle implique tous les aspects de notre vie au quotidien. La langue et plus spécifiquement le français est à la fois un processus et un phénomène qui implique aussi bien la géographie, l’histoire, la psychologie, la création que la technique, la politique et la diplomatie. Il y a toujours plusieurs variétés de langues dans la même, ce que les sociolinguistes ont appelé la variation. Pour la langue française celle de la période enfantine avec la langue que l’on dit maternelle ou 1ere, celle de l’Académie, du rap, d’Aimé Césaire, de Samuel Beckett des Droits de l’Homme, du sport, de la cuisine et des nouvelles technologies de l’information et communication. La langue française est particulièrement riche de sa longue histoire qui couvre plus de 800 années mais aujourd’hui elle fait face à des interrogations emblématiques de ce 21e s comme la question de la reconnaissance des langues régionales, l’orthographe et sa réforme, les noms de métiers à féminiser etc. De plus, elle est soumise à une concurrence sévère induite par la mondialisation de l’économie, bien qu’elle ait longtemps dominé en tant que langue d’un point de vue international. Il faut donc qu’elle s’adapte à cette nouvelle situation notamment celle de pouvoir s’étendre en terme d’usage sur la vaste toile du réseau internet. Dans la petite visite de l’histoire de la langue française que nous ferons au travers de ce cours nous essaierons de comprendre et d’analyser la vitalité de cette langue, son dynamisme au travers de sa cohabitation avec les autres langues qui se traduit notamment par sa grande capacité à produire des débats passionnés depuis le début de son histoire (comme nous allons le voir) mais aussi des polémiques toujours latentes même aujourd’hui. 1 Il s’agit donc bien là d’une langue qui reste très vivante même si certains la voient perpétuellement menacée de divers phénomènes depuis le franglais jusqu’au « parler djeun ». Si le français est une des plus grandes et ancienne langue nationale, elle n’assure pas le même rôle auprés de ses usagers. En effet, il y a ceux dont elle est la langue 1ere et qui la vivent à chaque moment de leur quotidien puisque elle est la langue dominante de leur paysage linguistique , elle leur permet donc de faire quasiment tout avec elle comme c’est le cas pour les citoyens Français, et beaucoup de Wallons et de Suisses. Quand on va du côté des Amériques, les Québecquois ont du lutter pour que le français québecquois puisse être utilisé dans tout l’espace public afin qu’il ne soit pas uniquement réservé aux usages inter et intra familiaux, comme c’est le cas pour le français de Louisiane avec le peuplement acadien. Pour d’autres le français n’est pas la langue 1ere mais la langue seconde, c'est-à-dire celle de l’école et de l’administration comme par exemple au Maghreb et dans l’Afrique subsaharienne ou bien au Moyen-Orient comme au Liban. Ainsi, la diffusion du français comme pour toutes les grandes langues de communication, prend diverses formes et il reste difficile de réellement recenser les francophones, on ne peut avoir que des estimations car se pose très vite la question de savoir : ce qu’est un francophone ? Une personne pour laquelle le français est la langue maternelle (ou 1ere), ou qui vit dans un Etat dont c’est la langue officielle, ou bien c’est celle qui a appris le français à l’école, ou encore qui a des activités culturelles dans une communauté francophone. En fait, le chiffre sur lequel tout le monde s’accorde est celui d’une communauté qui comprendrait environ 100 millions avec pour l’estimation la plus optimale actuellement et celle pour le 21es en cours de pouvoir peut-être parvenir à 500 millions. Car il ne faut pas oublier que le français est une des rares langues à être présente sur les l’ensemble du globe depuis le pacifique, en passant par la caraibe, l’atlantique, l’Europe etc ; Cependant, dans l’analyse de la situation francophone, la plupart des spécialistes de la francophonie s’accordent sur certains points que voici. D’abord sur le fait qu’en termes absolus le français progresse, c'est-à-dire qu’il y a chaque année plus de locuteurs dans le monde pour qui elle est la langue 1ere ou seconde. Les statistiques sur ce point font état d’une progression de plus de 70% sur les 3 dernières décennies. Sauf qu’en termes relatifs le français recule à savoir que le pourcentage de ceux qui le pratiquent dans le monde diminue toujours car dans ces mêmes 30 ans on serait passé de 2,4% de pratiquants à 2,1%. De plus ce recul risque de s’accentuer dans l’avenir car la plupart des francophones donc ceux qui soutiennent la langue française de par leur usage sont des séniors. Ce qui veut dire que la relève est absente car elle est en train de suivre des cours d’anglais. D’où la mise en place de programmes obligatoires d’enseignement du français pour les petites classes dans beaucoup de pays du monde. Enfin, la régression du français est plus visible encore si on parle en terme d’indice, c’est-à dire au-delà du nombre brut de locuteurs, si on ne retient que le taux d’alphabétisation où la langue se pratique associée au produit intérieur brut du pays on obtient un indice mesurant l’importance d’une langue dans le monde. Pour le français il est de 33 pour l’allemand de 42, le japonais 32 et l’espagnol 31 alors que pour l’anglais il est de 100. Ceci est du à la concurrence des langues qui est encore plus forte aujourd’hui que par le passé bien que ce soit cette même concurrence qui avait assuré par le passé (comme nous le 2 verrons) au français son « universalité». En effet, dans le monde d’aujourd’hui où la mobilité des personnes et des biens est de mise, cette mobilité d’un point de vue linguistique profite largement à l’anglais. De plus aujourd’hui nous consommons beaucoup de biens immatériels : textes, images, sons, et la plupart sont en anglais. D’où la mesure adoptée par l’Union Européenne de prendre en compte « l’exception française » en matière de culture. Voyons au travers de cet article de Simon Kuper publié le 12 juin 2013 dans le journal Le Financial Times, « Pourquoi faut-il défendre l’exception culturelle française ? » qui fait également référence aux biens immatériels produits par la culture, ce qu’il en est un peu plus précisément FRANCE Pourquoi il faut défendre l’exception culturelle ? Sans le système actuel de subventions, la culture française disparaîtrait. Ce qui serait une perte pour le monde entier, explique un chroniqueur du Financial Times. La plus grande zone de libre-échange Les Etats-Unis et l’Union européenne souhaitent dynamiser la croissance en créant la plus grande zone de libre-échange au monde. Les deux blocs représentent environ la moitié (47 %) de la production de richesse mondiale et près d’un tiers du commerce mondial. Deux ans de négociations entre le gouvernement américain et la Commission européenne sont prévus pour aboutir à un accord de commerce et d’investissement transatlantique. Le coup d’envoi devrait être donné à Washington le mois prochain. Revoilà la polémique autour de la fameuse exception culturelle* française, dispositif combinant subventions, quotas et allégements fiscaux pour soutenir le cinéma, la télévision et la musique. Paris menace de faire avorter le projet d’accord commercial entre les Etats-Unis et l’Union européenne si celui-ci ne lui permet pas de maintenir cette exception. Comme toujours, ses détracteurs raillent la France, sa haine de la culture anglo-saxonne et ses illusions de grandeur. Ils se trompent : la France accueille à bras ouverts les produits culturels étrangers, et les arguments en faveur de cette exception culturelle sont mesurés et raisonnables. Puisque la barrière de la langue semble empêcher les Français de plaider eux-mêmes leur cause en anglais, je me sens l’obligation, moi qui suis Parisien depuis 2002, de le faire pour eux. Il y a cinquante ans, quand les Français ont commencé à protéger leurs produits culturels, l’esprit anti-anglo-saxon a joué un rôle. Mais cette hostilité a disparu. A partir des années 1990, quand Internet a chassé son précurseur français, le Minitel, les Français ont commencé à admettre qu’ils vivaient dans un monde anglophone – et la transition est en cours, souvent avec bonheur. Aujourd’hui, à Paris, la culture américaine est omniprésente. La récente exposition des peintures d’Edward Hopper a été un triomphe. J’ai vu des foules parisiennes en délire accueillir Andre Agassi à Roland-Garros. J’ai vu aussi des intellectuels français assister à un cours de Bruce Ackerman, professeur de droit à Yale, s’imprégnant de 3 sa sagesse en uploads/Societe et culture/ cours-francophonie-francophonies.pdf
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- Publié le Fev 25, 2021
- Catégorie Society and Cultur...
- Langue French
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