LIBRARY OF WELLESLEY COLLEGE PRESENTED BY Helen Joy Sleeper HISTOIRE DE LA SYMP
LIBRARY OF WELLESLEY COLLEGE PRESENTED BY Helen Joy Sleeper HISTOIRE DE LA SYMPHONIE A ORCHESTRE HISTOIRE DE LA SYMPHONIE A ORCHESTRE, DEPUIS SES ORIGINES JUSQU'a BEETHOVEN INCLUSIVEMENT, PAR M. MICHEL BRENET. Ouvrage couronné par la Société des Compositeurs de Musique. *-&^ PARIS, GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE, QUAI [des grands-augustins, 5 5. 1882 CTous droits réserves.) ^*Jk «-i Â. I ^ 258 iX)': ''V\AXM1>UA^ ^^jJLhJcXML^ ' ^'^^icT- A mes premiers et mes plus chers maîtres MON PÈRE ET MA MÈRE. 1 ^'i INTRODUCTION DE toutes les formes de composition musicale créées par le génie des maîtres^ la plus spiritualiste, la plus abstraite, la plus propre à réaliser l'idéal élevé du beau musical pur, est assurément la symphonie. N'empruntant sa beauté qu'à la musique seule^ sans le secours d'aucun art étranger, d'aucune fiction poétique, d'aucune parole humaine, d'aucune réalité pal- pable, la symphonie n'a pas d'équivalent dans les autres arts. Si la peinture, la sculpture nous dévoilent les régions du beau idéal, c'est à Taide des séductions du beau physique. Si la poésie, Télo- quence nous émeuvent fortement, nous ouvrent des horizons grandioses, c'est en s'appuyant sur les faits de la vie réelle, sur les aspirations ou les combats de l'âme humaine. Plus complet et plus émouvant que le drame, l'opéra traduit et commente les sen- timents cachés, les pensées intimes du cœur humain, dont il exprime aussi les plus violentes passions; mais la prédominance de l'expression dramatique sur le beau musical pur est constante, et la première condition de beauté d'un opéra est la vérité. Assu- M. Brenet. — Hist. de la Symphonie. i Introduction. jettie aux paroles fixées par l'Eglise, la musique religieuse se meut dans un domaine plus borné que celui de l'opéra. Tous ses efforts tendent à l'expression du sentiment religieux, son unique base. L'espace dont dispose la musique instrumentale est sans bornes; pur esprit, délivré des liens terrestres^ elle plane dans des régions inaccessibles aux autres arts, indescriptibles par la parole. Si son domaine est immense, combien sont puissants et nombreux les moyens dont elle dispose pour le conquérir! « Le matériel avec lequel le musicien crée, et dont on ne saurait trop méditer l'incomparable richesse, ce sont les sons, avec la possibi- lité de leur modification à l'infini dans la mélodie, l'harmonie et le rythme. Inépuisée et inépuisable, la mélodie se présente d'abord dans son noble rôle de principal élément du beau musical; ensuite vient l'harmonie, avec ses mille ressources, dont on ne connaît pas encore la fin; puis le rythme, artère de la vie musicale, qui les réunit l'une à l'autre dans le mouvement, et enfin les nuances, qui les colorent de la manière la plus diverse et la plus attrayante j^). » C'est avec ces divers éléments de beauté que sont constitués par les maîtres la sonate, le quatuor, formes nobles et abstraites de l'art. Mais le matériel de la symphonie est plus riche encore; un élément puissant, admirable, fécond en beautés toujours nou- velles, s'ajoute à la mélodie, à l'harmonie, au rythme : c'est l'ins- trumentation. Dans l'histoire, la mélodie et le rythme se présen- tent les premiers dans les âges primitifs, comme les rudiments d'un art encore à sa naissance. L'harmonie, nouveau monde de la musique, est découverte et réglementée par le génie de quelques (') Hanslick, Du beau dans la Musique. Trad. de M. Gh. Banneliek. Paris, 1877. Introduction. hommes puissants. Enfin l'instrumentation ajoute à la musique, déjà si belle, les charmes si variés de ses innombrables combinai- sons. Les instruments se perfectionnent, Torchestre moderne se forme; son maniement devient une science particulière, une des quatre grandes branches de la musique. Alors naît la symphonie, forme parfaite, apogée de la science et de l'art musical. mfei't^ PREMIERE PARTIE. ORIGINES DE LA SYMPHONIE ANCIENNES DEFINITIONS DU MOT SYMPHONIE. LE nom qui fut attribué à cette forme musicale dès son appa- rition, et qui aujourd^iiui lui appartient exclusivement, existait bien avant l'invention de la musique d'orchestre, et avait été employé successivement dans un certain nombre d'ac- ceptions dissemblables par les musiciens de l'antiquité et du moyen âge. Avant d'aborder l'histoire de la symphonie à orchestre , il nous paraît intéressant de jeter un coup d'œil rapide sur ces acceptions disparues d'un même terme technique. Le mot symphonie, emprunté au grec par les langues de l'Eu- rope moderne (^), s'est transmis sans altération de siècle en siècle. Sous sa forme primitive, il désignait chez les Grecs la conso- nance de l'octave. Adopté par la langue latine, il y fut employé dans la même acception. Cependant Servius a fait remarquer que da.nsVEnéide ce terme désigne un instrument de musique ; d'après (') (Tujj-çwvia, de q/wv/j, voix, et gvv, avec. Première Partie. l'opinion très solide de G.-W. Fink (^), cet instrument tirait son nom de sa fonction même, qui était d'accompagner les voix à la distance de Toctave. De même, lorsque Cicéron appelle les chan- teurs symphoniaci, il désigne les chœurs dans lesquels la réunion de voix graves et élevées, chantant la même mélodie à l'unisson et à l'octave, formaient la consonance appelée symphonie. Au vu" siècle de l'ère chrétienne, on nommait encore ainsi les enfants dont les voix aiguës doublaient les voix d'hommes dans la chapelle pontificale. A la même époque, Isidore, archevêque de Séville , qui définissait la musique une modulation de la voix, et aussi une concordance de plusieurs sons et leur union simultanée , donnait au mot symphonia deux significations différentes : d'une part, il désignait 'ainsi le tambour employé dans les armées du Bas-Empire; de l'autre, il appelait symphonie l'harmonie des consonances, par opposition à la diaphonie, ou harmonie dissonante, discordante. Au x" siècle, le moine Hucbald conservait à ce mot une signification analogue. Un autre musi- cographe, Herman Finck, emploie le mot symphoni^are^ pour désigner l'accompagnement d'une mélodie à l'octave. Vers le même temps, on trouve le terme de symphonie adapté à un objet nouveau : un lourd et barbare instrument de musique, usité dès le x^ siècle sous le nom d'organistrum, venait de réduire ses proportions incommodes et prenait un nouveau nom. On l'appelait rebel, rubelle et symphonie. Ce n'était pas autre chose que notre modeste vielle. La vogue de cet instrument cessa au xv^ siècle, et il fut abandonné aux pauvres et aux vagabonds. Son nom de symphonie, corrompu ( ' ) Schilling , Encyclopodie der gesammten Musikalischen Wissen- schaften, t. VI, art. Symphonie, par G.-W. Fink. Stuttgart, 1840. Origines de la Symphonie. par l'usage, se changea en sifonie, puis chifonie; de là vint, pour ceux qui en faisaient leur moyen d'existence, le surnom de chifo- niens. Dans certains pays du centre de la France, la vielle porte encore le nom populaire de chinforgne[^). Ainsi appliqué tour à tour, et même simultanément, à un intervalle harmonique et à un ou à plusieurs instruments de musique, le terme dont nous nous occupons fut, au xvi^ siècle, employé pour servir de titre à un morceau de musique. En 1594, parut à Anvers un recueil de pièces vocales intitulé : Sym- phoîiia angelica di diversi excellentissimi miisici a 4, 5, 6 voci^ nuovamente raccolta per H. Waelrant (^). — En 1629, Heinrich Schûtz, le « père de la musique allemande », qui avait, pour se conformer à l'usage prétentieux de son temps, transformé son nom allemand de Schûtz (archer, tireur) en celui de Sagittarius^ publia à Venise ses Symphoniœ sacrœ. C'était un recueil de chants à i, 2 et 3 voix, avec orgue et i, 2 ou 3 ins- truments obligés, qui tantôt accompagnaient le chant, et tantôt se faisaient entendre seuls dans des espèces de ritournelles. Ces morceaux, d'une forme inusitée, s'appelaient symphonies, « parce que ni l'ancienne dénomination de motets, ni celle plus nouvelle de concei^ts ne leur convenaient (^). » D'autres compositeurs appelèrent symphonies des morceaux analogues, et même des chants spirituels et mondains à plusieurs voix, sans accompagnement d'instruments. D'autres encore dési- gnaient sous le même titre toutes espèces de pièces instrumen- tales, danses, chansons transcrites, ritournelles, etc., quels que (') Paul Lacroix, Les Arts au moyen âge. Paris, iSjS. (-) Imprimé par Pierre Phalèse et J. Bellère. Anvers, i5g4. (^) Brendel, Geschichte der Mnsik. 6® édition. Leipzig, 1878. 8 Première Partie. fussent leurs dimensions et le nombre des instruments qui les exécutaient. Kircher range sous ce titre les préludes, toccates, ricercari et sonates d orgue et de clavecin ( \). Dans le même ouvrage il écrit : Symphoneta , sive composîtor hannoniœ. De même Glaréan qualifie le savant musicien Antoine Brumel : Eximiiis symphoneta. Au xvin^ siècle, le même terme était employé par les écrivains français dans un sens différent de celui qui lui est réservé aujourd'hui. On donnait le nom de symphonie tantôt à Tac- compagnement instrumental d'un opéra, aux ritournelles, entr'actes, etc. ; tantôt à l'orchestre même qui exécutait cet accompagnement^ ces ritournelles, soit au théâtre, soit à l'église. C'est ainsi que Grimm écrivait : « Je trouve dans cet opéra grand nombre d'airs charmants et une symphonie admirable » ; que Charpentier publiait ses « motets mêlés de symphonies », et que l'on entendait dire uploads/s1/ histoire-de-la-symphonie.pdf
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- Publié le Mai 27, 2021
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