Balises pour un itinéraire en éducation au cinéma tout au long de la vie NOVEMB

Balises pour un itinéraire en éducation au cinéma tout au long de la vie NOVEMBRE 2016 3 Conseil supérieur de l’éducation aux médias Balises pour un itinéraire en éducation au cinéma tout au long de la vie L’éducation à la démocratie et au “vivre ensemble” fait incontestablement partie des missions de notre système éducatif et scolaire. Et, parmi les instruments suscep- tibles d’être utilisés dans cette perspective, le cinéma représente sans aucun doute un média séduisant, faci- lement accessible, susceptible de provoquer le débat et la réflexion, tout en ayant un fort impact émotionnel. La projection d’un film pour une classe ou lors d’activités socioculturelles avec des jeunes s’apparente parfois à un moment où la notion de divertissement peut apparaître comme une fin en soi. Le film est aussi souvent utilisé dans une dimension pé- dagogique visant à illustrer un propos. L’enseignant ou l’animateur projettera un film traitant d’une thématique choisie parce qu’il entend sensibiliser son jeune public à celle-ci. C’est ce que nous appellerons l’éducation par le cinéma. Certes, ceci est intéressant en soi, cependant, le cinéma au sens large du terme recèle d’autres vertus éducatives, souvent sous-estimées, que ce document va tenter de mettre en évidence. C’est ce que nous appellerons l’éducation au cinéma (Voir définition du CSEM p.5). AVANT-PROPOS 3 CHAPITRE De 3 à 5 ans 7 CHAPITRE De 5 à 8 ans 15 CHAPITRE De 8 à 12 ans 25 CHAPITRE De 12 à 14 ans 36 CHAPITRE De 14 à 18 ans 41 CHAPITRE Formation initiale des enseignants et animateurs 47 CHAPITRE Formation continuée des enseignants et animateurs 50 Avant-propos Sommaire Média à part entière, le cinéma n’est pas “innocent”. Comprendre qu’une fiction, qu’un documentaire, qu’un dessin animé sont avant tout des “constructions” combinant l’image animée et le son (le langage), avec un point de vue spécifique (celui de l’auteur) et lié au contexte historique, social, culturel et économique dans lequel il a été conçu ; permet de donner un sens au film, de mettre en perspective son contenu et sa forme, de relativiser ses propres émotions et son premier regard sur l’œuvre, de motiver une adhésion ou un rejet par rapport à son postulat . À terme, le jeune spectateur pourra à son tour toucher aux techniques lui permattant de devenir “producteur” d’information audiovisuelle mais pas n’importe comment car il ne suffit pas de savoir manipuler sa tablette, son smartphone ou encore sa caméra pour se retrouver dans la peau d’un cinéaste averti. Il y a des règles, des limites, des techniques et des contingences sociales et culturelles qu’il convient de respecter (cf. point 7 “précautions”). Sensibiliser le jeune citoyen à l’éducation au cinéma, c’est le préparer à dépasser son rôle de spectateur-consom- mateur et l’amener à se forger un esprit critique et responsable, que ce soit en qualité de spectateur ou de producteurs. Voici ce que ce tableau vous invite à baliser. Le cinéma, outil d’éducation à la démocratie et au “vivre ensemble” Les balises en éducation au cinéma Jusqu’alors, il n’existait pas en Fédération Wallo- nie-Bruxelles de document présentant un parcours citoyen en matière d’éducation au cinéma et ce, dès le plus jeune âge. Ce tableau vous présente 26 expé- riences cinématographiques, divisées en 7 chapitres (correspondant chacun à une tranche d’âge) que tout individu devrait avoir vécues en matière de cinéma. Chacun de ces chapitres se fonde sur trois pôles auto- nomes et complémentaires :  découvrir une diversité de films, dans des conditions de visionnement adaptées aux circonstances et à la qualité de l’œuvre (cf. point 5 “précautions”).  analyser des films dans toutes leurs dimensions (cf. point 6 “précautions”).  mener des activités préparatoires à la réalisation d’un film (cf. point 7 “précautions”). Pour ce faire, chaque chapitre propose plusieurs expé- riences, au départ très simples et se complexifiant au fil de l’âge. Ces expériences sont illustrées par différents exemples d’activités ; leurs intentions (but à atteindre) ; les compétences transversales et/ou disciplinaires (de 3 à 14 ans) et les compétences terminales (de 14 à 18 ans) qui y sont développées. Des ressources techniques et des prolongements créatifs sont également prévus pour vous permettre d’aller plus loin dans votre démarche. Pour ce qui est de la formation initiale et continuée, plu- sieurs pistes évoquées devraient permettre d’améliorer l’approche de l’éducation au cinéma que peuvent en avoir les professionnels de la formation. À côté des compétences transversales, disciplinaires et terminales telles que définies dans les missions de l’enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il convient de prendre également en compte les compé- tences en éducation aux médias telles que définies par le Conseil supérieur (CSEM). L’illustration d’un exemple concret est présentée à la fin de ce document. 1 2 3 4 5 6 7 5 Conseil supérieur de l’éducation aux médias Balises pour un itinéraire en éducation au cinéma tout au long de la vie 4 Conseil supérieur de l’éducation aux médias Balises pour un itinéraire en éducation au cinéma tout au long de la vie 1.  Ce tableau ne se veut pas exhaustif. Il présente des expériences parmi tant d’autres et tend davantage à vouloir illustrer un propos et ouvrir à la créativité plutôt que de cadenasser et enfermer son usager dans un schéma préétabli. Il conviendra à chacun de s’approprier le document en fonction des situations rencontrées et des publics qui lui sont confiés. 2.  Les expériences et exemples d’activités prévus par tranche d’âge sont bien évidemment à prendre avec souplesse. Ainsi, en fonction de la situation et en connaissance de son groupe, un formateur peut aussi proposer des expériences “de 8 à 12 ans” à un public plus âgé. 3.  L’objectif de ce tableau des balises est, non pas de forger de futurs professionnels du cinéma et de l’au- diovisuel, mais bien d’éveiller la curiosité des jeunes apprenants ; de leur apprendre à donner du sens aux productions qu’ils seront amenés à voir tout au long de leur vie ; tout en les initiant à prendre de la distance et avoir un regard critique par rapport à une forme et à un contenu cinématographique. 4.  L’enseignant et/ou l’éducateur devra avoir à l’esprit que le cinéma est aussi une construction économique. Il devra dès lors veiller à sensibiliser le jeune public aux démarches de marketing qui sous-tendent l’ex- ploitation de films dits “commerciaux” : placement de produit, figurines liées au film, stratégies marketing accompagnant la sortie du film, etc… L’enfant n’est, en effet, guère conscient qu’il est la cible de ces démarches de marchandising. 5.  Il est important d’attirer l’attention des enseignants et futurs enseignants sur le fait que l’utilisation du cinéma en classe ne peut se limiter aux grands standards et autres télévisions scolaires. Il existe d’autres productions qui méritent toute l’attention : des documentaires, des web-documentaires, des productions alternatives qui peuvent développer l’esprit critique du jeune à la fois sur le contenu mais aussi sur la forme de l’œuvre. ÉDUQUER AU CINÉMA L’éducation au cinéma devrait favoriser chez le spectateur une approche active et critique de l’image animée et du son. Par le terme «critique», on ne vise pas l’analyse critique du film mais bien le développement de l’esprit critique, du jugement sociologique du spectateur face à toute production cinématographique et plus large- ment médiatique. Dans l’ensemble de la production audiovisuelle et médiatique, Le cinéma se caractérise par les critères suivants:  La dimension socio-économique qui caractérise la production, la distribution, la diffusion cinémato- graphique;  Le point de vue de l’auteur ;  Le caractère non personnalisé de la communication cinématographique ;  La perspective du ou des publics ;  L’approche combinée et active de l’image et du son (langage) ;  L’unité du discours (narrative, esthétique, argumentaire). Enfin, les critères devront prendre en compte ce qui dis- tingue l’objet cinéma des autres productions médiatiques. Objectifs L’éducation au cinéma devrait notamment aider le spec- tateur à donner un sens au film, à mettre en perspective son contenu et sa forme, à relativiser ses propres émotions et son premier regard sur l’œuvre, à motiver une adhé- sion ou un rejet. Eduquer au cinéma, c’est contribuer à donner au spectateur, face au film, un regard critique et un rôle de co-énonciateur grâce à une appropriation de l’œuvre en tant que récepteur. C’est l’aider à identifier le point de vue du réalisateur et les éléments de langage mis en œuvre par ce dernier pour faire passer ce point de vue auprès de son public. C’est également le rendre capable de cultiver son plaisir, d’exercer et d’affiner son jugement, de construire son expertise en devenant un cinéphile curieux. Mais l’éducation au cinéma peut également poursuivre un objectif d’un autre type, complémentaire : faire en sorte que le spectateur/récepteur puisse, s’il le désire, devenir à son tour émetteur. Dans ce cas, il importe qu’il acquière les compétences nécessaires à l’expression et à la communication par l’image animée et le son tout en s’appropriant les fonctionnalités des nouveaux outils. 6.  Il conviendra de laisser à chacun sa propre interpré- tation de l’œuvre cinématographique, cela contribue uploads/s3/ fwb-outil-pegagogique-education-au-cinema-bat.pdf

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