Rédigé par : Julien­Ronald NOA ESSOMBA Institut d'Administration des Entreprise

Rédigé par : Julien­Ronald NOA ESSOMBA Institut d'Administration des Entreprises Master 2 Comptabilité Contrôle Audit Histoire et théories comptables La diversité des courants de recherche en comptabilité : décryptage du discours prononcé en 2005 par le professeur Richard Matessich Rédigé par : Julien-Ronald Noa Essomba 2010-2011 Rédigé par : Julien­Ronald NOA ESSOMBA 1 Le doctorat « honoris causa » est une distinction offerte par une université à une personnalité ayant posé sa marque dans un domaine particulier. Le cahier de recherche n° 17 de la collection CRECCI synthétise les principales interventions à l'occasion de l'attribution du doctorat honoris causa de l'Université Montesquieu­Bordeaux IV, en Mai 2006, au professeur Richard Mattessich. En début de cahier on a l’allocution du Professeur Jean­Pierre Laborde, président de l'université Montesquieu­Bordeaux IV (page 5 à 6), ensuite l’éloge du professeur Mattessich par Jean­Guy Degos, professeur des universités (page 7 à 14), et enfin le discours de Richard Mattessich, professeur émérite de l’université de British Columbia, axé sur « la diversité des courants de recherche en comptabilité : évaluation et représentation », (page 15 à 28). Né à Trieste, en Italie le 9 août 1922, Richard V. Mattessich fait des études d'ingénieur mécanicien, d'économie et de comptabilité. Il occupe en 1943 et 1944, tout en poursuivant ses études, un poste de comptable et d'ingénieur dans une grande aciérie de Salonique en Grèce. Il soutient sa thèse de Sciences économiques en 1945 et obtient ses diplômes professionnels de comptable agréé en 1957 et d'expert comptable dix ans plus tard. En tant que chercheur en comptabilité, Richard V. Mattessich s’identifie au sein de la théorie comptable normative conditionnelle où il défend l’idée selon laquelle la comptabilité est une science appliquée, les moyens à mettre en œuvre en comptabilité doivent être conditionnés par les objectifs poursuivis. A cet effet, il élaboré une série de modèles à objectifs et moyens variables. De plus, il effectue des travaux ayant abouti à une classification des courants de recherche, à l’application des disciplines de la logique, des mathématiques et de l'économie, telles que la théorie des ensembles, l'algèbre des matrices, la théorie de décision, la micro et la macro­économie, aux questions fondamentales de comptabilité (mesure, définition, méthodologie épistémologie, champ de recherche). Dans le cadre de la présente réflexion, nous nous proposons de : Commenter et analyser le discours de réception du professeur Richard Mattessich (I) ; Indiquer ce que cette lecture nous a apporté (II) ; Présenter le passage le plus utile à un praticien et à un chercheur en comptabilité, qui veulent être autre chose que des teneurs de livres bornés (III) ; Dire après cette lecture si nous pensons que la comptabilité est une science, une science appliquée ou une technique (IV). Rédigé par : Julien­Ronald NOA ESSOMBA 2 I­ COMMENTAIRES ET ANALYSES DU DISCOURS DU PROFESSEUR MATTESSICH Dans son propos initial, Richard Mattessich annonce la notion d’évaluation 1 comme élément principal de différenciation des courants de recherche en comptabilité. Il délimite par ailleurs la portée de son analyse autour des théories de la première et la seconde moitié du vingtième siècle. Le discours de Mattessich a, pour ainsi dire, des allures d’un plaidoyer visant d’une part à présenter la comptabilité comme une science appliquée, et d’autres parts, à mettre en exergue les éléments épistémologiques servant de cadre d’analyse à sa théorie normative conditionnelle. En effet, le texte soumis à notre étude semble avoir pour objectif la mise en lumière les points saillants du débat sur la scientificité des théories comptables, la rivalité historique entre les écoles de pensée comptable et son opinion sur ces questions plus ou moins fondamentales pour les théoriciens, praticiens et sympathisants de la comptabilité. Notre travail consiste, en l’espèce, à commenter et analyser ce discours. Ce qui est un exercice intellectuel délicat, eu égard à la complexité des développements effectués et au grade du professeur Mattessich, avec pour risque principal de trahir la pensée de ce dernier. Il ne s’agit donc pas ici de faire une étude critique de ce discours, mais plutôt de le décomposer et expliquer les éléments essentiels qui le composent, afin d’en saisir les rapports et d’en donner un schéma d’ensemble. Le professeur Mattessich développe ainsi son argumentaire autour de trois axes : la présentation de la rivalité entre les tenants de la théorie positive et ceux de la théorie normative de la première et la seconde moitié du vingtième siècle (1), l’analyse critique des programmes de recherche de la seconde moitié du vingtième siècle (2) et enfin la présentation de l’intérêt de la recherche comptable (3). 1. La rivalité entre les écoles de pensée comptable de la première et seconde moitié du vingtième siècle Il ressort de l’analyse de Mattessich que dans la première moitié du vingtième siècle, les théories sont qualifiées de « normatives » parce qu’elle intègre des considérations qui sembleraient impliquer un jugement de valeur de la part de l'acteur. Les théories s’appuyant sur les notions de coûts historiques, coûts de remplacement courant, valeurs de cessions, valeurs actuelles ou d’autres techniques incluant la totalité ou une partie de ces méthodes, ont été critiquées comme 1 En tant que mesure monétaire ou indicateur de préférences Rédigé par : Julien­Ronald NOA ESSOMBA 3 faisant partie du courant normatif (théories normatives) ; et ont été rejetées par le courant positif qui les qualifie de « non scientifiques ». Les théories normatives sont rejetées dans la seconde moitié du vingtième siècle par l’école positive avec en tête de file la théorie positive de la comptabilité dont les paradigmes ont été formulés par Watts et Zimmermann (1978, 1979 et 1986). Le courant positiviste en comptabilité se situe dans la suite des travaux des économistes tels que Milton Friedman ; la conception « positive » veut généralement dire qu'elle est délivrée des jugements, qu'elle est exclusivement tournée vers l'examen des faits et la recherche des lois. A priori, la rivalité nait d’une considération méthodologique. La théorie positive reproche fondamental à l’école normative de se limiter à sélectionner de façon spéculative, les principes et les méthodes jugées les plus pertinentes. Considérant ainsi que, leurs travaux privilégiant une approche scientifique stochastique fondée sur une démarche plus ou moins hypothético déductive ou simplement déductive et dont les premières expérimentations portaient sur la validation empirique de l’hypothèse de l’utilité décisionnelle de l’information comptable sont les seuls à remplir les critères de scientificité requis en la matière. Cette position semble être confortée par l’étude de la scientificité des théories comptables menée par Bernard Colasse en prenant comme instrument de mesure, les critères de scientificité de Gilles Gaston Granger. Ces conclusion ont tout de même donné lieu à une réserve qui n’est pas des moindre. Les critères de scientificité de Granger concernent les sciences dites pures telle que la biologie et ne pourrait raisonnablement être appliqués indifféremment en tous points, toute chose restant égale par ailleurs, à une discipline qui a ses spécificités telle que la comptabilité. Les chercheurs du courant normatif sont davantage orientés vers la recherche d’un équilibre dans les techniques d’évaluations afin de satisfaire les attentes des nombreux parties prenantes de la comptabilité, notamment les actionnaires, les dirigeants, les salariés, le fisc, les banques, etc... Tel est l’argument fondamental avancé par les normatifs qui, par ailleurs, opposent à la théorie positive la simplification de leur modèle d’analyse, ignorant ainsi l’ensemble de données qualitatives qu’il n’est pas possible d’observer empiriquement. Mattessich explique ainsi qu’en voulant transformer une discipline fondamentalement appliquée en une science pure ou positive, les tenants de la théorie positive ont simplement optés pour la réduction du nombre de variables comptables, en excluant à priori, les variables qualitatives qui ne sont pas observables. Le raisonnement des théories normatives en matière d’évaluation semble dès lors exceptionnellement arbitraire et conditionné par les multiples objectifs préconçus liés aux attentes des parties prenantes de la comptabilité. D’où l’affirmation de Mattessich : « chaque fois Rédigé par : Julien­Ronald NOA ESSOMBA 4 que ces objectifs ont été clairement définis, les théories n'étaient pas normatives mais plutôt normatives et assorties de conditions et par conséquent plus objectives que la théorie positive ». Les travaux de la théorie positive de la comptabilité, quant à eux, ne couvrent qu’un pan de la comptabilité, et sont davantage orientés vers l’étude des relations entre les états comptables et les cours boursiers des actions des sociétés. Le marché financier est un secteur plus favorable aux tests statistiques ce qui justifie la préférence de ce domaine par les animateurs de la théorie positive ; leurs travaux servent la spéculation du fait des possibilités qu’ils offrent en termes de prévisions. Les résultats des travaux de la théorie positive seront plus tard exploités avec succès dans le cadre de l’audit, notamment pour la planification de la mission et la rédaction des notes d’orientation stratégique des missions ou même pour la gestion du risque et l’orientation des contrôles comptables vers les zones présentant les risques significatifs. En définitive, il ressort de ce qui précède que, la rivalité entre les écoles de pensée comptable est un fait historique hérité de l’économie. Comme l’affirme uploads/Finance/ histoire-et-theories-comptables-master-2-comptabilite-controle-audit.pdf

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  • Publié le Jan 15, 2021
  • Catégorie Business / Finance
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