Parcours personnalisés : Pourquoi ? Comment ? Actes des journées d’étude des 3
Parcours personnalisés : Pourquoi ? Comment ? Actes des journées d’étude des 3 et 4 février 2011 Maison des Arts Saint-Herblain (Loire-Atlantique) Conservatoires de France – Février 2011 – Parcours personnalisés : pourquoi ? Comment ? Sommaire Introduction ................................................................................................................................................. 5 Susciter le désir d’apprendre et différencier l’enseignement .................................................................... 7 Débat .......................................................................................................................................................... 9 Du continuum au capharnaüm : quand les nouvelles technologies modifient l’accès à la culture et à la connaissance, et transforment les rapports sociaux ..................................................................... 13 Les parcours individuels des élèves sont‐ils destinés à rester hors‐normes s’ils ne peuvent s’adapter aux normes des institutions éducatives ? ................................................................................. 19 Débat ........................................................................................................................................................ 33 Projet de l’élève, parcours personnalisés, projets personnels : questions de vocabulaire ..................... 41 Le Certificat d’Etudes Musicales, ou comment quitter un conservatoire en tant que musicien après dix ans d’études ? ........................... 45 Débat ........................................................................................................................................................ 53 La personnalisation des apprentissages dans l'école de musique : pour des élèves pleinement acteurs de leur formation ........................................................................... 57 Synthèse ................................................................................................................................................... 67 Conclusion ................................................................................................................................................ 74 Présentation des intervenants et des communications .............................................................................. 75 Liste des participants ................................................................................................................................. 75 3 Conservatoires de France – Février 2011 – Parcours personnalisés : pourquoi ? Comment ? Remerciements A Rosine Cadier, Marie-Claude Ségard, et Yvon Rivoal, qui ont contribué à la saisie, à la relecture et à la mise en page de ces actes. 4 Conservatoires de France – Février 2011 – Parcours personnalisés : pourquoi ? Comment ? Jeudi 3 février 2011 Modérateur : Estelle LABARTHE, journaliste (assistée de Marie-Claude SEGARD) Dans son chaleureux discours de bienvenue, Monsieur Charles Gautier, maire de Saint-Herblain, nous fait part de ses préoccupations quant à l’accès aux arts et à la culture de l’ensemble de la population de Saint-Herblain. Il nous raconte l'aventure des années nécessaires à la réflexion, la conception, la mise en œuvre des différents projets et établissements culturels de la Ville : Tout d’abord l’ouverture du théâtre EPCC ONYX / LA CARRIERE, puis la Médiathèque HERMELAND, et enfin l’inauguration de la Maison des Arts qui nous accueille aujourd’hui, nouvel établissement municipal entièrement dédié aux pratiques artistiques, plus particulièrement dans les domaines des musiques et arts plastiques. Il souligne l'importance du temps de cette évolution : une ville-dortoir de ZUP qui devient une ville à part entière. Il nous décrit des projets culturels fédérateurs et porteurs de sens, indispensables pour créer une identité à cette ville neuve dont 80% des habitants de soixante-dix nationalités viennent d’ailleurs. Il est bien question ici de « parcours personnalisés », de « pédagogie de projet » à l'échelle d'une ville. Introduction Jean-Yves FOUQUERAY, Président de Conservatoires de France Avant toute chose, je tiens à remercier Jean-François Fourichon, directeur de la Maison des Arts de Saint-Herblain, pour son accueil dans cet équipement flambant neuf, remerciements auxquels j’associe toute son équipe administrative et technique. Je tiens à manifester également ma satisfaction de constater l’intérêt porté à ces journées de Conservatoires de France : tant bien même la Folle Journée de Nantes aurait contribué à attirer certains d’entre vous, près de 170 participants rassemblés pendant deux jours au conservatoire de Saint-Herblain, cela dépasse nos espérances et montre combien la question des parcours personnalisés est d’actualité. Avec l’accroissement de leurs fonctions et la diversification de leurs publics, les établissements d’enseignement artistique doivent répondre à des attentes toujours plus nombreuses. Ainsi, le principe d’un cursus unique reposant sur un modèle formaté par l’Histoire est devenu inadéquat. C’est dans ce contexte que c’est développée l’idée, aujourd’hui inscrite dans les textes, d’une personnalisation de l’enseignement artistique. 5 Conservatoires de France – Février 2011 – Parcours personnalisés : pourquoi ? Comment ? Offrir à chaque élève la possibilité de réaliser son propre chemin, c'est aussi prendre acte de la grande diversité des pratiques artistiques d'aujourd'hui et s'inscrire résolument dans un paysage qui ne cesse de changer. Mais c'est sans doute plus facile à dire qu'à faire… Comment maintenir la cohérence du projet artistique et pédagogique ? Comment éviter que cette personnalisation n’engendre de nouvelles formes d’inégalité ? Quelles nouvelles compétences pour les enseignants ? Quelle organisation globale de l’établissement ? Personnaliser les cursus, offrir des parcours différents, permettre à chacun de trouver un enseignement qui réponde à ses aspirations, à ses projets, à la façon dont il envisage sa future pratique artistique, quel qu'en soit le statut, c’est donc à la fois un nouvel enjeu et un nouveau défi pour les établissements d'enseignement artistique. Comment le dire, et comment le faire, ce sont les questions que nous allons nous poser pendant ces journées, en débattant à partir des communications de nos six invités, dont la présentation figure dans le dossier qui vous a été remis. Je remercie de sa présence Jésus Aguila, musicologue, professeur à l’université de Toulouse-Le Mirail, qui a accepté de tenir le rôle de « grand témoin », et qui synthétisera demain les échanges de ces deux journées. J’ajoute pour terminer que les interventions et les débats seront animés par les journalistes Estelle Labarthe et Pascal Massiot, et retransmis sur Jet FM, radio associative qui émet sur le 91.2 à Saint-Herblain/Nantes et sur tout le département de Loire-Atlantique. 6 Conservatoires de France – Février 2011 – Parcours personnalisés : pourquoi ? Comment ? Susciter le désir d’apprendre et différencier l’enseignement Jacques ANDRÉ, maître de conférences honoraire en sciences de l’éducation, Université de Poitiers Enseigner n’est pas automatiquement faire apprendre. Ce n’est pas parce que l’enseignant enseigne que forcément l’apprenant apprend ou refuse d’apprendre. « Je ne peux rien lui enseigner, il ne m’aime pas », disait Socrate. On peut dire aussi que, sans que l’enseignant enseigne, l’apprenant peut apprendre ; chacun trouvera facilement des exemples. La confusion enseigner-apprendre Les mots pensent pour nous et le langage révèle la confusion entre ces deux termes. Quand je dis « Je lui apprends à nager », le verbe est mal employé ; il montre que je m’approprie le problème de l’apprentissage qui appartient essentiellement à l’apprenant. Les préjugés sociaux confortent ce point de vue : on conçoit difficilement que l’on puisse apprendre en dehors d’une école et sans un moniteur. Or on apprend beaucoup par imitation, par imprégnation, par osmose. Ainsi on pourrait dire comme Ivan Illich1 que l’école nous a surtout appris qu’on ne pouvait pas se passer d’elle et que tournant sur elle-même, pour elle-même, elle sert surtout l’intérêt de ceux qui y exercent leur profession : administrateurs et enseignants, comme l’a montré également Michel Lobrot2 dans son livre décapant : « La pédagogie institutionnelle ». Logique d’enseignement, logique d’apprentissage Au début des années 1980, au moment de la propagation de « la pédagogie par objectifs », on disait que l’intérêt majeur de cette technologie était de faire entrer l’enseignant dans une logique d’apprentissage. On se centrait sur les objectifs à faire atteindre par les élèves et on mettait ainsi l’enseignant au service de l’apprentissage. Enseigner (on l’avait oublié !) c’est faire apprendre. L’intention était certes honorable. Cependant dès que nous plaçons un apprentissage dans le cadre institutionnel avec ses programmes, examens, normes, rituels…, nous le faisons, plus ou moins consciemment, dépendre de l’enseignement. Un autre obstacle au passage dans la logique d’apprentissage est d’ordre psychologique. Il concerne le besoin profond, puissant et légitime qui anime l’enseignant : celui d’être utile, d’avoir la maîtrise de l’élève, des progrès et de 1 Ivan Illich, Une société sans école (1971), Ed. du Seuil 2 Michel Lobrot, La pédagogie institutionnelle (1966), Ed. Gauthier Villars 7 Conservatoires de France – Février 2011 – Parcours personnalisés : pourquoi ? Comment ? 8 l’évaluation. Il a acquis un savoir, c’est bien pour exercer, à son tour, un pouvoir, et c’est aussi pour délimiter et préserver son territoire. Ainsi, enseigner c’est encore trop souvent informer plutôt que communiquer (mettre en commun) et donner du sens. Les programmes à boucler par les professeurs passent avant les objectifs à faire partager et atteindre par les élèves. La logique d’enseignement se retrouve encore dans le fait de considérer les élèves comme identiques (mythe identitaire) et de négliger les représentations mentales (croyances) que les élèves se font sur un apprentissage ou une activité. Cette logique ne prend pas encore assez en compte le contexte présent et passé, et en particulier, le parcours "expérientiel". Elle néglige aussi les interactions avec les autres, à la source des réussites ou des échecs. Cette vision réductrice de l’enseignement conduit encore à ne considérer l’élève que comme un être cognitif, sans états affectifs, coupé du contexte social. L’apprentissage apparaît alors peu signifiant pour les apprenants qui ont besoin de sens et de respect pour être motivés. La priorité à l’acte d’apprendre Antoine Prost3 nous dit que « les savoirs ne se transmettent pas, ils se reconstruisent et chacun le fait pour son propre compte, à sa façon et suivant son propre rythme ». Il faut dire et répéter que : - l’on apprend partout tout au long de sa vie - il existe, en effet, un apprentissage par l'expérience et un apprentissage formel - personne ne peut se mettre à notre place pour apprendre - les temps et les lieux où l’on apprend uploads/Geographie/ 2011-actes-saint-herblain-parcours-personnalises.pdf
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- Publié le Oct 17, 2022
- Catégorie Geography / Geogra...
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