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Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie industriel G 5 605 - 1 Analyse du cycle de vie Évaluation des impacts par Patrick ROUSSEAUX Laboratoire d’Évaluation Environnementale des Procédés et des Systèmes Industriels (LAEPSI) de l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Lyon ’analyse du cycle de vie (ACV) est un outil comparatif d’évaluation environ- nementale de tout système. Dans sa conception actuelle, la réalisation d’une ACV se déroule en 4 étapes : — définition des objectifs ; — inventaire ; — évaluation des impacts potentiels ; — interprétation ou synthèse des étapes précédentes. Les deux premières étapes sont développées dans les articles Réalisation de l’inventaire et Problème d’affectation. La troisième étape fait l’objet du présent article. Il est recommandé au lecteur de prendre connaissance des deux pre- mières étapes avant de lire ce qui suit. Notre objectif dans cet article est de présenter, sur la base des connaissances scientifiques actuelles, les méthodes d’évaluation des impacts dans le contexte des ACV. Notons que ces méthodes pourraient être reprises dans d’autres méthodes d’évaluation environnementale comme les études d’impacts. 1. Notion d’impact........................................................................................ G 5 605 – 2 2. Classification des facteurs d’impact.................................................. — 3 2.1 Règles générales.......................................................................................... — 3 2.2 Classes d’impact.......................................................................................... — 3 2.2.1 Épuisement des réserves naturelles ................................................. — 3 2.2.2 Effet de serre....................................................................................... — 4 2.2.3 Dégradation de la couche d’ozone.................................................... — 4 2.2.4 Toxicité et écotoxicité......................................................................... — 4 2.2.5 Altérations physiques des écosystèmes........................................... — 4 2.2.6 Nuisances............................................................................................ — 5 3. Caractérisation des impacts................................................................. — 5 3.1 Règles générales.......................................................................................... — 5 3.2 Évaluation des impacts : indicateurs d’impacts........................................ — 5 3.2.1 Épuisement des réserves naturelles ................................................. — 6 3.2.2 Effet de serre....................................................................................... — 6 3.2.3 Dégradation de la couche d’ozone.................................................... — 7 3.2.4 Toxicité et écotoxicité......................................................................... — 7 4. Évaluation globale des impacts........................................................... — 9 4.1 Règles générales.......................................................................................... — 9 4.2 Méthodes d’analyse multicritère................................................................ — 10 4.3 Critères de choix d’une méthode d’analyse multicritère ......................... — 11 4.3.1 Compensation..................................................................................... — 11 4.3.2 Coefficients de pondération............................................................... — 11 4.3.3 Indépendance des critères................................................................. — 11 4. Conclusion ................................................................................................. — 11 Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. G 5 605 L ANALYSE DU CYCLE DE VIE ______________________________________________________________________________________________________________ Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. G 5 605 - 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie industriel Les méthodes d’évaluation des impacts potentiels dans les ACV se réalisent généralement en trois phases : — la classification des impacts : cette phase consiste d’abord à choisir une liste pertinente de catégories d’impact à prendre en compte, puis pour chaque catégorie, l’ensemble des flux de l’inventaire est identifié qualitativement ; — la caractérisation des impacts : elle consiste à : • définir l’indicateur d’impact qui permettra de quantifier la contribution spé- cifique de chaque flux appartenant à la classe considérée, • calculer, pour chaque classe, la contribution de chaque flux, • agréger, au sein de chaque classe, les contributions calculées pour les diffé- rents flux ; — l’évaluation globale des impacts : l’objectif de l’ACV est de comparer les impacts potentiels de systèmes. Cette comparaison porte : • soit sur le cycle de vie de différents systèmes rendant le même service ; l’objectif est alors d’identifier quel est le (ou les) système(s) les plus respec- tueux de l’environnement sur l’ensemble des classes d’impact étudiées, • soit sur les différentes étapes du cycle de vie d’un système donné : l’objectif est ici de connaître les points faibles et les points forts d’un système sur l’ensemble de son cycle de vie et au regard des classes d’impact étudiées. Quel que soit l’objectif, cette dernière phase revient à agréger l’ensemble des informations obtenues à la précédente phase de caractérisation pour aboutir à une appréciation environnementale globale des systèmes, utile à l’aide à la déci- sion. En terme de disciplines scientifiques, les deux premières phases font appel à la toxicologie, l’écotoxicologie et l’écologie et la troisième phase aux méthodes mathématiques d’analyse multicritère. Le présent article présente pour ces trois phases : — leurs règles d’élaboration ; — les critères de choix entre les différentes méthodes ; — une présentation des principales méthodes proposées sur lesquelles repose un consensus minimum de la Communauté scientifique. 1. Notion d’impact L’impact implique l’action d’un système source sur un système cible. Le système source considéré ici est une activité humaine. Le système cible est une composante de l’environnement (homme, faune, flore et écosystème). On peut définir l’impact comme un changement d’état du système cible sous l’action du système source. Ainsi, une analyse d’impacts s’attache en premier lieu à défi- nir l’état initial de la cible. Le problème consiste ensuite à suivre les changements d’état de la cible. Les changements constatés consti- tuent l’impact. Soulignons enfin que les impacts directs sur la cible génèrent en général une succession d’impacts secondaires ; par exemple, une substance rejetée dans un milieu environnemental peut engendrer différents types d’effets successifs : — effet sur le milieu physique (modification des caractéristiques physico-chimiques) ; — effet sur le milieu vivant (toxicité et écotoxicité) ; — effet sur l’écosystème (perturbation de l’équilibre écologique). On peut donc parler de cascade d’effets (ou chaîne de cause à effet), d’où la nécessité de définir précisément le niveau où doit por- ter l’analyse. La difficulté d’analyse s’accroît dans les ACV, car l’on s’intéresse cette fois-ci à l’impact potentiel. On doit alors prendre en compte toutes les potentialités toxiques, écotoxiques et écologiques. L’impact potentiel est alors caractérisé par la combinaison de trois paramètres : — l’action de la source (nature et intensité) ; — l’exposition et l’accessibilité des cibles ; — la sensibilité des cibles. Ainsi, en théorie, si l’on considère par exemple les substances relâchées dans l’environnement, l’impact potentiel sera lié à : — la quantité et la concentration du rejet ; — la mobilité, la tendance à la dispersion ; — la persistance dans le milieu qui dépend de sa dégradabilité ; — l’accumulation dans les sédiments ou les tissus vivants ; — la synergie avec d’autres substances ou la transformation en d’autres produits formés dans l’environnement ; — l’effet nuisible pour l’homme, les animaux, les plantes, les éco- systèmes et pour les cibles non vivantes. Un impact potentiel dépend donc d’un grand nombre de paramè- tres. Les scientifiques ont tenté de définir des modèles qui, en inté- grant ces paramètres, permettent de prédire la contribution d’une substance à un impact donné. Malgré des efforts importants, l’incer- titude liée à l’évaluation des impacts demeure énorme à l’heure ______________________________________________________________________________________________________________ ANALYSE DU CYCLE DE VIE Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie industriel G 5 605 - 3 actuelle. Et ce n’est pas tant l’incertitude elle-même qui est gênante, mais bien plus notre incapacité à la mesurer. Car, si l’on considère l’ACV comme une méthodologie dont la finalité est l’inté- gration de l’évaluation environnementale globale du cycle de vie dans un processus décisionnel, toute incertitude doit être appréciée. C’est donc dans ce double contexte de complexité et d’incertitude que s’inscrit l’évaluation des impacts. Face à ce constat, deux attitu- des sont possibles. I L’attitude pessimiste consiste à abandonner ce créneau de l’ana- lyse d’impact en avançant que ces incertitudes sont inhérentes aux études environnementales et rendent dès lors incongrue toute prise de décision. La plupart des ACV réalisées s’arrêtent à l’étape de l’inventaire. I L’attitude optimiste considère que l’évaluation environnementale n’est pas une technique totalement maîtrisée aujourd’hui. Beau- coup de mécanismes sont méconnus et font l’objet de recherches. Mais chaque avancée dans ce domaine réduit l’incertitude de l’inter- prétation. Il faudra alors se poser à chaque fois la question : compte tenu des incertitudes scientifiques (mêmes réduites), quelles fonc- tions de dommages sont accessibles avec un niveau de connaissan- ces acceptable ? Il s’agit donc dans l’état actuel des connaissances de gérer au mieux l’incertitude en se fondant sur un consensus minimum de la communauté scientifique. 2. Classification des facteurs d’impact 2.1 Règles générales Au cours de la réalisation d’une étude ACV, un bilan matière-éner- gie est réalisé pour chaque sous-système du cycle de vie. Cet inven- taire fournit un nombre important de données, qu’il est souvent impossible de gérer comme tel. L’objectif de la classification est alors de regrouper ces flux (ou facteurs d’impacts) afin de faciliter leur caractérisation. Lors de la mise au point d’un tel système de classification se pose le problème du choix des impacts environnementaux à prendre en compte. Trois critères au minimum sont à envisager. I Exhaustivité. – La méthode de classification testée sera consi- dérée comme exhaustive si elle couvre l’ensemble des problèmes environnementaux. I Non-redondance. – Elle est définie comme une augmentation du nombre d’éléments de la liste sans accroissement corrélatif de la quantité d’information. Il ne faut pas confondre la redondance avec le fait qu’un élément de l’inventaire puisse contribuer à plusieurs impacts. On peut distinguer, pour une substance émise, trois façons de contribuer à plusieurs impacts : — en parallèle : l’émission uploads/Geographie/ analyse-du-cycle-de-vie-evaluation-des-impacts 1 .pdf
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- Publié le Nov 11, 2022
- Catégorie Geography / Geogra...
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