BARON CARRA DE VAUX LES PENSEURS DE L'ISLAM **** LA SCOLASTIQUE, LA TIlfiOLOGIE
BARON CARRA DE VAUX LES PENSEURS DE L'ISLAM **** LA SCOLASTIQUE, LA TIlfiOLOGIE ET LA MYSTIQUE. — LA MUSIQUE PARIS, LIBRAIRIR PAUL GEUTHNKR Librairie Orientaliste Paul GEUTHNER G A B R I E L F E R R A N D Ministre PlSnipotentiaire INSTRUCTIONS NAUTIQUES ET ROUTIERS ARABBS ET PORTUGAIS DES XVe ET XVI* SIfiCLES r e p r o d u l t a , tradLt&ita et a*inot6» 4 volumes, format in-8°, 1921 -1926, en cours de publication TOME I « : Ibn Mdfid. Le pilote des Mers de ITnde, de la Chine ot de lTndonSsie, par Shihab ad-Din Ahmad Bin Majid, dit Le Lion de la Mer», teste arabe, reproduction phototypique du manuscrit 2292 de la Bibliotheque Nationale, public par G. Ferrand. I l l , 8 pp. et 362 planches, in-8, 1921-23, 180 fr. Sous presse : TOME I I : Ibn Mdfid et Sulaymdn al-Mahrt. Instructions nautiques (trails nautiques en prose du ms. 2559 de la Bibliotheque Natio- nale, en reproduction phototypique). Le tome II contiendra 7 fascicules, de 48 planches chaque, au prix de 20 francs par fascicule. La souscription au tome en tier est obli- gatoire. Le fascicule I vieut de paraltre. T O M E ^ I I I : Traduction avec commentaires des parties geographiques des ms. 2292 et 2559, avec un important glossaire des termes nau- tiques arabes. TOMB I V : Traduction de quelques anciens routiers porlugais. De la com- paraison de ces routiers avec les textes arabes precedents, il ressort que ceux-la ont et6 initialement etablis d'apres des originaux arabes. Le fait que Ibn Majid fut le pilote de Vasco de Grama et put lui communiquer ses propres Instructions nautiques, vient a Tappui des arguments fournis par le rapprochement des textes arabes et por- tugais • BARON CARRA DE VAUX LES PENSEURS DE L'ISLAM TOME QUATRIEME PARIS, LIBRAIRIE PAUL GEUTHNER 13, RUE JACOB, 1923 BARON CARRA DE VAUX LA SCOLASTIQUE LA THEOLOGIE ET LA MYSTIQUE LA MUSIQUE PARIS, LIBHAIRIE PAUL GEUTHNER 13, RUE JACOB, 1923 AVANT-PROPOS Le sujet de ce volume recouvre en grande partie celui que nous avons dejd traite dans nos deux ouvrages Avicenne el Gazali (Paris, Alcan, 1900 el 1902). Comme ces 2 livres sont connus el se trouvent enlre beaucoup de mains, nous avons fait en sorte de ne pas trop nous repeter. Pour les auteurs dont nous avons dejd parte, nous avons on modifie un peu le point de vue, on varie les cita- tions. En general ce livre-ci est moins abstrait que ses deux devanciers, ct a moins pour objet la philosophic technique. Ainsi pour Gazali el Djeldl ed-Din Round, nous avons explique cer- tains aspects popiilaires de leur talent; nous avons rapporte, a propos de Farabi, des pages mar- quantes sur la theorie politique. Le sujet du chapitre II, ecole scolastique du Maroc et d'Es- pagne, qui comprend les deux grands noms d'Ibn To fail el d'Averroes, ne figurait point dans ces oeuvres anterieures. En theologie, nous avons fait une place au profond thcologien et philosophe el-Idji. Le chapitre sur la mystique, grdce a des V I I I AVANT-PROPOS travaux recents de Miguel Asin, Massignon, Ni- cholson et d'autres, a pu eire consider ablement enrichi. Parmi les sceptiques ou scepiico-mysli- ques, on rencontrera ici un astre de premiere gran- deur, Hdfiz, dont nous n'avions point encore parle. On remarquera que les dames de lettres, qui, depuis pas mal d'annees, oni jeie un si vif eclat dans la poesie frangaise, oni apporte une brillante contri- bution a Vetude de la poesie persane. Les sections sur les poemcs romantiques, sur les societes secretes et les sciences occulles, sont nouvelles. En fin nous avons ajoute au present volume un chapitre sur la musique : cet art, pour lequel les Orienlaux oni temoigne d'une sensibilile si pas- sionnee, tient & la fois aux scolastiques, qui Vont cultive et en ont donne la iheorie, aux iheologiens qui Vont combattu, aux mystiques qui s'en sont servi pour parvenir a Vextase. Le cinquieme et dernier volume (en prepara- tion) aura pour sujet : les secies (le chiismc et ses derivees), le liberalisme et la vie intellectuelle dans Vislam moderne. B. DE VAUX. C H A P I T R E P R E M I E R LA SCOLASTIQUE. — ECOLE ORIENTALE GENERALITIES. — L E S TRADUGTEURS SYRIENS D'CEUVRES GRECQUES. E L - K I N D I . F A R A B I . — PAGES SUR LES CITES IMPARFAITES. AviCENNE, SES CEUVRES. LE SYSTEME SCO- LASTIQUE. — P A G E S S U R L A P H Y S I Q U E . — L E S MYTIIES. L'ALGlkBRE PHILOSOPHIQUE. Le terme de « SGOLASTIQUE » n'est pas imile de I'arabe. Les scolasLiques arabes s'appellent savants ou sages, hokamd, ou bien failasouf, pi. faldsifah, transcription du grec yiloToyos (1). L'ecole scolastique arabe est line ecole parlicu- liere ; il y a une quantite de penseurs musulnians, commc nos lecteurs ont pu s'en apercevoir, qui ne sont point des scolastiques. Cetle ecole se divise en deux branches : rorientale et l'occi- (1) Nous les designons souvent par le mot de Phi- losophes, avec un grand P, ou encore sous le nom d'ecole hellenisante. l 2 LES PENSEURS DE L'iSLAM dentale. Al-Kindi, Farabi, Avicenne sont les noms celebres de la premiere branche ; Ibn Baddja, Ibn Tofa'il, Averroes, ceux de la secon- de. Ces philosophes Ont tous au fond la meme doctrine, et ils ne different entre eux que par leur temperament personnel ou sur des points d'importance secondaire (1). La scolastique arabe depend de la tradition hellenique, et surtout de celle du neoplatonisme. L'esprit en est tres syncretique. Comme le neo- platonisme avait cherche a faire une fusion d'Aristote et de Platon, cette ecole a cherche a mettre d accord ces deux philosophes ensemble avec les dogmes de la religion revel£e. II est resulte de la un systeme ample, coherent et ma- jestueux, qui temoigne de la puissance et de l'habilete des esprits qui Font COIIQU, mais qui n'a pas recu en definitive l'approbation des theologiens. I Les TRADUCTEURS qui ont fait connaftre au monde musulman les grandes oeuvres de la phi- (1) En Occident, la scolastique est plutdt une langue ou une methode qu'un systeme 5 c'est une mani&re de philosopher. On peut avoir des opinions txhs oppos6es sur des points essentials, etre par exeuiple nominaliste ou realiste, et etre egalement scolastique. CHAPITRE PREMIER. — LA SCOLASTIQUE 3 losophie antique sont surtout, au debut, des Chretiens. Le plus celebre est Honei'n fils d'Ishak, Chretien 'Ibadite de Hira. II apprit le grec dans un voyage en Asie-Mineure, et fut medecin du Khalife Motewekkil. II traduisit: la Republique de Platon, les Lois de Platon, le Timet du meme philosophe, qu'avait dejA traduit Ibn el-Batrik aux environs de Tan 200 (815); le Syllogisme d'Aristote d'apres la traduction de Theodore, le De Ccelo et mundo d'apres Ibn el-Batrik, le trait6 de YArne, la Metaphysique avec le com- mentaire d'Alexandre d'Aphrodise, le Commen- taive&YEthique, de Porphyre,et des ecritsscien- tifiques. Honein mourut en 260 (873), s'etant empoisonne, de chagrin d'avoir ete excommunie par sa secte. Son fils Ishak fils de Honein traduisit les Categories d'Aristote (1); il mourut en 298 ou 299 (911). Le chretien Abou Bichr Matta (mort a Bagdad en 328, 940), traduisit la Poetique (2). On peut encore citer comme traducteur d'6crits philosophiques Ibn Zer'a, chretien Jacobite, mort en 398 (1008). On a peu de documents sur E L - K I N D I ; malgre sa grande reputation qui le fit appeler «le Phi- losophe des Arabes », presque toute son ceuvre (i) Ed. J. Th. Zenker, Leipzig, 1846. (2) Ed. Margoliouth. 4 LES PENSEURS DE L*ISLAM s'est perdue, et les sources ne sont meme pas tout & fait d'accord sur les dates et les lieux de sa biographie (1). II naquit i Koufah (ou a Basrah) ; ses pre- noms sont Abou Yousof Ja'koub. II etait de bonne race arabe, de la tribu de Kindah, et ceci est & noter, car peu de ces savants sont de veri- tables arabes : Farabi est d'origine turque, et Avicenne est plutot persan. On n'a pas la date de sa naissance; son pere etait gouverneur de Koufah, son grand-pere l'avait ete de Basrah, pour le compte des Benou Hachim. II fit ses etudes a Basrah, puis a Bagdad, et demeura dans cette derniere ville comme secretaire des Kha- lifes Mamoun et Mou'tasim (198 a 227 ou 813 a 841). La reaction orthodoxe qui eut lieu sous Motewekkil l'atteignit comme tous les penseurs libres; sa bibliotheque fut confisqu6e; on la lui rendit apres la mort de ce Khalife. Lui- meme mourut peu apr6s, probablement vers Tan 260 (873). La production d'Al-Kindi fut enorme; ses ecrits portaient sur presque toutes les sciences. Les biographes ont compte de l u i : 8 ecrits sur (1) Suter, die Mathematiker und Astronomen der Araberf Leipzig, 1900, pages 23-26; Brockelmann, Gesch. d. ar. Litt. I, 209; Fliigel, Al-Kindi, genannt uploads/Geographie/ la-scolastique-la-theologie-et-la-mystique-la-musique-vol-iv-pdf.pdf
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- Publié le Jul 21, 2022
- Catégorie Geography / Geogra...
- Langue French
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